Le Consensus c’est la dictature !

10 Sep

Le Consensus c’est la dictature !  L’atteinte d’un consensus en démocratie est inatteignable. Il ne se fait qu’entre des gens de la même opinion, car ce n’est pas parce que l’on retrouve une unanimité au sein d’une assemblée quelconque que le Consensus existe.

Le consensus n’est qu’un nouvel outil rhétorique d’une majorité qui s’obtient de deux façons : par le désintéressement ou par le « baillonage ».  Au Québec,  dans un système de discipline de parti comme le nôtre, il est facile d’obtenir des consensus, trois chefs n’ont qu’à s’entendre et les 122 autres députés n’ont qu’à fermer leurs gueules.

Une chose étrange est que les plus grands penseurs du consensus sont en fait des pluralistes.  Comment des individus se reflétant les uns face aux autres une altérité irréconciliable, peuvent-ils en arriver à, même pas un compromis, mais rien de tel qu’un consensus porteur d’une vérité immuable !  Si cela est vrai, ce doit être parce que ceux qui ce sont assemblés, ne sont pas si différent que ça… Que les gens ont quelque chose qui les relie, donc que la différence n’est pas significative.

Les pluralistes avancent que l’on doit reconnaître les différences et que l’on partage tous quelque chose de commun.  Donc la reconnaissance est illusoire, vu que l’on est, au bout du compte, tous pareil. Les opposants des pluralistes avancent plutôt qu’il ne faut pas reconnaître les différences, car celle-ci font en sorte que l’on ne peut s’entendre, il faut alors s’en tenir au conflit, qui est lui déterminé par un rapport de force.  Donc la reconnaissance est illusoire, car elle ne peut que rendre officielle le fait que l’on est tous différent.

Alors pourquoi veut-on « reconnaître » et pourquoi a-t-on « reconnu » ? La reconnaissance est un acte de pouvoir, on reconnaît ce que l’on ne veut pas, ainsi que ceux qui ne veulent pas de nous.  En fait, ceux qui rendent l’atteinte d’un consensus impossible.  La reconnaissance ne peut que démontrer et
renforcer la situation d’infériorité ou de supériorité dans laquelle un groupe se retrouve face à un autre.

La reconnaissance n’est qu’un compromis pour qu’un groupe continue d’exercer sa domination sur un autre, la majorité sur la minorité.  La majorité doit se draper de l’ensemble de la population pour que ses actions soient légitimées, sinon il ne fait que démontrer le rapport de domination qu’il exerce.  En fait, le consensus n’est qu’un mensonge, convenu entre les deux parties, la dominante et la dominée.

C’est pourquoi la dissidence est importante.  Tout système tend, à la longue, à renforcir les rapports de domination.

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