Archive | novembre, 2015

Commission Charbonneau : on avait vu ça venir…

24 Nov

Voici un texte que j’avais rédigé durant la période très effervescente du printemps Érable.  Déjà, j’avais (et j’étais loin d’être le seul) prévu la déception quant aux résultats de la Commission Charbonneau.

Hausse des frais de scolarité : la stratégie cachée de Jean Charest

La stratégie du gouvernement Charest est claire et des plus cynique ; fomenter  les troubles sociaux, démarrés par une crise sur les frais de scolarité, afin de bien regarnir son électorat en vue des prochaines élections.  C’est la bonne vieille tactique de faire croire à un combat entre les « honnêtes gens » et la canaille qui profite supposément des largesses d’un État trop généreux.  Créer du désordre pour rétablir l’ordre est malheureusement la seule planche de salut pour ce gouvernement fatigué et en fin de mandat.

 

Cette stratégie outrancière pourrait bien finir par fonctionner.  Ce que la droite (la molle, comme la dure) a le plus peur, c’est bien le désordre.  Surtout que celui-ci peut porter atteinte à leur propriété.  Tous ceux-là ressentent des sueurs froides alors qu’une bande de joyeux manifestants passent près de leurs commerces ou de leurs voitures.  On réclame alors l’intervention de la police avant même que ça dégénère. Si l’on fait le décompte, il n’eut pour l’instant dans ce dernier mois que deux ponts bloqués pendant environ une heure, un petit nombre de vitrines fracassées et quelques auto-patrouilles vandalisées.  On est loin de ce qui survient en une soirée lorsque le Canadien bat Boston lors des séries éliminatoires.

 

Déjà, les bonnes gens ont oublié toutes les énormes erreurs, les manquements à l’éthique, les dépassements de coûts et toutes les autres actions désastreuses pour le futur économique et social du Québec.  Tout ce que ces gens veulent c’est rétablir la loi et l’ordre.  Laval est rassuré lorsque les rues de Montréal sont calmes.  C’est tout l’État québécois dans les mains d’un seul homme qui s’abat sur tous ceux qui créeront le Québec de demain, dans le seul but d’assurer son intérêt personnel et non celui de la nation tout entière. À long terme, ce n’est pas bon pour la jeunesse, pas bon pour le Québec, ce n’est même pas bon pour le parti libéral; mais à court terme, Charest s’accroche du bout des ongles à la seule chance qui lui reste de rester au pouvoir cinq ans de plus. Le bon sens lui ordonnerait plutôt de partir et laisser au PLQ l’occasion de se renouveler, afin d’essayer d’effacer l’indécrottable tache qu’il a laissée à l’Histoire.

 

De plus, l’effervescence sociale et les slogans révolutionnaires amoindriront les révélations qui sortiront de la commission Charbonneau, alors que tous les doigts pointeront dans la même direction.  Comme à la commission Gomery, quelques têtes sans importance tomberont et le vrai responsable s’en tirera indemne.

 

Si le vent du changement se point à l’horizon, il ne faut pas que changer le gouvernement. Il faudra en changer plus que cela pour redonner confiance à la population.  Heureusement, une bonne partie du peuple n’est pas dupe, mais elle s’est lancée corps et âme dans la vaste entreprise de dénonciation que le gouvernement libéral lui a donnée.  La hausse des frais de scolarité est un problème sérieux, mais il faut que le mouvement se mette tout à dénoncer toutes les exactions de ce gouvernement.  La solution à tous nos maux commence par le départ de cette clique d’insignifiants qui ont maintes fois démontré son incompétence.  Pour que le Québec aille mieux, il faut que monsieur Charest et sa cour quittent le pouvoir. Le plus tôt se sera fait, le mieux le Québec s’en portera.  Ensuite, on devra faire en sorte que cela ne recommence plus.

 

Il faut que le vertueux couperet de la justice fasse son œuvre, que l’on extirpe de ce gouvernement pourri jusqu’à la moelle toute la corruption qu’elle contient.  Que l’on purge une fois pour toutes, tous ces intrigants qui se clament être les représentants du peuple, alors qu’ils n’en sont que les trop gras bénéficiaires.  Il faut marquer nos décideurs d’un choc tel, que nul n’osera plus croire que l’argent des contribuables est la leur. Ce n’est pas devant un juge d’une commission que tous ces brigands doivent passer, mais devant un vrai juge ! Tous connaissent les crimes commis, tous connaissent le motif, tous ont les preuves devant les yeux, mais personne ne fait rien.  Les politiciens profitent d’une immunité due à leurs fonctions, mais créer les lois ne nous mets aucunement au-dessus d’elles, c’est une saignée au sein de la classe politique que devra exercer la prochaine personne qui dirigera le Québec, je ne vois pas d’autres moyens de rétablir la confiance des citoyens envers le gouvernement. Cette prompte et nécessaire intervention devra résonner fortement ici et au dehors de nos frontières, pour que tous comprennent que l’on ne peut lapider nos biens publics impunément.

 

Le prochain gouvernement devra par la suite produire les lois nécessaires au rétablissement d’une gestion saine des finances publiques et des ressources naturelles.  Il faut assurer l’avenir soit le mieux possible pour les prochaines générations.  On doit revoir de fond en comble comment l’État va chercher ses revenus et comment il les dépense.  Si le modèle québécois de la Révolution tranquille se heurte au choc démographique, ce n’est pas l’improvisation libérale qui va remédier au problème.  Les solutions sont tant à gauche qu’à droite.  Ce dont le Québec a besoin, avant tout, c’est un nouveau pacte national où chaque individu comprend la part et le rôle qu’il doit fournir pour que le grand ensemble réussisse.  Il faut que les uns et les autres arrêtent de tirer la couverture chacun de leur côté et que l’on réapprenne que ce qui est collectif doit être partagé.

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Jour du souvenir : oublier bien des choses…

12 Nov

Des fois on lit des trucs et on réagit automatiquement, on ne peut pas s’empêcher de grogner d’indignation…

En cet après-midi de jour du Souvenir, le sang m’a bouilli en lisant l’article suivant…

http://www.ledevoir.com/politique/quebec/454924/jour-du-souvenir-l-humanite-avait-et-a-un-devoir-selon-couillard

Bon, comprenez que je n’ai rien contre le jour du Souvenir, ni contre le fait que le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, commémore les millions de morts dus aux guerres mondiales et autres engagements des soldats canadiens pour la liberté et la démocratie.

Où que je pogne les nerfs c’est lorsqu’on fait des liens sur la lutte contre le nazisme et les combats actuels contre l’État islamique. Pas que je suis contre le fait de se débarrasser de l’État islamique et d’agir militairement contre celui-ci… mais lorsqu’on fait fi de nos propres menaces intérieures pour indiquer à l’extérieur le supposé danger envers la démocratie… en indiquant les déserts du nord de l’Irak et de la Syrie comme étant « autour de nous » disons que ça me rend perplexe.

Par souci d’objectivité je vous mets ici le paragraphe qui m’a fait sauter dans mes valeurs les plus profondes….

« La Deuxième Guerre mondiale, c’était quoi fondamentalement ? C’était l’humanité qui réagissait fortement contre le nazisme, contre un régime d’absolutisme, de racisme organisé, de destruction d’une communauté humaine. C’est difficile pour les jeunes de se coller à cette réalité-là, bien sûr à grande distance, mais s’ils regardent autour de nous ce qui se passe, bien sûr avec l’État islamique autour de la menace terroriste, il y a des correspondances », a-t-il déclaré avant de prendre part aux commémorations du Jour du Souvenir à la Croix du sacrifice, érigée à l’entrée des Plaines d’Abraham. « Il faut savoir que l’Humanité parfois doit prendre acte et réagir à ces menaces […] contre la démocratie et nos libertés », a-t-il ajouté.

Car le premier ministre devrait regarder « autour de nous », un plus attentivement… comme peut l’attester une horrible banderole affichée au-dessus d’une autoroute pas trop loin du lieu de la cérémonie…

http://www.lapresse.ca/le-soleil/actualites/societe/201511/11/01-4919682-une-banderole-a-quebec-affiche-le-message-refugies-non-merci.php

En cette période de Grève dans le secteur public, le sentiment contre les syndicats va au-delà de la simple critique.  Les messages de haine pullulent sur les réseaux sociaux, souvent carburés aux propos démagogiques des grandes gueules de la droite.  Même chose pour les féministes qui vont même par recevoir des menaces de mort et/ou de viol dans la boite de courriel ou de messages privés.

Partout les « gens qui pensent » sont pris pour cible, les écologistes, les intellectuels et les artistes…Que l’on pousse à haïr sans vraiment savoir trop pourquoi…

On applaudit leur répression violente par la police et on se réjouit de la perte de certains droits fondamentaux, pour que cette même police ait plus de moyens pour intensifier cette répression.

Et ce, sans oublier le retour au « terroir catholique » des plus obscurantiste, dirigé par des néoconservateurs pour qui la religion est utilisée seulement pour arriver à ses fins en divisant la société québécoise pour régner.

Car la menace n’est pas seulement loin, très loin de nous… elle est très près. Alors que des groupuscules d’extrême droite se constituent un peu partout et surtout, où le discours haineux envers les « ennemis du gros bon sens » s’intensifie par le soutien tacite des rhéteurs de radio-poubelles…

Il faut commencer à se rendre compte que la plus grande menace envers notre démocratie ne se retrouve pas au fin fond des contrées « barbares », mais au plus profond de notre terre ancestrale. Et ce n’est pas parce qu’ils ont actuellement les mêmes ennemis que notre gouvernement pro-austérité qu’ils ne se retourneront pas un jour pour le dévorer, emportant dû même coup la démocratie qu’il est supposé défendre…

Il est temps, dorénavant, d’être vigilants.