Archive | novembre, 2014

Fin de ma réflexion sur le Printemps érable

7 Nov

Après des années de dur labeur (à temps partiel) voici un extrait de ma super trop longue réflexion sur le printemps érable qui devait au départ avoir une longueur de 40 pages, finalement ça m’en a pris 163…

vous pouvez tout télécharger ça (en cliquant sur le lien) gratuitement ,  en deux parties.

C’est ma conclusion.  Peut-être que ça pourra vous inspirer pour la prochaine bataille contre l’austérité…

« La prochaine fois qu’ils se regrouperont dans les rues, c’est que le travail sera terminé »

Conclusion

Le résultat de l’élection 2014 qui a fait revenir les libéraux au pouvoir pourrait pour certains annoncer la fin de l’option souverainiste et du mouvement du Printemps Érable.  La déception fut grande, tant chez les partisans d’une diminution massive de la taille de l’État, d’une plus grande justice sociale ou de l’implantation de la Charte des Valeurs.  Avec l’arrivée du gouvernement Couillard, c’est la peur du changement qui triomphe.  Trop divisé sur la direction à prendre, le Québec a décidé de faire du surplace, même si les agents de l’UPAC risquent de visiter souvent le caucus libéral.

Pourtant, les carrés rouges ne sont pas menés par la Peur, ni craindre pour l’avenir, comme peuvent l’être les autres courants politiques au Québec.  S’ils peuvent être radicaux et idéalistes, leurs désirs de tout transformer commencent à porter fruits, les idées commençant tranquillement à pénétrer les esprits.

Les opposants doivent alors user de différentes méthodes, afin d’empêcher au changement de survenir.  Ce qu’on a vu s’offrir sous nos yeux ne sont que des tentatives de ne pas céder aux idées des carrés rouges et conserver le système en place.  Mais le système continue de craquer, il se fissure et il semble irréparable. Les vieux préceptes néolibéraux étant autrefois à la mode sont tout autant vieillis que ceux qui les portent.

La jeunesse québécoise, elle, fait rêver.  Non pas par le projet politique qu’elle propose et la société qu’elle veut mettre en place, mais par son attitude.  Pendant longtemps, nos « leaders » ont reproché aux Québécois leur trop grande humilité, leur peur de réussir et leur jugement trop sévère des riches.  Pourtant, si le Québec a abouti avec une génération qui a confiance en elle-même, n’a pas peur de réussir, est prête à saisir son avenir et qui ne s’excuse pas de vouloir gagner, cela dérange le pouvoir en place? Ce que voulaient les puissants c’était de la reconnaissance ou même de l’adulation; ce qu’ils reçoivent, c’est un défi, plein d’arrogance et sans excuse.  Ce n’est pas leur personne que les plus jeunes envies, ce sont leur place.

Le Québec fait du surplace depuis 1995, et là, le choc survient.  Ce nouveau Québec sans barrières ni complexe étonne le monde et nos bons décideurs veulent l’éteindre.  Ce que ces décideurs doivent affronter ce n’est pas un mouvement politique dûment organisé, mais un phénomène social.  La jeune génération Y a atteint sa maturité et veut prendre sa place et créer un monde à la mesure de leurs ambitions. Il faut qu’elle soit acceptée et que les individualités qui la composent puissent s’accomplir. Vous direz que cela est applicable à toutes les générations montantes depuis le début de l’histoire de l’humanité, sauf que les Y sont les premiers à véritablement vivre « parallèlement » dans monde virtuel où ils ont l’habitude d’être entendu, écoutée, et ce, même si ce qu’ils ont à dire n’a aucun intérêt.  La structure pour eux ne guide plus, elle accepte.  C’est ce qu’ont tenté d’implanté, en partie, les carrés rouges, des structures « virtuelles » dans le monde réel.

Les plus vieux de leur côté veulent conserver leurs structures, leur choix limité d’options avec l’Autorité qui leur indique ce qu’il vaut mieux choisir.  Ils ne veulent pas de ce monde d’hypercommunication où la capacité d’atteindre l’autre est la pierre d’accise de tout pouvoir. Ils veulent continuer dans ce monde où celui qui détient les moyens de production du message détermine le vrai du faux, comme tout patron décide pour tous les autres domaines de leur vie.  Ce monde où personne ne décide rien, mais ne donne leur opinion sur tout les effraie, car tout ce qu’ils croient comme étant « naturel » est désormais remis en question.  Dans la situation dans laquelle ils se retrouvent, la peur n’est plus une réaction, c’est un besoin.

Les néolibéraux ont cru que l’individualisme exacerbé allait enterrer les revendications collectives.  Malheureusement pour eux, c’est le contraire qui se produit.  Ces êtres remplis d’égocentrisme ne réclame que du collectif : un meilleur partage des revenus, un gouvernement ouvert, une véritable représentation politique et surtout de donner la chance à chacun de s’accomplir.  En fait, ils veulent que tous soient mis en place pour qu’ils n’aient pas à demande l’aide de personne.  Qu’on leur donne la chance et ils la prendront, pour dire par la suite qu’ils ont eu besoin de l’aide de personne.  Ils sont ingrats, peut-être, mais au moins ils veulent changer les choses.

Lorsqu’on regarde de l’intérieur le Québec à l’air morne et paralysé, mais de l’extérieur, c’est un des endroits les plus dynamiques du monde.  Dans certains milieux au Québec, rien ne semble impossible, le monde est à conquérir et ces jeunes québécois plus métissés que jamais l’accomplissent d’une manière qui semble facile.  Le seul domaine qui semble impossible de conquérir, c’est celui de la politique.

Le printemps Érable ce n’est pas une tentative de conquête, c’est une prise de conscience par cette jeunesse de sa force et de son identité politique.  Dorénavant, ils savent qu’un groupe important, ayant la capacité d’imposer ses vues au reste de la population, existe.  Tout ce que font ces jeunes maintenant, c’est de travailler pour que cette vision s’établisse un peu partout, dans les partis politiques, les organisations, les institutions d’enseignement et même les compagnies privées.  Ce théâtre ridicule de ces politiciens, dignes mandataires des « honnêtes gens », va bien arriver à sa fin.  Manifester perpétuellement afin de renverser l’ordre établi ne donnera rien, alors ils créent déjà cet ordre.  La prochaine fois qu’ils se regrouperont dans les rues, c’est que le travail sera terminé.  Et tous seront obligés de dire que les carrés rouges avaient raison.