POSTMODERNITÉ ET MENTALITÉ D’ESCLAVE

9 Sep

Le besoin du reflet de l’autre de la Postmodernité a substitué la conception collective idéalisée ou utopiste.  Pour les postmodernes, je ne suis pas la représentation individuelle d’un idéal collectif qui ne m’appartient pas, mais plutôt la décadence du moi, je suis ce que je veux que les autres pensent de moi.  C’est le « deviens qui tu es », très prêt du nihilisme et de l’abandon de la morale.  Cependant, nous vivons en société et l’humain est un animal social.  L’identification n’étant plus liée à un idéal, il est désormais progressivement lié au libre-arbitre ce qui est bien, et au dogme de l’épanouissement personnel, ce qui l’est moins.  L’idéal abandonné, l’on tombe dans une logique du tout est relatif, tout est bon, tout est correct.  Si cette doctrine a permis de libérer les modes de vie alternatifs (qui étaient, il faut le dire, opprimés par les religions et les utopies politiques), il oublie souvent la nécessité de l’individu d’être accepté par l’ensemble de la collectivité.  La multiplication des « modes de vie », même si certains sont plus forts que d’autres, a entraîné une diversification des groupes identitaires.

Il existe aujourd’hui une consommation de l’identité à la carte, multi, poly, pluri, méta et bien d’autres choses ; mais sans but commun, on ne va nulle part.  L’absence d’idéal amène un groupe à planer sur la situation présente, à s’empêtrer dans sa propre médiocrité.  Le but n’est plus de changer sa situation, le système ou les institutions qui mène à une condition sociale injuste, mais plutôt de la pousser au maximum, jusqu’au délire.

On peut l’apercevoir au sein de la culture adolescente.  L’arrivée du mouvement punk en est le meilleur exemple : des ratés sans but ont joué de la musique de ratés sans but, pour des ratés sans but.  Si je dois ajouter que leur musique était super bonne, que leur désir d’amener de quoi de nouveau, de brasser l’establishment et dépoussiérer le monde culturel d’alors était louable et réussit, il n’en change rien qu’ils sont restés des ratés jusqu’à la fin.  C’est la même chose avec le mouvement hip hop qui a vu sortir un lot de génies créatifs qui malheureusement se lance encore des flopées de « niggers » et exhibant des poulettes et des produits de luxe à un niveau qui prouve que le ridicule ne tue pas.  Ce n’est ici que du show business et du rock n’ roll, rien ne vaut ici un Das Capital ou un de la Démocratie en Amérique.  Mais que dire de ces jeunes filles hypersexualisées qui se traitent allégrement de putes.  La révolution sexuelle a eu ses bienfaits, en prouvant que la sexualité n’était pas le fruit du démon, mais encore là, nous avons sombré dans le ridicule.

L’imaginaire postmoderne ne libère pas.  On peut s’élever, améliorer son sort, mais l’on restera toujours une merde, un nègre, une pute, et cela ne semble pas grave.  Dans les couches les plus défavorisés on y adhère avec conviction, envoyant dans les rues une nuée de jeunes paumés qui jouent aux pimps ou aux gangsters.  Ceux qui ont plus de moyens, vont faire la mascarade dans des clubs de banlieue quelconque où l’on va jouer à faire l’intéressant.  Vouloir améliorer son sort en ne voulant pas éliminer les conditions préalables qui nous a envoyé dans la précarité, c’est en fait avoir une mentalité d’esclave. Un esclave qui ne rêve que de devenir le maître, d’exploiter à son tour son prochain, de
ester un animal.  C’est vouloir briser ses chaînes pour en mettre à d’autres.

Le moi triomphant est une catastrophe, il a poussé à la surconsommation, à l’immobilisme politique, à la lente détérioration de ce qui fut créé précédemment.  L’individu n’est pas seul, il vit dans une collectivité et les deux sont étroitement liés.  L’avancement de la collectivité passe par celui de l’individu et vice-versa.  Une collectivité ne peut avancer sans idéal, et  sans idéal l’individu ne peut que se détruire lui-même.

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