Archive | avril, 2014

Et si on comptait les abstentions ?

24 Avr

à tous ceux qui cherchent où se cachent les électeurs libéraux, je crois que j’ai ici les réponses 😉

 

Voici le résultat officiel de l’élection québécoise du 7 avril 2014 :

PLQ  70 sièges (41,52 %); PQ 30 sièges (25,38 %); CAQ 22 sièges (23,05 %); QS 3 sièges (7,63 %)

Il y a eu à cette élection, un taux de participation de 71,44 %

Ce qui signifie qu’environ 58,5 % des gens qui ont voté, n’ont pas voté pour le PLQ et qu’environ 70,4 % des électeurs inscrit n’ont pas voté pour le PLQ.

À vrai dire, le résultat réel[i] de cette élection est le suivant :

PLQ  (29,66 %); Abstentions (28,56 %); PQ (18,13 %); CAQ (16,47 %); QS (5,45 %)

Le résultat qui était devant nos yeux le soir du 7 avril (et tous les précédents d’ailleurs) était une illusion.  Un gouvernement que l’on croit légitime à régner comme bon lui semble, n’a en fait qu’un infime appui de la part des électeurs.   On peut avancer que dans une certaine mesure les anarchistes ont raison de nous répéter sans cesse « élection, piège à cons ».  Déjà que les règles du jeu donne un avantage démesurés au parti qui amasse le plus de votes, les partis politiques nous font croire à un soutien surestimé dans la population.

Alors si on comptait les abstentionnistes qui peut-être sans le vouloir de sombre partisans de l’anarchisme ;)… ce que je veux dire est de donner aux partis les sièges qu’ils méritent… qu’ils aient le nombre de députés au nombre réel de votes qu’ils ont reçus… Les abstentionnistes auraient ainsi leurs sièges qui n’irait donc à personne d’autres et qu’il faudrait tout de même compter lorsqu’on voterait un projet de loi…  Ceci n’est qu’utopie, mais un tel système n’obligerait-il pas les partis à offrir plus aux électeurs pour recueillir leurs votes ?

L’Assemblée Nationale aurait donc la répartition des sièges suivants si on n’avait un système proportionnel et si l’on acceptait les abstentions[ii] :

PLQ :                                     38

Abstentionnistes :          36

PQ :                                       23

CAQ :                                    21

QS :                                       7

 

Les abstentionnistes sont en quelque sorte une opposition au pouvoir en place, en ne se reconnaissant pas dans l’offre politique et le système actuel.

 

Étant toujours du côté de l’opposition, il faudrait alors les votes du PLQ, du PQ et de la CAQ ou ceux du PLQ, du PQ et de QS pour avoir une Majorité (plus de 63 voix).  Un tel système forcerait alors les partis au compromis, tout en sauvant quelques salaires de députés…

 

Et si on suit cette logique, qu’auraient été les résultats des élections précédentes ?

 

2012

PQ PLQ CAQ QS
Résultat de l’élection  % 31,95 31,2 27,05 6,3
Résultat réel  % 23,83 23,28 20,18 4,7

Taux de participation : 74,6 %, donc 25,4 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          33

PQ :                                       30

PLQ :                                     30

CAQ :                                    26

QS :                                       6

 

2008

PLQ PQ ADQ QS
Résultat de l’élection % 42,08 35,17 16,37 3,78
Résultat réel % 24,16 20,2 9,4 2,17

Taux de participation : 57,43 %, donc 42,57 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          54

PLQ :                                     31

PQ :                                       26

ADQ :                                   12

QS :                                       2

 

2007

PLQ ADQ PQ Verts QS
Résultat de l’élection % 33,08 30,84 28,35 3,85 3,64
Résultat réel % 23,56 21,97 20,19 2,74 2,59

Taux de participation : 71,23 %, donc 28,77 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          36

PLQ :                                     30

ADQ :                                   28

PQ :                                       25

Verts :                                    3

QS :                                        3

 

Voyons maintenant ce que nous révèle la comparaison de scores des partis pour chacune des élections

 

Résultats des partis (en %) pour de 2007 à 2014

PLQ PQ ADQ/CAQ QS
2007 23,56 20,19 21,97 2,59
2008 24,16 20,20 9,40 2,17
2012 23,28 23,83 20,18 4,70
2014 29,66 18,13 16,47 5,45

 

Voilà des chiffres pouvant calmer certaines ardeurs et mettre en perspective la « dégelée » du PQ. Cependant, on peut déceler une certaine stabilité dans les votes des vieux partis.  Rien ici ne peut mettre en cause le leadership de Pauline Marois, ayant un score semblable, plus élevé et en deçà de son prédécesseur, André Boisclair.  La seule chose qui a changé lors des deux dernières élections c’est le contexte et les politiques mise de l’avant par les péquistes.  Le meilleur score du PQ a été après le Mouvement du printemps érable et il avait mis de l’avant à ce moment des politiques plus progressistes.  En 2014, ce fut la Charte et un visage plus conservateur que l’on présenta à la population.  En revanche, même si lors des deux élections le PQ ne promettait pas de référendum et que le PLQ en agitait la menace, celle-ci ne fût écoutée qu’en 2014… Sûrement que les histoires de corruptions qui collaient au gouvernement Charest, donnait plutôt envie de se débarrasser de lui que de prendre ces menaces au sérieux…

Le score surprenant du PLQ à l’élection de 2014, pourrait s’expliquer par la réaction à la Charte et la « menace » d’un référendum.  On pourrait aussi avancer l’hypothèse des transbordements, où environ 6 % d’électeurs ayant voté pour la CAQ en 2012 ont voté PLQ et par la suite environ du  2 % bassin « normal » d’électeurs du PQ se sont dirigé vers la CAQ.

Aussi ont peut voir que les abstentionnistes sont plutôt des réformateurs de droite, ce sont en autres grandement les électeurs de l’ADQ et de la CAQ qui ont fait varier le taux de participation.  De son côté QS, fait le plein tranquillement de nouveaux électeurs qui, sans être nombreux, semblent être plus fidèles et résilients.

 

Que doit faire le PQ ?

Ce que doit faire le PQ, c’est de sortir de cette zone d’environ 20 %, c’est-à-dire qu’à chaque élection il y a environ 20 % des électeurs inscrits qui vont voter pour le PQ. C’est là, la tâche que Pauline Marois et son équipe n’ont pas réussi à accomplir.  Il faut que ce parti, dans le système actuel, aille recueillir un bassin d’environ 24,25 ou 26 % d’électeurs réels.

Les voies qui s’offrent actuellement au PQ est de, soit d’aller vers la droite et « tendre la main » à la CAQ, ou aller vers la gauche  pour  se rapprocher de QS et d’ON.  Chaque choix entraînera un effet de l’autre côté… c’est-à-dire qu’il perdrait automatiquement des appuis.  Cependant, même s’il a fait une excursion plutôt timide vers la gauche en 2012, le PQ a tout de même reçu plus d’appuis que lors des autres élections.

Il faudra bien juger le contexte. Le PLQ devrait redescendre à un niveau plus habituel, c’est-à-dire 23-24 %, son but sera de rendre les gens apathiques, car les faibles taux de participation l’avantage toujours. Il devra faire attention à ne pas mettre les gens en colère, comme en 2012… s’il a bien compris la leçon, nous assisteront sûrement à quatre années où se mêleront l’indifférence et l’insignifiance.

L’arrivée d’un NPD-Québec pourrait également changer la donne, le PQ devra faire attention de bien se positionner.  S’il va à droite, les chiffres additionnant PQ et CAQ donne sûrement une majorité à une formation nationaliste et conservatrice, mais est-ce que les électeurs suivraient.  Le vacuum à gauche pourrait profiter à un hypothétique NPD-Québec qui pourrait faire mal, non seulement au PLQ en divisant le vote fédéraliste, mais au PQ et à QS.  Je crois que le PQ doit remplir le vide qu’il a laissé à gauche et également mettre l’accent sur des réformes.  Les sursauts de l’ADQ et de la CAQ le démontrent, les appuis jaillissent lorsqu’on démontre que l’on veut s’attaquer aux problèmes de front.  Les appuis pour la Charte, ne donnait pas tort au PQ sur ce point, mais la possibilité de faire la même Charte sans risque de référendum, avait plu aux électeurs plus conservateurs.  De là, peut-être un autre argument pour se positionner plus à gauche, les places étant déjà prises à droite…

Également, avec le bassin de 20 % au PQ, les 5,4 % actuellement à QS et les quelques votes d’Option nationale, on arrive rapidement à la masse critique nécessaire pour avoir un gouvernement majoritaire.  Cette union pourrait redonner un élan au mouvement, en apportant des personnes et des idées neuves dans un gouvernement qui proposerait des réformes structurantes et qui pousserait l’abstentionniste moyen à aller voter.  Ce qui tue le PQ c’est l’immobilisme, c’est le statu quo. Quelque soit le Chef, il faut que les choses changent !

Et si on commençait par le mode de scrutin ?

 

 

[i] N’est pas inclus ici les bulletins rejetés.  Ils sont en trop petit nombre pour avoir une réelle influence sur les données, et ont ne sait pas pourquoi ils ont été rejetés…

[ii] Avec un seuil de 3 %, ceux qui ont moins ne sont pas comptabilisé.

Défaite du PQ : un problème d’identité ?

11 Avr

Si vous êtes vraiment motivés et que vous lisez la totalité de mes précédents articles vous allez vous rendre compte qu’au moment où le gouvernement Marois avait annoncé le projet de Charte j’étais sûr que cela lui allait lui donner une Majorité, ensuite j’avais émis des réserves voyant que les votes ne suivait pas, pour finir il me semblait que la remontée du PQ dans les sondages était plutôt attribuables aux déboires de Philippe Couillard qu’à autres choses… si les événements m’ont donné raison, j’étais encore perplexe devant les chiffres que j’avais vu passer sous mes yeux. Toutes mes analyses au long de la campagne sur la stratégie du PQ de miser sur les enjeux identitaires au détriment de promotion de la souveraineté me semblaenit juste. Je n’étais pas d’accord sur les principes de la Charte (je serais sûrement un inclusif toute ma vie), mais les possibilités pour atteindre une majorité m’apparaissaient toutefois convaincantes.

On peut dire que les Québécois ont eut plus peur d’un Référendum que des « menaces » aux valeurs québécoises, mais je crois que cela n’explique pas tout.  La débâcle du PQ démontre aussi, je crois, qu’il a fondamentalement mal ciblé ses électeurs et que les chiffres démontrant un appui à la Charte n’étaient pas si significatifs.  S’il approuvait le projet du PQ, cela ne semblait pas leur plus grande préoccupation.

Pour comprendre l’élection de 2014, il faut premièrement indiquer les grands débats qui ont dernièrement façonné le paysage politique depuis les dernières années.

  1. le débat identitaire entre les Inclusifs et les Exclusifs (appelons-les comme ça)
  2. le débat idéologique entre la Gauche et la Droite
  3. le débat constitutionnel entre les Fédéralistes et les Souverainiste

Je ne tiens pas compte ici des conflits régionaux, ceux entre les campagnes et les villes, le centre et la périphérie, les vieux et les jeunes et ceux de genre.  Je parle ici des éléments idéologiques qui permettent à un parti de se définir auprès de l’électorat et construisent la stratégie de communication.

Faites le test vous même !

êtes-vous pour ou contre la Charte ? une Janette ou une inclusive ? Pour vous Bernard Drainville avait-il raison ou il manigançait une mesure purement électoraliste ? Exclusif inscrivez un E, inclusif inscrivez un I

êtes-vous de Gauche ou de Droite ? Plus ou moins d’État ? Faut-il taxer ou non les Riches ? La Justice sociale ou la discipline financière ? Faut-il s’attaquer aux inégalités ou à la dette ? La gratuité scolaire ou augmentation des frais de scolarité?  De Gauche inscrivez un G, de Droite inscrivez un D.

êtes-vous fédéraliste ou souverainiste ? Restez dans le Canada ou l’indépendance du Québec ? Signez la Constitution ou un Référendum ? Fédéraliste, inscrivez un F, Souverainiste inscrivez un S.

Maintenant, que vous avez vos trois choix, mettez-les en ordre d’importance. Ce qui vous défini le mieux.  Lequel est plus important pour vous. Par exemple pour moi, le premier est I, ensuite S, et pour finir G… donc je suis un inclusif souverainiste de gauche. La question identitaire est très importante pour moi, concevoir l’identité québécoise autrement qu’un grand tout ouvert à tout le monde, m’atteint beaucoup.  Je suis également Souverainiste, je veux qu’un jour le Québec devienne un pays (et plus tôt que tard).  Pour finir je suis de Gauche, mais le fait d’être Inclusif et Souverainiste, me défini plus que mes positions sur la justice sociale.  

En fait, formez votre trio, lequel des éléments est votre pivot, votre grand marqueur, lequel complète un duo dynamique avec votre vedette, et en dernier lieu, lequel vient compléter votre trio, mais pourrait aller sur un autre trio si le besoin se fait sentir…  

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, vous avez amplement le droit d’être exclusif, de droite et/ou fédéraliste.

Vous pouvez également être un Inclusif fédéraliste de droite (IFD) ou de droite exclusif souverainiste (DES), ou encore un gauchiste fédéraliste inclusif (GFI)… Si je sais compter comme il faut, il y a 48 combinaisons différentes…

Après vous être découvert vous-mêmes, on peut maintenant mieux expliquer les résultats de la dernière élection.

Il s’agit là que d’une hypothèse, je ne possède pas de Méga-Grosse Firme de sondage, mais je peux avancer qu’avec les sondages portant sur la Charte et le résultat de l’élection, on peut émettre que beaucoup de Québécois inscriraient un E s’ils faisaient le test ci-dessus, mais que cette valeur n’est pas la plus significative, donc qu’elle se retrouve en 2e ou 3e position.   C’est sur que l’importance de chacun des éléments peut changer avec le temps, mais on n’a pas arrêté de parler de Charte depuis des mois… Le PQ a été obnubilé par les chiffres des appuis des mesures identitaires plus forte, mais sans se demander si cet appui pouvait se changer réellement en votes. 

Je pourrai avancer aussi qu’avec les sondages qui sont sortis ces dernières années les « cotes » I,G et S se trouveraient entre 35 et 45 % chacune, tandis que les E, D et F devraient être entre 55 et 65 %…

De là tout l’intérêt de bien définir et connaître son électorat.  On peut dire que le PLQ s’est assuré de ramener tous les F « à la maison » avec la menace de référendum et que la CAQ s’est empressé de rapatrier le plus de D possible… les choix identitaires (dans les deux sens) du PQ n’ont pas pu rapatrier bon nombre de souverainistes et de progressistes qui avaient donner leur confiance à l’équipe Marois 18 mois plus tôt. 

Cela peut expliquer aussi les difficultés de Québec Solidaire à percer, car trop défini…  

Et vous ? Avez-vous voté pour un parti qui vous ressemble ? 

 

La défaite du PQ, pourquoi ?

9 Avr

Raison 1 : « Demographics »

Pour vous donner une idée de ce qu’est une adhésion basée sur les « demographics » voici les proportions par groupe d’individus qui ont voté Obama à l’élection de 2012…cdn-media.nationaljournal.com

 

Ça ne vous fais pas penser à quelque chose…

La force du PLQ, c’est qu’il va chercher des votes où les autres ne sont pas capables d’aller en chercher (anglophones et minorités ethniques).  Il ne faut pas s’acharner à chercher le vote « majoritaire », car tout le monde se bat pour l’avoir.  Il n’en faut qu’un nombre suffisant pour gagner.  De plus, habitués à « magasiner », le groupes Majoritaire tend à être difficile à satisfaire, et ses allégeances sont trop mouvantes. S’y attarder devient alors une perte de temps.

Pour gagner une élection, il ne faut pas se replier sur nos terres, mais avoir une approche agressive et aller chercher du vote en territoire ennemi. Pour le PQ cela signifie les jeunes, les minorités et même (et oui !) les anglophones.

Raison 2 : Bassins d’électeurs Souverainistes et Fédéralistes

J’ai plus longuement expliqué cette question dans un billet précédent, mais en gros, un des problèmes du PQ c’est qu’il y a plus de fédéralistes que de souverainistes au Québec.  Ce qui explique en partie l’accent mise sur la Charte et le fait que QS ne peut faire des gains qu’en territoire péquiste.

Raison 3 : Sortie de Vote et Abstentionnisme

Le vote progressiste n’est pas sorti comme en 2012.   Les électeurs libéraux allant habituellement plus souvent voter, le PQ a tout intérêt à intéresser à ceux qui vote moins souvent. Le taux de participation de 71,21 % a favorisé les libéraux, tandis qu’un taux de participation plus élevé favorise toujours le PQ.

En fait pour qu’un gouvernement péquiste soit élu, il faut un désengagement envers le parti libéral, ainsi qu’une division du vote fédéraliste.

Raison 4 : Mauvaise cible

Comme a dit Bob Marley (et Abraham Lincoln) :

You can fool the people some times, but you can’t fool the people all the time

Tout d’abord, le PQ a décidé de se positionner au Centre-droite, alors qu’il y avait déj;a 2 partis bien installé. Le PQ est supposément un parti de centre-gauche et souverainiste, on peut dire qu’il est apparaissait contre-nature avec toute l’histoire de la charte. Cela a créé ce qu’on appelle les « Orphelins », que l’on pourrait définir comme étant des « réformateurs inclusifs », ces gens ne se retrouvant plus dans l’offre politique, ont choisi de ne pas voter, d’annuler leur vote ou de voter par dépit  pour un autre parti.

D’ailleurs, tout le monde a compris que les gens de droite ne veulent généralement pas de Référendum, et ce même s’il était subliminalement proposé par une vedette de droite.

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Raison 5 : campagne négative

Tout le monde semble d’accord, se fut sûrement la pire campagne électorale de l’histoire du Québec. Et les gens continueront d’en avoir un goût amer.

Pour ma part, je n’ai rien personnellement contre les campagnes négatives, pour autant qu’elles soient bien faites.  Lorsque tous les coups sont permis, il faut faire tous les coups ! Le PQ a essayé de passer le K.O. à Couillard en lui lançant des grosses poignée de bouette dans la face.  Mais une campagne c’est  un très long 15 rounds.  Lorsque Couillard recevait de la boue une journée, il s’essuyait et repartait frais comme une rose.  L’important ce n’est pas comment sale est votre adversaire, mais qu’il soit toujours sale… il aurait mieux fallu en lancer moins, mais de façon constante.

Raison 6 : Campagne centralisée et message national

Le PQ a eu une campagne centralisée basée sur les secteurs « payants » et un message « si vous voulez la Charte, faut voter PQ ».  Cependant, c’est une élection dans 125 circonscriptions différentes, il faut démontrer que l’on  s’intéresse aux enjeux locaux et régionaux.  Le PLQ a plutôt fait sa campagne en ciblant les régions et en promettant des emplois et du développement économique dans chacune d’elle, et ce même si cela pouvait nuire à une autre promesse dans une autre région.  Les médias nationaux servent alors à envoyer des phrases creuses et à frapper ses adversaires, ce qui est encore important c’est ce qui se trouvent dans les hebdos locaux…

Même s’ils sont plus actifs sur les réseaux sociaux, les souverainistes n’ont pas compris que ceux-ci servent principalement à relier entre eux des communautés locales, qui s’informent sur leur réalité quotidienne.

Relativisons tout de même le succès du PLQ…

Une majorité de Québécois voulaient peut-être une Charte, mais ils étaient près à accepter un compromis sur celle-ci, et ils ne voulaient pas faire perdurer le débat.  Si le projet était populaire en Région, on y adhérait surtout par principe. Les soutiens dans biens des endroits ont rapidement « virer de bords » lorsqu’on leur a promis des emplois et du développement économique. Dans les couronnes nord et sud de Montréal, la CAQ a bien sorti son épingle du jeu en promettant une « Charte, mais pas de référendum », de quoi plaire aux nationalistes conservateurs qui n’aiment pas les chambardements constitutionnels.

Finalement, on peut dire que le PLQ a des avantages structurels sur le PQ. Ce dernier avait toutefois tout bien fait sauf le plus important : déterminer sa cible électorale et la gestion de campagne. Malgré tout, 70,4 % des électeurs inscrits et 58, 5 % des gens qui ont voté n’ont pas voté pour le PLQ.

Notre système a l’effet de faire croire à des adhésions importantes à un parti ou un autre, il faut cependant être prudent.  Malgré une victoire décisive au niveau électoral, le prochain gouvernement sera tout de même sur haute surveillance. Malgré sa majorité, Philippe Couillard a tout intérêt à chercher le consensus et les compromis.

Vous êtes durs à suivre les Québécois…

7 Avr

Bonjour chers Québécois,

En mai 2011, vous avez sacré le Bloc Québécois dehors, pour élire des poteaux du NPD car Jack Layton avait attendri votre cœur et redonné espoir envers la politique.

Avant de mourir, il nous a donné ça comme message :

Mes amis, l’amour est cent fois meilleur que la haine.L’espoir est meilleur que la peur. L’optimisme est meilleur que le désespoir. Alors aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde.

après vous vouliez voter pour la CAQ, bon vous vouliez du changement…

après il y a eu le Printemps Érable, les jeunes voulaient du changement…

après vous avez élu le Parti Québécois minoritaire, vous vouliez du changement, mais vous aviez peur d’un gouvernement qui supportait les carrés rouges… parce que les carrés rouges, ça bloquent le trafic, pis c’est violent… mais vous vouliez donner une leçon à Jean Charest et à son parti d’arrogants corrompus…

après vous supportiez la Charte… parce que vous aviez peur des musulmans, surtout les femmes voilées dans les garderies…

après vous allez probablement élire un gouvernement libéral majoritaire, parce que vous avez peur du référendum, vous êtes fâché contre Pauline, et vous croyez que anyway un ou l’autre ça ne change rien…

Vous avez peur, vous êtes en colère et vous êtes désespérés…

et vous oubliez vite…

Et là, Thomas Mulcair, lui va voter pour le PLQ…

Moi en 2011 j’ai perdu ma job, mais j’ai compris le message.