Archive | août, 2013

Extrait : identité nationale et démocratie

29 Août

Bonjour, voici un autre extrait de ma réflexion sur le printemps érable (que j’espère finir un jour…) 😉 

Que faut-il faire pour être Québécois au Québec ? Premièrement, il faut personnellement se définir comme Québécois.  Deuxièmement, il faut que les autres Québécois le reconnaissent, et vous désigne comme tel.  Il est là le problème dans l’identité, sa dimension collective ne peut être vécue que collectivement. Cela peut paraître une évidence, mais bon nombre de penseurs libéraux ont essayé de réduire l’identité qu’à une dimension individuelle.  En fait, l’idéologie du Multiculturalisme canadien, grandement réfléchie par Pierre Elliott Trudeau, limite l’identité nationale qu’à un simple choix personnel que l’État se doit de reconnaître.  Cependant, cette identité n’a pas de dimension politique, l’État ne se doit pas de défendre une langue ou une culture en particulier, il doit être neutre.  Si identité il y a, elle est basée sur le contrat entre les citoyens, concernant les institutions et les droits universels.

Ce type de pluralisme identitaire oublie toutefois un élément fondamental des droits universels. Les droits universels, s’ils sont universels doivent toutefois s’exprimer dans un cadre culturel. Pour qu’ils existent réellement, la démocratie libérale doit permettre à ses citoyens d’exercer ces droits, en échangeant les uns avec les autres. Que ce soit la liberté d’expression, de religion, économique ou d’association, tous se font dans une communauté, par des interactions entre individus avec l’aide d’une langue et régie par des codes socioculturels.  Par l’exercice des droits universels, les individus qui composent la collectivité échangent, délibèrent et se construisent des normes pour faciliter à nouveau cet exercice. Au contraire de ce que pensait Pierre Eliott Trudeau, la nation n’est pas la somme de tous ses individus.  C’est plutôt les individus entre eux qui construisent quelque chose de plus, et cette « chose de plus » c’est la nation.

Une identité nationale peut vivre sans démocratie, mais une démocratie ne peut vivre sans identité nationale.  C’est pourquoi il faut faire attention avec la préservation de l’identité nationale pour le pas tuer la démocratie.  D’un autre côté, tuer l’identité nationale pour préserver la démocratie peut être tout aussi dangereux.  Il faut comprendre que l’équilibre parfait est difficilement atteignable.  Par exemple, dans le cas de la loi 101, si elle forçait de faire le français une langue publique commune en heurtant des droits, elle allait faire entrer un grand nombre d’individus dans la grande délibération nationale et renforcer l’attachement à l’identité nationale québécoise. La construction identitaire des gouvernements québécois depuis les années soixante-dix, comportent d’autres éléments moins coercitifs et tout aussi fondamentaux, tels que la reconnaissance des droits des premières nations, des droits sociaux, culturels et scolaires de la minorité anglophone, ainsi que l’adoption de la Chartes des droits et libertés de la personne du Québec, votée d’ailleurs avant celle du Canada.

Il s’agit d’un exercice fragile où les ajustements doivent être nombreux.  La plus grande qualité pour un décideur dans ce domaine est de reconnaître rapidement ses erreurs. De là, il faut toujours se méfier des politiques trop englobantes et difficilement réformables.

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Condition masculine au Québec : Jean Jacques Samson est en retard de deux siècles

23 Août

La condition masculine menacée selon notre JJ national ! mais non, en fait elle n’a jamais existé 😛 Voyons comment décrivait-on notre société au XIXe siècle…

Voici un extrait du Roman de Jules Verne « Famille-sans-nom » dont l’action se passe lors de la Révolte des Patriotes de 1837-38 et qui décrit la famille canadienne :

Peut être aurait-il fallu faire un reproche à Catherine Harcher; mais, ce reproche, les femmes du pays l’eussent toutes mérité, pour peu que l’on ajoutât foi aux commentaires de l’opinion publique.  En effet, si les Canadiennes sont bonnes ménagères, c’est à la condition que leur mari fassent le ménage, dressent le lit, mettent la table, plument les poulets, traient les vaches, battent le beurre, pèlent les patates, allument le feu, lavent la vaiselle, habillent les enfants, balaient les chambres, frottent les meubles, coulent la lessive, etc.  Cependant Catherine ne poussait pas à l’extrême cet esprit de domination, qui rend l’époux esclave de sa femme dans la plupart des habitations de la colonie.  Non ! Pour être juste, il y a lieu qu’elle prenait sa part du travail quotidien.  Néanmoins, Thomas Harcher se soumettait volontiers à ses volontés comme à ces caprices.  Aussi, quelle belle famille lui avait donné Catherine, depuis Pierre, patron du Champlain jusqu’au dernier bébé, âgé de quelque semaines seulement, et qu’on s’apprêtait à baptiser en ce jour.

Ce qui frappait les étrangers, c’était le caractère distinc des moeurs plutôt égalitaires au sein des familles canadiennes (au sens canadiennes-françaises ou québécoises). Aussi, on décrit ici une famille de vaillants patriotes, défendant la cause nationale, la liberté et l’indépendance. Ce qui indique que la soummission de la femme à l’homme serait une exportation et que ceux qui la pronneraient seraient en fait des assimilés. 😉

Extrait : Le « Plateau »

22 Août

Voici un extrait de la deuxième partie de ma réflexion sur le printemps Érable (présentement en préparation) :

Quel est le combat identitaire à Montréal ? Dans le reste du Québec, on croit que tout n’est qu’une lente assimilation où le nombre décroissant de francophones est malmené par les anglophones et les immigrants.  En fait, il y a deux Montréal.  Le  Montréal des clans et des quartiers clairement délimités par leur spécificité ethniques, et celui de la « communauté montréalaise » plus amalgamée et ouverte.  Cette ouverture peut toutefois aller jusqu’à la caricature, perçue dans la culture populaire comme étant  « Le Plateau ». Référant bien sûr au Plateau-Mont-Royal avec sa « clique du Plateau » et ses hipsters, tous partisans d’Amir Khadir qui veut implanter un régime anarchiste et islamiste sur le reste du Québec.  La caricature va évidemment dans les sens, ce n’est pas les commerçants du Plateau qui souhaitaient un « Joyeux Décembre ! ».  À chacun ses délires…

Le « Plateau » est plutôt une vision du monde qu’une réalité. Malgré toute sa bonne volonté, son ouverture d’esprit, sa solidarité sociale, sa conscience environnementale; le vrai Plateau est un processus de gentrification où l’on dépossède les résidents pauvres des quartiers populaires, même s’ils y ont vécus toutes leur vie.  Les commerces et les services de premières nécessités ferment pour faire place à des condos et des établissements qui ne servent qu’une infime partie de la population.  Ils sont pour la plupart blancs, riches et instruits, les autres doivent se déplacer vers des endroits que leurs remplaçants déplorent et regardent de haut.  Le Plateau c’est une exclusion atténuée, c’est du snobisme avec une conscience, c’est la société des loisirs avec l’illusion du sens du devoir.

Le « Plateau », c’est déposséder avec le cœur sur la main, la solidarité sociale ne servant qu’à acheter leur confort. Les pauvres n’ont pas besoin de plus de reconnaissance, ils ont besoin de ne plus être pauvres.

Le printemps Érable ce n’est pas le « Plateau ».  Le printemps Érable, c’est Hochelaga-Maisonneuve, c’est Saint-Michel, c’est Côte-des-Neiges, c’est Verdun, c’est Saint-Henri, c’est NDG, c’est même Laval ! C’est tous ces clans, ces châteaux-forts vendus d’un côté ou d’un autre depuis des générations.  Le printemps Érable, c’est voir le théâtre qui cache le vrai combat entre ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas.

Aperçu de la deuxième partie « les effets du printemps Érable »

5 Août

Bonjour groupe,

Je vous ai laissé des extraits de la deuxième partie de ma super réflexion qui portera sur les effets du printemps Érable. En gros c’est  4 chapitres, dont les titres sont en gras. J’ai essayé de mettre des extraits le plus représentatifs possibles, mais les chapitres ne sont pas terminés et certains sont plus avancés que d’autres.

J’veux dire, le meilleur est à venir… 😉

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Que veulent les carrés rouges ?

« Je ne suis pas quelqu’un qui est contre le fait qu’il faut donner un itinéraire à la police quelques heures avant une manifestation.  Cependant, si remettre cet itinéraire pouvait mettre en danger la sécurité des personnes qui participent à une manifestation, il est du devoir ses organisateurs de ne pas le remettre. La sécurité et la liberté d’expression des manifestants doit primer avant tout. »

« Il est du devoir de nos dirigeants politiques à ce que les Forces de l’Ordre soient respectées et non craintes.  L’Autorité est un pouvoir accepté et respecté, la simple peur pousse certains à répondre par la violence, pour faire naître cette peur de l’autre côté.  Le Chaos ne vient pas de l’absence d’ordre, mais lorsque l’Autorité a perdue toute sa légitimité face à la population.  Ce que les carrés rouges veulent, ce n’est pas la fin de la police, mais une police respectable, au service des citoyens au lieu du pouvoir en place.

La Brutalité policière c’est une déshumanisation de certains citoyens et citoyennes, dans le but d’imposer une vision idéologique de la société. »

La souveraineté : business as usual

Autrefois, on se servait de la souveraineté afin d’affaiblir un ennemi politique, la gauche ou la droite prétextant que le gouvernement fédéral était une menace au projet idéologique. Les partisans de ce souverainisme circonstanciel est perceptible dans le langage commun, comme étant des « souverainistes mous ». Aujourd’hui on peut apercevoir un autre phénomène, où le degré de souveraineté différencie les formations politiques avec sensiblement le même but : la social-démocratie et l’indépendance nationale.  La souveraineté n’est pas ici un projet commun, mais un point comme les autres, que les partis prennent pour se distinguer.  Si elle était si importante, leurs partisans s’uniraient afin d’établir une stratégie commune pour y accéder.  Aujourd’hui, la quête personnelle du pouvoir semble plus importante que le rêve de tout un peuple.  Ce n’est pas parce que la Souveraineté est faible que les souverainistes sont divisés, mais plutôt parce qu’ils sont divisés qu’elle est faible.

La souveraineté est devenue un prétexte à un jeu de pouvoir, les plus radicaux des mesures sociales et de l’indépendance s’organisant en formation politique, afin de mieux influencer le débat public.  Le plus grand obstacle à la souveraineté n’est pas sa faisabilité ou l’incertitude, mais plutôt la peur de donner un pays à une Majorité qui a des vues contraires aux nôtres. Nous ne sommes pas éloignés de la souveraineté.  Au contraire, ne nous en sommes jamais été aussi près, mais la teneur des fondements de cette future nation indépendante semble plus nous diviser, plus qu’elle nous unis.  Nous sommes rendus à un point où les souverainistes ont peur d’autres souverainistes.

Les deux identités, les deux démocraties

« La pérennité du cadre culturel dans lequel s’expriment les droits universels est beaucoup plus menacée à Montréal, tant du côté francophone qu’anglophone que dans le reste du Québec.  Le besoin d’une spécificité pour se protéger de l’assimilation de l’Autre a eu comme effet de se protéger contre la culture générique néolibérale.  Tandis qu’ailleurs, elle a pénétré sans vraiment de heurts, tranquillement et insidieusement.  »

La victoire de la peur

« L’effet le plus évident du printemps Érable a été de rabaisser la vie politique québécoise à sa plus simple expression.  Le pouvoir s’est montré nu, libéré du manteau de l’acceptabilité.  Et le drame dans tout ça, c’est que la majorité des citoyens ont préféré se soumettre aveuglément à ce pouvoir qui avait fait preuve d’une réelle carence au niveau de la légitimité, au lieu de choisir le véritable exercice de la Liberté. »