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Critique constructive du Multiculturalisme politiquement correct

16 Mai

Le multiculturalisme est devenu l’idéologie dominante dans les sociétés occidentales, il est en quelque sorte l’application politique du « politiquement correct ». C’est à dire, un régime doux et caressant visant à ne heurter personne.  Auparavant, le Multiculturalisme était plus un constat sociologique qu’une politique initiée par les Élites. Et ne vous trompez pas, je suis totalement d’accord avec le Multiculturalisme lorsqu’on réfère à lui dans le sens de « Pluralisme », la société pluraliste c’est bon pour la démocratie.  Cependant, le Multiculturalisme a intégré peu à peu les préceptes du politiquement correct, lui enlevant du même coup toute son essence réformatrice.  Dans le contexte actuel, le Multiculturalisme est devenu le gardien du statu quo sous un masque de progressisme.

On voit deux chemins pris par les États lors des vingt dernières années, le premier est un capitalisme autoritaire concentré uniquement sur la croissance économique et où les droits fondamentaux n’ont plus une grande valeur.  L’autre voie est celle du multiculturalisme, on impose un contrôle de la population sous couvert du respect de l’intégrité des plus vulnérables, toujours en fonction des droits, en oubliant trop souvent la situation socioéconomique des individus.

C’est un peu ce que la « culture du politiquement correct » essaie de gommer, souvent très maladroitement. En bref, elle essaie de ne heurter personne dans un régime où l’on ne peut plaire à tout le monde. Car ce n’est pas les gens insatisfaits qui manquent… Au-delà des « accommodements », il existe une source de tensions bien plus grave,  les inégalités sociales. Inconsciemment ou non, on essai d’éviter cette question dans les lieux officiels du pouvoir, en essayant de faire croire à tout le monde que « tout va bien », « tout le monde il est fin », « tout le monde il est gentil »… baliverne !

C’est alors que provient une critique assez virulente du polititcly correct, face à cette culture politique artificielle, on se met à frapper sur des commandements tout aussi artificiels. Le problème ce n’est pas les minorités qu’on nous « force » à aimer, mais plutôt le fait qu’on nous force à aimer ses minorités.  On met alors les véritables laissés pour compte dans un cercle vicieux duquel ils ne peuvent se sortir, s’ils attaquent les minorités que l’État libéral et démocratique défend, ils sont des racistes, des fascistes, des réactionnaires, des monstres; et s’ils sont du côté de l’État, ils se voilent les yeux sur « les causes de leur misère »…

Ne soyons pas hypocrites, je n’ai pas d’amis noirs, musulmans, autochtones, transgenres, homosexuels ou handicapés. Et vous savez quoi ? Ça ne change rien. Je peux me foutre mon prochain comme je le veux, mais je ne peux pas atteindre aux droits de mes concitoyens. Mais les humains resteront des humains, ils veulent toujours laisser leur indignation glissée vers l’irrationnel. Si un régime démocratique pour être vraiment démocratique doit favoriser le conflit, donc l’indignation, cette indignation doit être responsable.  L’indignation et la colère sont une bonne chose en démocratie, mais sans rationalité, elle se transforme en violence.

Oui, le fanatisme religieux est mauvais pour la démocratie, mais opprimer la liberté de conscience l’est tout autant. T’as le droit de croire en l’astrologie, mais j’ai le droit de te dire que ce n’est que de la superstition. Si tu ne veux pas louer ton logement à des noirs, l’État a le droit d’intervenir.  T’as le droit d’écrire des commentaires haineux sur Facebook ou en dessous d’un article du Journal de Montréal , mais on a le droit d’enquêter sur toi, car tu es une menace à la démocratie. Tu as le droit de manifester, de bloquer le trafic, de même le faire masqué si tu veux et même de botter le bumper d’un char qui s’approche trop près de toi, mais tu n’as pas le droit de brûler un poste de police ou de mettre une bombe dans le Métro.

Est-ce si grave que certains ne veulent pas s’intégrer à un niveau que tu trouves satisfaisant ?  Oui, les juifs hassidiques ne veulent pas se mélanger aux autres et apprendre le français, reviens-en ! Dalida Awada te fait chier avec son voile, deal avec !

Tu ne peux pas forcer quelqu’un à s’intégrer. Tout ce que tu peux, c’est les forcer à respecter les lois. En démocratie, les gens peuvent faire ce qu’ils veulent tant et aussi longtemps qu’ils ne portent pas atteinte à tes droits fondamentaux.  Si l’on n’atteint pas ton intégrité physique ou morale, tu ne peux rien faire.

Nous n’avons pas vraiment besoin d’un régime de citoyenneté venu « du haut » pour s’accepter et se tolérer. Comme on a pu le voir par exemple lors du printemps Érable, dans un mouvement politique si « tu veux te battre avec moi, tu mon frère/ma soeur », c’est tout ce qui compte.  L’accroissement de la démocratie au sein de nos institutions politiques, de nos lieux de travail ou d’enseignement ferait à lui seul un travail d’inclusion, mais les Élites n’en veulent pas.  Pour eux, il faut une belle histoire attendrissante pour tenir les gens tranquilles.

Ce qu’il manque dans nos démocraties ce n’est pas de la tolérance ou de l’acceptation, mais bien du conflit.  Toute identité par ses critères d’adhésion, va créer de l’exclusion.  On peut créer des identités plus ouvertes que d’autres,  on ne peut pas toutefois créer des identités totalement ouvertes. C’est malheureux, mais c’est la vie…

Jamais la démocratie n’ordonne d’accepter les gens tels qu’ils sont, elle ordonne de respecter leurs droits (nuance, fuckin’ grosse nuance !).  Car, en démocratie toucher aux droits fondamentaux d’un citoyen, c’est toucher aux droits de tous les citoyens. Dès qu’une personne voit ses droits réduits, l’ensemble devient moins libéral, moins démocratique, et petit à petit, on se rend compte que si tous les humains sont égaux, certains le sont plus que d’autres…

 

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Petite mise en garde avant de commencer le printemps 2015…

12 Jan

L’annonce d’une grande contestation au printemps 2015, ne semble pas atteindre le gouvernement actuel. Malgré l’évidente adhésion d’une très grande partie de la population à la mobilisation contre les mesures d’austérité, le gouvernement Couillard ne semble pas broncher et garde le cap. Il est clair que les Libéraux cherchent le conflit.

L’horrible tactique du Parti Québécois lors de la dernière campagne électorale, donne l’impression aux libéraux qu’ils ont raison. Il faut se souvenir que les Libéraux ont perdu avec une marge très mince suite à l’élection qui a suivie le Printemps érable.  Ils veulent désormais en finir avec les syndicats et les étudiants.  Il semble que pour certains, le Printemps érable était une erreur de l’histoire, plutôt due à la collusion et la corruption qu’à un ras-le-bol généralisé envers les politiques néolibérales.

L’oeuvre « immense » des libéraux, le projet de pornographie comptable qu’est l’austérité est un rêve qui se discute depuis des dizaines d’années lors des réceptions des Chambres de commerce partout au Québec.  La crise créé par la Charte des Valeurs a en quelque sorte mis les libéraux au pouvoir par défaut. Pour certains, une telle occasion de remodeler le « modèle québécois » au goût d’une Élite en perte de vitesse, ne passera pas de sitôt. Leur tour va bientôt finir, aussi bien tout prendre pendant qu’on en a encore le temps…

Mais d’un autre côté, quel est le but des contestataires du programme d’austérité ? Malgré la grogne généralisée, les objectifs visées par les différents groupes sont forts différents.  Est-ce que toute la lutte qui s’en vient, mérite un adoucissement des mesures d’Austérité ou le statu quo ? Que ce soit dans le gouvernement actuel ou un autre…  Il faudra proposer autre chose.  Le but doit être de transformer le Québec et on doit s’entendre sur les moyens pour y arriver.

Couper moins c’est vouloir couper le reste plus tard. Il faut investir, arrêter de penser aux dépenses, mais aux revenus.  N’importe quel dirigeant de PME vous le dira, qu’il « vaut mieux penser à faire des piasses, que de sauver des cennes ».

L’histoire impose des actions, cependant personne n’ose les faire, car elles imposent par le fait même, un remaniement des structures de pouvoir.  C’est bien connu, les politiciens et les autres types de décideurs publics ne veulent pas trop faire de compromis sur ce point, afin de ne pas perdre leurs places.

Dans l’État actuel des forces politiques, rien ne semble annoncer un réel changement.  La contestation envers le PLQ et son projet d’austérité, apparaît presque virtuelle.

Il est évident que les syndicats seront le fer de lance de la constestation et ils se battront sûrement avec grande ténacité, mais à part démontrer son mécontentement et nuire à la circulation, que puissent-ils faire de plus?  J’espère que ces mêmes syndicats qui semblaient dépassés par les tactiques des jeunes lors du printemps 2012, auront appris deux ou trois choses utiles pour celui qui s’en vient…

Il ne faut pas oublier qu’incapables de s’emparer du pouvoir, les étudiants ont dû « jouer le système » et s’en remettre au bon vouloir du gouvernement Marois pour « Bloquer la hausse ».  Le goût de la victoire a été un peu fade, compte tenu de la mobilisation.  Il ne faut pas que des démonstrations contre l’Austérité, mais proposer quelque chose qui transcende les divisions actuelles de la société québécoise.

Les contestataires devront accepter d’accueillir les partis  (PKP compris) et ces mêmes partis (incluant le Grand Satan PKP en personne) devront laisser se transformer par la contestation.  S’il veut le pouvoir et même faire l’indépendance, le PQ devra arrêter de se comporter comme un culte occulte des conditions préalables pour arriver à l’indépendance pour se situer adéquatement dans le contexte politique.

Les Baby-Boomers préfèrent dorénavant mourir dans leur pisse, maltraités par un préposé aux bénéficiaires à qui on a coupé sa pension, que de voir un arabe déménager à côté de chez eux.  Même si tous les fétichistes du terroir aboyaient en même temps, cela ne peut garantir une majorité; tant que le PQ s’attachera à la Charte des Valeurs, il fera partie du problème.

En ce qui concerne Québec Solidaire, à part épancher une détresse qui n’est pas la sienne au banquet des corbeaux, des vautours, qu’a-t-il fait d’autre ?  « Ah oui mais, le PQ si, le PQ ça… », rien ne vous dérange par contre de prêter vos militants à un parti fédéraliste qui veut faire passer un pipeline avec Stephen Harper sur la seule terre qui nous appartient en ce monde, dirigé par un ancien ministre de Jean Charest qui a invité les Québécois à la dernière élection à voter pour Philippe Couillard.

Québec Solidaire, ce n’est pas que vos idées ne sont pas les bonnes et que vous ne faites pas dans l’ensemble du bon travail, mais dans le contexte actuel, vous ne pouvez atteindre le pouvoir que soit en « atténuant » vos intentions ou vous alliant par miracle au PQ. Choses que les plus radicaux ne vous pardonneront jamais.

Les anarchistes en ont fait autant, peut-être même plus, sans se donner de parti…

Oubliez tous les disciples aveugles de Gabriel Nadeau-Dubois, oubliez les itinéraires qui ne se donnent pas, oubliez les excès de langage, ainsi que les confrontations bêtes et sans valeur qui jouent en boucle dans le cirque médiatique québécois.   Les grands gagnants du printemps érable furent les anarchistes, leurs idées ont pénétré par sédimentation les différents domaines de la société québécoise. On commence à penser non seulement la politique et l’économie, mais également l’éducation, la sexualité et l’information autrement.  Autrement pour vrai.  Ce fut depuis longtemps, la seule énergie régénératrice qui eu lieu au Québec.  Tout le reste n’est que « préservation des acquis », division et survivance… Enfin pour certains, il y a des lendemains qui chantent !

Pourquoi eux ? Pourquoi cette idéologie que l’on croyait morte ou incapable ? Pourquoi ce rêve insensé et inatteignable ? Car se sont les seuls qui ne jouent pas selon les règles stupides de notre système actuel qui avantagent toujours les mêmes.

Ce système est mauvais.  Non car il est mené par des gens mauvais, mais car il dévore carrément ceux qui le servent, demandez aux policiers…  Votre hypothèque, votre pension, vos RÉER, votre paradis artificiel que vous devez à une banque et que l’on pompe à même vos impôts.  Vous n’avez rien dans vos poches, dites-vous ? Mais n’importe quel enfant du tiers monde voyant vos Biens dira que vous êtes riches, alors que vous devez sûrement la chemise que vous avez sur le dos…

Nous avons d’un côté une énergie immense qui ne veut pas se contenir et qui est incapable de produire des résultats probants; de l’autre, une machine étatique amorphe, où le changement n’est plus qu’un mot vide dans la bouche d’exécrables acteurs d’opérettes ne convainquant plus personne.  Ceux qui veulent diriger le Québec devront se laisser transformer par cette énergie, ou seront condamnés à faire comme les Libéraux, c’est-à-dire la combattre.

La confrontation à déjà eu lieu, elle a éveillé les consciences, mais elle n’a rien donné de concret. La confrontation pourrait toutefois au printemps 2015, les éteindre.  C’est une vérité qui est difficile à lire, mais le Grand Soir n’arrivera probablement jamais. Si vous suivez uniquement le chemin de la protestation, du remue-ménage et de la manifestation ininterrompue, vous donnerez leurs 15 minutes de gloire à une bande d’idiots sans talent qui ne croient pas avoir eu leur dû lors du Printemps érable.

Le Bien commun passera deuxième, tous ces émules de blanquistes et de guédistes impénitents veulent leur grève sociale, et ils l’auront.  Cependant, répéter la tactique du printemps érable ne donnera rien.  Toutefois, jouer le jeu des parlementaires ne donnera rien non plus. Au projet de la confrontation, du déni de la justice et de la division, il faut répondre par un projet du peuple, par le peuple, pour le peuple.  Qu’on demande aux citoyennes et citoyens ce qu’ils veulent et que l’on trouve un « compromis naturel » sans l’aide du PLQ. Il y a mieux que cette haine intérieure qui sert que les desseins des usurpateurs du Bien commun.  L’heure n’est pas à la destruction, mais à la création.

Comprendre le Principe de la Péréquation

28 Août

Bon à chaque fois que l’on parle de la place du Québec au sein de la fédération Canadienne, y’a toujours quelqu’un qui revient à la péréquation. Disant que le Québec est une nation de profiteurs, vivant aux dépens de provinces riches.  Des gens de droite, allant même jusqu’à dire que le Québec est sur le BS et qu’il se paie des programmes de luxe sur le bras de l’Alberta…

Premièrement, les provinces riches ne paient pas de la péréquation, c’est toutes les provinces qui en payent.  C’est jusque certaines provinces n’en reçoivent pas…

Pour vous vulgariser le principe de la péréquation,  je vais vous faire une petite analogie.

10 amis décident de vider leurs poches et de mettre leurs petits changes sur la table. Ils décident ensuite de se les partager également entre eux. (J’ai mis des noms full ministère de l’Éducation, pour ne pas trop vous déstabiliser)

Noms des amis Petit change dans leurs poches Petits change après partage différence
Anita 1,25 $ 3,30 $ +2,05 $
Germaine 8,00 $ 3,30 $ -4,70 $
Ibrahim 5,10 $ 3,30 $ – 1,80 $
Carlos 3,20 $ 3,30 $ +0,10 $
Lili-Anne 2,55 $ 3,30 $ +0,75 $
Cédrix 1,35 $ 3,30 $ +1,95 $
Claudio 0,80 $ 3,30 $ +2,50 $
Yasmina 4,75 $ 3,30 $ -1,45 $
Charley 3,50 $ 3,30 $ -0,20 $
Sophia 2,50 $ 3,30 $ +0,80 $
Total 33,00 $ 33,30 $ 0,00

Ce que les plus riches donnent c’est 8,15 $ aux « plus pauvres »…   en fait, tout le monde détient la moyenne de la somme de tous le change contenu dans les poches des petits amis…

Et là vous vous dites : «  Ben là ! On vole les plus riches ! On est des osties profiteurs ! L’Alberta a raison d’être en maudit ! » Bon, cet exemple-là c’était pour vous faire comprendre le principe du partage des revenus selon une moyenne…

Dans le cas du Canada, le principe est un peu plus complexe… mais pas tant…

Tout d’abord, chacune des provinces envoie de l’Argent au fédéral par des taxes, des tarifs, des redevances et des impôts… et ça fait un gros « pot » dont le fédéral se sert pour payer tous ses programmes et tous ses services…  Habituellement, 40 % des revenus proviennent de l’Ontario et 20 % du Québec, et c’est environ 12 % chacun pour l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Sauf que par habitant, l’Ontario et le Québec se retrouvent sous la moyenne Canadienne et reçoivent donc de la Péréquation…

Car on calcule les montants de revenus fiscaux par habitant dans chacune des provinces et on le compare au montant des revenus fiscaux moyen pour chacun des Canadiens.

Si le résultat est négatif, par exemple la province x envoi 500 $ de moins par habitant en revenu fiscal que la moyenne canadienne, bien le fédéral envoie 500 $ par habitant pour cette province. Si la province x a 5 000 000 d’habitants, le fédéral envoi donc 2,5 milliards de dollars à la province x.

Déjà là, ça mets les choses en perspective… quand on regarde le montant total on se dit 2,5 milliards c’est immense ! à 500 $ par personne, divisée par 365 jours, ça revient à 1,37 $ par personne, par jour…

Pour vous donner une idée le Québec a reçu en  2013-2014 7,8 milliards de péréquation au total pour un montant équivalent 961 $ par personne… ce qui signifie que le Fédéral a  envoyé  à chaque Québécois 2,62 $ par jour…

Il faut comprendre que le Québec dans l’absolu n’a pas nécessairement besoin de cet argent et l’augmentation du montant de péréquation ne signifie pas pour autant que le Québec s’appauvrit.

Prenons encore une fois un pays fictif avec 10 provinces fictives qui comporte tout le même nombre d’habitants, pour expliquer cet autre élément de la péréquation.

Péréquation en 2014 pour pays fictif

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 550 $ 450 $
2 200 $ 550 $ 350 $
3 300 $ 550 $ 250 $
4 400 $ 550 $ 150 $
5 500 $ 550 $   50 $
6 600 $ 550 $
7 700 $ 550 $
8 800 $ 550 $
9 900 $ 550 $
10 1000 $ 550 $

Donc, imaginons maintenant  qu’il y a eu l’année suivante des difficultés économiques dans la province 10

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario A)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 460 $ 360 $
2 200 $ 460 $ 260 $
3 300 $ 460 $ 160 $
4 400 $ 460 $ 60 $
5 500 $ 460 $
6 600 $ 460 $
7 700 $ 460 $
8 800 $ 460 $
9 900 $ 460 $
10 100 $ 460 $ 360 $

Même résultat, mais baisse de la Péréquation… pour les provinces 1,2,3,4, et 5 n’en reçoit désormais plus… on pourrait croire que leur situation économique s’est améliorée, mais il n’en n’est rien…

Imaginons maintenant que toutes les provinces ont amélioré leur situation, mais qu’une l’a amélioré beaucoup plus que les autres :

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario B)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 200 $ 790 $ 590 $
2 300 $ 790 $ 490 $
3 400 $ 790 $ 390 $
4 500 $ 790 $ 290 $
5 600 $ 790 $ 190 $
6 700 $ 790 $   90 $
7 800 $ 790 $
8 900 $ 790 $
9 1000 $ 790 $
10 2500 $ 790 $

Augmentation importante de la Péréquation, malgré le fait que la situation de tous s’est améliorée, les provinces les plus pauvres ont l’air de « profiter » encore plus du système, alors qu’il n’en est rien, le montant de péréquation augmente parce qu’une province a augmenté sensiblement plus que les autres, les tirant ainsi « vers le haut »…

Alors la péréquation c’est quoi ?

La péréquation c’est une mesure statistique, recevoir de la péréquation ne signifie pas pour autant que la province est pauvre, elle envoie seulement moins de revenus fiscaux par habitant que la moyenne canadienne.

La Péréquation est une mesure pragmatique.  Elle a été mise en place pour favoriser le développement des provinces moins fortes économiquement, mais surtout pour atténuer les effets de concentration de certaines activités économiques, qui sont en fait un phénomène normal dans un État.  Par exemple, le secteur financier à Toronto fournit beaucoup d’activité économique et donc beaucoup de revenus à l’État.  Mais ce n’est pas parce que cette région a été magiquement meilleure que les autres pour recueillir une telle concentration, c’est au gré des changements économiques et des décisions des compagnies de centraliser un peu plus leurs activités… De plus, les provinces « plus pauvres » fournissent la main-d’œuvre qui ira travailler dans les provinces les plus riches qui en demandent de plus en plus…

La « fausse richesse » du Canada

Il faut comprendre que dans l’économie actuelle les certaines matières premières sont surévaluées, et les provinces qui les produisent comme l’Alberta et Terre-Neuve pour le pétrole, ou la Saskatchewan pour la potasse, vont augmenter la part des revenus fiscaux au Canada.  L’Ontario et le Québec par exemple ne sont pas pauvres, elles ont juste le « malheur » de ne pas avoir ces ressources en abondance sur leur territoire…

À vrai dire, le Canada profite de la conjoncture économique qui favorise l’exploitation de ressources énergétiques, même à fort prix.  Les taux de croissance vertigineux du continent asiatique permettent de gonfler les redevances sur le pétrole ou d’autres métaux.  Mais tout le monde semble croire que cette manne sera temporaire, ce qui pourrait mettre un train à l’exploitation coûteuse en investissement du pétrole canadien (sable bitumineux, plate-forme maritime, pétrole de schiste…)  à titre d’exemple, suite à la crise financière de 2008, l’Alberta a passé d’un surplus à un déficit, si le marché du pétrole n’avait pas repris, la situation aurait été catastrophique.

Que doit faire le Québec pour ne plus recevoir de péréquation ?

Le Québec a un certain avantage face aux autres provinces, elle ne dépend presque pas des matières premières, donc est moins fragile face à la spéculation… Si notre dette est plus grande, on peut mieux prévoir sur le long terme et mieux contrôler sa croissance…

L’Alberta ne paie pas les garderies à 7 $ avec la péréquation (on n’est pas surtaxé au Québec pour rien), mais cependant elle paie pour le manque de productivité de nos entreprises.  L’Allemagne et le Japon n’ont pas de pétrole et pourtant ce sont des superpuissances économiques. Pourquoi ? Car leurs entreprises se sont concentrées sur les produits à très haute valeur ajoutée.  Ces entreprises nécessitent des employés de qualité, formés dans un système d’éducation des plus performants, et avec un financement d’un État qui force littéralement ses entreprises à investir massivement dans la recherche et développement.

L’Économie québécoise elle, s’est rebâtie dans les années 90 en profitant du libre-échange avec les États-Unis en fabriquant des produits peu coûteux, grandement dus à un dollar canadien faible.  Lorsque le prix du pétrole a fait monter notre dollar, les entreprises québécoises offraient dorénavant des produits moins bons et plus chers… Qu’on fait les entreprises ? Elles ont cherché à améliorer leur compétitivé, c’est-à-dire baisser les salaires de leurs employés et s’arranger pour payer moins d’impôts, afin d’offrir un prix raisonnable…

Moins de salaires et moins d’impôts, entraînant alors un cycle d’appauvrissement général…  De là, la volonté des gouvernements libéraux à attirer les investissements étrangers à tout prix quitte à détruire l’environnement, des citoyens à demander de baisser leurs impôts, de réduire les programmes sociaux et le nombre de fonctionnaires, ce qui finit par engendrer une perte de revenus, ce qui nous enfonce encore plus dans le… problème…

On n’a un sérieux coup de barre à mettre dans l’économie québécoise, ça, c’est vrai.  Mais ce n’est pas en coupant qu’on va arranger les choses.  L’Austérité ce n’est qu’une nouvelle façon de pelleter le problème en avant, au lieu de l’envoyer dans la dette, on le donne au reste de la population par un manque de revenus, qui finit par grossir la même dette publique…

Afin de sauver l’avenir de tous les Québécois, il va falloir que nos entreprises (et les riches qui en profitent) fassent un effort supplémentaire, un investissement dans sa propre population par (oh arrière Satan !) le biais d’impôts et de taxes.  D’un autre côté, l’État et les syndicats devront changer leurs façons de faire… Je ne veux pas trop élaborer sur les modèles de gouvernance à adopter, mais si nous voulons être plus riches collectivement, il va falloir investir dans notre avenir, et l’argent ne tombera pas du ciel.  Il faudra tous faire des sacrifices, mais au moins ceux-ci pourront être payants à l’ensemble de la population, surtout aux moins nantis, ce qui est toujours mieux que de donner de l’argent aux riches en s’appauvrissant collectivement.

Pause de Philo Politique : GSP et Moi, même combat ! (et petit conseil à ceux qui veulent changer le monde)

17 Déc

Je prend un break mental, car si vous avez lu mes derniers billets je suis « politiquement » déprimé… Après l’euphorie du printemps érable, on retrouve un Québec pas si glorieux et je crois que j’ai tout dit ce qu’il y a dire…  Le cœur n’y est pas, ça m’a pris un mois pour poster le dernier billet… il y a encore plein de fautes et de structures de phrases poches, mais je m’en fous un peu…  Pour le livre sur la GGI, je ne sais pas, je vais sûrement le continuer à temps perdu… je vous ferai signe, si ça avance.

Je n’arrête pas, j’ai d’autres projets qui m’emballe encore plus. N’ayez crainte, je reviendrai sur ce blogue lorsque je le croirai nécessaire.

Mais je vous laisse avec ce dernier petit message :

Un peu d’espoir…

On pourra bien dire ce que l’on voudra, le Capitalisme a toutefois le mérite de s’occuper des gens maintenant, d’offrir des réponses instantanés à des besoins tout aussi instantanés.  Cela est sa grande force et aussi son pire défaut, car dans le capitalisme c’est l’avenir qui écope, tous les problèmes environnementaux sont là pour le prouver.  De plus, le besoin des individus de s’épanouir dans un monde sans barrière, où chacun peut atteindre son plein potentiel qui s’est développé avec le néo-libéralisme nous a également donner les crises financières que l’on vit actuellement.  Ce manque de vision et de volonté de se projeter vers l’avenir, nous amène à des niveaux d’endettement public et privé que l’on est incapable de soutenir, tant individuellement que collectivement.   De l’autre côté, on retrouve un projet absolu auquel on peut tout sacrifier… La Révolution ! Lorsqu’on veut implanter un projet politique utopiste, l’individu passe malheureusement deuxième. Les gens doivent se sacrifier pour la cause, cependant, la récompense ne semble jamais venir et les gens viennent à en avoir marre de ne pas combler leurs besoins, souvent les plus primaire pour des lendemains qui chantent. Après beaucoup de lendemains qui ne chantent pas, on en vient à comprendre l’astuce, on travaille pour les « guides de la Révolution » qui profitent du système autant que les vilains Bourgeois qu’ils combattent.  C’est exactement ce qui est arrivé durant l’épopée communiste, sachant qu’ils engraissaient un sale porc dans le capitalisme, mais qu’au moins ils allaient avoir un peu de récompenses, pour les gens ordinaires même si ce n’était pas beaucoup, c’était mieux que rien.

Malheureusement, les nouveaux révolutionnaires ont encore de la difficulté à accepter cet état de fait.  Si la « Révolution » ne fonctionne pas c’est parce que les anciens étaient faillibles ou que des individus mal intentionnés l’ont usurpé à leur profit.  Si les gens ordinaires ne comprennent pas, c’est la faute des Grands Médias, ils verront tous la lumière, une fois que les citoyens en auront le contrôle… S’il y a beaucoup de bon dans leurs idées, ils se détachent de la réalité autant que ceux qu’ils veulent sauver.  Leur message étant souvent orienté vers le système et non vers les gens. Mais qui va appuyer une refonte du système, s’il n’y voit aucun avantage, si sa situation reste la même… Devant la même complexité du monde, ils se créent un monde simple, où seulement la victime et l’ennemi changent.  La différence est qu’eux se sacrifient, donnent leur corps et leur âme au reste de l’humanité.  Et c’est pour ça que le monde change, car ils agissent pour le changer.  Ça l’aire bête comme ça, mais y’a pas plus vrai…

Malgré tout, l’idéologie a ses limites et lorsqu’on frappe un moment où sa construction du monde ne tient plus, qu’on rencontre une contradiction dans notre système de pensée,  deux choix alors s’offrent à nous. Premièrement, ne pas remettre l’idéologie en question et prendre une décision qui ne peut avoir de sens que dans le groupe où l’on se retrouve et ainsi se détacher du reste du monde (comme le font les gens dans une secte). Deuxièmement, accepter la contradiction, se demander quelle est la valeur (dans le dilemme éthique) qui a le plus d’importance à nos yeux et agir en conséquence.  Habituellement, la peur de se faire rejeter par le groupe l’emporte et on en vient à des situations où l’esprit partisan va en quelque sorte laver le cerveau de citoyens apparaissant, à première vue, extrêmement intelligents.  C’est ce qui arrive dans les mouvements révolutionnaires, mais c’est aussi ce qui arrive chaque jour chez les « gens ordinaires ».  Ce ne veut pas dire que tout est relatif et que les « méchants anarchistes » n’ont pas raison de critiquer le monde dans lequel on vit…

Dans le cas de la Charte, des militants péquistes de longue date, rejettent du revers de la main les critiques de Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Gilles Duceppe, car ils seraient jaloux et misogynes.  Pourtant, leurs propos sont réfléchis, nuancés et mérites d’être pris en compte.  Que dire de l’argument que Françoise David est pour l’oppression des femmes… je ne suis pas le plus grand fan de Françoise, mais y’a bien des maudites limites à dire des niaiseries…

L’idéologie ne s’accomplit pas, elle s’impose.  C’est ce que bien des militants et des agents inactifs servant à la  perpétuation d’un système « oppressif » ont de la difficulté à comprendre. Je crois que le rêve, notre utopie, doit rester un rêve.  Je ne dis pas qu’il ne faut pas changer ce monde, mais que de sacrifier le présent pour le futur n’a jamais donné de résultats très concluants…  Ce qu’il faut imposer ce n’est pas le rêve, le projet, la finalité par l’entremise d’un groupe s’imposant à faire avancer l’histoire dans le bon sens.  Ce qu’il faut, c’est de faire en sorte que les gens voient les choses, comme nous le voyons.  Qu’ils comprennent l’analyse, c’est-à-dire le raisonnement qui a permis à en arriver à des conclusions parfois choquantes pour certains.  Une fois qu’ils verront  le monde à travers « vos lunettes », libre à eux d’accepter, de refuser ou de modifier votre vision.  C’est ainsi que les changements s’opèrent de façon durable, sinon il ne reste que la force qui ne dure jamais.

Le monde n’a pas besoin de parfait révolutionnaire ou d’héro sans peur ni reproche, de « chevalier blanc ».  Pour améliorer le sort de ses semblables, il ne faut pas adopter un style de vie, mais faire des gestes concrets en ce sens.  On peut militer dans une organisation ou un parti politique, faire du bénévolat, écrire un livre, chanter des chansons, faire des dons à des organismes, simplement aider un voisin ou un ami, mais le plus important est de se renseigner et de confronter nos idées reçues.  Se transformer totalement, ne changera pas totalement le monde. Croire que l’on est parfait ou que l’on a parfaitement raison, c’est se couper de la réalité et des gens qui pourraient réaliser nos idées.  Il faut plutôt affirmer ses failles, les assumer et annoncer malgré tout ça le projet d’améliorer le sort de ses semblables, même si le résultat peut  être imparfait. Car le résultat, même imparfait, sera toujours mieux à ce que l’on a actuellement…

SERVICES PUBLICS : VOUS N’EN AUREZ JAMAIS POUR VOTRE ARGENT

5 Oct

Avec la chute des utopies politiques, les citoyens se sont transformés en consommateurs politiques.  Les campagnes électorales en sont venues à être gérées comme des campagnes de marketing et s’est installée peu à peu dans l’esprit des gens l’idée que chaque électeur devait « en avoir pour son argent ».  Selon cet idéal, on se doit de recevoir des services équivalant à  chaque dollar envoyé au gouvernement en taxe et en impôt.  Les politiciens, faisant toujours ce qu’il faut pour être réélu, ont commencé à utiliser ce discours qui centré presque uniquement sur la classe moyenne, n’a fait que profiter aux riches.

Ce qu’il faut comprendre est que si l’on veut se payer un système d’éducation, de santé, de transport et toutes les autres choses convenables à une société postindustrielle, on doit débourser collectivement une somme assez considérable.  Pour payer cette somme, il faut nécessairement avoir un régime d’imposition comme celui que nous avons actuellement. Si on se met à couper dans les revenus de l’État, il faudra tôt ou tard couper les services pour ainsi priver la société des institutions essentielles à une économie efficace et hautement productive.  Avec le résultat désastreux, en fin de compte, de s’appauvrir petit à petit.

Les plus riches d’entre nous paient plus d’impôt, mais où voulez-vous que l’on trouve l’argent nécessaire à se donner une infrastructure collective digne du XXIe siècle? Pourtant, cette saignée ne semble pas trop les accabler, ils continuent de jouir du luxe comme le faisaient leurs prédécesseurs, tandis que les plus pauvres reçoivent immédiatement les effets d’une hausse de taxe ou de tarif.  Les plus nantis s’ils se mettent à calculer, verront automatiquement qu’ils paient en quelque sorte les services des plus pauvres, qui eux ne paient rien.  Et en même temps les gens de la classe moyenne verront eux aussi qu’ils paient pour la population inactive composée d’enfants, de vieillards ainsi que tous ces gens inaptes au travail, tels que les invalides et les gens avec des problèmes de santé mentale.  Environ 40 % des gens paient pour 60 % de la population, ce qui peut paraître injuste à première vue.  Mais le plus injuste est que de ce travail, une infime partie de possédants profite  de ses fruits.  Une chose que les riches oublient de calculer avant de voir combien l’État les vole, c’est combien eux volent sur le travail de leurs employés.  Car dans le grand calcul de toutes les sommes qui transitent entre les citoyens et l’État, les riches ne se retrouvent jamais désavantagés quelque soit le taux d’imposition.  De plus, cela fait des dizaines et des dizaines d’années que l’on coupe dans les impôts, que l’on réforme les tarifs et que l’on essaie de rendre l’État le plus efficace possible afin qu’il ne gaspille pas notre argent.  Pourtant, l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit, nos services publics sont de plus en plus mauvais et l’État, malgré toutes les mesures de bonne gouvernance, gaspille autant notre argent qu’auparavant (patronage et corruption y compris).

Les citoyens devraient arrêter de penser au niveau individuel et commencer à penser au niveau collectif.  C’est sur une base collective que s’est construite le Québec moderne.  Nous nous sommes donné des outils collectifs et c’est ainsi que la plus grande partie de la population a amélioré individuellement son sort.  Malheureusement, une fois que cette majorité de personnes a pu jouir d’une situation convenable, elle s’est mise à délaisser le domaine de la collectivité pour se concentrer que sur son individualité.  Un des problèmes avec le domaine de la collectivité est que ses effets sont indirects, personne ne peut voir explicitement les gains sur son investissement.  De là, également les critiques des contribuables qui plaident qu’ils en ont pas assez avec pour leur argent.

Il est normal que l’on ne vive pas au-dessus de nos moyens, mais il faut de demander en tant que société quels pourraient être nos moyens.  Car sans les institutions nécessaires à produire plus de richesse, on ne peut qu’atteindre une lente chute que personne ne veut voir survenir.  Il faut comprendre qu’investir socialement rapporte.  Laisser une partie des services sociaux au privé, dans la vision où il faut réduire l’offre de service de l’État, ne peut qu’engendrer une hausse des frais de ces mêmes services.  Lorsqu’on parle de vivre selon nos moyens et d’offrir les services que l’on peut se payer, ce que l’on veut dire implicitement est plutôt quels services les contribuables veulent offrir aux pauvres. Les plus riches auront toujours les moyens de s’en offrir au privé qui s’assurera de faire croire à leur client qu’ils en auront pour leur argent.

Désolé à tous les partisans du privé, mais vous avez beau chialer contre le service déplorable des institutions publiques, je vous mets au défi de trouver un service à la clientèle potable dans une de nos grandes compagnies.  Vous verrez que le client ordinaire est tout aussi dépourvu que le simple citoyen.  Que ce soit dans le secteur public ou privé, la gestion calquée sur celle des grandes multinationales nous a légué à tous un service des plus inadéquats (pour ne pas dire merdiques).

De toute façon, voulez-vous me faire le lien entre les dogmes de la gestion privée et le fait d’en avoir pour son argent, lorsque le fondement même de notre système économique est de ne pas en avoir pour notre argent. En effet, le consommateur paie à chaque fois trop cher pour un bien ou un service pour que l’on génére des profits.  Et si le consommateur paie moins cher un produit que son prix réel, c’est que l’État subventionne le manque à gagner aux producteurs.  Ce qui équivaut finalement, qu’il se fait indirectement avoir.

La dégénérescence du secteur public n’est pas due principalement à une mauvaise gestion de nos impôts, même si elle peut exister à des degrés divers, mais à l’inclusion dans la gestion institutionnelle des principes du libéralisme économique résultant que l’on  en vient à croire que l’on paie trop pour ce que l’on a.  Insérez ensuite une rationalisation des services publics et on aperçoit la destruction des structures nécessaires à l’amélioration de notre condition sociale.  Si vous voulez des services adéquats, il faudra arrêter de voter pour des chefs qui agissent comme des dirigeants d’entreprise et commencer à demander un véritable gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple.

Nous avons besoin d’une nouvelle Élite

30 Sep

Notre propension à la démocratie et à l’égalitarisme social semble à première vue une bonne chose.  Nous nous employons à écouter notre conscience, à laisser court  à notre recherche de l’épanouissement personnel pour devenir des individus uniques, détachés de toute allégeance… des esprits libres.  Mais sommes-nous réellement libres ? L’individualisme nous amène-t-il au pinacle du libre arbitre ou nous isole-t-il davantage des opportunités pouvant réellement améliorer notre sort ?

Les élites n’ont plus la cote, on s’en méfie de plus en plus.  La mobilisation semble dorénavant être le domaine des démagogues et des gueulards de tout acabit, le bon peuple sortant dans la rue pour des causes futiles trop souvent liées à des intérêts économiques.  Il reste une élite, mais son apport à la société est minime et son influence se fait presque entièrement au niveau économique.  Le progrès semble se résumer uniquement qu’au simple accroissement du PIB et tout ce qui faisait autrefois la grandeur des peuples est réduit à une marchandise.  Atteindre l’excellence dans plusieurs domaines n’est aucunement encourager.  Comment alors expliquer le désenchantement envers l’excellence dans ce monde où l’on réclame de « briller parmi les meilleurs », mais où on ne fait que s’enfoncer dans le marais de la médiocrité.

Jamais l’individu ne fut autant libre de ses choix et pourtant ils semblent le reflet d’un abrutissement général.  Notre révolte contre l’autorité en était-elle vraiment une ?  La perte de confiance envers le pouvoir nous éloigne du seul véritable outil pouvant améliorer nos conditions.  En être désabusé ne peut qu’entraîner la lente détérioration de la vie publique que nous vivons actuellement.  Au Québec, l’Élite était principalement composée par le clergé catholique. S’il s’appliquait avec zèle à contrôler les mœurs de ses ouailles, il avait toutefois institué au sein de la société canadienne-française un sens de la solidarité et de partage. Le pauvre devait être secouru, celui qui se privait pour les autres était louangé.   Après la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle classe technocratique a pris de l’ampleur.  Leur rôle était d’améliorer la vie des gens ordinaires.  Malgré tous les défauts que l’on pouvait donner à cette bureaucratie, ceux-ci travaillaient néanmoins pour le bien commun, leurs salaires quoiqu’on en dit n’étaient pas des plus faramineux et ils possédaient une éthique du service public qui fut malheureusement remplacé par les cibles de performance.  Avec la Révolution tranquille, l’Église va laisser la place à l’État, mais aussi à une nouvelle force montante, les syndicats.  Si eux aussi avaient leurs défauts, ils contribuèrent au partage de la richesse et éveillaient les consciences sociales.  Le pauvre ne devant plus se soumettre et dorénavant combattre les inégalités sociales en plus d’imposer les réformes nécessaires au Bien commun.

Depuis toujours on avait donné à certains le rôle de créer un système profitable au plus grand nombre de personnes possibles. Et pourtant, au début du XXIe siècle tout cela semble s’être évaporé… Malgré tout ce que l’on peut croire aujourd’hui, les politiciens étaient tout aussi corrompus dans le passé, pourtant on les adulait. Le peuple, sur lequel se base la souveraineté populaire, en est réduit au plus petit dénominateur commun.  Nous donnant une vie démocratique quasiment éteinte. Nous sommes dorénavant sous le règne de l’intérêt personnel et des désirs inassouvis.  On voit tout comportement élitiste d’un mauvais œil au point où avoir un vocabulaire convenable équivaut à se prendre pour quelqu’un d’autre.

 Il faut savoir qu’au même moment où les nouvelles élites étatiques prenaient la place des élites traditionnelles, une nouvelle classe dominante était déjà en gestation.  Celle-ci composée d’hommes d’affaires, de psychologues et de penseurs combattaient pour plein de raisons fort différentes les « veilles élites » afin de libérer les individus pour qu’ils atteignent leur plein potentiel.  En bref, ceux-ci disaient que vous seul savez ce qui est bon pour vous, n’écoutez que vous-même et faites ce que vous voulez.

Au début si l’explosion de la contre-culture à ouvert les yeux des gens sur les contradictions des sociétés occidentales durant la période des trente glorieuses, l’effet s’est amenuisé suite à l’échec de ce nouveau mouvement culturel.  Il faut comprendre que dans ces fondements même cette contestation ne voulait pas être organisée et chacun affrontait le système de la façon qui lui convenait. La contestation allait prendre un tournant surprenant, les révolutionnaires abandonnant le projet de refonte de la société pour se concentrer sur une réforme de leur individualité.  Si les individus devenaient plus difficiles à définir, ils allaient devenir paradoxalement plus faciles à contrôler. Le refus de s’associer à un groupe, telle une classe sociale, une religion ou à une nation tend à désunir les individus. L’État n’a ensuite que le devoir de répondre à certains de leurs besoins afin de les rassurer et pour qu’ils se sentent des plus confortable.

Le style de vie l’a désormais emporté sur la solidarité sociale.  Dans les communautés basées sur les styles de vie, les personnes sont liées bien plus par des habitudes de consommation qu’autre chose.  Les gens sont bien plus aujourd’hui définis par leur habillement, leurs habitudes alimentaires ou leur musique et émission de télévision préférée qu’ils peuvent l’être par leur attachement à leur nation ou même leur propre famille.  Des gens supposément libres de devenir ce qu’ils veulent peuvent toutefois reconnaître leurs semblables dans la rue. Dans ce Nouveau Monde, les publicitaires et les relationnistes sont les nouveaux guides suprêmes.  Ceux-ci n’ont aucunement intérêt à ce que la masse s’élève et se mettent à avoir une pensée critique très développée. Et même si quelques-uns dans cette masse imbécile parvenaient à s’élever, on tâcherait vite de lui créer un univers où les habitudes sont tout aussi bien régulées que dans tout autre style de vie. Il pourra vivre avec ses semblables leurs destins de génies incompris partageant la crainte que ces hordes d’abrutis puissent un jour les atteindre.  Que les gens ordinaires restent tranquilles, ont pourront regarder leur émission de télévision sans se faire déranger par un intellectuel emmerdant.

Le cynisme de la population envers les dirigeants politiques est plutôt une peur de se mettre au-dessus des autres.  L’individualisme a eu ses bienfaits, les actions n’étaient plus contrôlées par une pognée de personnes qui ne comprenaient pas la réalité ce ceux qu’ils administraient.  Pourtant, cette soif de s’émanciper les uns des autres a eu l’effet néfaste de jeter tout le blâme sur les dirigeants.  Pour se libérer des élites, il fallut les démoniser, en faire des profiteurs et des déviants de toute sorte.  Une fois que l’image s’est implantée dans la tête des gens, qui veut alors devenir un chef ? Malheureusement pour nous, tous ceux faisant autorité dans leur domaine sont devenus suspects pour la populace qui s’est mise à écouter ceux qui juraient que leur situation de dominé était la meilleure qui soit.

Voyez ensuite ce qui est arrivé à la culture d’élite : la littérature, la musique, le théâtre, la philosophie et la recherche fondamentale sont devenus des secteurs non productifs, coûteux et non essentiel à l’enrichissement d’une nation.  Ce qui est étrange est que plus on a coupé dans ces secteurs, plus l’écart entre les riches et les pauvres s’est agrandi…

Par le discours de haine envers les élites, les possédants ont en fait renforcé leur pouvoir sur notre société. En présentant cette culture d’élite comme étant dépassée, ridicule et déconnecté.  Par ce stratagème, ils allaient inscrire dans l’esprit de la population le désir de ne jamais vouloir prendre leur place.  Ceux qui voulaient encore avoir un lien véritable avec le « vrai monde » en venaient à être abandonnés par ceux qu’ils défendaient.  De plus, pourquoi se rebeller contre quelqu’un qui semble faire comme nous.  Dans ce vaste espace public, tout le monde est désormais un épais sans aucun esprit critique.  Les grandes œuvres se font cachées à l’abri des regards et dans l’indifférence la plus totale.

Dans ce monde de rentabilité et d’efficacité tout individu est désormais hyper spécialisé, et dans cette tyrannie de la compétence pourquoi alors lire des livres ou jouer de la musique, il ne faut qu’être bon dans ce qu’on attend de nous.  Idem pour nos bons dirigeants, ils ne doivent qu’administrer et faire de l’argent, tout le reste est une perte de temps.  Néanmoins, ceux-ci manquent cruellement de ce qu’il faut pour faire de l’argent : l’imagination, la créativité, la dissidence. Les grandes innovations viennent d’une rupture avec les conventions établies.  Là où tous peuvent aller où ils veulent, rien n’est plus rigide; rien n’est plus proscrit que d’aller à l’encontre de ses pairs.

Ce n’est pas un individu totalement libre que nous avons aujourd’hui, mais un individu extrêmement seul.  Cette soif de devenir ce que nous sommes a pris un tournant malheureux.  Car il ne faut pas maintenant que s’accomplir, il faut que les autres le reconnaissent pour ce cet accomplissement ai une réelle valeur. La reconnaissance témoignant toujours de l’accomplissement, les gens en vienne qu’à rechercher cette reconnaissance. Paraître beau, bien et bon aux autres, se faire aduler, tel est maintenant le but à atteindre et plus besoin d’avoir une bonne raison au préalable.  Même cela le marché l’a compris. L’industrie du divertissement s’est empressée de créer une multitude de plateformes pour une infime fraction de la population devenue célèbre et faisant rêver l’immense majorité des gens qui croit que cela leur est accessible.

Lorsque des intellectuels se plaignent, ce qu’ils réclament pour la plupart c’est de la reconnaissance au niveau personnel et non pas de leur travail.  Comme tous, ils veulent être célèbre, leur cri du cœur est le même que celui de la nunuche à occupation double qui va se faire un douchebag pour rester une semaine de plus dans sa belle aventure télévisuelle.

Sérieusement, rendre notre monde meilleur n’est pas une sinécure et cela ne l’a jamais été. Vouloir améliorer le monde va toujours rencontrer d’énormes difficultés.  Ce qu’il faut comprendre est que même dans les systèmes extrêmement pourri et opprimant, beaucoup de gens ont une position privilégiée face aux autres et ils ne veulent pas la perdre.  Un système achète toujours ses appuis. Alors demandé à ceux à qui nous voulons enlever leurs petits privilèges de nous porter attention et même de nous aimer, il s’agit là d’un rêve inatteignable.

Chaque groupe doit avoir une Élite, mais elle doit être au service du groupe et non le contraire.  Pour se faire, le service public doit être revalorisé, non pas par des incitatifs financiers, mais par la mise en place d’un plan de formation d’une telle élite.  Il faut créer un groupe qui dépasse les structures mises en place.  L’apprentissage par compétence est excellent pour former des employés, mais l’est moins pour guider une nation.   Que l’on donne à tous la chance d’atteindre les privilèges des plus hautes fonctions.  Que l’on efforce d’éduquer chaque enfant au Québec comme s’il était un enfant de riche et vous verrez jaillir plus de talents qu’il n’en faut pour enfin briller parmi les meilleurs. Nous ne gagnons rien à rester sur place, à se contenter de ce que l’on a et d’apprendre seulement ce qui est utile.  De là toute l’utilité de l’association de la part du peuple. L’organisation politique est le meilleur remède pour l’apathie ambiante. Il ne faut pas attendre que quelqu’un nous donne notre place, il faut aller la chercher.  La vigilance doit commencer quelque part, si les dirigeants savent qu’ils sont fortement surveillés et que la population s’intéresse réellement à leur travail, ils auront tout intérêt que ce que celui-ci soit le mieux fait possible.  Et ce, sans augmentation de salaire ou de bonus à la fin  de l’année fiscale.

L’État et la Misère

7 Sep

S’il y a un débat qui ronge notre société, c’est bien celui de la place de l’État dans notre société.  Au Québec, les camps sont bien défini et les arguments sont à peu près les mêmes.  D’un côté, il y a les lucides que l’on qualifie de néo-libéral.  Leur point de vue est assez simple, on n’a pas assez d’argent, on aura encore moins d’argent dans le futur, on a trop de dettes, il nous faut plus d’argent pour arranger tout cela, donc nous devons faire appel au privé pour pouvoir offrir des services adéquats à la population.  De l’autre on retrouve les solidaires qui se disent altermondialiste, environnementalistes et féministes (au fond ce sont des socialistes qui n’osent plus dire qu’ils sont socialistes).  Leur point de vue est le suivant, depuis le virage néo-libéral et la fin de l’État providence, l’écart entre les riches et les pauvres ne fait que s’agrandir, la situation des moins nantis ne s’est jamais améliorée et les services publics ne font que se dégrader.  Il faut que les riches paient leurs justes part et augmenter les impôts pour que les services publics soient de première qualité.  Tout se résume alors, à plus d’État ou moins d’État.

Je crois tout de même que ce n’est pas là qu’il faut regarder.  La place de l’État, n’est qu’une question secondaire à mes yeux.  Dans ce cas-ci, je crois que l’on a mélangé quantité avec qualité.  L’État est supposé être le reflet des aspirations collectives d’une population.  C’est-à-dire qu’une nation assemblée en corps délibératif va établir des institutions vouées à son bien-être collectif.  Ceci est toutefois de la théorie politique.  Ce que cela veut dire en terme pratique est que l’État ou toute institution publique ne doit pas être étrangère aux gens qu’elle est supposée servir.  En  fait, l’État doit servir la population et non le contraire.
L’accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres est un fait admis par bon nombre de chercheurs s’expliquant entre autres par l’appauvrissement de la classe moyenne. Les longues années du règne néo-libéral, si elles ont pu enrichir les nations, elles n’ont pu enrichir la majeure partie de la population au niveau individuel.  L’écart entre le riche et le pauvre est un mal qui est de toutes les époques, loin de moi d’avoir la prétention de pouvoir l’éradiquer.  Ce qui me consterne, c’est plutôt le manque total d’empathie de la population envers les problèmes d’autrui, surtout en ce qui concerne les personnes les plus démunies de notre société. Nous en sommes arrivés à une banalisation de la misère humaine.

Si la charité Chrétienne avait ses défauts, on imposait toutefois un lien entre celui qui possédait et celui qui ne possédait pas.  On insérait, souvent par culpabilité, une pensée envers ceux qui avait moins de chance que nous.  Au Québec, la Révolution tranquille en fait en sorte que les services sociaux ont passé des mains de l’Église à celui de l’État.  Si les idées et les services étaient plus progressistes (et souvent plus efficaces),  l’État, en nouveau maître de la société, venait interférer entre les individus. Il déclara ensuite, par souci d’équité et d’efficacité, qu’il fallait laisser cela aux gens compétents.  Petit à petit, les gens ce sont mis à croire que le système fonctionnerait tout seul. La philanthropie n’est pas tout, mais tant et aussi longtemps que la collectivité ne prendra pas charge de ses propres problèmes, ils existeront toujours

L’État est passé maître dans l’art de contrôler, surveiller, normalisé, punir, d’inspecter, mais pour rendre les humains plus humains, ça jamais.  La bureaucratisation fait en sorte, à la longue, que personne n’a de compte à ne rendre à personne, que la responsabilité individuelle devient diluée dans un système plus important que la somme de ses employés mis en commun.  Malgré cela, avec tous les différents programmes qu’il met de l’avant, l’État contrôle tous les aspects ou presque des moins bien nantis.  Il le paye, le loge, le surveille, le catégorise, le soigne, l’éduque, pourtant il est incapable de le sortir de la misère.  L’État ne le sauve pas, il le gère dans une froide logique de réduction des méfaits. Pire encore, un arbre, un marécage ou un édifice historique vaut plus qu’un jeune qui se retrouve dans la rue après une série incessante d’abus.

D’autres vous diront alors qu’il faut se tourner vers le communautaire.  Je ne veux pas déplaire à personne, mais les groupes communautaires sont souvent des initiatives prisent par un groupe et non par une assemblée de citoyens représentative d’un milieu. Le nom « communautaires » viens plutôt de
la clientèle visée, les communautés et dans la majorité des cas, les communautés pauvres.  Les gens des groupes communautaires mettent sur pied des services qu’ils croient que l’État aurait dû prendre, et souvent ils survivent grâce aux secours de subventions. Ce sont en quelques sortes des groupes de
pressions faisant de la sous-traitance pour l’État.  On se demande alors ce qui est le plus important, la clientèle ou la cause ? Les communautés peuvent alors devenir otage de ces groupes.  La bureaucratie si elle froide et inhumaine, elle ne fait aucune politique, tandis que les groupes communautaires ont souvent des griefs contre le pouvoir en place. C’est à se demander si dans certains cas, il ne faut pas être converti pour avoir accès aux services qui devrait nous être fournis sans distinction, de par notre
statut de citoyen.

L’entraide doit devenir un désir collectif, c’est-à-dire partagé et géré par une collectivité.  Ce n’est en aucun cas un outil politique, un acte de pouvoir sert habituellement celui qui le commet. Que nos intention soient bonnes ou non, une situation si grave que la pauvreté, ne se règlera pas tant et aussi longtemps que la population ne partagera le désir d’apporter une solution au problème.