L’État et la Misère

7 Sep

S’il y a un débat qui ronge notre société, c’est bien celui de la place de l’État dans notre société.  Au Québec, les camps sont bien défini et les arguments sont à peu près les mêmes.  D’un côté, il y a les lucides que l’on qualifie de néo-libéral.  Leur point de vue est assez simple, on n’a pas assez d’argent, on aura encore moins d’argent dans le futur, on a trop de dettes, il nous faut plus d’argent pour arranger tout cela, donc nous devons faire appel au privé pour pouvoir offrir des services adéquats à la population.  De l’autre on retrouve les solidaires qui se disent altermondialiste, environnementalistes et féministes (au fond ce sont des socialistes qui n’osent plus dire qu’ils sont socialistes).  Leur point de vue est le suivant, depuis le virage néo-libéral et la fin de l’État providence, l’écart entre les riches et les pauvres ne fait que s’agrandir, la situation des moins nantis ne s’est jamais améliorée et les services publics ne font que se dégrader.  Il faut que les riches paient leurs justes part et augmenter les impôts pour que les services publics soient de première qualité.  Tout se résume alors, à plus d’État ou moins d’État.

Je crois tout de même que ce n’est pas là qu’il faut regarder.  La place de l’État, n’est qu’une question secondaire à mes yeux.  Dans ce cas-ci, je crois que l’on a mélangé quantité avec qualité.  L’État est supposé être le reflet des aspirations collectives d’une population.  C’est-à-dire qu’une nation assemblée en corps délibératif va établir des institutions vouées à son bien-être collectif.  Ceci est toutefois de la théorie politique.  Ce que cela veut dire en terme pratique est que l’État ou toute institution publique ne doit pas être étrangère aux gens qu’elle est supposée servir.  En  fait, l’État doit servir la population et non le contraire.
L’accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres est un fait admis par bon nombre de chercheurs s’expliquant entre autres par l’appauvrissement de la classe moyenne. Les longues années du règne néo-libéral, si elles ont pu enrichir les nations, elles n’ont pu enrichir la majeure partie de la population au niveau individuel.  L’écart entre le riche et le pauvre est un mal qui est de toutes les époques, loin de moi d’avoir la prétention de pouvoir l’éradiquer.  Ce qui me consterne, c’est plutôt le manque total d’empathie de la population envers les problèmes d’autrui, surtout en ce qui concerne les personnes les plus démunies de notre société. Nous en sommes arrivés à une banalisation de la misère humaine.

Si la charité Chrétienne avait ses défauts, on imposait toutefois un lien entre celui qui possédait et celui qui ne possédait pas.  On insérait, souvent par culpabilité, une pensée envers ceux qui avait moins de chance que nous.  Au Québec, la Révolution tranquille en fait en sorte que les services sociaux ont passé des mains de l’Église à celui de l’État.  Si les idées et les services étaient plus progressistes (et souvent plus efficaces),  l’État, en nouveau maître de la société, venait interférer entre les individus. Il déclara ensuite, par souci d’équité et d’efficacité, qu’il fallait laisser cela aux gens compétents.  Petit à petit, les gens ce sont mis à croire que le système fonctionnerait tout seul. La philanthropie n’est pas tout, mais tant et aussi longtemps que la collectivité ne prendra pas charge de ses propres problèmes, ils existeront toujours

L’État est passé maître dans l’art de contrôler, surveiller, normalisé, punir, d’inspecter, mais pour rendre les humains plus humains, ça jamais.  La bureaucratisation fait en sorte, à la longue, que personne n’a de compte à ne rendre à personne, que la responsabilité individuelle devient diluée dans un système plus important que la somme de ses employés mis en commun.  Malgré cela, avec tous les différents programmes qu’il met de l’avant, l’État contrôle tous les aspects ou presque des moins bien nantis.  Il le paye, le loge, le surveille, le catégorise, le soigne, l’éduque, pourtant il est incapable de le sortir de la misère.  L’État ne le sauve pas, il le gère dans une froide logique de réduction des méfaits. Pire encore, un arbre, un marécage ou un édifice historique vaut plus qu’un jeune qui se retrouve dans la rue après une série incessante d’abus.

D’autres vous diront alors qu’il faut se tourner vers le communautaire.  Je ne veux pas déplaire à personne, mais les groupes communautaires sont souvent des initiatives prisent par un groupe et non par une assemblée de citoyens représentative d’un milieu. Le nom « communautaires » viens plutôt de
la clientèle visée, les communautés et dans la majorité des cas, les communautés pauvres.  Les gens des groupes communautaires mettent sur pied des services qu’ils croient que l’État aurait dû prendre, et souvent ils survivent grâce aux secours de subventions. Ce sont en quelques sortes des groupes de
pressions faisant de la sous-traitance pour l’État.  On se demande alors ce qui est le plus important, la clientèle ou la cause ? Les communautés peuvent alors devenir otage de ces groupes.  La bureaucratie si elle froide et inhumaine, elle ne fait aucune politique, tandis que les groupes communautaires ont souvent des griefs contre le pouvoir en place. C’est à se demander si dans certains cas, il ne faut pas être converti pour avoir accès aux services qui devrait nous être fournis sans distinction, de par notre
statut de citoyen.

L’entraide doit devenir un désir collectif, c’est-à-dire partagé et géré par une collectivité.  Ce n’est en aucun cas un outil politique, un acte de pouvoir sert habituellement celui qui le commet. Que nos intention soient bonnes ou non, une situation si grave que la pauvreté, ne se règlera pas tant et aussi longtemps que la population ne partagera le désir d’apporter une solution au problème.

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