Seuls les idiots réussissent l’impossible !

16 Avr

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Il y a des leçons à retenir dans l’Histoire, il y en a même trop que l’on ne retient pas.  Il y a aussi tant de batailles, des discours, des couronnements, mais également encore plus de tragédies…

Mais je crois que les meilleures leçons et la plus grande inspiration que j’ai eu dans ma vie, sont le produit de quatre jours complètement fous survenus lors de la finale de la ligue américaine de baseball de 2004.

Il est nécessaire ici pour que vous compreniez bien l’ampleur de l’événement de vous expliquer le contexte…

La malédiction du bambino

C’était sûrement la plus grande légende du sport, les Red Sox de Boston étaient avant les années 1920, la meilleure équipe du baseball professionnel, et possédaient dans leurs rangs un joueur des plus prometteurs un certain George Herman Ruth, surnomé affectueusement « The Babe » par les partisans.  Il était non seulement un des meilleurs lanceurs de l’époque, mais un frappeur exceptionnel.  L’avenir s’annonce radieux pour les Red Sox…

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Mais, voilà… l’équipe a désormais un nouveau propriétaire, un producteur de comédies musicales qui pense plus à avoir des succès sur Broadway que de présenter une équipe gagnante au Fenway Park.  Ce dernier se retrouve à court de liquidités pour son nouveau projet intitulé « No No Nanette » et flairant la bonne affaire, le propriétaire des Yankees, une vulgaire équipe d’expansion vivant dans l’ombre des Giants du mythique John McGraw, offre 100 000 $ pour le contrat de Ruth.

On connait la suite, les Yankees propulsés par les coups de circuits de Babe Ruth, collectionnent les championnats et gagnent leurs 4 premières Séries Mondiales.  Ruth rend les Yankees si populaires qu’ils se construisent leur propre stade dans le Bronx, the « House that Babe Ruth Built » qui verra les plus grands moments du baseball, tandis que les Red Sox eux finissent par croupir dans les bas fonds…

Avant Ruth, un joueur totalisant une vingtaine de circuits après une saison était perçu comme un exploit, Le « Babe » lui en frappait environ 40 par année, si ce n’est pas 50, il réussira 54 à sa première année avec les Yankees,  même 60 en 1927, un exploit inimaginable 10 ans plus tôt !

Le Bambino prend sa retraite, mais les Yankees ne s’arrêtent pas là, et c’est avec les Lou Gehrig, Joe Dimagio et Mickey Mantle qu’ils continuent leur domination du Baseball Majeur…

Petit à petit les Red Sox remonte la pente, et pointe une fois de temps en temps, le bout de leur nez en Série Mondiale, mais à chaque fois le destin s’abat sur eux, on parle alors de la malédiction du Bambino… une punition des Dieux du Baseball pour avoir commis le pire échange de l’histoire du Sport…

En 1946, ils accèdent aux Séries Mondiales, mais perdent en 7 match, après avoir mené 3-2 dans la série.

En 1967, ils perdent encore contre ces mêmes Cardinals après avoir forcé la tenue d’un 7e matchs.

En 1975, ils perdent encore en 7 matchs contre les Reds de Cincinnati, après avoir encore une fois forcé la tenue d’un 7e match, lors du plus grand match des Séries Mondiales Ever, alors que Carlton Fisk réussit un dramatique coup de circuit en 15e manche déviant la balle dans les airs, par la seule force son esprit…

En 1986, le drame ! Les Red Sox sont à un retrait de gagner la Série Mondiale, lorsque le malheureux Bill Buckner manque un léger roulant au premier but, les Mets de New York égalisent la marque, remportent le match, et l’emportent lors du 7e match (encore une fois)…

En plus de ces dramatiques défaites, une suite ininterrompue de malheurs et de mauvaises décisions, s’ajoutent à cette malédiction… Notons d’ailleurs la décision Red Sox de passer leur tour sur un certain Jackie Robinson, car ils ne voyaient pas en lui les habiletés nécessaires pour évoluer dans les Ligues Majeures.  Boston aurait été la première équipe intégrée de l’Histoire, elle finira malheureusement par être la dernière…

Espoirs brisés (encore une fois)

Au début des années 2000, les Red Sox, ont de nouveaux propriétaires qui entendent bien briser la malédiction du Bambino. Premièrement, ils ont de l’argent, beaucoup d’argent.  Deuxièmement, ils prennent la voie tracé par les A’s de Oakland et défient l’establishment du Baseball majeur en utilisant eux-aussi les statistiques avancés.  C’est d’ailleurs grâce à ces statistiques que les Red Sox décident de mettre sous contrats un certain David Ortiz…

Dorénavant, les Red Sox sont à forces égales avec les Yankees, mais malgré cela la malédiction semble encore faire effet.  En 2003, lors du 7e de la finale de la ligue américaine, les deux rivaux s’affrontent, les Red Sox ont l’avance et leur lanceur étoile, Pedro Martinez, tient les frappeurs des Yankees en échec.  Sauf que… Sauf que Pedro a envoyé plus de 100 lancers, et tout le monde sait qu’après 100 lancers,son efficacité chute… chute dramatiquement… mais malgré tout, le gérant des Red Sox décide de le garder au monticule, alors que les fans des Red Sox crient à leur téléviseur de le sortir de là… Comme de fait, les Yankees égalent la marque et on se retrouve en manches supplémentaires.  C’est finalement le pire frappeur des Yankees, Aaron Boone, qui ferme les livres en frappant un circuit en 11e manche, devant un Yankees Stadium en délire.  Il faudrait un miracle pour faire gagner les Red Sox…

Une série revanche en 2004

En 2004, les Red Sox reviennent à la Charge avec un nouvel entraîneur, Terry Francona (qui a déjà joué pour les Expos)… Les Red Sox ont aussi une nouvelle attitude, du moins elle est plus évidente… ils agissent comme des idiots… Ils ont les cheveux longs, porte la barbe, ont le chandail sorti de leur culotte, s’amusent à inventer des poignées de mains super sophistiqués dans l’abri des joueurs, gambadent et font des roulades durant l’échauffement… Après une saison tumultueuse, ils finissent par prendre la place de meilleur deuxième et se retrouvent encore une fois en finale de la ligue américaine contre les Yankees de New York. L’heure de la revanche à sonnée !

Ouais bien… Plus facile à dire qu’à faire, les Yankees remportent les trois premiers matchs de la série, dont le 3e avec une écrasante victoire de 18 à 9, les carottes sont cuites pour les Red Sox, aucune équipe dans la longue histoire du baseball majeur n’a pu revenir d’un déficit le 0-3 dans une série d’après saison…

Et puis…

« Bunch of idiots »

Avant le match 4 au Fenway Park, tout le monde croit à la victoire des Yankees, on espère seulement que les Red Sox éviteront l’humiliation de se faire balayer.  Malgré tout, les joueurs des Red Sox eux croient encore en leurs chances.  Un de leur joueur, déconne avec les journalistes et ses coéquipiers en répétant : « ne nous laissez pas gagner aujourd’hui, car le prochain on a Pedro, ensuite Schilling, et ensuite le match no 7, tout peut arriver… »

et il finit par lâcher une phrase qui résume à elle seule, toute l’histoire de cette Série :

…if a group of idiots can do it, it us !

En 9e manche, les Yankees mènent 4-3, les Red Sox sont au bâton à un retrait seulement de voir leur saison se terminer. Après que Kevin Millar est forcé un but sur balle, on le remplace par un coureur suppléant, Dave Roberts, qui aura la mission de voler le deuxième but, afin de se mettre en position de marquer.

Il y a encore de l’espoir… mais si Roberts se fait retirer dans sa tentative de vol de but, c’est en fini des Red Sox… inutile de vous dire que la tension est à son comble…

Après avoir égalisé, les Red Sox remporte le match sur un circuit de David Ortiz en 12e manche.  Le lendemain les Red Sox répètent leur exploit de la veille en l’emportant en 14e manche sur un double (encore une fois) de David Ortiz.  Au sixième match, les deux équipes retournent aux Yankees Stadium et Curt Schilling lance pour Boston, malgré une cheville bousillée que les médecins ont réussi à rafistoler avec un morceaux de cadavre ! Malgré tout, c’est dans la douleur qu’il retira les frappeurs des Yankees, sa chaussure baignant dans le sang…

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Il y aura alors un 7e match au Yankees Stadium ! Malgré le fait que le momentum semble dorénavant du côté des Red Sox, peu de gens prédissent que l’inconcevable va se produire, les Yankees sont sur leur terrain et la malédiction du bambino devrait encore une fois faire son oeuvre…

Les Red Sox, toutefois, déconcrissent les Yankees dans une victoire décisive de 10 à 3, notamment grâce aux deux circuits de Johnny Daemon (pratiquement invisible jusque là), dont un grand chelem.

Mais les Red Sox n’ont pas encore gagné la Série Mondiale et ils doivent affronter les puissants Cardinals de Saint-Louis, Champions de la Ligue Nationale, que bien des spécialistes considèrent favoris.

Finalement, la Série Mondiale ne sera qu’une formalité.  Les Red Sox les balayent en 4 matchs où Saint-Louis joua le rôle de figurant… après 86 ans d’attentes les Red Sox remporte enfin les grands honneurs et s’en est fini de la malédiction du bambino !

Tout est dans l’attitude…

Durant la Première Guerre Mondiale, Winston Churchill dû démissionner de son poste de ministre de la Marine, après sa désastreuse planification opération des Dardanelles et reçu alors un commandement sur le front.  Lorsqu’on le présenta à ses subalternes pour savoir ce qu’on entendait de lui, il demanda aux officiers de rire et de blaguer en présence du danger, afin de renforcer la confiance des soldats.  Selon Churchill, les soldats savaient l’ampleur de la tâche à accomplir dans l’enfer des tranchées et c’était du devoir des officiers de leur enlever un peu de pression sur le dos… C’est cette espèce d’inconscience frivole qui permet de venir à bout des plus grand péril et non la très cérémonielle bravoure qu’on nous montre dans les films hollywoodiens.

Vivre l’échec à répétition permet de mieux le comprendre.  En fait, l’échec lorsqu’il survient dépasse largement le cadre de notre volonté individuelle.  S’il faut mettre un effort soutenu pour vaincre, cela ne garanti pas la victoire.  Cela explique peut-être pourquoi les Red Sox étaient aussi détendus avant le 4e match de la série contre les Yankees. Je veux dire lorsque ça fait 86 ans que tu perds, aussi bien tenter l’impossible…

Cette histoire nous indique aussi qu’il ne faut pas arrêter d’avoir Foi en ses moyens, même si l’univers semble être contre nous.  Un échec peut nous permettre de mieux comprendre nos faiblesses et nous montrer le chemin à suivre pour atteindre le succès.  L’échec quand il survient, est un message de la vie, Dieu, ou l’univers (comme vous le voulez), nous commandant de nous améliorer.

« Prend ce que tu fais au sérieux, mais ne te prends pas trop au sérieux »

L’objectif est sérieux, mais il ne faut pas trop s’en mettre sur les épaules.  Pour gagner, il ne faut pas vouloir plus gagner que l’adversaire, il faut seulement jouer la partie.  On se fait croire que c’est une question de volonté, mais la « dureté du mental » ce n’est pas la victoire à tout prix et par tous les moyens.  Il faut plutôt toujours croire que la victoire est possible, qu’il y a au fond toujours un moyen de gagner et que si on a perdu, c’est qu’on ne l’a pas encore trouvé… L’adversaire n’est jamais fondamentalement meilleur que nous, il a peut-être des forces, des avantages, mais aussi des points faibles qui ne demandent qu’à être exploités.   En fait, la dureté du mental se résume plus au fait de ne pas avoir peur de l’échec que de désirer la victoire.

La vie c’est comme le Baseball

On essaie de vous faire croire que c’est du hockey, du soccer ou du football, mais la vie ressemble beaucoup plus au baseball…  Il n’y a pas de temps au baseball, on sait quand le match commence, mais on ne sait pas quand il va finir.  Si tu frappes un coup sur 3 fois sur 10, tu es considéré comme bon. Et à 162 matchs par saison, tu peux espérer être le héros pour au moins un match, alors que tu seras sûrement anonyme pour le reste de la saison.

Les puissants eux, aiment « jouer le cadran », les puissants intimident pour se donner un avantage, les puissants épuisent l’adversaire.  Les puissants s’effondrent patins en l’air sur Carey Price le premier match des séries ou fracassent la cheville de Valery Kharlamov pour se donner une chance de gagner, mais au baseball…« Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini »

Il y aura toujours des Yankees de New York, des perpétuels gagnants qui ont tout pour eux, qui ont les moyens de s’acheter des victoires et de réparer leurs erreurs à coup de millions.  Mais quels sont les grands moments du sport ? C’est lorsqu’ils perdent… Les Yankees avec leur 27 victoires en série mondiale et leurs 40 championnats de la ligue américaine, n’attendrissent personne avec leurs succès. Au lieu cela, la planète entière risque de retenir beaucoup plus la victoire inespérées des Red Sox de Boston à leur dépend en 2004.

Lorsqu’on parle de l’équipe de hockey de l’Union Soviétique de quoi parle-t-on ? Du « Miracle on Ice ». Lorsqu’on mentionne les Patriots de la Nouvelle-Anglettre c’est souvent pour parler des Giants de New York, ou même quand on parle du Superbowl, c’est pour raconter l’histoire de Joe Namath sur le bord de sa piscine garantissant la victoire des Jets de New York au dépends des Colts de Baltimore, même si ces derniers ont été favorisés par les preneurs aux livres de Las Vegas par 17 points !

Qui sont les supporters des Yankees de ce monde ? Qui se mettent du côté des gagnants, indépendamment de qui ils sont ? Ceux qui ont peur de la défaite… voilà !  Ceux qu’on appelle les « Bandwagoners », ceux qui ne vont pas voir une partie de leur équipe favorite, mais plutôt une victoire pour se sentir mieux avec eux-mêmes… Personne ne veut être comme ça… Même les New-Yorkais ne font pas exceptions, dévouant beaucoup plus leur amour aux Mets (mais ça, c’est une autre histoire).

Les victoires appartiennent aux puissants. Les grandes victoires, elles, celles dont on se souvient le plus, appartiennent aux laissés pour compte, aux mal-aimés, aux négligés, à tous ces braves inconscients qui veulent gagner d’une autre façon, qui se foutent des conventions et des idées préconçues… aux idiots quoi…

Nos idiots à nous

Aujourd’hui tout est terne, tout est sérieux, tout est austère… La vie n’est que drame sensationnel, fausses réalités et envie de plaire… On ne peut plus froisser personne, surtout pas un establishment sénile, allergique à toute pensée critique.  Les seuls progrès permis semblent une lutte jovialiste pour l’environnement et de la participation citoyenne jetée dans l’abysse d’une conversation à sens unique.  Mais l’environnement on le détruit pareil, et la démocratie perd des plumes quand même…

Rien ne semble fonctionner, il faudrait être fou pour rêver d’un monde meilleur… ou complètement idiot…

Lorsque nos matantes démagogues sont outrés du « Fuck Toute » des étudiants, moi ça me fait rigoler.  Car nos larbins en chef ne comprennent pas que le slogan même est fait pour les choquer.  Que tout ça, c’est du déconnage, un peu la même chose avec le fameux « Le Black Bloc recrute ».  Je le répète souvent, le deuxième degré de la gauche est le premier de la droite.

Je sais qu’il y a plein de justifications super poussées du « Fuck Toute », mais pour moi ce « Fuck Toute » ne s’explique pas vraiment, c’est plus une attitude, un état d’esprit.  Entre le choix de devenir fou ou se tirer une balle dans la tête, on choisit de déconner.  Ceci n’est pas unique au Québec, partout on voit cet esprit dans des perturbations en tout genre, l’attentat au Glitter  visant le président de la Banque Centrale Européenne en est un exemple frappant.

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Les étudiants et les révolutionnaires en herbe du Printemps 2015, refusent le pragmatisme, car ils comprennent que la défaite est plus que probable, mais que le seul moyen de changer les choses est de « jouer pour gagner ».  Ils ont en quelque sorte la même attitude que les Red Sox en 2004 ou des soldats de Winston Churchill dans les tranchées, celle de démontrer à l’ennemi que même si l’on perd, lui, ne gagnera jamais.

Mon conseil alors, n’écoutez pas trop les supposés appels à la raison et au pragmatisme… Si éviter le plus possible la violence est une bonne chose, n’arrêtez surtout pas de déconner et d’agir en idiot… c’est la seule façon de réussir l’impossible.

Et aussi… Go Red Sox ! 😉

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