Si nous étions dans le bipartisme : mieux comprendre le vote stratégique

26 Mar

Partout le PQ parle de division du Vote, et de la majorité volée par QS… comme l’indique cette image qui parcourt les Médias Sociaux :

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Ayant travaillé (comme bénévole) pour le PQ lors de l’élection de 2012, j’ai été de ceux qui furent grandement déçus par cette même division du vote qui coûta une majorité au Parti Québécois.  C’est très frustrant pour un péquiste, lorsque quelqu’un se prétend souverainiste ou fièrement indépendantiste, votera de tel sorte que son vote entraîne la victoire d’un libéral.

Cependant, il faut être juste. Si un mouvement de votes stratégiques irait d’un côté, on peut s’attendre à ce que le même effet se face chez nos adversaires. C’est pourquoi je me suis demandé ce qu’il se passait si nous étions dans un mode où le vote stratégique ne pouvais pas s’appliquer, car nous aurions seulement que 2 choix : Souverainistes ou Fédéralistes.

 

Pour cela, j’ai utilisé cette projection de Too close to call.  Je sais qu’il y a eu un nouveau sondage, mais Jean-Marc Léger lui-même a minimisé les résultats en apercevant une hausse du PQ dans les derniers jours et de toute façon mon but était de savoir où était les comtés assurément souverainistes et fédéralistes, et les comté qui pouvait « changer de main ».

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Il y a donc au Québec (en ce moment) :

78 comtés fédéralistes (PLQ+CAQ) avec 10 comté pouvant changer de main.

47 comté souverainistes (PQ+QS+ON) avec 11 comtés pouvant changer de main.

Donc dans un système bipartite les fédéralistes aurait assurément entre 68 et 89 comtés, et les souverainistes entre 36 et 57 comtés… On peut dire que le Québec est actuellement fédéraliste et les chiffres des comtés reflètent le % d’adhésion à la Souveraineté du Québec (environ 37 %).

C’est pour cela que le PQ a absolument besoin des tiers partis pour espérer accéder au gouvernement. Sans  l’ADQ et la CAQ, le PQ n’aurait jamais pu accéder au gouvernement lors des dernières années.

Beaucoup de circonscriptions où des souverainistes ont actuellement l’avantage tomberaient du côté fédéraliste dans un système à deux partis :

Blainville (majorité faible)

Champlain (majorité faible)

Charlevoix-Côte-de-Beaupré (majorité faible)

Drummond-Bois-Franc

Groulx (majorité faible)

Johnson

Laval-des-Rapides (majorité faible)

Montarville

Saint-Hyancinthe (majorité faible)

Saint-Maurice (majorité faible)

Sainte-Rose

 

La seule circonscription qui passerait du côté fédéraliste au côté souverainiste est Laurier-Dorion et cette circonscription est clairement souverainiste (environ 57 %).

 

L’étude de ces chiffres nous en dit long sur la stratégie du PQ lors de la campagne électorale et des derniers 18 mois qu’il a passé au pouvoir.

Le PQ n’a surement pas choisi une alliance avec les autres partis souverainistes, car il a calculé que celle-ci ne donnerait rien, prévoyant sûrement un ressac fédéraliste vers le PLQ pour contrer la menace d’un référendum. Avec l’état de l’électorat qu’il avait devant lui, il était plus profitable de passer pour étant « de droite et fédéraliste », du moins « plutôt de droite et moins souverainiste ». Ce n’est pas l’enthousiasme Montréalais, où deux partis souverainistes cohabitent et peuvent se concurrencer qui allait donner les sièges nécessaires à une majorité.

 

Québec Solidaire a besoin du Parti Québécois pour progresser.

Beaucoup de facteurs peuvent expliquer la progression du vote chez Québec Solidaire (milieu urbain, immigration, scolarité, niveau de syndicalisation, etc.) Cependant, si on regarde les chiffres absolut de QS, ce n’est pas des plus impressionnants, (on monte lentement dans le 3,4,5,6 % et peut-être 8-9 % pour la prochaine élection), mais chacune de ces hausses semblent créer un mouvement de panique chez le PQ.  Plus qu’il  y a de souverainistes dans un comté, plus qu’il tendent à voter pour Québec Solidaire, si ce comté est entouré de d’autres comtés souverainistes ou fortement souverainistes, on peut avancer qu’il tombera prochainement , si ce mouvement est continu, dans les mains de Québec Solidaire. Je crois que cette hypothèse mérite certainement d’être étudié en profondeur.

Québec Solidaire travaille comme un micro-organisme qui se forme en se détachant du PQ, en vole quelque force vive, mais est capable de s’accroître en intégrant les particules libres divaguant dans son environnement et que le PQ n’est pas habilité à digérer. Bref, si QS vole des votes souverainistes, il en créé aussi.  Lorsque les souverainistes ne se retrouvent pas en mode « défensif », ils créent de nouveaux souverainistes… Et cette progression, semble due en grande partie à Québec Solidaire.  Cependant, ce mouvement créer plus de souverainiste là où il y en a déjà, mais frappe un mur lorsqu’il arrive en territoire fédéraliste.

Cependant, Québec Solidaire semble incapable de générer une force suffisamment puissante pour renverser un parti fédéraliste au pouvoir.  Partout, il créé le même phénomène, pompe le vote PQ et une partie de celui de la CAQ, dont l’autre portion disparaît dans le giron du PLQ.  Où il n’y a pas de PQ, il ne peut y avoir de député de Québec Solidaire.  Cet organisme est fragile et doit être protégé en quelque sorte par le PQ, pour assurer sa « survie ».

 La relation de co-dépendance entre le PQ et QS se résume comme suit :

Pour avoir une majorité (sans atténuer ses principes), le PQ doit augmenter l’adhésion au projet souverainiste.

QS semble être le nouveau générateur (ou du moins un nouveau générateur) d’adhésions au projet souverainiste.

QS a besoin du PQ pour lui assurer un terreau fertile où se développer.

 

Les différences de motivation d’un vote PQ ou QS

On peut avancer que de voter PQ est un vote de préservation (défensif), tandis qu’un vote QS est un vote d’affirmation (offensif).

La Souveraineté se redéfinie petit à petit pour des « valeurs » et non contre quelque chose ou pour protéger ce que nous avons déjà.  pour QS, même si son poids est encore minime. il pousse le PQ vers d’autre territoire pour lui assurer de « s’implanter » dans d’autres circonscriptions. Le problème, c’est que cela force le PQ d’essayer de plaire à un électorat répondant plus aux questions identitaires que constitutionnelles, et voyant d’un mauvais œil le partage de la richesse.

Métaphysiquement, Mercier, Gouin et les autres comtés « prenables » par QS vivent déjà dans un Québec indépendant.  Voter Solidaire y renforce peut-être une fuite en avant ou, d’un autre côté, redonnerait aux souverainistes l’utopie perdue dans le recentrement du PQ pour aller chercher du vote fédéraliste.

Toutefois, le Mouvement ne peut pas être continuellement en mode défensif, là où le discours et les actions de « préservation » n’ont pas de sens pour les électeurs, entourés de leurs semblables « de toutes formes », il doit alors affirmer quelque chose de positif.

Le PQ, QS et ON doivent créer un engouement souverainiste et non aller vers le discours de la peur.  Il doit proposer des réformes qui sauront plaire à l’électorat assiégé de l’esprit du fédéralisme.  Ce que les gens réclament, c’est de l’Intégrité tant à gauche qu’à droite; un système honnête qui abattrait les privilèges dans les domaines corporatistes, financiers, syndicaux, religieux et linguistiques.  Une République républicaine, quoi… Mais n’est-ce pas là tout le discours faussement progressiste de la Charte, et également le refus de collaborer entre partis souverainistes dues qu’un de ceux-ci doit plier aux exigences de la réalité.  Si la peur doit cesser et l’intégrité triompher, il faudra avant tout, que l’on arrête un jour de vouloir faire des gains au détriment de l’autre…

Le futur c’est beau, mais on vote Comment le 7 avril ?

bouah ! je ne sais pas trop… y’a rien de scientifique là-dedans, le vote… Faut suivre sa conscience, mais si votre conscience est indécise, laissez-moi vous éclairer avec une parabole basée sur le Baseball.

Vous êtes au marbre, le lanceur n’est pas redoutable, mais constant.  Il vous envoi de bonnes balles, si vous frappez prudemment vous êtres presque sûr de faire un coup sûr, mais si vous mettez un peu plus de force vous pourriez peut-être faire un coup de circuit. Vous devez choisir :  être prudent ou téméraire. Tout dépend de votre moyenne au bâton dans votre circonscription et du lanceur « fédéraliste » qui se trouvent au monticule.

Alors vous faites quoi ?

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  1. La défaite du PQ, pourquoi ? | PPP (Philo Politique Progressiste) - 9 avril 2014

    […] plus longuement expliqué cette question dans un billet précédent, mais en gros, un des problèmes du PQ c’est qu’il y a plus de fédéralistes que de […]

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