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Critique constructive du Multiculturalisme politiquement correct

16 Mai

Le multiculturalisme est devenu l’idéologie dominante dans les sociétés occidentales, il est en quelque sorte l’application politique du « politiquement correct ». C’est à dire, un régime doux et caressant visant à ne heurter personne.  Auparavant, le Multiculturalisme était plus un constat sociologique qu’une politique initiée par les Élites. Et ne vous trompez pas, je suis totalement d’accord avec le Multiculturalisme lorsqu’on réfère à lui dans le sens de « Pluralisme », la société pluraliste c’est bon pour la démocratie.  Cependant, le Multiculturalisme a intégré peu à peu les préceptes du politiquement correct, lui enlevant du même coup toute son essence réformatrice.  Dans le contexte actuel, le Multiculturalisme est devenu le gardien du statu quo sous un masque de progressisme.

On voit deux chemins pris par les États lors des vingt dernières années, le premier est un capitalisme autoritaire concentré uniquement sur la croissance économique et où les droits fondamentaux n’ont plus une grande valeur.  L’autre voie est celle du multiculturalisme, on impose un contrôle de la population sous couvert du respect de l’intégrité des plus vulnérables, toujours en fonction des droits, en oubliant trop souvent la situation socioéconomique des individus.

C’est un peu ce que la « culture du politiquement correct » essaie de gommer, souvent très maladroitement. En bref, elle essaie de ne heurter personne dans un régime où l’on ne peut plaire à tout le monde. Car ce n’est pas les gens insatisfaits qui manquent… Au-delà des « accommodements », il existe une source de tensions bien plus grave,  les inégalités sociales. Inconsciemment ou non, on essai d’éviter cette question dans les lieux officiels du pouvoir, en essayant de faire croire à tout le monde que « tout va bien », « tout le monde il est fin », « tout le monde il est gentil »… baliverne !

C’est alors que provient une critique assez virulente du polititcly correct, face à cette culture politique artificielle, on se met à frapper sur des commandements tout aussi artificiels. Le problème ce n’est pas les minorités qu’on nous « force » à aimer, mais plutôt le fait qu’on nous force à aimer ses minorités.  On met alors les véritables laissés pour compte dans un cercle vicieux duquel ils ne peuvent se sortir, s’ils attaquent les minorités que l’État libéral et démocratique défend, ils sont des racistes, des fascistes, des réactionnaires, des monstres; et s’ils sont du côté de l’État, ils se voilent les yeux sur « les causes de leur misère »…

Ne soyons pas hypocrites, je n’ai pas d’amis noirs, musulmans, autochtones, transgenres, homosexuels ou handicapés. Et vous savez quoi ? Ça ne change rien. Je peux me foutre mon prochain comme je le veux, mais je ne peux pas atteindre aux droits de mes concitoyens. Mais les humains resteront des humains, ils veulent toujours laisser leur indignation glissée vers l’irrationnel. Si un régime démocratique pour être vraiment démocratique doit favoriser le conflit, donc l’indignation, cette indignation doit être responsable.  L’indignation et la colère sont une bonne chose en démocratie, mais sans rationalité, elle se transforme en violence.

Oui, le fanatisme religieux est mauvais pour la démocratie, mais opprimer la liberté de conscience l’est tout autant. T’as le droit de croire en l’astrologie, mais j’ai le droit de te dire que ce n’est que de la superstition. Si tu ne veux pas louer ton logement à des noirs, l’État a le droit d’intervenir.  T’as le droit d’écrire des commentaires haineux sur Facebook ou en dessous d’un article du Journal de Montréal , mais on a le droit d’enquêter sur toi, car tu es une menace à la démocratie. Tu as le droit de manifester, de bloquer le trafic, de même le faire masqué si tu veux et même de botter le bumper d’un char qui s’approche trop près de toi, mais tu n’as pas le droit de brûler un poste de police ou de mettre une bombe dans le Métro.

Est-ce si grave que certains ne veulent pas s’intégrer à un niveau que tu trouves satisfaisant ?  Oui, les juifs hassidiques ne veulent pas se mélanger aux autres et apprendre le français, reviens-en ! Dalida Awada te fait chier avec son voile, deal avec !

Tu ne peux pas forcer quelqu’un à s’intégrer. Tout ce que tu peux, c’est les forcer à respecter les lois. En démocratie, les gens peuvent faire ce qu’ils veulent tant et aussi longtemps qu’ils ne portent pas atteinte à tes droits fondamentaux.  Si l’on n’atteint pas ton intégrité physique ou morale, tu ne peux rien faire.

Nous n’avons pas vraiment besoin d’un régime de citoyenneté venu « du haut » pour s’accepter et se tolérer. Comme on a pu le voir par exemple lors du printemps Érable, dans un mouvement politique si « tu veux te battre avec moi, tu mon frère/ma soeur », c’est tout ce qui compte.  L’accroissement de la démocratie au sein de nos institutions politiques, de nos lieux de travail ou d’enseignement ferait à lui seul un travail d’inclusion, mais les Élites n’en veulent pas.  Pour eux, il faut une belle histoire attendrissante pour tenir les gens tranquilles.

Ce qu’il manque dans nos démocraties ce n’est pas de la tolérance ou de l’acceptation, mais bien du conflit.  Toute identité par ses critères d’adhésion, va créer de l’exclusion.  On peut créer des identités plus ouvertes que d’autres,  on ne peut pas toutefois créer des identités totalement ouvertes. C’est malheureux, mais c’est la vie…

Jamais la démocratie n’ordonne d’accepter les gens tels qu’ils sont, elle ordonne de respecter leurs droits (nuance, fuckin’ grosse nuance !).  Car, en démocratie toucher aux droits fondamentaux d’un citoyen, c’est toucher aux droits de tous les citoyens. Dès qu’une personne voit ses droits réduits, l’ensemble devient moins libéral, moins démocratique, et petit à petit, on se rend compte que si tous les humains sont égaux, certains le sont plus que d’autres…

 

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Le Québec en 2019…

19 Mai

2019 : le Québec indépendant est devenu une dictature autoritaire dirigée par une main de fer par PKP 1er illustre Empereur des Québécois… Le Journal La Presse est interdit, les syndicats sont abolis et tout le monde est obligé d’être abonné à TVA sports qui sans Nordiques, passe des concours de Big Foot, tandis que l’Impact est toujours à TVAsports 3… Julie Snyder à droit à tous les crédits d’impôts imaginables et Bernard Drainville est nommé Ambassadeur en Arabie Saoudite pour ses bons et loyaux services… Tous les ténors fédéralistes ont virés capot et ont pris leur carte du PQ, Denis Lévesque est nommé ministre des Finances, des Ressources Naturelles et de l’Environnement (anyway c’est la même affaire !)… Tous les intellectuels ont quitté le pays… anyway les gars à la Radio nous disent que penser ça sert à rien…

Lors d’un vox pop à la Chaîne Nationale Ici-Télé-TVA-Nouvelles Paul Laroque demande l’avis des passants sur la rue, sur la situation actuelle :

Une petite dame toute ridée réfléchit une seconde et répond candidement :
« C’est d’la marde, mais c’est moins pire que le service à la clientèle de Bell… »

sur ce, bonne journée ! 😉

Les nouvelles tendances politiques au Québec

24 Avr

En tant que super chasseur de tendances et sommité intercontinentale de l’Actualité politique, il est de mon devoir de vous révéler les nouvelles tendances qui auront lieu au cours du printemps-été-automne 2015 au sein du paysage politique Québécois.  Voici donc les nouveaux venus qui peut-être influenceront (on ne l’espère pas), les débat sociaux de l’avenir…

La Race Bilingue

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Il y a de ces gens qui semblent tout droit sortis d’un vidéo corporatif du gouvernement du Canada… ils ont des noms du genre Jeffrey Thibeault, Laurent Smith, ou du genre Huong-Kim Gretzky…  Ils parlent les deux langues officielles comme Jean Chrétien et ils ne font que démontrer leur super dévotion pour le « plusse-meilleur pays au monde ».  Cependant, ils n’arrêtent pas de chialer contre le système, le gouvernement, les autoroutes, la SAQ, Radio-Canada… en fait, tout est mieux en Ontario et c’est encore meilleur aux États-Unis… où ils vont sûrement déménager dans quelques années, car ils ont un bunch de cousins qui restent là…

La seule émission québécoise qu’il regarde c’est la Poule aux Oeufs d’Or, la seule émission Canadienne c’est Hockey Night in Canada et seul bout qu’ils aiment c’est l’édifient commentaire de Don Cherry… Pour le reste, c’est des émissions des States… Ce sont eux qui achètent la Molson Canadian à l’épicerie (maintenant vous savez), en plus d’être les seuls qui savent qui est Anne Murray sur le territoire du Québec (don’t ask).

Projet de Société : Canada all the way ! Coast to coast ! …mais maudit qu’ils ont hâte de déménager en Floride, avec leur cousine Sharreen Beaulieu d’Halifax et leur neveu Jean-Pierre Gonzalez de Sudbury… et aussi, ils devraient avoir le droit d’envoyer leur enfant à l’école l’anglaise, privée évidemment…

La Solution à tous nos problèmes, selon eux, est de voter infiniment pour Justin Trudeau et Philippe Couillard, ou tout autre individu désigné par la famille Desmarais….

Le Terroir 2.0

On a tous un oncle ou une tante qui post des infographies… euh non, des images MS Paint poches, dignes d’un collage d’un enfant de maternelle ayant pour sujet la Charte des Valeurs et/ou la menace engendrée par les « extrémistes »… Malheureusement, leur cohérence idéologique est aussi forte que leur talent pour créer dequand-vieux-essaient-l-informatique_6wmqt_37mtjos images de propagande simpliste. À un post Facebook avec une image d’une madame voilée qui prie à La Ronde (canular en passant) titrée : « il est temps de sortir la Religion du Québec, pour une société Laïque », ils t’en ressortent une autre deux plus plus tard : « Le Crucifix doit rester à l’assemblée Nationale ! »… et lorsque le temps des Fêtes arrive (oui le Temps des Fêtes, y’a plusieurs fêtes…faque on dit Temps des Fêtes… on dit Joyeux Noel, le jour de Noel et Bonne année, au jour de l’an… y’a pas de complot islamiste, c’est juste l’ostie de gros bon sens) et bien, accroche ta tuque en Phantex avec de la broche, parce que là tu vois une multiplication des posts sur les interdictions de sapins de Noël survenus en 2007 et le retrait de crèches dans un autre pays, étant plus intense que celle opérée par Jésus sur les pains et des poissons dans un désert quelconque de Judée, il y a genre 2000 ans… Sauf que Noël, c’est tellement important qu’ils ne daignent même pas aller à la messe de Minuit, parce que les enfants braillaient trop pour ouvrir leurs cadeaux et que anyway ils étaient beaucoup trop saouls pour conduire…

Pour eux un débat d’idées, c’est les commentaires en bas d’un article du journal de Montréal ou sur la page FB de TVA Nouvelles… Aussi, une anecdote d’une madame de Blainville leur semble plus crédible qu’une étude scientifique…

Projet de Société : Un État Laïque qui interdit toute les religions… sauf la leur… parce que c’est du Patrimoine… pour continuer le travail commencé lors de la Révolution tranquille où on s’est enfin délivré de la Religion catholique et du pouvoir nocif des curés… (confus ?)

La Solution à tous nos problèmes est un triumvirat composé du conseiller municipal d’Hérouxville, Bernard Drainville et du maire de Saguenay, Jean Là Là Tremblay…

Les impérialistes Montréalais

Les impérialistes Montréalais ne vivent pas à Montréal, ils SONT Montréal ! Ils trippent sur l’Impact, achètent des vinyles en quantité industrielle, roule en Bixi…  Tout ce qui est partagé avec le reste du Québec est ringard…Ils clament qu’ils ne regardent jamais la télé, ce sont eux qui étampent partout sur les réseaux sociaux qu’ils ne regardent pas les éimpérialiste montréalaismissions de télévision populaires pendant qu’elles jouent… (comment ça ils savent l’heure de l’émission ?) et ils écoeurent le reste de la planète avec « Série Noire ». Ils désirent le retour des Expos, mais aucunement celui des Nordiques, car Québec ce n’est pas une ville (ils n’ont même pas de Métro). Ils réclament plus de films de Xavier Dolan et voudraient manifester à l’année, afin de pouvoir scander Fuck the Police (le Groupe de musique et le SPVM) !

Au delà des Couronnes Nord et Sud, c’est le néant absolu.  Trois-Rivières, c’est la campagne; Drummondville, c’est le désert; et Québec City, c’est le Mordor !  Pourtant, ils savent plus que quiconque ce qu’il faut faire pour les Régions, les abandonner… ou en faire des colonies où des missionnaires propageront les nouvelles connaissances dans la domaine de la cuisson du grilled-chesse, du post-rock garage, des fixees, de l’anarcho-féministe radical ou des schémas tactiques du 11 montréalais…

Projet de Société : que Montréal impose son hégémonie sur l’ensemble du Québec… du Canada, ensuite sur le monde entier et peut-être même Brooklyn…

La Solution à tous nos problèmes serait d’être géré par un comité anarcho-communiste composé d’Amir Khadir, de la fille d’Amir Khadir, Xavier Dolan, un cuisinier dans un restaurant de Grilled-Cheese de Luxe, 3-4 chroniqueuses féministes, Anarchopanda, 2 aficionados du Marché Jean-Talon, ainsi qu’un propriétaire d’une boutique de Vinyles…

Les Rednecks de Région

Dans les Régions, il y a les gens des Régions… mais plus tu vas creux dans le bois ou dans les terres, plus t’as de la chance de croiser les Rednecks de Régions… tsé le monde qui se pointe en habit de chasse à un party de Noël ou à un enterrement…cletus

Ces gens-là, trippent un peu trop sur Bob Bisonnette, répètent mot pour mot les argumentaires des animateurs de RadioX… et passent leur journée à se saouler à la Coors Light ou toute autre bière avec un nom semble provenir des States.  Leur plus grande aspiration est le retour des Nordiques (Nordiques Nation !!!!!), et tout commentaire sur le fait qu’on s’est fait fourrer avec la construction d’un amphithéâtre de 400 Millions qui ne va servir qu’à accueillir une équipe de hockey junior, est répondu par un coup de shot-gun…

Pourtant, leur plus grand sujet de débat semble être au sujet de la meilleure marque de pick-up sur le marché, et ce même s’ils conduisent une Sunfire 2001 orange avec des stripes vertes… Ils sont du genre à accrocher un drapeau confédéré dans leur garage ou même dans leur cuisine, sans savoir ce que ça représente… mais bon c’est des Rednecks…

Ils aiment leurs femmes chaudes et leurs bières froides, mais ils passent la majeure partie de leur temps à boire de la bière tiède dans le bois, tout seuls..entre gars… loin des regards…

Pour eux, une randonnée ça se fait en skidoo, le taux d’alcoolémie et la limite de vitesse c’est une suggestion, les aliments biologiques sont les framboises que tu ramasses dans le fossé sur le bords de la route (après avoir perdu le contrôle de ton char parce que tu roulais trop vite et que tu étais trop saoul), une maison à 150 000 $ c’est un château et croiser un feu de circulation est un événement !

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Projet de société : un État qui coupe dans tout, sauf le sport et aider nos entreprises; qui s’attaque aux syndicats, aux féministes, aux étudiants, aux écologistes pis toutes les autres osties de BS et qui tabasse tous ceux qui perturbent notre modèle de développement économique basé sur une exploitation intensive des ressources naturelles et les baisses d’impôts…(oh wait !)

La Solution à tous nos problèmes c’est moins de gouvernement, plus de police ! …et des guns pour se protéger de la police…

Les ci-devant épicuriens de la Haie-de-Cèdres

Le terme « ci-devant » signifie « auparavant » et était utilisé lors de la Révolution française pour désigner les anciens aristocrates qui dépossédés de leurs pouvoir, peinaient à se positionner dans ce « monde nouveau ».  C’est un peu la situation dans laquelle se retrouvent nos épicuriens de banlieue qui veulent toujours profiter de la vie, mais cherchent désespérément à avoir une conscience sociale… Ils sont en période de transition depuis genre 10 ans, donc ils sont très mêlés… Certains sont des habitants de la banlieue déménagés à Montréal, d’autres d’anciens Montréalais rendus dans le 450… Ils roulent en vélo en banlieue, mais se promènent en voiture à Montréal… Ne veulent pas de pesticides sur leur pelouse, mais veulent continuer de faire la guerre aux mauvaises herbes… Ce sont les amants du politically correct et du yogourt sans gras.lawnmower_repair1hampshire

Ils reçoivent des paniers de légumes bio, boivent du café équitable, et mangent des oeufs de poules en libertés, mais capotent lorsqu’un Subway ouvre à deux rues de chez eux… Ils regardent La Voix, mais enregistrent « Tout le monde en parle ». Ils se disent ouverts à l’immigration et à la différence, mais ils ne veulent pas que des « étranges » deviennent leurs nouveaux voisins. Ils regardent des films en anglais sous-titrés en français, conduisent un SUV hybride et pour eux, une mobilisation c’est acheter un produit où une partie des profits ira à une oeuvre de charité quelconque… Ils participent également à tous les défis « un mois de si », une « semaine à faire ça » ou la « journée sans faire une autre affaire »… et ils te gossent solide pour te le rappeler…

Politiquement, ils sont mêlés, ils veulent du changement mais pas trop… c’est le genre de monde qui hésite entre voter pour la CAQ ou Québec Solidaire…

Projet de société : Un Québec indépendant, dans un Canada fort… qui fait la lutte aux changement climatiques et qui vise à réduire les inégalités… mais sans affecter notre développement économique et l’exploitation de nos ressources naturelles. (coudonc, j’suis en train d’écrire le programme de Pauline Marois moé là…)

La solution à tous nos problèmes serait un gouvernement minoritaire stable… ou bien la résurrection de Jack Layton…

Les Mystiques écologiques

On connait tous quelqu’un qui est disparu et qui réapparu sur Facebook, en publiant des photos de son voyage en Amérique Latine… et puis qui vit désormais quelque part en campagne, on ne sait pas trop ce qu’il fait, mais ce en quoi il croit… oh ça, on le sait ! Comme tout bon écologiste, il s’est battu contre le projet de port pétrolier à Cacouna et fait à la guerre au Pipeline d’Energie Est, mais il répand également sa page Facebook de curieux vidéos sur les Chemtrails, les souffrances des élevages d’animaux pour la fourrures en Chine, de la disparition d’une grenouille quelconque en Amazonie, en OLYMPUS DIGITAL CAMERAplus d’insulter le sinistre individu qui aura l’audace de photographier son steak et le publier sur les réseaux sociaux. Il est rempli de désarroi, car la planète entière n’est pas Végétalien comme lui… en plus de considérer Greenpeace et Équiterre comme des maudits posers travaillant pour le compte des illuminatis.

Son ennemi mortel est Monsanto qui est la cause de tous les problèmes sur la terre.  Ils ne veulent plus de pesticides, et ils portent une attention toute particulière à la provenance de leur bouffe, mais se fouttent bien par exemple de celle de leur weed qu’ils fument comme des cheminées… Ils publient des liens vers toutes les études scientifiques prédisant l’Apocalypse si rien n’est fait pour contrer les changements climatiques, mais sont anti-vaccins… et croient à toutes sortes de théories nouvel âge sur les champs d’énergie ou les auras, quand ce n’est pas de prétendre qu’on peut guérir le cancer avec du jus de racine…

Habituellement, on n’invite pas ces gens-là à souper chez nous, car il n’y a rien d’acceptable pour eux dans notre garde-manger, et quand on va chez eux, bien… ça goûte le carton… Ce sont eux qui achète de l’Hydromel à la SAQ (maintenant vous savez).

Projet de Société : Vivre en harmonie avec la nature, même si cela équivaut à éliminer la moitié de la population de la planète.

La Solution à tous nos problèmes serait un gouvernement du Parti Vert ou donner le droit de vote aux animaux, ce qui nous mènerait à gouvernement dirigé par des Bélugas. (cool !)

De la liberté au temps du Printemps 2015… Partie 1 : Pourquoi déteste-t-on autant les carrés rouges ?

4 Avr

Pourquoi déteste-t-on autant les carrés rouges ?

Je ne commencerai pas ce texte avec un diagnostic pessimiste de la société québécoise avec une longue tirade sur mon incompréhension devant un gouvernement oppressif qui ne veut pas tendre l’oreille vers sa jeunesse, son propre avenir…

On vous l’a fait depuis le printemps Érable, ça n’a pas l’air de vous attendrir plus qu’il ne faut… Mais pourtant, un récent sondage de CROP prétend que 40 % des Québécois voudraient que la priorité du gouvernement soit la lutte à la pauvreté et non de « faire le ménage » dans nos finances publiques avec un programme d’austérité.  De l’autre côté, les économistes découvrent que les déficits annoncés par le gouvernement Couillard, sont en fait des surplus masqués

Alors pourquoi il y a seulement les étudiants dans la Rue ? Et pourquoi les « gens ordinaires » les détestent-ils autant ?  Et surtout, pourquoi ne font-ils rien pour contrer des hausses de tarifs et des coupures de services qu’ils ne veulent même pas ?

Cette apathie généralisée et le cynisme ambiant pourraient vous sembler comme une nouveauté, un phénomène récent qui déstabilise les penseurs, et qu’il n’y a pas vraiment de solution à ce problème.  Et si je vous disais, que ce que nous vivons collectivement aujourd’hui, une homme l’avait prédit il y de cela 175 ans…

Non seulement il l’avait prédit, mais il en avait vu la cause. Non pas dans une corruption généralisée de ses dirigeants ou un corporatisme syndical d’une Élite gauchiste, mais dans le régime démocratique lui-même, les citoyens abandonnant peu à peu, leur liberté pour le confort et les petits plaisirs personnels.

Ainsi, c’est Tocqueville plus que tout autre qui décrit le mieux notre situation dans ce fameux extrait de la démocratie en Amérique (Tome II) :

C’est que la Liberté fait peur, nous angoisse, et l’exercer (comme le font les étudiants en ce moment), peut nous apporter de graves conséquences, comme le démontre cet autre extrait de Jacques Ellul :

Alors, pourquoi parlons-nous autant de Liberté !  Pourquoi devant l’exercice de la liberté, d’autres répondent-ils par l’imposition d’une « autre liberté » ? Ou, pourquoi des amoureux déclarée de la liberté, ne veulent aucunement que les autres en fassent l’exercice ? Pourquoi, ces appels à la brutalité policière ou même à l’armée à chaque fois que les étudiants descendent dans la rue ?  Pourquoi ces propos diffamatoires ou même haineux, envers les étudiants ? Pourquoi cette répétition de billets orduriers, sans aucun faits, ni proposition concrète au sujet de la grève ?

Pourquoi tant de gens supposément dotés de capacités de réflexion plus qu’adéquates, s’enfoncent dans l’émotion et la sentimentalité pour un programme dont la réussite est plus qu’hasardeuse, tandis que les « méchants casseurs anarchistes » sont capables faire des propositions concrètes intéressant même les trois partis d’opposition ?

Mais quelle est donc cette liberté remplie de haine ?

Ici Slavoj Zizek tente une réponse :

Ce que ces exaltés de « drettistes » veulent ce n’est pas la liberté, mais cette obsène liberté… de conduire imprudemment, de consommer de la drogue, d’agresser des filles, de se battre à la sortie des bars, d’acheter des marchandises volées, de travailler au noir, et bien d’autres choses.  Selon eux, et quelques fois ils n’ont pas tort, un régime plus équitable profiterait à l’Élite gauchiste (c’est à dire les artistes, les fonctionnaires et les intellectuels) qui pourraient se permettre des transgressions, tandis qu’eux, se feraient sermonner à longueur de journée par un État qui ne leur apporterait que de minces avantages.

Ils ne veulent pas s’engager dans un processus afin d’améliorer leur condition et celle de la collectivité, car ce qui est « bon  pour eux » est défini par des gens qui leurs sont étrangers et ils ont trouvé un moyen de profiter du système, même si ce dernier se relève auto-destructeur…

Comme par exemple, le choix de polluer avec un « gros char », car le choix ne pas polluer est décidé par une Élite qui ne comprend pas leur condition.  Pourtant, ne pas polluer est logiquement une meilleure chose que de polluer, que ce soit pour nous-même ou pour les autres.  Par contre, imposer un choix sur les autres, même s’il est logique et nécessaire, est désormais perçu par celui qui se le fait imposer, comme un manque de respect, une atteinte à sa dignité, un déni de reconnaissance de son individualité… Ce qui poussent les personnes à se radicaliser, car tout compromis politique, devient alors une trahison personnelle.

Les gens de droite pourraient retourner les mêmes arguments aux carrés rouges, et autres progressistes, en leur disant qu’il faut faire des sacrifices pour sauvegarder les finances de l’État, et que cette lutte contre l’Austérité n’est qu’un prétexte pour perturber et faire de la casse. Cependant, si des changements doivent être apportés aux finances publiques, la nécessité de mesures d’Austérité aussi intenses, est fortement discutable.  Tout cela devrait plutôt être un débat stérile entre économistes, technocrates, syndicats et dirigeants d’entreprises, et non une crise sociale à l’échelle nationale !

Les idées politiques deviennent tellement intégrées dans l’identité que si quelqu’un à une idée contraire à la tienne, il devient moins humain.  Une idée doit rester une idée, c’est à dire que l’on peut changer d’idée, lorsque quelqu’un nous prouve que son idée est meilleure que la nôtre.  Chose que l’on apprend encore dans quelques facultés universitaires…  Car la politique dans un contexte démocratique, c’est transformer des institutions, améliorer des programmes, s’assurer du bon fonctionnement des nos organismes publiques, avoir des finances saines et qui profitent à l’ensemble des citoyens, où chacun peut exprimer ses idées dans un contexte sécuritaire et respectueux.  La démocratie ce n’est pas 50%+1 qui écrase 50%-1, car telle est la volonté de la Majorité silencieuse ou pas, la démocratie ne se résume pas qu’aux élections, il y a également toute une structure légale qui l’accompagne, assurant les libertés individuelles, de plus les organisations civiles suivent également les principes démocratiques.

Le refus du dialogue et l’utilisation de la ligne dure, peut rassurer les ministres libéraux autant qu’ils le veulent, mais il ne se construit pas en ce moment, un monde basé sur les « valeurs libérales ».  Ce que les partisans de l’Austérité essaient de faire, ce n’est pas vraiment d’assainir les Finances publiques, mais plutôt d’en finir avec leurs ennemis politiques.  Chose qui semble avoir un vif succès, car même ceux qui rouspètent contre les hausses de tarifs et le gaspillage de fonds publics, tombent automatiquement du côté du gouvernement libéral lorsqu’il frappe les étudiants et les syndicats.  Le débat est si personnalisé que l’on s’attaque plus à ceux qui nous critiquent qu’au problème lui-même.  Malgré tout, on peut utiliser toute la répression que l’on veut, nier l’évidence ne la fera pas disparaître…

Avez-vous pensé, avant d’être… Charlie

19 Jan

Bon je ne vais pas vous parler de Charlie Hebdo, mais plutôt de la réaction que la grande majorité d’entre vous a eue face à ce triste événement.  À chaque fois que quelque chose en ce genre se produit, je suis toujours surpris par l’ampleur de la mobilisation sur les réseaux sociaux et la facilité avec laquelle un nombre important de gens intelligents s’y joint sans trop y réfléchir.

Ces mobilisations virtuelles sont grandes, car elles sont, d’une part, faciles; mais aussi, car elles répondent à un besoin émotionnel. Ce qui construit en quelque sorte des communautés d’émotion, permettant de partager le sentiment qui nous monte à la gorge lorsqu’auparavant nous regardions seuls la télévision. À cette émotion trop forte devant les événements qui dépassent notre compréhension, amène le désir d’avoir une réponse, le plus rapidement possible. Bon ou mauvais, cela importe peu, pour autant qu’elle puisse nous apaiser.

Dorénavant, la réponse et l’action sont instantanées, en plus d’être entremêlées dans l’émotion.  Tout s’accélère et il faut presque aussi instantanément prendre position, on embarque dans le mouvement ou on le regarde passer.  Une réponse hâtive provient d’une réflexion bâclée. Mais malheureusement, nous possédons un innombrable troupeau de démagogues qui ne savent que cela, dans notre merveilleux monde médiatique.

Ce besoin émotif pour une réponse hâtive génère aussi des émotions, créant un cercle de dépendance, à ces réponses qui ne font que nous rassurer dans notre vision du monde, au lieu de la confronter.  Et comment nous rassure-t-on ? En nous faisant passer pour la victime.  C’est ça le langage de la déraison.  Tout le monde (moi y compris), se réfugie au fond de lui-même avec cette pensée : « je n’ai rien à me reprocher, j’aime ce que je fais et je veux continuer de le faire ».  C’est cette voix qui nous force à agir sans penser aux autres.  Cette même voix que l’on apprend à taire, car elle ne fait que blesser les gens autour de nous. Par contre, la victime peut tout faire au nom de la Justice.  Si par exemple, des étrangers voulaient nous envahir et nous imposer leurs valeurs, nous aurions tous les droits du monde à répondre à cette menace.  N’importe quelle étude sur cette question vous démontrera que cette perception est fausse, ou extrêmement exagérée.  Cependant, ce besoin « d’être une victime » devient plus fort que tout.

Ceux qui prennent alors le devant de la scène sont ceux qui perpétuent l’irraisonnable, le problème, c’est les autres.  Et on entre alors dans l’âge des extrêmes, mais le plus triste est que si auparavant tout cela venait d’un chef, d’un État ou d’un parti tout-puissant qui contrôlait les masses, maintenant les groupes les plus extrémistes ne font que répondre aux besoins de sa base.  Nous avons dorénavant des mouvements sans direction, sans chef, qui semblent être portés par eux-mêmes où s’agencent des gens qui ne veulent pas penser, mais qui se sentent obligés d’avoir une opinion.  On peut être dépassé par un événement, on peut prendre le temps de réfléchir, on peut décider de vouloir en savoir plus sur le sujet.

C’est là que le Marché s’arrête, là où commence le domaine des « intellectuels » et même celui-là devient englouti dans la chasse aux nombres de « clics » et de « followers ».  Le libre marché donne accès à des idées, mais la plupart de celles-ci sont malheureusement sans valeur, elles ne font que perpétuer le culte du faux prophète qui se donne une position en disant aux autres quoi penser.

Aurait-on affiché « je suis Charlie », il y a 10, 15 ou 20 ans ?  Le cri de ralliement d’un si grand mouvement collectif, aurait-il été si individualiste ? « Je suis », à la compassion on a substitué l’identification à la victime.  Au lieu de faire état de la situation et chercher des solutions durables, on veut être assassiné froidement pour avoir déconné un peu trop avec des dessins… Pourquoi vouloir s’enduire du sang encore chaud des employés d’un journal controversé, alors que vous n’avez rien fait de tel lorsque Breivik a assassiné une soixantaine de jeunes militants d’un parti de gauche ?

On pense par effet d’entrainement.   Lorsque le mouvement démarre, il est difficile de l’arrêter, et la mécanique des réseaux sociaux est encore difficile à cerner.  Pourtant, entre deux attentats l’un commis par un cinglé extrême-droite et l’autre un extrémiste musulman, on tend qu’à s’agiter collectivement qu’au dernier… Comme si l’on savait qu’il vaut mieux ne pas trop en faire lorsque le réactionnaire blanc en colère dépasse la limite, mais que tout est permis lorsque le musulman fait exactement le même geste.  Savons-nous en nous même que les terroristes d’Al-Qaida ne sont pas vraiment une menace, pendant que les disciples de l’ordre, de la race et de l’argent nous tiennent déjà par la gorge ?

Je ne vous condamne pas d’avoir suivi le mouvement, mais en le faisait vous avez intégré un discours, des idées que vous allez sûrement défendre dans les mois ou les années qui suivent, jusqu’au jour où un autre événement du genre vous donnera un nouveau programme idéologique qui pourrait même contredire celui que vous avez décidé de défendre aujourd’hui.  Les émotions que génèrent ces mouvements paraissent désormais plus fortes que celles engendrées par la consommation.  Pourtant, l’individu s’il se révolte, s’il agit pour un monde meilleur, semble inexistant.  Il n’est que dans ce message, habituellement nébuleux. À tous ceux qui lance « Je pense, donc je suis Charlie », je dirai plutôt « Je suis Charlie, car j’ai besoin de penser », car j’en suis incapable par moi-même… Et dans ce monde d’hypercommunication du Web 2.0, si tu ne penses pas, tu n’existes pas…  Mais on ne peut pas penser par soi-même, car ce monde ne fonctionne que par l’approbation des autres, de là le besoin de suivre continuellement la parade.

Ce qui est arrivé à Charlie Hebdo, c’est triste, c’est grave, mais je suppose que si on demandait à tous ceux qui ont mis un « je suis Charlie » comme photo de profil, une très grande majorité ne saurait pas quoi vous répondre… Ou du moins, elle répéterait les propos d’un chroniqueur ou d’un animateur de radio.  Nous avons raison d’être tristes, nous avons raison d’être en colère, mais on ne construit pas des politiques, car on est triste ou en colère.

On a besoin collectivement de prendre une petite pause, de boire une tisane et de commencer à réfléchir.  Il faut se parler calmement et analyser ce qui se passe de manière lucide.  Tout intellectuel qui se respecte a le devoir moral de ne pas répondre au chant des sirènes qu’est le jeu du web 2.0. Sinon, tu n’es qu’un faiseur d’opinions, c’est à ne dire rien.  Hier, tu étais Charlie; demain, tu seras autre chose… Au moins, tu auras plein d’amis sur Facebook, tant mieux pour toi… pauvre con !

Extrait : la télévision, les réseaux sociaux et la démocratie

23 Juil

J’ai terminé la rédaction de mon interminable ouvrage sur le printemps érable.  160 pages à temps perdu et sans l’aide d’aucune subvention (Mes taxes ! Mes taxes !) …

La deuxième partie devrait arriver bientôt, une révision et c’est fini…

entre-temps je publie un extrait (bonne lecture) :

 

L’importance des médias dans la construction identitaire

Si tout type d’échange entre individus est nécessaire à l’exercice réel de nos droits fondamentaux et la construction de nos identités, alors tout moyen de communication est d’une importance capitale dans une société. Sortir les moyens de communication d’une analyse identitaire, c’est faire abstraction du processus décisionnel, de la mécanique sociale faisant en sorte que les valeurs et idées viennent à s’imposer.  Les moyens de communications créent un espace de délibération entre les citoyens (où certains sont plus égaux que d’autres), les idées circulant et forgeant l’opinion publique.  La deuxième moitié de vingtième siècle a vu apparaître l’imposition d’un nouveau média, la télévision, qui transformera profondément nos vies, propulsant l’image aux plus hauts sommets.  L’augmentation des chaînes a diminué le message officiel de l’Élite bien-pensante pour faire place à un vacarme, qui malgré sa grande dissonance, chantait les louanges de l’individualisme néolibéral. Celui-ci prétend l’idée que les Élites culturelles et politiques sont corrompues, que seulement vous seul pouvez déterminer ce que vous voulez, que l’État gaspille continuellement de l’argent et que tous ceux qui sont à gauche sont des profiteurs du système.  Les entrepreneurs sont toujours bons, car ils ne font que répondre automatiquement aux demandes des consommateurs; le Marché étant le seul juge entre le bien et le mal dans nos sociétés.  Les grands projets constitutionnels s’en sont trouvés affaiblis, non seulement pour leurs échecs, mais aussi par la désaffection de la population pour les Élites causés par l’insertion du message néolibéral.

Cependant, comme on peut le constater les Réseaux sociaux prennent dorénavant leur place, faisant désormais compétition à la télévision comme un espace délibératif de première importance. Le combat entre la télévision et les réseaux sociaux, créé alors deux communautés politiques bien différentes, rendant plus ardue la « délibération nationale » sur des enjeux de société (comme ont pu l’être les droits de scolarité ou la Charte des valeurs), car leurs « points de repère » ne sont pas mêmes.

 

Les deux démocraties

La prédominance de l’un ou de l’autre moyen de communication, va changer la façon dont se forme l’opinion publique.  Dans un monde où la télévision prédominait, le citoyen est passif et reçoit l’information sans la demander au préalable.  Malgré la multiplication des chaînes, le choix comparé à l’internet est extrêmement limité.  Non seulement l’information est infinie sur internet, mais le citoyen peut trouver exactement ce qu’il veut et donc, s’associer avec un nombre significatif d’individus qui pensent comme lui.  Avec Internet, il n’y a plus de standardisation des idées, l’idéologie officielle a ainsi plus de difficulté à pénétrer les esprits.  L’internet produit en quelque sorte, des tribus idéologiques.

Ce qui fera en sorte que le processus de construction identitaire est différent  d’une société dominée par la télévision et comparativement à une autre dominée par internet.  Dans une société dominée par la télévision, le citoyen étant passif reçoit les normes et les codes sociaux, c’est-à-dire ce qui est acceptable, sans trop se poser de question.  Les relations familiales, de travail ou entre groupes ethniques sont représentées sous un angle prédéterminé au petit écran. Le téléspectateur s’identifiant à ce qu’il voit, en vient alors à être rassuré dans ces comportements sociaux.  Donc, la télévision en vient à être un instrument de contrôle social.  Cela peut paraître horrible à première vue, mais les émissions de télévisions ont fait beaucoup pour sensibiliser les gens contre la violence conjugale, le sexisme, le racisme et l’homophobie.  Cependant, il ne faut pas que la télévision ne « dérange trop », car sinon peu de gens la regarderont.  La façon de présenter les homosexuels ou les noirs, il y a 30 ou 40 ans dans les émissions peuvent sembler ridicules aujourd’hui, mais il faut savoir qu’à cette époque, c’était tout de même progressiste.  Même si la place des minorités n’était pas équivalente à celle de la majorité, leur situation s’améliorait petit à petit.

Avec la télévision, l’individu est en quelque sorte libre, car il n’est plus nécessairement gérer par son entourage, sa famille, son village, etc.  Il peut voir qu’un autre monde existe, que l’on peut être différent et avoir d’autres idées.  Cependant, avec la télévision, la différence est tout aussi standardisée que ce qui est conforme.  On permet l’individualisme, mais dans un cadre bien établis.  Donc on accepte la différence, mais jusqu’à un certain point, ce que la Majorité est prête à accepter.  Il faut comprendre qu’une société démocratique est permissive comme la nôtre intègre tout de même énormément plus qu’une société où la liberté de parole et de Presse est très limitée.

Une société dominée par la télévision donne à ce qu’on pourrait appeler un « Nous individualiste », l’individu existe, mais en fonction de cadres préétablis.  Tu peux faire partie du groupe, mais en fonction de critères acceptés par le groupe.  L’individu est libre, mais il n’a pas beaucoup d’influence sur les critères identitaires.  Si la télévision rend la nation plus inclusive, c’est la Majorité qui dicte en quelque sorte les espaces de libertés de chacun.   Dans ce type de société, l’individu a le choix d’être ce qu’il veut, mais on peut dire que les options sont déterminées par le groupe.

Il en est tout autrement dans une société dominée par Internet.  Dans celle-ci, les individus contribuent « librement » au contenu d’information diffusé.  Le citoyen est actif et peut vivre, s’il le désire, sans l’influence de la Majorité.  Auparavant, les minorités se faisaient imposer les limites par le groupe, avec internet et les réseaux sociaux, c’est la minorité qui indique ses aspects identitaires à la Majorité, pouvant dévoiler tous les aspects de sa vie, et ce, même si la Majorité n’est pas prête à l’accepter.  Cela donne toutefois une nouvelle force aux intégristes, aux fondamentalistes et aux radicaux qui se retrouvent moins seuls.  Par internet, les messages haineux finissent malheureusement par trouver un auditoire.  Toutefois, des problèmes de société souvent marginalisés peuvent prendre le devant de la scène, des causes moins « tendances » ou plus controversées peuvent s’organiser.  La mobilisation n’a plus besoin du « filtre social » national pour exister et les citoyens peuvent s’informer sur les questions qui les intéressent vraiment.  Cela fait en sorte que certaines questions prennent plus de poids dans la société et certaines personnes démonisées par les médias traditionnels viennent à avoir une certaine tribune pour se défendre.  Pour ou contre, bien ou mal, sur internet le message unique n’existe (pratiquement) pas.

Dans ce monde, le processus de construction identitaire s’apparente à un « Je collectif ».  c’est-à-dire que l’individu construit ou choisi son identité et ensuite l’impose à la Société qui doit l’accepter tel quel.  C’est la Majorité qui doit ouvrir le plus possible les critères identitaires de la Nation, afin d’intégrer les personnes qui prétendent la constituer, comme l’est en quelque sorte un réseau social.  La Majorité n’est plus définie selon un groupe d’individus, mais le cadre dans lequel ces individus interagissent.  Celui-ci doit accepter et permettre la différence.  Le Québécois ordinaire n’est plus un individu concret, mais un modèle auquel les gens se réfèrent.  Avec le « Je collectif » on peut dire que l’on passe d’une majorité réelle à une Méta-Majorité.

Ces types de société vont entraîner ou être liées à deux façons de concevoir la démocratie; une positive et une autre négative, une qui écoute et une qui parle.  La démocratie négative en conçue en fonction de la protection des droits individuels, ou plutôt de la limitation du pouvoir.  On limite les pouvoirs des décideurs par des limites judiciaires, de la transparence et des élections.  La démocratie est alors une protection contre les envies despotiques d’un dirigeant.  L’opinion publique, dans une démocratie négative, se forme de haut en bas [top-down], c’est-à-dire que les citoyens ne sont pas la source des développements à l’opinion publique.  Celle-ci est influencée par l’État, des « empires » médiatiques, des syndicats, des groupes de pression qui expédient leurs messages par des canaux traditionnels (journaux, radio, télévision) en espérant que les citoyens vont adhérer tôt ou tard à leur point de vue.

La démocratie positive est conçue en fonction de l’expression du conflit politique.  La démocratie y est perçue comme étant un régime où l’on doit exprimer ses droits individuels pour qu’ils existent vraiment.  Les décisions des gouvernants doivent être l’expression de la volonté populaire et ils n’ont pas carte blanche entre deux élections.  L’opinion publique se forme de bas en haut [bottom-up].  Les citoyens y sont la source des développements de l’opinion publique. Les citoyens communiquent entre eux, surtout avec l’arrivée des réseaux sociaux, les décideurs et les groupes d’intérêts décident alors de suivre ou non les tendances.  Le but est alors de lancer des  mouvements que le plus de citoyens possible pourront adhérer.

Montréal n’est pas le berceau de cette nouvelle identité, car elle est supposément plus progressiste, mais plutôt parce qu’elle est hétérogène.  La pérennité du cadre culturel dans lequel s’expriment les droits universels est beaucoup plus menacée à Montréal, tant du côté francophone qu’anglophone que dans le reste du Québec.  Le besoin d’une spécificité pour se protéger de l’assimilation de l’Autre a eu comme effet de se protéger contre la culture générique néolibérale.  Tandis qu’ailleurs, elle a pénétré sans vraiment de heurts, tranquillement et insidieusement. Que le français perde du terrain sur l’Île de Montréal n’est pas perçu comme une catastrophe, car il faut tenir compte du changement sociologique dans la population à Montréal.  Ce que combat Montréal c’est l’identité générique néo-libérale.  On ne peut pas empêcher la Mondialisation, mais en « Région » la langue et la tradition suffisent, ce qui n’est pas le cas à Montréal qui doit intégrer la Mondialisation et la transformer en quelque chose de nouveau.

Il serait trop facile de diviser en deux le Québec, entre le Montréal « progressiste et ouvert » et les Régions « conservatrices et fermées », la réalité est complexe.  Si l’on tend à se diriger progressivement vers une division entre démocratie négative et démocratie positive, poussés par les transformations qui survient à Montréal, nous sommes en ce moment dans une phase transitoire qui ne mène pas forcément vers la Révolution socialiste, mais un nouveau système de construction identitaire, sur lequel repose le corps délibératif qu’est la nation.  Il y a à Montréal tout autant de conservateurs que dans le reste du Québec qui, lui, est plus vivant intellectuellement et culturellement qu’il n’y paraît.  L’Histoire ne se fait pas par des mouvements saccadés et ce que l’on construit aujourd’hui n’efface jamais totalement ce qui a été fait hier.  Ce que j’avance, c’est que s’est construite à Montréal plus qu’ailleurs au Québec une façon « de faire des Québécois », entraînant une nouvelle identité nationale, basée sur de nouvelles valeurs politiques.  Et finalement, c’est cette nouvelle façon de faire des Québécois, présentée par les carrés rouges durant le printemps Érable, qui va s’imposer.

Élections : le message ne passe pas !

19 Mar

Chers partis politiques vos pubs télé sont nulles :
QS : on dirait de la propagande bolchévique filmé par le cousin du beau-frère de Eisenstein
PQ : sérieux, Pauline qui marche vers nulle part sur de la grosse basse, je suppose que Yves Desgagné a voulu faire un hommage à Tarantino et à Podz en même temps…
PLQ : On est en 2014, pas en 2004… Couillard qui blaste, rien de positif
CAQ : On se demande toute c’est quoi cette pub là, et puis c’est Legault qui parle du nez, sur un fond blanc… ouin…

Bon 1. Arrêtez de faire parler vos chefs… votre « produit » c’est les idées, le changement, l’espoir d’un avenir meilleur, pas la face de votre chef qui chiale…

tsé Obama, sa face, mais il ne disait pas Yes we Can devant un fond blanc ou devant un auditoire captif et muet !

2.Vous voulez savoir c’est quoi la pub que tous les Québécois se souviennent ben la voilà :

sinon c’est les pancartes du Oui en 95

Le Chef yé où là-dessus ??? hein ??? La mesquinerie ???

Avis à tous : d’autres exemples, de d’autres parties, d’autres élections ?