Tag Archives: accomodements religieux

Critique constructive du Multiculturalisme politiquement correct

16 Mai

Le multiculturalisme est devenu l’idéologie dominante dans les sociétés occidentales, il est en quelque sorte l’application politique du « politiquement correct ». C’est à dire, un régime doux et caressant visant à ne heurter personne.  Auparavant, le Multiculturalisme était plus un constat sociologique qu’une politique initiée par les Élites. Et ne vous trompez pas, je suis totalement d’accord avec le Multiculturalisme lorsqu’on réfère à lui dans le sens de « Pluralisme », la société pluraliste c’est bon pour la démocratie.  Cependant, le Multiculturalisme a intégré peu à peu les préceptes du politiquement correct, lui enlevant du même coup toute son essence réformatrice.  Dans le contexte actuel, le Multiculturalisme est devenu le gardien du statu quo sous un masque de progressisme.

On voit deux chemins pris par les États lors des vingt dernières années, le premier est un capitalisme autoritaire concentré uniquement sur la croissance économique et où les droits fondamentaux n’ont plus une grande valeur.  L’autre voie est celle du multiculturalisme, on impose un contrôle de la population sous couvert du respect de l’intégrité des plus vulnérables, toujours en fonction des droits, en oubliant trop souvent la situation socioéconomique des individus.

C’est un peu ce que la « culture du politiquement correct » essaie de gommer, souvent très maladroitement. En bref, elle essaie de ne heurter personne dans un régime où l’on ne peut plaire à tout le monde. Car ce n’est pas les gens insatisfaits qui manquent… Au-delà des « accommodements », il existe une source de tensions bien plus grave,  les inégalités sociales. Inconsciemment ou non, on essai d’éviter cette question dans les lieux officiels du pouvoir, en essayant de faire croire à tout le monde que « tout va bien », « tout le monde il est fin », « tout le monde il est gentil »… baliverne !

C’est alors que provient une critique assez virulente du polititcly correct, face à cette culture politique artificielle, on se met à frapper sur des commandements tout aussi artificiels. Le problème ce n’est pas les minorités qu’on nous « force » à aimer, mais plutôt le fait qu’on nous force à aimer ses minorités.  On met alors les véritables laissés pour compte dans un cercle vicieux duquel ils ne peuvent se sortir, s’ils attaquent les minorités que l’État libéral et démocratique défend, ils sont des racistes, des fascistes, des réactionnaires, des monstres; et s’ils sont du côté de l’État, ils se voilent les yeux sur « les causes de leur misère »…

Ne soyons pas hypocrites, je n’ai pas d’amis noirs, musulmans, autochtones, transgenres, homosexuels ou handicapés. Et vous savez quoi ? Ça ne change rien. Je peux me foutre mon prochain comme je le veux, mais je ne peux pas atteindre aux droits de mes concitoyens. Mais les humains resteront des humains, ils veulent toujours laisser leur indignation glissée vers l’irrationnel. Si un régime démocratique pour être vraiment démocratique doit favoriser le conflit, donc l’indignation, cette indignation doit être responsable.  L’indignation et la colère sont une bonne chose en démocratie, mais sans rationalité, elle se transforme en violence.

Oui, le fanatisme religieux est mauvais pour la démocratie, mais opprimer la liberté de conscience l’est tout autant. T’as le droit de croire en l’astrologie, mais j’ai le droit de te dire que ce n’est que de la superstition. Si tu ne veux pas louer ton logement à des noirs, l’État a le droit d’intervenir.  T’as le droit d’écrire des commentaires haineux sur Facebook ou en dessous d’un article du Journal de Montréal , mais on a le droit d’enquêter sur toi, car tu es une menace à la démocratie. Tu as le droit de manifester, de bloquer le trafic, de même le faire masqué si tu veux et même de botter le bumper d’un char qui s’approche trop près de toi, mais tu n’as pas le droit de brûler un poste de police ou de mettre une bombe dans le Métro.

Est-ce si grave que certains ne veulent pas s’intégrer à un niveau que tu trouves satisfaisant ?  Oui, les juifs hassidiques ne veulent pas se mélanger aux autres et apprendre le français, reviens-en ! Dalida Awada te fait chier avec son voile, deal avec !

Tu ne peux pas forcer quelqu’un à s’intégrer. Tout ce que tu peux, c’est les forcer à respecter les lois. En démocratie, les gens peuvent faire ce qu’ils veulent tant et aussi longtemps qu’ils ne portent pas atteinte à tes droits fondamentaux.  Si l’on n’atteint pas ton intégrité physique ou morale, tu ne peux rien faire.

Nous n’avons pas vraiment besoin d’un régime de citoyenneté venu « du haut » pour s’accepter et se tolérer. Comme on a pu le voir par exemple lors du printemps Érable, dans un mouvement politique si « tu veux te battre avec moi, tu mon frère/ma soeur », c’est tout ce qui compte.  L’accroissement de la démocratie au sein de nos institutions politiques, de nos lieux de travail ou d’enseignement ferait à lui seul un travail d’inclusion, mais les Élites n’en veulent pas.  Pour eux, il faut une belle histoire attendrissante pour tenir les gens tranquilles.

Ce qu’il manque dans nos démocraties ce n’est pas de la tolérance ou de l’acceptation, mais bien du conflit.  Toute identité par ses critères d’adhésion, va créer de l’exclusion.  On peut créer des identités plus ouvertes que d’autres,  on ne peut pas toutefois créer des identités totalement ouvertes. C’est malheureux, mais c’est la vie…

Jamais la démocratie n’ordonne d’accepter les gens tels qu’ils sont, elle ordonne de respecter leurs droits (nuance, fuckin’ grosse nuance !).  Car, en démocratie toucher aux droits fondamentaux d’un citoyen, c’est toucher aux droits de tous les citoyens. Dès qu’une personne voit ses droits réduits, l’ensemble devient moins libéral, moins démocratique, et petit à petit, on se rend compte que si tous les humains sont égaux, certains le sont plus que d’autres…

 

Publicités

Les nouvelles tendances politiques au Québec

24 Avr

En tant que super chasseur de tendances et sommité intercontinentale de l’Actualité politique, il est de mon devoir de vous révéler les nouvelles tendances qui auront lieu au cours du printemps-été-automne 2015 au sein du paysage politique Québécois.  Voici donc les nouveaux venus qui peut-être influenceront (on ne l’espère pas), les débat sociaux de l’avenir…

La Race Bilingue

immigration-canada1

Il y a de ces gens qui semblent tout droit sortis d’un vidéo corporatif du gouvernement du Canada… ils ont des noms du genre Jeffrey Thibeault, Laurent Smith, ou du genre Huong-Kim Gretzky…  Ils parlent les deux langues officielles comme Jean Chrétien et ils ne font que démontrer leur super dévotion pour le « plusse-meilleur pays au monde ».  Cependant, ils n’arrêtent pas de chialer contre le système, le gouvernement, les autoroutes, la SAQ, Radio-Canada… en fait, tout est mieux en Ontario et c’est encore meilleur aux États-Unis… où ils vont sûrement déménager dans quelques années, car ils ont un bunch de cousins qui restent là…

La seule émission québécoise qu’il regarde c’est la Poule aux Oeufs d’Or, la seule émission Canadienne c’est Hockey Night in Canada et seul bout qu’ils aiment c’est l’édifient commentaire de Don Cherry… Pour le reste, c’est des émissions des States… Ce sont eux qui achètent la Molson Canadian à l’épicerie (maintenant vous savez), en plus d’être les seuls qui savent qui est Anne Murray sur le territoire du Québec (don’t ask).

Projet de Société : Canada all the way ! Coast to coast ! …mais maudit qu’ils ont hâte de déménager en Floride, avec leur cousine Sharreen Beaulieu d’Halifax et leur neveu Jean-Pierre Gonzalez de Sudbury… et aussi, ils devraient avoir le droit d’envoyer leur enfant à l’école l’anglaise, privée évidemment…

La Solution à tous nos problèmes, selon eux, est de voter infiniment pour Justin Trudeau et Philippe Couillard, ou tout autre individu désigné par la famille Desmarais….

Le Terroir 2.0

On a tous un oncle ou une tante qui post des infographies… euh non, des images MS Paint poches, dignes d’un collage d’un enfant de maternelle ayant pour sujet la Charte des Valeurs et/ou la menace engendrée par les « extrémistes »… Malheureusement, leur cohérence idéologique est aussi forte que leur talent pour créer dequand-vieux-essaient-l-informatique_6wmqt_37mtjos images de propagande simpliste. À un post Facebook avec une image d’une madame voilée qui prie à La Ronde (canular en passant) titrée : « il est temps de sortir la Religion du Québec, pour une société Laïque », ils t’en ressortent une autre deux plus plus tard : « Le Crucifix doit rester à l’assemblée Nationale ! »… et lorsque le temps des Fêtes arrive (oui le Temps des Fêtes, y’a plusieurs fêtes…faque on dit Temps des Fêtes… on dit Joyeux Noel, le jour de Noel et Bonne année, au jour de l’an… y’a pas de complot islamiste, c’est juste l’ostie de gros bon sens) et bien, accroche ta tuque en Phantex avec de la broche, parce que là tu vois une multiplication des posts sur les interdictions de sapins de Noël survenus en 2007 et le retrait de crèches dans un autre pays, étant plus intense que celle opérée par Jésus sur les pains et des poissons dans un désert quelconque de Judée, il y a genre 2000 ans… Sauf que Noël, c’est tellement important qu’ils ne daignent même pas aller à la messe de Minuit, parce que les enfants braillaient trop pour ouvrir leurs cadeaux et que anyway ils étaient beaucoup trop saouls pour conduire…

Pour eux un débat d’idées, c’est les commentaires en bas d’un article du journal de Montréal ou sur la page FB de TVA Nouvelles… Aussi, une anecdote d’une madame de Blainville leur semble plus crédible qu’une étude scientifique…

Projet de Société : Un État Laïque qui interdit toute les religions… sauf la leur… parce que c’est du Patrimoine… pour continuer le travail commencé lors de la Révolution tranquille où on s’est enfin délivré de la Religion catholique et du pouvoir nocif des curés… (confus ?)

La Solution à tous nos problèmes est un triumvirat composé du conseiller municipal d’Hérouxville, Bernard Drainville et du maire de Saguenay, Jean Là Là Tremblay…

Les impérialistes Montréalais

Les impérialistes Montréalais ne vivent pas à Montréal, ils SONT Montréal ! Ils trippent sur l’Impact, achètent des vinyles en quantité industrielle, roule en Bixi…  Tout ce qui est partagé avec le reste du Québec est ringard…Ils clament qu’ils ne regardent jamais la télé, ce sont eux qui étampent partout sur les réseaux sociaux qu’ils ne regardent pas les éimpérialiste montréalaismissions de télévision populaires pendant qu’elles jouent… (comment ça ils savent l’heure de l’émission ?) et ils écoeurent le reste de la planète avec « Série Noire ». Ils désirent le retour des Expos, mais aucunement celui des Nordiques, car Québec ce n’est pas une ville (ils n’ont même pas de Métro). Ils réclament plus de films de Xavier Dolan et voudraient manifester à l’année, afin de pouvoir scander Fuck the Police (le Groupe de musique et le SPVM) !

Au delà des Couronnes Nord et Sud, c’est le néant absolu.  Trois-Rivières, c’est la campagne; Drummondville, c’est le désert; et Québec City, c’est le Mordor !  Pourtant, ils savent plus que quiconque ce qu’il faut faire pour les Régions, les abandonner… ou en faire des colonies où des missionnaires propageront les nouvelles connaissances dans la domaine de la cuisson du grilled-chesse, du post-rock garage, des fixees, de l’anarcho-féministe radical ou des schémas tactiques du 11 montréalais…

Projet de Société : que Montréal impose son hégémonie sur l’ensemble du Québec… du Canada, ensuite sur le monde entier et peut-être même Brooklyn…

La Solution à tous nos problèmes serait d’être géré par un comité anarcho-communiste composé d’Amir Khadir, de la fille d’Amir Khadir, Xavier Dolan, un cuisinier dans un restaurant de Grilled-Cheese de Luxe, 3-4 chroniqueuses féministes, Anarchopanda, 2 aficionados du Marché Jean-Talon, ainsi qu’un propriétaire d’une boutique de Vinyles…

Les Rednecks de Région

Dans les Régions, il y a les gens des Régions… mais plus tu vas creux dans le bois ou dans les terres, plus t’as de la chance de croiser les Rednecks de Régions… tsé le monde qui se pointe en habit de chasse à un party de Noël ou à un enterrement…cletus

Ces gens-là, trippent un peu trop sur Bob Bisonnette, répètent mot pour mot les argumentaires des animateurs de RadioX… et passent leur journée à se saouler à la Coors Light ou toute autre bière avec un nom semble provenir des States.  Leur plus grande aspiration est le retour des Nordiques (Nordiques Nation !!!!!), et tout commentaire sur le fait qu’on s’est fait fourrer avec la construction d’un amphithéâtre de 400 Millions qui ne va servir qu’à accueillir une équipe de hockey junior, est répondu par un coup de shot-gun…

Pourtant, leur plus grand sujet de débat semble être au sujet de la meilleure marque de pick-up sur le marché, et ce même s’ils conduisent une Sunfire 2001 orange avec des stripes vertes… Ils sont du genre à accrocher un drapeau confédéré dans leur garage ou même dans leur cuisine, sans savoir ce que ça représente… mais bon c’est des Rednecks…

Ils aiment leurs femmes chaudes et leurs bières froides, mais ils passent la majeure partie de leur temps à boire de la bière tiède dans le bois, tout seuls..entre gars… loin des regards…

Pour eux, une randonnée ça se fait en skidoo, le taux d’alcoolémie et la limite de vitesse c’est une suggestion, les aliments biologiques sont les framboises que tu ramasses dans le fossé sur le bords de la route (après avoir perdu le contrôle de ton char parce que tu roulais trop vite et que tu étais trop saoul), une maison à 150 000 $ c’est un château et croiser un feu de circulation est un événement !

hamadcolon

Projet de société : un État qui coupe dans tout, sauf le sport et aider nos entreprises; qui s’attaque aux syndicats, aux féministes, aux étudiants, aux écologistes pis toutes les autres osties de BS et qui tabasse tous ceux qui perturbent notre modèle de développement économique basé sur une exploitation intensive des ressources naturelles et les baisses d’impôts…(oh wait !)

La Solution à tous nos problèmes c’est moins de gouvernement, plus de police ! …et des guns pour se protéger de la police…

Les ci-devant épicuriens de la Haie-de-Cèdres

Le terme « ci-devant » signifie « auparavant » et était utilisé lors de la Révolution française pour désigner les anciens aristocrates qui dépossédés de leurs pouvoir, peinaient à se positionner dans ce « monde nouveau ».  C’est un peu la situation dans laquelle se retrouvent nos épicuriens de banlieue qui veulent toujours profiter de la vie, mais cherchent désespérément à avoir une conscience sociale… Ils sont en période de transition depuis genre 10 ans, donc ils sont très mêlés… Certains sont des habitants de la banlieue déménagés à Montréal, d’autres d’anciens Montréalais rendus dans le 450… Ils roulent en vélo en banlieue, mais se promènent en voiture à Montréal… Ne veulent pas de pesticides sur leur pelouse, mais veulent continuer de faire la guerre aux mauvaises herbes… Ce sont les amants du politically correct et du yogourt sans gras.lawnmower_repair1hampshire

Ils reçoivent des paniers de légumes bio, boivent du café équitable, et mangent des oeufs de poules en libertés, mais capotent lorsqu’un Subway ouvre à deux rues de chez eux… Ils regardent La Voix, mais enregistrent « Tout le monde en parle ». Ils se disent ouverts à l’immigration et à la différence, mais ils ne veulent pas que des « étranges » deviennent leurs nouveaux voisins. Ils regardent des films en anglais sous-titrés en français, conduisent un SUV hybride et pour eux, une mobilisation c’est acheter un produit où une partie des profits ira à une oeuvre de charité quelconque… Ils participent également à tous les défis « un mois de si », une « semaine à faire ça » ou la « journée sans faire une autre affaire »… et ils te gossent solide pour te le rappeler…

Politiquement, ils sont mêlés, ils veulent du changement mais pas trop… c’est le genre de monde qui hésite entre voter pour la CAQ ou Québec Solidaire…

Projet de société : Un Québec indépendant, dans un Canada fort… qui fait la lutte aux changement climatiques et qui vise à réduire les inégalités… mais sans affecter notre développement économique et l’exploitation de nos ressources naturelles. (coudonc, j’suis en train d’écrire le programme de Pauline Marois moé là…)

La solution à tous nos problèmes serait un gouvernement minoritaire stable… ou bien la résurrection de Jack Layton…

Les Mystiques écologiques

On connait tous quelqu’un qui est disparu et qui réapparu sur Facebook, en publiant des photos de son voyage en Amérique Latine… et puis qui vit désormais quelque part en campagne, on ne sait pas trop ce qu’il fait, mais ce en quoi il croit… oh ça, on le sait ! Comme tout bon écologiste, il s’est battu contre le projet de port pétrolier à Cacouna et fait à la guerre au Pipeline d’Energie Est, mais il répand également sa page Facebook de curieux vidéos sur les Chemtrails, les souffrances des élevages d’animaux pour la fourrures en Chine, de la disparition d’une grenouille quelconque en Amazonie, en OLYMPUS DIGITAL CAMERAplus d’insulter le sinistre individu qui aura l’audace de photographier son steak et le publier sur les réseaux sociaux. Il est rempli de désarroi, car la planète entière n’est pas Végétalien comme lui… en plus de considérer Greenpeace et Équiterre comme des maudits posers travaillant pour le compte des illuminatis.

Son ennemi mortel est Monsanto qui est la cause de tous les problèmes sur la terre.  Ils ne veulent plus de pesticides, et ils portent une attention toute particulière à la provenance de leur bouffe, mais se fouttent bien par exemple de celle de leur weed qu’ils fument comme des cheminées… Ils publient des liens vers toutes les études scientifiques prédisant l’Apocalypse si rien n’est fait pour contrer les changements climatiques, mais sont anti-vaccins… et croient à toutes sortes de théories nouvel âge sur les champs d’énergie ou les auras, quand ce n’est pas de prétendre qu’on peut guérir le cancer avec du jus de racine…

Habituellement, on n’invite pas ces gens-là à souper chez nous, car il n’y a rien d’acceptable pour eux dans notre garde-manger, et quand on va chez eux, bien… ça goûte le carton… Ce sont eux qui achète de l’Hydromel à la SAQ (maintenant vous savez).

Projet de Société : Vivre en harmonie avec la nature, même si cela équivaut à éliminer la moitié de la population de la planète.

La Solution à tous nos problèmes serait un gouvernement du Parti Vert ou donner le droit de vote aux animaux, ce qui nous mènerait à gouvernement dirigé par des Bélugas. (cool !)

Réaction sur le sondage bidon CROP/La Presse au sujet de l’intégrisme religieux

21 Fév

Bidon ! Bidon ! Bidon !

Je m’excuse, mais le sondage envoyé miraculeusement aux lecteurs de La Presse, en pleine crise de confiance envers le gouvernement Couillard à l’aube du « Printemps 2015 » est d’une malhonnêteté tellement crasse que je ne peux pas m’empêcher de réagir.

Comme je vous le dis bidon !

Premièrement les affirmations sont tellement floues et biaisées, que les sondés ne peuvent que se diriger dans le sens indiqué par le sondeur.  Ça pue la manipulation à plein nez.

L’article commence assez bien merci, en nous annonçant que 2 Québécois sur 3, s’inquiètent de la possibilité que l’intégrisme religieux puisse menacer « la sécurité du Québec »…

Ça indique quoi ça, rien ! Je vous dis, absolument rien ! C’est totalement flou.   Vous auriez le même genre de résultats si je vous disais : dans l’éventualité que Godzilla puisse potentiellement détruire Montréal, seriez-vous inquiets que Godzilla détruise Montréal…

Godzilla VS. The Smog Monster

Ben oui, criss tu serais inquiet !

Ensuite on apprend que 85 % des Québécois s’inquiètent du refus de certains immigrants d’adopter les valeurs canadiennes et québécoises…

Encore une fois totalement subjectif !  Flou et n’ayant aucune valeur !

Ici « certains immigrants » est un groupe indéfini, quasi-imaginaire, une vue de l’esprit, n’étant conceptualisé que par la personne qui répond au sondage, sur quelque chose de tout aussi indéfini et individualisé « les valeurs québécoises et canadiennes ». Il y a 8 000 000 de Québécois et Québécoises au Québec et je peux avancer qu’on aurait 8 000 000 de versions différentes sur ce que sont les « valeurs québécoises ».. En fait 85 % des Québécois sont inquiets que des gens qu’ils inventent dans leur imagination attaquent des valeurs qui ne sont même pas les mêmes que leurs voisins… Il aurait été plus judicieux de nommer les groupes et les valeurs explicitement.

Il faut aussi parler de la notion encore très floue de « Certains immigrants ».  Qui sont ces « certains immigrants » et combien sont-ils ? Moi, je pourrais affirmer que 12 musulmans extrémistes sont probablement en train de fomenter un complot quelconque contre le Québec, mais je peux sûrement trouver 12 Italiens, 12 Asiatiques, 12 Mexicains et sûrement une belle collection de Français du Plateau tout aussi dangereux, mais que dire des douzaines de sympathisants nazis oeuvrant dans des confréries de « Québécois de souche » en tout genre ?

On nous parle alors de guerre de valeurs… ben oui, il y a une « Guerre de valeurs » au Québec ! Grosse affaire ! Heille yo bonhomme, ce n’est pas un problème, l’gros, c’est un processus sociologique totalement normal à toute société d’accueil comme la nôtre… On pourrait avoir fait le même sondage en 1915, en 1875 ou en 1985, que les résultats auraient probablement été les mêmes.  Pour la crise identitaire, on repassera !

Pour vous prouver que ce n’est pas nouveau qu’on a peur de « certains immigrants » qui s’attaquent à nos valeurs. voici des exemples du passé :

« l’invasion » irlandaise :

Ganges1876KlantreeromeScientific_racism_irish

Punch_Anti-Irish_propaganda_(1882)_Irish_Frankenstein

 

Ou bien le fameux, « péril jaune » :

Mongolian_octopus YellowTerror

 

Mais revenons à notre article…

Ensuite on nous indique que 79 % des Québécois sont inquiets que des actes terroristes soient commis sur le territoire.  Wow ! Grosse découverte ! C’est sûr que les gens sont inquiets que des choses inquiétantes surviennent… La question adéquate à poser aurait été de demander si les Québécois trouvent cette menace probable et dans quelle mesure ces attentats pourraient subvenir au Québec ? Ou encore, si ces menaces ont transformé les habitudes quotidiennes des Québécoises et Québécois… parce que, si ça ne change absolument rien dans ta vie, ce n’est pas vraiment une menace…

Et ensuite, on nous dit que 79 % sont aussi inquiets que des jeunes soient convertis pour en faire des combattants à l’étranger… Bon, franchement… Je veux dire dans l’histoire, le jugement des plus vieux sur les choix des plus jeunes a toujours été super adéquat au possible…genre… super exact et aucunement à côté de la track… Dois-je vous rappeler le Rock n’ Roll, les Mothers against Kiss, ou les conservateurs outragés contre N.W.A ou Ozzy Osbourne… que dire des délires contre la girafe cancérigène ou les imbéciles de haut-niveau qui refusent de faire vacciner leurs enfants.

Bon je commence à dépomper contre ce sondage et cet article merdiques… Mais je crois ce qu’il faut comprendre dans tout cela, est que l’inquiétude ne pousse pas à des politiques publiques adéquates.  Dans ces temps incertains, le choix politique qui s’offre à nous reste toujours entre voter pour ceux qui nous disent d’écouter nos peurs ou ceux qui nous invitent « à n’avoir peur que de la peur elle-même ».

P-S : Pour ceux qui veulent lire l’article ou se torcher avec

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201502/21/01-4846182-lintegrisme-religieux-suscite-lapprehension.php

grosse déprime 2e partie (avec photos d’animaux cutes)

13 Déc

Tu me déprimes Oh Kébec ! Tu me déprimes car tu dis souvent n’importe quoi et que tu te fous pas mal de ce que les autres pensent…

 « La liberté des autres, s’arrête où mon opinion commence. »

            – Le/La Québécois(e) débattant sur la Charte

Illustrer mon propos avec une image et attirer l’attention des gens, car des propos intelligents ne suffisent malheureusement pas sur Internet. Ce pauvre pitou à vraiment raison d’être déprimé… 😛

L’individu a mené une telle quête de l’affirmation de soi, que l’on ne laisse désormais place qu’à ce qui nous ressemble, ou qui rejoint nos valeurs.  L’opinion des autres n’ont plus de place, car elle crée un malaise entraînant un effort d’acceptation ou de tolérance.  Le besoin de comprendre l’Autre qui ont façonné les Lumières et les Révolutions libérales, n’existe plus.

Avant, on éliminait la différence au nom d’une Grande Vérité, telle que Dieu, la Nation ou la Révolution.  Maintenant, cette Grande Vérité n’est plus que soi.  Chacun est un Dieu, une Nation, une Révolution auquel il faut se soumettre. Et lorsque ceux-ci finissent par rayonner dans un groupe, ils éclipsent (le croient-ils du moins) tous les autres.

La laïcité pourtant sous le couvert de la Raison est dans sa forme actuelle plus qu’irrationnelle.  D’abord imposée en occident (et ensuite ailleurs) pour écraser la religion dominante pour qu’on puisse intégrer les membres des autres religions, nous sommes dorénavant passé à l’inverse.  Il n’est pas vraiment clair à qui la Charte profite, les Catholiques ou les Athées ? Mais on sait au moins qui elle vise, c’est tout ce qui compte pour certains de ses partisans.

Déjà travaillés entre son patrimoine religieux et sa volonté de se défaire de ses vieilles superstition, le Québécois moyen n’a pas de place pour la « Religion des autres »…

Un chat aussi, car il faut rejoindre les amateurs de chats. Sinon je vais avoir du hate-mail, car j’ai oublié les chats qui sont supposément plus cute que les chiens. Que ne faut-il pas faire pour attirer l’attention sur internet… 😉

Why we fight?

Le pire c’est que toute cette zizanie n’a qu’un effet minime sur la souveraineté et les intentions de vote au PQ. En fait, si cela a un peu amélioré les scores quant à la confiance envers le gouvernement Marois, les votes ne suivent pas et les Libéraux sont encore premier (ceux qui s’énervent avec le dernier sondage CROP donnant le PQ à égalité avec le PLQ devrait lire ceci).   On voit toutefois poindre une légère baisse pour les Libéraux à l’horizon , mais cela est plutôt dû au manque d’expérience, de charisme, de volonté et de compétence de Philippe Couillard.  Voyant que rien ne prend, les péquistes ont fait de la Charte un enjeu qui va dorénavant les définir devant l’électorat. C’est le parti de la sauvegarde de « nos valeurs », qui se tient debout et qui ne se laisse pas faire.  Tout ça, c’est du pathos.  Nous sommes pas capable de le définir, mais on le ressent. Et si je le ressent, bien ça doit être vrai… Nous ne sommes pas malheureusement dans une chambre de hockey, le but ici n’est pas de s’exciter afin d’écraser son adversaire, mais bien d’apporter la meilleure solution possible à des problèmes réels. Pourtant, malgré tout ce qui indique que ce n’est pas une si bonne idée, le gouvernement semble s’accrocher.

Le coup de dé du gouvernement ne paie pas en ce moment. S’il ne cherchait que le pouvoir, il ajusterait le tir, essayerait de trouver une porte de sortie, mais on persiste. Cependant, revenir en arrière sur quelque chose d’aussi prenant émotivement pourrait s’avérer une catastrophe.  Mais nulle part personne ne semble percevoir l’échec. Le « Peuple est derrière nous » crient-ils, « mais le peuple ne vote pas pour toi » lui répond l’écho de la Raison. Devant tout cela, l’esprit de corps prend le dessus et la partisanerie fait son oeuvre.  Plus personne ne veut critiquer la décision et on va l’assumer jusqu’au bout, sans tenir compte des critiques.  C’est ce qu’on appelle en Gestion le « Groupthink ». Pourtant, le Printemps érable devrait rappeler quelques souvenirs et mettre en garde nos décideurs à suivre une telle voie. Mais eux, ce n’est pas pareil, leurs partisans vous le diront…

Le jeu dangereux du PQ qu’en passant la puck au plus conservateurs qu’eux et en minimisant la souveraineté, ils disparaissent avec elle.  L’Annonce la mort du « paradigme » souverainiste-fédéraliste pour être remplacer par celui de la « Majorité Historique » et la « Laïcité Ouverte », n’est en fait que le reflet d’une chicane entre souverainistes progressistes et conservateurs.  En fait, elles sont pour le moment deux visions d’une république qui n’existera fort probablement jamais.

Les fédéralistes ne sont pas mieux, en fait il sont  complètement perdus.  La petite tempête générée par Fatima Houda-Pépin, démontre une grande maladresse des Libéraux à se positionner dans les questions identitaires.  La liberté de choix à tout craindre et le relativisme multiculturel a de la difficulté à rejoindre la base des Canadiens français plus conservateurs.  C’est un fait, les libéraux rejoignent depuis aussi les catholiques, longtemps septiques devant les changements avancés par le PQ qui a toujours trimballé les valeurs issues de la Révolution tranquille.  Paradoxe bien Québécois, les Libéraux sont un peu le parti des religieux, où la neutralité le l’État ne sert qu’à n’offusquer personne.

Certains souverainistes ont cru dès le début dans l’expulsion de Maria Mourani du caucus du Bloc Québécois qui suivait la signature d’une lettre de souverainistes en faveur de la laïcité ouverte, qu’une autre voie allait se  créer.  Mais non, la discussion promise n’a jamais vraiment eu lieu, et tout le monde est rentré gentiment dans le rang.  En ce qui concerne Maria Mourani, elle ne s’est pas mise à la tête de souverainistes contre la Charte.  On s’est rendu compte assez vite, qu’elle a prise cette porte de sortie comme une bénédiction, pouvant dorénavant même remettre en cause sa ferveur souverainiste.  Ce n’était pas question de principe, mais plutôt d’égo mal placé, de vengeance personnelle et d’opportunisme…

Le miroir de ce qu’on veut être

Les professionnels du Marketing l’on vite compris, les gens veulent se sentir dans un milieu qui les revalorise, dans un univers positif où ils peuvent s’épanouir. Les stratèges politiques l’ont aussi compris et on commencé à faire de leur parti (ses anciennes machines qui englobaient tout tel un léviathan) des contenants, des nids douillets aux états âmes les plus divers.  La politique positive, basée avant tout sur des phrases creuses qui n’ont pour but que de toucher l’irrationnel.  Le parti ne t’explique plus, ne sensibilise plus, il te « cruise ».  Ce n’est plus de la désinformation ou de la propagande comme dans les années 30, où il fallait se donner corps et âme à la machine, mais d’adhérer sans rien en retour. Au mariage forcé, on n’a substitué le relation ouverte, ta formation politique c’est une amie moderne, sans réel engagement.  Mais dans ce type de relations, on ne peut pas demander non plus un réel engagement de sa partenaire.  Donc, venez pas réclamer du concret, ou le respect de promesses vagues quand ton influence ce résume qu’à un vulgaire like sur Facebook. Malheureusement,  les réseaux sociaux, s’il facilite les mobilisations contestataires, rend l’adhésion trop facile. C’est-à-dire que les politiciens ont un moins grand chemin à faire pour aller chercher ton vote, juste de te paraître agréable, intéressant. Plus besoin de trouver le programme politique comme viable. J’aime bien la photo sur son wall ou le video qu’un de mes amis à partager,  me voilà un sympathisant à une cause et ça paraît bien auprès du monde que je ne connais pas vraiment… C’est facile, mais ça ne donne pas grand chose.  De là, l’apparition de veudette politique, de contenant vide, d’insignifiants personnages qui manient cependant la communication et qui savent s’entourer des bonnes personnes.  Barrack Obama est un cas exceptionnel, car il sait manier aussi bien le contenant que le contenu, mais le contenu déçoit les Américains quand même.  Ici, les cas de Justin Trudeau et de Mélanie Joly sont frappants, et que dire de tous ces journalistes et personnalités médiatiques qu’on repêche à la pelle, pendant ce temps les projets de sociétés sont remis à plus tard… Ce qui fait que le vide entraine encore plus de vide, ce qui agrandit le cynisme et le manque de confiance envers nos institutions démocratique.

Ne pouvant avoir ce que l’on désire, que fait-on ? On se positionne en tant que victime.  Pour être une victime aujourd’hui, il ne s’agit plus d’avoir subit un dommage ou une injustice, mais de ne plus être reconnu comme l’on le désirerait .  Il y a des gens qui sont des victimes, des vraies, et qui vivent un enfer.  En politique toutefois, la victimisation permet de justifier des systèmes oppressifs et des actes de violences, car par cette désignation ils deviennent des actes de légitime défense.  Une société qui a la victimisation facile, en vient à avoir l’extrémisme facile, ce qui ouvre la porte à l’Autoritarisme.  La victimisation est efficace, car elle dessine un monde simple, mais cette construction du réel déformé amène des réponses inadéquates.  L’adversaire n’est plus un ennemi, mais un bourreau.  Ce n’est plus un lutte à finir qu’il faut accomplir, mais un acte de justice, pour ne pas dire de vengeance.  On satisfait alors les sentiments de la personne qui a vécu un affront ou une humiliation, mais aucune solution viendra totalement satisfaire cette « souffrance ».

Sad-Owl-e1333561342719-632x670

Car il n’y a pas juste les chats et les chiens qui ont le droit d’être déprimés…

Ça va mal !

De là toute ma grosse déprime, car pour assurer un une cohésion sociale et décideurs et des partis de plus en plus vides (pour ne pas dire insignifiants) s’emploient à rendre le monde plus simple, à tout mettre dans des catégories POUR/CONTRE, et les gens s’y rattachent avec un empressement démesuré.  Il évident de voir que le monde change et que cela effrait la majeure partie de la population.  Tout d’abord la Guerre contre le terrorisme qui nous a sortie du rêve libéral » de la fin de l’Histoire », où est apparu devant nous un monde autant cruel que complexe.  Mais c’est la crise de 2008 qui a tout chamboulé, avec l’apparition des mouvements Occupy, et ensuite chez nous du printemps Érable propulsé par les réseaux sociaux.  Pourtant, cette résurrection du radicalisme de gauche n’est que la conséquences de domaines de financiers et politiques corrompus et uniquement voués au développement économique.  N’ayant pas le temps d’analyser le monde, on se réfugie dans explications simples, dans nos sentiments, car pour cette Réaction nouveau-genre, s’ils abandonnent leurs idéaux d’antan c’est que tous ce qu’il  leur permettait de le comprendre  est en train de disparaître.  Ce qui construisait si habillement l’Opinion publique perd de son importance.  Aujourd’hui, tout semble se faire par les individus eux-mêmes, le prémâché n’est plus, car tout peut être automatiquement contre-vérifié.  Avant, les gens se rassuraient, car ils croyaient qu’on s’occupait d’eux; maintenant ils se rassurent, car ils ont l’illusion qu’ils contrôlent une partie de l’élaboration de l’opinion publique.

Toutefois, la gauche a de la difficulté a rejoindre tous ces individus écœurés du système et voulant changer le monde. Leur plus grande critique est qu’ils sont déconnecté du monde ordinaire, de la réalité du quotidien et qu’ils sont que des « pelleteux de nuages ».  Dans le cas de la Charte, lorsqu’un intellectuel prend la parole ses propos sont souvent rejetés automatiquement, car ils seraient élitistes, le produit d’une gauche caviar qui n’a jamais connu la misère et qui profite du travail des autres pour se donner une condition sociale très enviable.  L’intellectuel ou le militant de gauche ne se préoccupe pas du sort des « gens ordinaires », ce qu’ils leur importe c’est leur théorie… Ce qu’ils vivent au jour le jour, ne semble être très important à tous ces grands esprits.

Ils n’ont pas tout à fait tort, mais l’idée de croire que vous seuls êtes aptes à savoir ce que vous voulez est peut-être le meilleurs moyen de contrôle de la population qui a été imaginé à ce jour.  Je ne ferai pas ici l’histoire des Relations Publiques (vous pouvez en avoir une bonne idée ici), mais mettre de côté toute critique des choix que l’on fait tous les jours, que de croire que notre jugement est nécessairement le meilleur dans les situations qui nous concernent et que ces choix sont rationnels et pleinement justifiables sont des inventions qui n’ont jamais été personnellement innées.   En fait, l’individu a été entraîné socialement à croire que son choix purement émotif est avant tout un choix rationnel et pleinement conscient.

« Je le sais ce que je veux », malheureusement non.  Tu peux le savoir, mais cela demande un très grand travail d’introspection et de recherche, et même là, ce n’est pas sûr que tu vas trouver la réponse.  Mais bon, ce n’est pas la fin du monde… Pour t’acheter des souliers, une auto ou du détergent, on ne va pas virer fou. Cependant, lorsqu’on veut imposer une Chartes des Valeurs, ta réponse ne doit pas être là même que pour un parfum en spray qui sent le chimique ou un Rotato.  Sauf que,  lorsque t’as toujours choisit de la même façon, sans vraiment réfléchir, l’émotif prend le dessus et il n’y a plus rien à faire pour que tu changes d’idée…

Tu bucks, et moi je déprimes… 😉

DSCN1981[1]

En prime : la très malcommode Bulle, chihuahua de ma sœur, qui est  autant déprimée que moi de la situation…

Mieux comprendre la nation, le nationalisme, l’identité et le débat sur la Charte (avec des p’tits dessins)

9 Oct

1,9 millions. Moi aussi je peux faire des p’tits dessins ! Pis ça m’a pas coûté une cenne. Loué sois-tu Microsoft Paint !

Premièrement, comment fonctionne la nation ?

Tout d’abord ça prend un peuple.

Les gens ne font souvent pas la distinction entre Le Peuple et la Nation qui sont des concepts proches, sans être toutefois synonyme.  En fait le Peuple précède la Nation. Depuis que les humains existent, ils se sont toujours regroupé en petite société et ont peu à peu former des groupements où les personnes à l’intérieure de celle-ci pouvaient interagir sans trop de problème, par une langue et des coutumes communes.

Un Peuple est d’abord, un groupe d’individu partageant une culture commune, mais c’est aussi une entité sur laquelle l’État va établir sa légitimité. Les Rois avaient des sujets, l’État à un peuple.  En politique, le Peuple est la masse des individus pour lequel l’État travail et qui travaille pour l’État.  Le Peuple est également une entité politique.

En premier lieu, il y a un fait dont il faut prendre connaissance : depuis la période du néolithique, on peut constater que les peuples existent et que des structures politiques existent aussi. Comme l’indiquent les grandes théories du nationalisme, le peuple et l’État se sont métamorphosés avec l’arrivée de la modernité et surtout de la Révolution industrielle. Les peuples, ou plutôt certains peuples, se sont transformés en nation. Les États, de leur côté, se sont changés en État-nations. Dans la vie de tous les jours, on peut percevoir le peuple, l’État et le nationalisme. En ce qui concerne la nation, ce sont ses effets  qui sont perceptibles, plutôt qu’une réalité quantifiable. Si l’État s’est adapté à la nation, cette nation doit préalablement exister. Si le peuple diffuse un discours nationaliste, c’est qu’il doit y avoir une nation quelque part. La nation n’existe pas concrètement, mais on peut distinguer ses effets. C’est lorsqu’on la croise avec quelque chose de réel que l’on obtient un résultat.

LEPLEUPLE

Pourquoi la nation ?

En fait, c’est la Nation qui fait Peuple une entité politique.

La NationSi la nation n’exclut personne, elle n’inclut personne non plus. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’elle est une idée, une abstraction de l’esprit. Ce sont les individus qui, s’en faisant une certaine idée, s’en excluent ou qui s’y intègrent. Ce sont eux aussi qui essaient d’intégrer certaines personnes et d’en exclurent d’autres. La nation est fondamentalement ni bien, ni mauvaise, ni belle, ni laide, ni utile, ni inutile, elle n’est qu’une nation. Ce sont ceux croyant la détenir qui la font, et non la nation qui fait ses «détenteurs». La nation est avant tout un idéal. Celui-ci va inciter à suivre un modèle de structures politiques et sociales. La nation est le Peuple, l’État et certains domaines de la société (l’économique, le culturel et le politique), idéalisés dans une croyance qu’ils sont reliés, mais aussi que leur existence propre est dépendante de ces liens. La nation étant un idéal, elle va proposer un certain nombre de valeurs. L’État, le Peuple, ou l’individu va essayer d’imposer des normes pour faire respecter les valeurs dictées par l’idéal national, pour ainsi s’en rapprocher le plus possible. De ces normes, on va chercher à exclure des individus et à en inclure d’autres. L’exclusion d’une identité nationale peut alors être perçue comme une sanction et l’auto-exclusion, comme une déviance. Il faut comprendre que de par sa nature, la nation n’impose rien et qu’ensuite, rien ne justifie de suivre ce modèle à la lettre. C’est l’action des individus qui fait en sorte que l’on se représente l’idéal national de façon fort différente, certains s’y croyant moins intégrés que d’autres.

En tout premier lieu, le nationalisme est le mécanisme d’inclusion et d’exclusion permettant à une nation de s’imposer comme structure sociale.

Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est qu’il n’y a pas de nation civique ou ethnique, mais bien des nationalismes civiques ou ethniques. Le discours national est souvent loin de la réalité vécue par les individus à l’intérieur d’une nation. Le nationalisme va départager les inclus et les exclus au sein de la nation, sauf que le nationalisme n’est pas statique. Le peuple, de son côté, partage une «conscience de peuple» entre ses membres, et ceux-ci ont alors conscience de l’existence d’une culture sociétale et d’un territoire commun.

pourquoi le nationalisme inclus et exclus ?

Car nécessaire à la cohésion dans une démocratie.

Un régime démocratique a pour but premier de donner le pouvoir au peuple et de servir l’intérêt du plus grand nombre. En intégrant l’ensemble des citoyens au processus délibératif par un ensemble de moyens, un gouvernement démocratique veut, du moins en pratique, être le gouvernement de la totalité du peuple.

démocratieNous avons besoin de normes claires pour le « vivre-ensemble » et d’ un fonctionnement harmonieux de la société.  Vu que les gens délibèrent, travaillent en groupe dans les industries et nécessitent une grande bureaucratie, nous avons besoin d’une d’une culture commune (langue, histoire, institutions…).

Le danger du nationalisme, l’exclusion.

Le principal problème avec le nationalisme est l’exclusion. À vrai dire, toute identité par ses critères d’accessibilité exclut une partie de la population. En ce qui concerne le sexe, un homme ne peut être une femme, dans le cas de l’âge un jeune ne peut être un vieux. Plus précisément concernant la nation, la formation ou les transformations quant aux critères d’accessibilité ont une grande portée éthique. Un exclu aboutit dans une situation socio-économique et politique peu enviable, où il jouit de moins de droits. La portée d’une exclusion chez les identités nationales est immense et peut être très dangereuse.

nepaschercheràinclureIl est ardu de transformer les critères d’adhésion à l’identité nationale, à cause de l’aspect irrationnel du nationalisme, donc des facteurs émotionnels et sentimentaux qu’un peuple peut avoir pour sa nation. Cette profonde affection, pour cette chose abstraite et immatérielle , peut masquer les travers et l’inefficacité d’une identité permettant d’assurer la cohésion nationale.

La nation est toutefois liée à des luttes constantes de la part des différents groupes et des individus qui la composent, en plus d’engendrer paradoxalement un sentiment d’unité entre ces mêmes groupes. La cohésion nationale n’exprime pas un consensus, mais un rapport de domination évoluant sans cesse, partageant la puissance entre la majorité et les minorités par une multitude de moyens au cours de l’histoire.

Les diversions identitaires

Le nationalisme est puissant, car il va chercher dans l’irrationalité des gens, dans leur identité profonde.  Lors de trouble sociaux, la tentation est forte pour les décideurs politiques d’assurer la cohésion de la Majorité, loin des problèmes liés au partage inégal de la Richesse.  Le nationalisme est important en démocratie, car on a besoin de cohésion sociale.  Toutefois poussé dans les extrêmes, lorsqu’on coupe la Majorité des minorités nationales, on passe d’un rapport de domination à celui d’oppression, et la démocratie vient par disparaître.

luttedesclasses

En période de crise économique, lorsque les « partageux » se mettent à réclamer une plus grande justice sociale, on voit souvent les gens favorisés par le système utiliser deux stratagèmes pour maintenir le système en place : 1) La Guerre, 2) Viser les minorités.  Dans les deux cas, la « Patrie en danger » fait en sorte que le groupe finit par se ressoude pour la cause commune.   Les gens, c’est normal, tant attachés à leur nation, se portent volontaire pour la défendre.  Il faut faire attention néanmoins à qui indique la menace.  La manipulation consiste toujours à créer un crise, pour en apporter une solution que l’on avait prévue à l’avance.

tactiquesdedeversions

Le multiculturalisme

Devant les multiples dérapages possibles causés par le Nationalisme, certains penseurs ont commencé à concevoir un régime de citoyenneté basée sur une intégration la plus large possible. Comment fait-on cela, facile en enlevant tout critère identitaires au nationalisme.  En fait, on peut dire que l’on veut créer une nation sans nationalisme.  Les lois. les droits et les institutions démocratiques et libérales viennent remplacer la langue, la culture et l’histoire commune.

L’État se doit d’être neutre, et ne pas agir au profit d’une identité.  Il peut y parvenir de deux façons, soit en ne reconnaissant aucune identité nationale sur son territoire; soit en les reconnaissant toutes sans exceptions.  Le choix identitaires y est pourtant réduit qu’à un simple choix personnel et personne ne peut entraver ce choix, si ridicule soit-il…

multiculturalisme

Le problème du Multiculturalisme réside dans le flou identitaire qu’il laisse à la population. Premièrement, car les citoyens ont de la difficulté à se différencier des autres nations qui leurs ressemblent politiquement et qui leurs sont culturellement proches; et deuxièmement, car dans ces airs de grande reconnaissance, elle donne un avantage disproportionné à la Majorité ethnique du pays.  Un État qui reconnaît ses minorités selon les rapports politiques en place, entre dans un jeu d’égal à égal (de nation à nation), ce qui est plus juste pour les minorités « historiques » (ex: Québécois dans le Canada, Anglo-Québécois dans le Québec).  Comme on l’a fait au Canada, en mettant tous les groupes étant mis sur un pieds d’égalité, les Québécois en viennent par valoir autant qu’une communauté de 15 000 habitants, les Premières nations ont autant d’importance qu’une communauté dont membres sont au pays que depuis quelques décennies.  Pour la communauté anglophone du Rest of Canada, son écrasante majorité numérique, fait en sorte qu’elle contrôle tout.

Devant cette complexité de bien se définir les uns face aux autres, les gens ont tendance à écouter ceux diffusant un discours simple, pouvant être souvent déconnecté de la réalité.  Ce discours est souvent traditionaliste, faisant référence à une époque où les problèmes actuels n’existaient pas, où tout semblait plus simple.  Pourtant, le Multiculturalisme est né de d’autres problèmes liés à une identité qui créait trop d’exclusion et qui n’était plus en phase avec le contexte actuel.

Tout étant désormais possible, à quoi bon alors aux communautés minoritaires de s’intégrer à la société majoritaire.  On voit alors apparaître des ghettos permanent de communautés ethniques, qui peuvent vivre dans leur société d’accueil sans jamais en apprendre la langue ou les coutumes. Il est normal qu’un immigrant désire s’installer parmi les siens à son arrivée, cela amorti le choc et permet d’apprendre à vivre dans un pays par les conseils de gens qui sont plus prêts de nous culturellement.  Cependant, si cet état est permanent, cela peut s’avérer un net désavantage au niveau de l’emploi, de la participation sociale ou la connaissance de ses droits en tant que citoyen.  En s’enfermant trop dans sa communauté, on se met dans une position de vulnérabilité évidente, qui est toujours au profit de la Majorité.

Comme on a pu le constater le nationalisme et le multiculturalisme comportent chacun des défauts.  Malheureusement, ses défauts peuvent avoir des conséquences très graves dans la vie des gens.

Comment intégrer alors ?

1. En élaborant clairement son identité nationale.

2. En élaborant son identité nationale pour qu’il soit possible aux minorités d’en faire partie, en respectant leur intégrité, leur dignité et leurs droits fondamentaux.

Dans un texte que j’avais écris pendant la « crise » sur les accommodements raisonnables, j’avais résumé la situation identitaire de la façon suivante :

« … nous sommes devant le choix entre une identité stable, immobile, ayant de la difficulté à s’harmoniser aux besoins actuels  de la population et d’une identité floue, instable, mais très adaptable à la société actuelle.  Son application est, cependant, plus difficile au niveau institutionnel.  Il faut alors trouver un juste milieu, avoir une identité claire et compréhensible pour l’ensemble de la population québécoise (et non pour quelques universitaires), mais qui est tout de même capable de faire preuve d’ouverture et de pluralisme ».

nepaschercheràexclureLes québécois « potentiels »

Nous n’avons pas à avoir honte de ce que nous sommes et ce que nous avons été.  Il est totalement justifié de mettre de l’avant notre culture, notre langue et notre histoire .  Il est justifié, de plus, de voter des lois afin de permettre à ses piliers de notre identité de survivre.

Cependant, ces lois ne doivent pas se faire au détriment de ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas faire partie de notre identité nationale. C’est-à-dire, que le préjudice subit par ces personnes exclues de l’identité nationale, soit tel qu’il va à l’encontre de leurs droits fondamentaux.  Et c’est là que doit se situer tout le débat autour de la Charte.  La majorité des personnes contre la Charte des Valeurs Québécoises, ne sont pas contre la laïcité ou les « Valeurs Québécoises ».  Ils ne sont pas plus pour la Charia et l’oppression des femmes.  Les adversaires de la charte sont contre la disposition concernant l’interdiction des signes ostentatoires dans chez les fonctionnaires de l’État, car il s’agit d’un obstacle démesuré pour des personnes déjà en situation de vulnérabilité.

Il faut considérer les « exclus » comme des Québécois potentiels.  C’est-à-dire que sans renier notre passé et notre présent, de permettre dans le régime de citoyenneté que l’on se donne à ceux qui se sentent pas ou peu Québécois, de le ressentir un jour.

Tout ça, en principe. Évidemment…

Toute petite réflexion sur les sondages au sujet de la Charte

25 Sep

Mélangés de tous ces sondages ?
Moi pas. En fait, c’est tout à fait normal…

Le sondage dernier sondage de Radio-Canada sur les licenciements possibles d’employés de l’État à cause du port de signe religieux ne vient pas contredire l’appui majoritaire des Québécois à la Charte.

La plupart du temps, lorsqu’on demande aux gens de prendre position sur un principe, aux gens de s’affirmer, ils vont généralement donner leur appui à une telle position.

Sauf que, lorsque quand on demande leur avis sur des mesures coercitives relatives à cette affirmation, bien les gens ont un malaise et ont plutôt tendance à être contre.

Concernant la Charte, une majorité de Québécois sont pour car elle les revalorise individuellement, rehausse leur image. Pour ceux qui s’y opposent, cette Charte dégrade l’image du Québec.

Pour son application, il est normal que la population soit ambivalente à l’idée d’enlever quelque chose à un de ses semblables. Pour se faire donner quelque chose OK, mais pour en enlever à un autre, c’est une autre histoire.

J’avais vu le même phénomène à propos de la Loi 101, lorsque je faisais mon mémoire de maîtrise.

Si vous posez des questions aux immigrants et aux minorités religieuses sur des mesures de protection des « Valeurs Québécoises » et du « Patrimoine Catholique » vous risquez d’être surpris du résultat.

En surface les gens mettent des divisions pour mieux comprendre le monde. Mais au plus profond d’eux-mêmes, personne ne veut faire chier son voisin.

On est tous humains après tout…

Grosse déprime

11 Sep

Ah la Charte ! Tu me déprimes Charte des valeurs québécoises, tu me déprimes Bernard Drainville. Aujourd’hui je suis orphelin de famille politique, car j’ai vu la mauvaise foi et les raccourcis intellectuels prendre toute la place en politique.  J’ai vu l’avis des intellectuels mis de côté.  J’ai vu des gens avec des valeurs, des vraies, se réduire à un machiavélisme primaire, à un calcul, à une basse stratégie.  J’ai vu une manipulation de l’opinion publique évidente. Le pire c’est que tout ça semble fonctionner.

Je veux dire quand t’as passé 35 jours de suite à militer dans une campagne électorale à essayer de stopper une victoire de Jean Charest, de la corruption, du déni des droits individuels. 35 jours à essayer de convaincre que le mieux était d’éviter le pire, c’est-à-dire de donner raisons à ces gens-là, ceux qui m’envoyaient promener lors des manifestations de nuit, de ceux qui croyaient qu’on peut diriger par la peur, que le peuple n’est composé que des vulgaires moutons hypnotisés par le mensonge. 35 jours de combat fratricide entre souverainistes, entre anciens amis qui s’envoyaient les pires coups de cochon, afin de régler de vieilles querelles qui n’avaient rien avoir avec le choix du prochain gouvernement. Un printemps à marcher et à crier dans les rues de Montréal, un automne à s’enfermer dans un minuscule local électoral qui sent mauvais, une soirée au Métropolis avec un fou qui veut nous tuer à la mitraillette…

Je le savais en voyant les résultats durant la soirée du 4 septembre 2012 que le PQ allait jouer dans le carré de sable de la CAQ, je le savais au départ que le PQ était le parti le moins progressiste des partis progressistes, je le savais que le PQ avait mis la souveraineté sur la glace… Mais bon, j’ai toujours été modéré et réaliste, je croyais qu’il fallait prendre son temps, attendre un peu que la population sorte du « traumatisme » de la crise étudiante.

Patience et longueur de temps font plus que force, ni que rage…  ouin, mettons…

J’ai pris mes distances très vite après l’élection de la première femme première ministre du Québec, plus par fatigue que par désistement politique. J’avais vécu la dégelée du Bloc Québécois en mai 2011, je travaillais alors pour ce parti.  En 5 ans, j’ai déménagé 3 fois, retourné aux études, changer de lieu de travail, en plus retourner vivre chez tes parents à 27 ans, ce n’est pas la joie. Disons que j’avais fait ma part, et je laissais la chance à d’autres…

Mais on reste attaché, surtout que j’ai un grand respect pour Pauline Marois. Après tout ce qu’elle a mangé comme marde dans ce parti d’ingrats, c’est un exploit remarquable d’être encore debout, de gagner devant les belles-mères, les exilés et tous les « purs et durs ». Cette femme-là mérite d’être Première ministre, c’est une vraie guerrière qui n’a pas reçue son surnom de « dame de béton » pour rien.  T’as beau être de son bord ou pas, tu ne peux pas renier le fait que Pauline Marois, elle est tough en tabarnak !

Avec la tragédie de Lac Mégantic, beaucoup ont vu la Pauline que l’on connaissait se révéler au reste du Québec.  Les gens étaient surpris, je l’étais moins, les gens étaient fiers, je l’étais encore plus.  Faut dire que ça arrivait à point, avec les promesses écartées sur la taxe santé et les hausses d’impôts pour les plus riches, en plus des coupures à l’aide sociale, sans compter les déceptions entourant le sommet sur l’éducation supérieure, la ferveur péquiste n’était pas des plus fortes.  Après que l’effet de nouveauté engendré par l’arrivée Philippe Couillard à la tête du PLQ soit passée et des sondages encourageants pour le gouvernement, le fruit était mûr pour une politique « transcendante »…

Mais y’a toujours des maudites limites…

J’écoutais mon Bernie, et je me disais : « tu nous prends pour des caves ».  Ça mélange la religion et l’identité des individus, ça mélange traditionalisme et fondamentalisme, ça mélange le respect des valeurs et l’imposition de valeurs.  Mais ce n’est pas tout mauvais, tout le monde semble d’accord avec le fait d’intégrer la laïcité dans la Charte des droits et libertés, de donner un outil pour encadrer les accommodements religieux, de même que certains employés de l’État ne portent pas de signe visible d’une croyance religieuse.

Ce qui m’énerve, c’est de faire croire que de porter un signe religieux c’est porter un signe d’intolérance.  Ce qui m’énerve c’est que ça l’air plus une Charte du catholicisme hypocrite qu’une Charte des Valeurs québécoises.  Ce qui m’énerve, c’est que la charte était sûrement basée sur plein de bonnes intentions au début, mais que ça ensuite été fait pour faire plaisirs à un groupe particulier d’électeurs, au détriment du Bien commun.  Cette stratégie du PQ sent le « focus group » à plein nez, dernière la noble idée de faire le Québec un État laïque, on voit une attaque en règle contre les musulmans québécois, surtout les femmes.  Au début, ça devait parler de généralité et de sens commun, et petit à petit les Québécois moyens entassés dans une salle ont commencé à déballer leur sac, des « il faut se tenir debout », « on est mous les québécois », « ils viennent ici et ils veulent nous imposer leur valeurs », ensuite l’abcès a crevé et la haine à sortie. Je me demande jusqu’où les psychologues et les pros du marketing les ont poussés, ça ne devait pas être beau à voir.  Faut dire aussi que le chemin a été déjà pas mal ouvert par l’ADQ en 2007, pendant la crise des accommodements raisonnables. Avec l’aide des médias complaisants, les Québécois « ordinaires » ont su qu’il n’était plus prohibé de penser du mal des immigrants et que l’on n’avait plus besoin d’expier le péché de Jacques Parizeau commis le soir du référendum de 1995…

Le pire dans tout ça, c’est que je crois que le PQ va réussir son pari, et qu’il va aller chercher sa majorité. Cela touche trop de fibres irrationnelles dans le cœur des Québécois pour ne pas devenir un enjeux électoral de premier ordre, en plus du cadeau des partis fédéralistes à Ottawa qui se sont maintenant ligués contre le gouvernement du Québec, cela va faire revenir d’anciens nationalistes déçus dans les rangs péquistes.  Surtout, les opposants sont trop divisés et ont des points de vue divergents, voire irréconciliables.  Avec le mode de scrutin que l’on a, le PQ peut prendre une majorité avec 33 à 35 % des voix, et ce même si le PLQ amasse plus de voix qu’eux. Tout joue en faveur du gouvernement.

Le plus beau coup du PQ a été de faire accepter son « spin » que, en gros, c’était l’Élite intellectuelle qui était en défaveur de la Charte.  C’est je crois, la chose à plus triste dans toute cette histoire. Que le gouvernement a abandonné son rôle de prendre la meilleure décision selon les circonstances, afin de donner à ses électeurs « ce qu’il veulent », comme si on vendait du mélange à gâteau ou des chars. Devant toutes ces impulsions irrationnelles de rejeter l’Autre, on a réussi à faire croire que tous les intellectuels n’étaient que des êtres déconnectés, pensant qu’à eux-mêmes, voulant s’offrir des avantages et un statut sur le dos du « monde ordinaire ».  La communauté de recherche et de pensée est réduite à rester dans son monde et à ne pas trop en déborder.  Depuis le printemps érable, ce n’était pas difficile de faire haïr les intellos aux électeurs, on n’avait qu’à reprendre où Jean Charest les avait laissé. Lorsque les puissants ne veulent pas que s’opèrent les changements nécessaires à l’amélioration de la condition sociale de la majeure partie de la population, on fait intervenir l’idée de la « Majorité silencieuse ». Puissant illogisme qui fonctionne rondement depuis Nixon au profit de la minorité. La Majorité silencieuse, c’est une majorité réduite au silence. Et qui ne dit mot, consent…

Vous voyez mon désarroi, ma grosse déprime.

Grosse déprime, car je comprends que le « move » est payant et qu’au strict sens électoral ce n’est pas si bête. Mais après avoir vu des filles trois fois moins grosses que moi foncer sur des policiers en armure pendant que je reculais lors de la grève étudiante, après avoir vu les haines se déverser en système sur mes semblables et moi, car je portais un carré rouge, notre analyse sur le monde change. Sans tout ça, j’aurais sûrement trouvé que c’est une excellente idée et j’en n’aurais pas fait un cas de conscience. J’aurais noyé mon sens critique de bon cœur, pour me battre contre des partisans de d’autres partis qui ont fait la même chose, mais qui pensent différemment.  Mais y’a plus que le pouvoir pour le pouvoir dans la vie, et je ne perdrai pas mon âme pour m’élever dans l’organigramme d’un parti politique en démontrant ma servilité consentante… J’ai déjà donné, merci.

Déprimé, car les souverainistes et progressistes auraient pu s’unir d’une façon ou d’une autre et l’on aurait pu construire le Québec sur d’autres bases. Au lieu de ça, on a un gouvernement minoritaire désorienté qui semble retrouver son chemin, avec le bon vieil allié qui est la peur. Et qui semble réussir dans cette voie, car il y a juste ça qui semble fonctionner dorénavant.

Déprimé, car j’ai toujours aimé de façon inconditionnelle le Québec et les Québécois, qu’ils soient souverainistes, progressistes, lucides ou carrément dans l’erreur 😉 En tant que Chrétien, je me rappelle les mots de Saint-Paul aux Corinthiens, et je me dis qu’avec encore un peu patience on va finir par revenir à la Raison.  Faut garder espoir, on doit tester ma Foi en mes compatriotes…

On n’était pas supposé faire un pays, nous ?