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Critique constructive du Multiculturalisme politiquement correct

16 Mai

Le multiculturalisme est devenu l’idéologie dominante dans les sociétés occidentales, il est en quelque sorte l’application politique du « politiquement correct ». C’est à dire, un régime doux et caressant visant à ne heurter personne.  Auparavant, le Multiculturalisme était plus un constat sociologique qu’une politique initiée par les Élites. Et ne vous trompez pas, je suis totalement d’accord avec le Multiculturalisme lorsqu’on réfère à lui dans le sens de « Pluralisme », la société pluraliste c’est bon pour la démocratie.  Cependant, le Multiculturalisme a intégré peu à peu les préceptes du politiquement correct, lui enlevant du même coup toute son essence réformatrice.  Dans le contexte actuel, le Multiculturalisme est devenu le gardien du statu quo sous un masque de progressisme.

On voit deux chemins pris par les États lors des vingt dernières années, le premier est un capitalisme autoritaire concentré uniquement sur la croissance économique et où les droits fondamentaux n’ont plus une grande valeur.  L’autre voie est celle du multiculturalisme, on impose un contrôle de la population sous couvert du respect de l’intégrité des plus vulnérables, toujours en fonction des droits, en oubliant trop souvent la situation socioéconomique des individus.

C’est un peu ce que la « culture du politiquement correct » essaie de gommer, souvent très maladroitement. En bref, elle essaie de ne heurter personne dans un régime où l’on ne peut plaire à tout le monde. Car ce n’est pas les gens insatisfaits qui manquent… Au-delà des « accommodements », il existe une source de tensions bien plus grave,  les inégalités sociales. Inconsciemment ou non, on essai d’éviter cette question dans les lieux officiels du pouvoir, en essayant de faire croire à tout le monde que « tout va bien », « tout le monde il est fin », « tout le monde il est gentil »… baliverne !

C’est alors que provient une critique assez virulente du polititcly correct, face à cette culture politique artificielle, on se met à frapper sur des commandements tout aussi artificiels. Le problème ce n’est pas les minorités qu’on nous « force » à aimer, mais plutôt le fait qu’on nous force à aimer ses minorités.  On met alors les véritables laissés pour compte dans un cercle vicieux duquel ils ne peuvent se sortir, s’ils attaquent les minorités que l’État libéral et démocratique défend, ils sont des racistes, des fascistes, des réactionnaires, des monstres; et s’ils sont du côté de l’État, ils se voilent les yeux sur « les causes de leur misère »…

Ne soyons pas hypocrites, je n’ai pas d’amis noirs, musulmans, autochtones, transgenres, homosexuels ou handicapés. Et vous savez quoi ? Ça ne change rien. Je peux me foutre mon prochain comme je le veux, mais je ne peux pas atteindre aux droits de mes concitoyens. Mais les humains resteront des humains, ils veulent toujours laisser leur indignation glissée vers l’irrationnel. Si un régime démocratique pour être vraiment démocratique doit favoriser le conflit, donc l’indignation, cette indignation doit être responsable.  L’indignation et la colère sont une bonne chose en démocratie, mais sans rationalité, elle se transforme en violence.

Oui, le fanatisme religieux est mauvais pour la démocratie, mais opprimer la liberté de conscience l’est tout autant. T’as le droit de croire en l’astrologie, mais j’ai le droit de te dire que ce n’est que de la superstition. Si tu ne veux pas louer ton logement à des noirs, l’État a le droit d’intervenir.  T’as le droit d’écrire des commentaires haineux sur Facebook ou en dessous d’un article du Journal de Montréal , mais on a le droit d’enquêter sur toi, car tu es une menace à la démocratie. Tu as le droit de manifester, de bloquer le trafic, de même le faire masqué si tu veux et même de botter le bumper d’un char qui s’approche trop près de toi, mais tu n’as pas le droit de brûler un poste de police ou de mettre une bombe dans le Métro.

Est-ce si grave que certains ne veulent pas s’intégrer à un niveau que tu trouves satisfaisant ?  Oui, les juifs hassidiques ne veulent pas se mélanger aux autres et apprendre le français, reviens-en ! Dalida Awada te fait chier avec son voile, deal avec !

Tu ne peux pas forcer quelqu’un à s’intégrer. Tout ce que tu peux, c’est les forcer à respecter les lois. En démocratie, les gens peuvent faire ce qu’ils veulent tant et aussi longtemps qu’ils ne portent pas atteinte à tes droits fondamentaux.  Si l’on n’atteint pas ton intégrité physique ou morale, tu ne peux rien faire.

Nous n’avons pas vraiment besoin d’un régime de citoyenneté venu « du haut » pour s’accepter et se tolérer. Comme on a pu le voir par exemple lors du printemps Érable, dans un mouvement politique si « tu veux te battre avec moi, tu mon frère/ma soeur », c’est tout ce qui compte.  L’accroissement de la démocratie au sein de nos institutions politiques, de nos lieux de travail ou d’enseignement ferait à lui seul un travail d’inclusion, mais les Élites n’en veulent pas.  Pour eux, il faut une belle histoire attendrissante pour tenir les gens tranquilles.

Ce qu’il manque dans nos démocraties ce n’est pas de la tolérance ou de l’acceptation, mais bien du conflit.  Toute identité par ses critères d’adhésion, va créer de l’exclusion.  On peut créer des identités plus ouvertes que d’autres,  on ne peut pas toutefois créer des identités totalement ouvertes. C’est malheureux, mais c’est la vie…

Jamais la démocratie n’ordonne d’accepter les gens tels qu’ils sont, elle ordonne de respecter leurs droits (nuance, fuckin’ grosse nuance !).  Car, en démocratie toucher aux droits fondamentaux d’un citoyen, c’est toucher aux droits de tous les citoyens. Dès qu’une personne voit ses droits réduits, l’ensemble devient moins libéral, moins démocratique, et petit à petit, on se rend compte que si tous les humains sont égaux, certains le sont plus que d’autres…

 

Avez-vous pensé, avant d’être… Charlie

19 Jan

Bon je ne vais pas vous parler de Charlie Hebdo, mais plutôt de la réaction que la grande majorité d’entre vous a eue face à ce triste événement.  À chaque fois que quelque chose en ce genre ce produit, je suis toujours surpris par l’ampleur de la mobilisation sur les réseaux sociaux et la facilité avec laquelle un nombre important de gens intelligents s’y joint sans trop y réfléchir.

Ces mobilisations virtuelles sont grandes, car elles sont, d’une part, faciles; mais aussi, car elles répondent à un besoin émotionnel. Ce qui construit en quelque sorte des communautés d’émotion, permettant de partager le sentiment qui nous monte à la gorge lorsqu’auparavant nous regardions seuls la télévision. À cette émotion trop forte devant les événements qui dépassent notre compréhension, amène le désir d’avoir une réponse, le plus rapidement possible. Bon ou mauvais, cela importe peu, pour autant qu’elle puisse nous apaiser.

Dorénavant, la réponse et l’action sont instantanées, en plus d’être entremêlées dans l’émotion.  Tout s’accélère et il faut presque aussi instantanément prendre position, on embarque dans le mouvement ou on le regarde passer.  Une réponse hâtive provient d’une réflexion bâclée. Mais malheureusement, nous possédons un innombrable troupeau de démagogues qui ne savent que cela, dans notre merveilleux monde médiatique.

Ce besoin émotif pour une réponse hâtive génère-t-il aussi des émotions, créant un cercle de dépendance, à ces réponses qui ne font que nous rassurer dans notre vision du monde, au lieu de la confronter.  Et comment nous rassure-t-on ? En nous faisant passer pour la victime.  C’est ça le langage de la déraison.  Tout le monde (moi y compris), se réfugie au fond de lui-même avec cette pensée : « je n’ai rien à me reprocher, j’aime ce que je fais et je veux continuer de le faire ».  C’est cette voix qui nous force à agir sans penser aux autres.  Cette même voix que l’on apprend à taire, car elle ne fait que blesser les gens autour de nous. Par contre, la victime peut tout faire au nom de la Justice.  Si par exemple, des étrangers voulaient nous envahir et nous imposer leurs valeurs, nous aurions tous les droits du monde à répondre à cette menace.  N’importe quelle étude sur cette question vous démontrera que cette perception est fausse, ou extrêmement exagérée.  Cependant, ce besoin « d’être une victime » devient plus fort que tout.

Ceux qui prennent alors le devant de la scène sont ceux qui perpétuent l’irraisonnable, le problème, c’est les autres.  Et on entre alors dans l’âge des extrêmes, mais ce qui est triste est que si auparavant, tout cela venait d’un chef, d’un État ou d’un parti tout-puissant qui contrôlait les masses, maintenant les groupes les plus extrémistes ne font que répondre aux besoins de sa base.  Nous avons dorénavant des mouvements sans direction, sans chef, qui semblent être portés par eux-mêmes où s’agencent des gens qui ne veulent pas penser, mais qui se sentent obligés d’avoir une opinion.  On peut être dépassé par un événement, on peut prendre le temps de réfléchir, on peut décider de vouloir en savoir plus sur le sujet.

C’est là que le marché s’arrête, là où commence le domaine des « intellectuels » et même celui-là devient englouti dans la chasse aux nombres de « clics » et de « followers ».  Le libre marché donne accès à des idées, mais la plupart de celles-ci sont malheureusement sans valeur, elles ne font que perpétuer le culte du faux prophète qui se donne une position en disant aux autres quoi penser.

Aurait-on affiché « je suis Charlie », il y a 10, 15 ou 20 ans ?  Le cri de ralliement d’un si grand mouvement collectif, aurait-il été si individualiste ? « Je suis », à la compassion on a substitué l’identification à la victime.  Au lieu de faire état de la situation et chercher des solutions durables, on veut être assassiné froidement pour avoir déconné un peu trop avec des dessins… Pourquoi vouloir s’enduire du sang encore chaud des employés d’un journal controversé, alors que vous n’avez rien fait de tel lorsque Breivik a assassiné une soixantaine de jeunes militants d’un parti de gauche ?

On pense par effet d’entrainement.   Lorsque le mouvement démarre, il est difficile de l’arrêter, et la mécanique des réseaux sociaux est encore difficile à cerner.  Pourtant, entre deux attentats l’un commis par un cinglé extrême-droite et l’autre un extrémiste musulman, on tend qu’à s’agiter collectivement qu’au dernier… Comme si l’on savait qu’il vaut mieux ne pas trop en faire lorsque le réactionnaire blanc en colère dépasse la limite, mais que tout est permis lorsque le musulman fait exactement le même geste.  Savons-nous en nous même que les terroristes d’Al-Qaida ne sont pas vraiment une menace, pendant que les disciples de l’ordre, de la race et de l’argent nous tiennent déjà par la gorge ?

Je ne vous condamne pas d’avoir suivi le mouvement, mais en le faisait vous avez intégré un discours, des idées que vous allez sûrement défendre dans les mois ou les années qui suivent, jusqu’au jour où un autre événement du genre vous donnera un nouveau programme idéologique qui pourrait même contredire celui que vous avez décidé de défendre aujourd’hui.  Les émotions que génèrent ces mouvements paraissent désormais plus fortes que celles engendrées par la consommation.  Pourtant, l’individu s’il se révolte, s’il agit pour un monde meilleur, semble inexistant.  Il n’est que dans ce message, habituellement nébuleux. À tous ceux qui lance « Je pense, donc je suis Charlie », je dirai plutôt « Je suis Charlie, car j’ai besoin de penser », car j’en suis incapable par moi-même… Et dans ce monde d’hypercommunication du Web 2.0, si tu ne penses pas, tu n’existes pas…  Mais on ne peut pas penser par soi-même, car ce monde ne fonctionne que par l’approbation des autres, de là le besoin de suivre continuellement la parade.

Ce qui est arrivé à Charlie Hebdo, c’est triste, c’est grave, mais je suppose que si on demandait à tous ceux qui ont mis un « je suis Charlie » comme photo de profil, une très grande majorité ne saurait pas quoi vous répondre… Ou du moins, elle répéterait les propos d’un chroniqueur ou d’un animateur de radio.  Nous avons raison d’être tristes, nous avons raison d’être en colère, mais on ne construit des politiques, car on est triste ou en colère.

On a besoin collectivement de prendre une petite pause, de boire une tisane et de commencer à réfléchir.  Il faut se parler calmement et analyser ce qui se passe de manière lucide.  Tout intellectuel qui se respecte a le devoir moral de ne pas répondre au chant des sirènes qu’est le jeu du web 2.0. Sinon, tu n’es qu’un faiseur d’opinions, c’est à ne dire rien.  Hier, tu étais Charlie; demain, tu seras autre chose… Au moins, tu auras plein d’amis sur Facebook, tant mieux pour toi… pauvre con !

Comprendre le Principe de la Péréquation

28 Août

Bon à chaque fois que l’on parle de la place du Québec au sein de la fédération Canadienne, y’a toujours quelqu’un qui revient à la péréquation. Disant que le Québec est une nation de profiteurs, vivant aux dépens de provinces riches.  Des gens de droite, allant même jusqu’à dire que le Québec est sur le BS et qu’il se paie des programmes de luxe sur le bras de l’Alberta…

Premièrement, les provinces riches ne paient pas de la péréquation, c’est toutes les provinces qui en payent.  C’est jusque certaines provinces n’en reçoivent pas…

Pour vous vulgariser le principe de la péréquation,  je vais vous faire une petite analogie.

10 amis décident de vider leurs poches et de mettre leurs petits changes sur la table. Ils décident ensuite de se les partager également entre eux. (J’ai mis des noms full ministère de l’Éducation, pour ne pas trop vous déstabiliser)

Noms des amis Petit change dans leurs poches Petits change après partage différence
Anita 1,25 $ 3,30 $ +2,05 $
Germaine 8,00 $ 3,30 $ -4,70 $
Ibrahim 5,10 $ 3,30 $ – 1,80 $
Carlos 3,20 $ 3,30 $ +0,10 $
Lili-Anne 2,55 $ 3,30 $ +0,75 $
Cédrix 1,35 $ 3,30 $ +1,95 $
Claudio 0,80 $ 3,30 $ +2,50 $
Yasmina 4,75 $ 3,30 $ -1,45 $
Charley 3,50 $ 3,30 $ -0,20 $
Sophia 2,50 $ 3,30 $ +0,80 $
Total 33,00 $ 33,30 $ 0,00

Ce que les plus riches donnent c’est 8,15 $ aux « plus pauvres »…   en fait, tout le monde détient la moyenne de la somme de tous le change contenu dans les poches des petits amis…

Et là vous vous dites : «  Ben là ! On vole les plus riches ! On est des osties profiteurs ! L’Alberta a raison d’être en maudit ! » Bon, cet exemple-là c’était pour vous faire comprendre le principe du partage des revenus selon une moyenne…

Dans le cas du Canada, le principe est un peu plus complexe… mais pas tant…

Tout d’abord, chacune des provinces envoie de l’Argent au fédéral par des taxes, des tarifs, des redevances et des impôts… et ça fait un gros « pot » dont le fédéral se sert pour payer tous ses programmes et tous ses services…  Habituellement, 40 % des revenus proviennent de l’Ontario et 20 % du Québec, et c’est environ 12 % chacun pour l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Sauf que par habitant, l’Ontario et le Québec se retrouvent sous la moyenne Canadienne et reçoivent donc de la Péréquation…

Car on calcule les montants de revenus fiscaux par habitant dans chacune des provinces et on le compare au montant des revenus fiscaux moyen pour chacun des Canadiens.

Si le résultat est négatif, par exemple la province x envoi 500 $ de moins par habitant en revenu fiscal que la moyenne canadienne, bien le fédéral envoie 500 $ par habitant pour cette province. Si la province x a 5 000 000 d’habitants, le fédéral envoi donc 2,5 milliards de dollars à la province x.

Déjà là, ça mets les choses en perspective… quand on regarde le montant total on se dit 2,5 milliards c’est immense ! à 500 $ par personne, divisée par 365 jours, ça revient à 1,37 $ par personne, par jour…

Pour vous donner une idée le Québec a reçu en  2013-2014 7,8 milliards de péréquation au total pour un montant équivalent 961 $ par personne… ce qui signifie que le Fédéral a  envoyé  à chaque Québécois 2,62 $ par jour…

Il faut comprendre que le Québec dans l’absolu n’a pas nécessairement besoin de cet argent et l’augmentation du montant de péréquation ne signifie pas pour autant que le Québec s’appauvrit.

Prenons encore une fois un pays fictif avec 10 provinces fictives qui comporte tout le même nombre d’habitants, pour expliquer cet autre élément de la péréquation.

Péréquation en 2014 pour pays fictif

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 550 $ 450 $
2 200 $ 550 $ 350 $
3 300 $ 550 $ 250 $
4 400 $ 550 $ 150 $
5 500 $ 550 $   50 $
6 600 $ 550 $
7 700 $ 550 $
8 800 $ 550 $
9 900 $ 550 $
10 1000 $ 550 $

Donc, imaginons maintenant  qu’il y a eu l’année suivante des difficultés économiques dans la province 10

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario A)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 460 $ 360 $
2 200 $ 460 $ 260 $
3 300 $ 460 $ 160 $
4 400 $ 460 $ 60 $
5 500 $ 460 $
6 600 $ 460 $
7 700 $ 460 $
8 800 $ 460 $
9 900 $ 460 $
10 100 $ 460 $ 360 $

Même résultat, mais baisse de la Péréquation… pour les provinces 1,2,3,4, et 5 n’en reçoit désormais plus… on pourrait croire que leur situation économique s’est améliorée, mais il n’en n’est rien…

Imaginons maintenant que toutes les provinces ont amélioré leur situation, mais qu’une l’a amélioré beaucoup plus que les autres :

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario B)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 200 $ 790 $ 590 $
2 300 $ 790 $ 490 $
3 400 $ 790 $ 390 $
4 500 $ 790 $ 290 $
5 600 $ 790 $ 190 $
6 700 $ 790 $   90 $
7 800 $ 790 $
8 900 $ 790 $
9 1000 $ 790 $
10 2500 $ 790 $

Augmentation importante de la Péréquation, malgré le fait que la situation de tous s’est améliorée, les provinces les plus pauvres ont l’air de « profiter » encore plus du système, alors qu’il n’en est rien, le montant de péréquation augmente parce qu’une province a augmenté sensiblement plus que les autres, les tirant ainsi « vers le haut »…

Alors la péréquation c’est quoi ?

La péréquation c’est une mesure statistique, recevoir de la péréquation ne signifie pas pour autant que la province est pauvre, elle envoie seulement moins de revenus fiscaux par habitant que la moyenne canadienne.

La Péréquation est une mesure pragmatique.  Elle a été mise en place pour favoriser le développement des provinces moins fortes économiquement, mais surtout pour atténuer les effets de concentration de certaines activités économiques, qui sont en fait un phénomène normal dans un État.  Par exemple, le secteur financier à Toronto fournit beaucoup d’activité économique et donc beaucoup de revenus à l’État.  Mais ce n’est pas parce que cette région a été magiquement meilleure que les autres pour recueillir une telle concentration, c’est au gré des changements économiques et des décisions des compagnies de centraliser un peu plus leurs activités… De plus, les provinces « plus pauvres » fournissent la main-d’œuvre qui ira travailler dans les provinces les plus riches qui en demandent de plus en plus…

La « fausse richesse » du Canada

Il faut comprendre que dans l’économie actuelle les certaines matières premières sont surévaluées, et les provinces qui les produisent comme l’Alberta et Terre-Neuve pour le pétrole, ou la Saskatchewan pour la potasse, vont augmenter la part des revenus fiscaux au Canada.  L’Ontario et le Québec par exemple ne sont pas pauvres, elles ont juste le « malheur » de ne pas avoir ces ressources en abondance sur leur territoire…

À vrai dire, le Canada profite de la conjoncture économique qui favorise l’exploitation de ressources énergétiques, même à fort prix.  Les taux de croissance vertigineux du continent asiatique permettent de gonfler les redevances sur le pétrole ou d’autres métaux.  Mais tout le monde semble croire que cette manne sera temporaire, ce qui pourrait mettre un train à l’exploitation coûteuse en investissement du pétrole canadien (sable bitumineux, plate-forme maritime, pétrole de schiste…)  à titre d’exemple, suite à la crise financière de 2008, l’Alberta a passé d’un surplus à un déficit, si le marché du pétrole n’avait pas repris, la situation aurait été catastrophique.

Que doit faire le Québec pour ne plus recevoir de péréquation ?

Le Québec a un certain avantage face aux autres provinces, elle ne dépend presque pas des matières premières, donc est moins fragile face à la spéculation… Si notre dette est plus grande, on peut mieux prévoir sur le long terme et mieux contrôler sa croissance…

L’Alberta ne paie pas les garderies à 7 $ avec la péréquation (on n’est pas surtaxé au Québec pour rien), mais cependant elle paie pour le manque de productivité de nos entreprises.  L’Allemagne et le Japon n’ont pas de pétrole et pourtant ce sont des superpuissances économiques. Pourquoi ? Car leurs entreprises se sont concentrées sur les produits à très haute valeur ajoutée.  Ces entreprises nécessitent des employés de qualité, formés dans un système d’éducation des plus performants, et avec un financement d’un État qui force littéralement ses entreprises à investir massivement dans la recherche et développement.

L’Économie québécoise elle, s’est rebâtie dans les années 90 en profitant du libre-échange avec les États-Unis en fabriquant des produits peu coûteux, grandement dus à un dollar canadien faible.  Lorsque le prix du pétrole a fait monter notre dollar, les entreprises québécoises offraient dorénavant des produits moins bons et plus chers… Qu’on fait les entreprises ? Elles ont cherché à améliorer leur compétitivé, c’est-à-dire baisser les salaires de leurs employés et s’arranger pour payer moins d’impôts, afin d’offrir un prix raisonnable…

Moins de salaires et moins d’impôts, entraînant alors un cycle d’appauvrissement général…  De là, la volonté des gouvernements libéraux à attirer les investissements étrangers à tout prix quitte à détruire l’environnement, des citoyens à demander de baisser leurs impôts, de réduire les programmes sociaux et le nombre de fonctionnaires, ce qui finit par engendrer une perte de revenus, ce qui nous enfonce encore plus dans le… problème…

On n’a un sérieux coup de barre à mettre dans l’économie québécoise, ça, c’est vrai.  Mais ce n’est pas en coupant qu’on va arranger les choses.  L’Austérité ce n’est qu’une nouvelle façon de pelleter le problème en avant, au lieu de l’envoyer dans la dette, on le donne au reste de la population par un manque de revenus, qui finit par grossir la même dette publique…

Afin de sauver l’avenir de tous les Québécois, il va falloir que nos entreprises (et les riches qui en profitent) fassent un effort supplémentaire, un investissement dans sa propre population par (oh arrière Satan !) le biais d’impôts et de taxes.  D’un autre côté, l’État et les syndicats devront changer leurs façons de faire… Je ne veux pas trop élaborer sur les modèles de gouvernance à adopter, mais si nous voulons être plus riches collectivement, il va falloir investir dans notre avenir, et l’argent ne tombera pas du ciel.  Il faudra tous faire des sacrifices, mais au moins ceux-ci pourront être payants à l’ensemble de la population, surtout aux moins nantis, ce qui est toujours mieux que de donner de l’argent aux riches en s’appauvrissant collectivement.

La médiatisation de la politique (Prise 2)

6 Nov

Personne ne détient totalement la Vérité.  Un bon esprit scientifique doit savoir quand il s’est trompé.

J’avais écrit un texte à l’hiver 2012.  Au printemps 2012, les événements m’ont démontré qu’il n’était pas valable.

Donc, je l’ai réécris et c’est devenu un chapitre de livre… l’ancienne version est disponible ici (si vous voulez comparer)

https://pldery.wordpress.com/2012/02/11/la-mediatisation-de-la-politique/

et voici la nouvelle :

La médiatisation de la politique

Actuellement, les médias ne forment plus le quatrième pouvoir, mais plutôt l’arène dans laquelle se fait le conflit politique.  Les trois autres (législatif, exécutif et judiciaire) doivent désormais être filtrés, pour exister significativement, au travers de celui-ci. Surtout à cause d’Internet, la démocratisation de la publication d’information n’agrandit en rien le pouvoir citoyen.  Il y a maintenant, produire gratuitement sans contrôle et produire contre rétribution sous l’œil bienveillant d’un autre.  Malheureusement, cette liberté vient avec un total désintéressement du grand public.  Ce privilège étant maintenant à la portée de tous, qu’une poignée d’individus ne voit de valeur à l’exercer. La facilité qu’a l’information de se rendre aux citoyens, ne renforce pas leur pouvoir, mais renforce au contraire celui qui la lui fournit qu’il soit le fruit du « Capital » ou d’un regroupement de citoyens. L’individu gavé plus qu’il ne le faut se demande maintenant pourquoi creuser plus profond, alors que ce qui ressemble à la vérité nous apparaît en plein visage?

Les journalistes semblent eux aussi être pris dans cette restructuration du monde médiatique, leur rôle semble aussi flou qu’au reste de la population.  Ceux-ci doivent être dorénavant multitâches et produire de plus en plus dans l’instantanéité.  Le débat politique a besoin au contraire de recul, de distance, de temps, d’une réflexion profonde sur des problèmes complexes.  Toutefois, cette complexité semble avoir disparu des médias d’information.  Croyez-vous qu’ils sont un rapport exhaustif de faits vérifiés, lorsqu’il est maintenant devenu possible de commenter un drame national en 140 caractères, seulement 30 secondes après qu’il soit survenu?

Ce besoin boulimique qu’ont les médias de produire trop de contenu, trop rapidement, et ce, avec des ressources décroissantes, donne le beau jeu à tous ceux qui peuvent fournir du contenu d’information préfabriquée et gratuite.  Avec le renforcement du rôle des relationnistes et faiseurs d’image de tout acabit, l’intérêt public laisse place peu à peu à l’intérêt privé. Il s’agit ici d’un déplacement de l’arène politique de l’espace citoyen à la sphère médiatique.

Le simple citoyen n’a pu uniquement besoin de savoir, mais plutôt qu’on lui fasse une analyse de toutes ces nouvelles qui lui parviennent.  Les médias se donnant de plus en plus la tâche d’analyser l’actualité politique; les politiciens, eux, y voient la nécessité de s’y intégrer. Ce qui entraîne que les équipes de communication concentrée autour des chefs deviennent plus importantes et que les équipes locales qui sont autour des représentants le sont de moins en moins.  La diffusion des idées est alors dorénavant plus réduite au sein du milieu politique et plus étendue parmi les citoyens.

Dans le monde des réseaux sociaux ont essai perpétuellement de se vendre sous notre meilleur jour et de détruire l’image des autres, les personnes doivent devenir leur propre relationniste.  Dans ce monde hyper médiatisé, les gens apprennent à décrypter les statuts Facebook de leurs proches, alors imaginez leur regard sur le programme électoral d’un parti politique.  Cette suspicion constante des autres mène les gens à se contrôler mutuellement.

On se livre également à une guerre d’image, car on a lié les mains des décideurs qui ne peuvent plus « acheter » leurs votes. Les valeurs et les intérêts se sont volatilisés du milieu politique au profit de la superficielle image publique.  On voit toutefois un regain des idées politiques qu’on place souvent au-dessus de la joute politique.  Les grandes idées ont la cotte tant à gauche qu’à droite, car elles font un plus grand impact sur les gens qui nous entourent.  Mais les grandes idées ont besoin des petites pour survivre. Et les petites ont besoin d’organisation et de militants actifs qui sont près à des actions qui frappent l’imaginaire.

Le retour aux grandes idées est une bonne chose, sauf que l’arène dans laquelle elles se retrouvent ne facilite aucunement leur mise en œuvre.  Auparavant, on retrouvait dans le monde politique des structures très rigides : des partis avec des objectifs très clairs et une discipline interne très forte.  Mais pour ceux qui ont toujours diffusé leurs idées et s’associent au gré des soubresauts de l’histoire, ces structures sont inadéquates.  Pourquoi se soumettre à d’autres, alors qu’ailleurs je peux m’unir et être libre tout à la fois ?  Dans l’arène médiatique, nous sommes dans le domaine du rêve, du désir, du superflu, de  l’exagération.  Le concret et la figure de style s’entremêlent à un point qu’il est devenu impossible de les délier distinctement. Où il fallait mettre son égo de côté et se sacrifier pour la cause, par exemple avec tous ces militants dociles qui composaient les partis de masses, le sacrifice est maintenant au service de cet égo qui ne cherche qu’à se démarquer des autres.

La Cause est malheureusement secondaire, car si cette dernière prime sur tout, ce sont les autres qui s’occuperont de notre image à notre place.  Défendre une cause nous amène dans l’arène médiatique, sinon cette cause n’existe pas. Le monde médiatique ayant fusionné avec la monde politique, les objecteurs de conscience et les critiques les plus acerbes du système en viennent toutefois à intégrer cette nouvelle arène assez rapidement.  Le contenu idéologique des grands partis ayant été dilué pour ensuite  se fractionner, la différence entre ceux-ci et les autres acteurs de la société civile n’est plus très grande.

L’arrivée de l’informatique nous a permis de tout quantifier jusqu’au déraisonnable. En sachant tous les paramètres d’une personne, elle n’avait plus besoin d’être dirigée, c’est ça la liberté des libertariens. Par ce stratagème l’individu en vient à être l’esclave du programme, d’une machine qui n’a pas d’opérateur, auquel tous supposément apportent quelque chose.

Par une série de chiffres, on peut établir des objectifs, des cibles, quantifier les progrès d’un individu dans l’atteinte de ses objectifs.  Rien n’allait plus être laissé au hasard, le marché détermine une cible et la créativité individuelle s’occupe de l’atteindre.  Les expérimentations sociales seraient désormais obsolètes, mais les gens en ont décidé autrement.  Avant l’explosion des Réseaux sociaux, les contenus appartenaient à d’autres et allaient servir à la consolidation d’empires de l’opinion publique où l’informatique n’est plus qu’un vulgaire outil de marketing.

Pour les plus vieux, le pouvoir d’exprimer automatiquement son opinion est amplement suffisant.  Le Marché lui donnant une liberté qu’ils n’avaient pas auparavant, ils n’ont pas le désir de transformer le monde qu’il l’entoure.  Pour les plus jeunes, ce pouvoir lui est inné, c’est un moyen politique au même titre que les autres, et non un privilège accordé par une bienveillante compagnie.  Il est alors normal qu’ils expriment leurs opinions, mais aussi qu’ils agissent en conséquence.

Le conflit était avant tout médiatique, car l’arène politique est dorénavant devenue médiatique, où les « empires traditionnels » affrontent les masses des réseaux sociaux.  Les compétences de nouveaux générateurs d’informations dépassent largement ceux des journalistes, désormais confinés à naviguer dans l’urgence. Un article imprimé générant 100 commentaires, les carrés rouges ont eu l’avantage par leurs connaissances et leurs nombres, constituant en quelque sorte une encyclopédie vivante.

Les compétences ou les « savoirs-êtres » en communication politique des carrés rouges démontrent l’importance des connaissances et des savoirs, mais aussi de leur application dans le débat public.  La « Réforme Marois » servait principalement à amener des travailleurs compétents sur le Marché du travail, elle a amené plutôt des agitateurs qui savent remettre le monde en question et aller chercher l’information pour le faire.

La richesse « par le travail » n’aura plus l’importance qu’elle a eue durant les belles années du néolibéralisme. L’image de la superficialité en prend un coup, on veut maintenant des gens avec du contenu ou qui ont l’air d’en avoir, sans pour autant enlever au contenant.  Des gens qui ont la capacité de dire des choses et de vendre les choses qu’ils disent sont peu à peu apparus dans le paysage politico-médiatique, ce sont les influenceurs.  Ils sont à un ou deux degrés supérieurs aux chroniqueurs des médias traditionnels, car en ont les capacités et la liberté de faire la Nouvelle.  Dans ce vaste univers infini des médias, les gens informés voient habituellement d’un mauvais œil les analyses préparées, à leurs yeux, sous le regard bienveillant des intérêts financiers.  Ne pas faire d’argent pour ce que l’on dit, ou ne pas sembler en faire paraît être la nouvelle norme d’une authenticité qui attire les respects des foules revendicatrices.  Chez ces influenceurs, seules les idées comptent.  Pourtant, la toile est remplie de « moucherons » qui ne veulent pas pousser le monde à la Révolution; mais comme ceux qui ont secoué leurs troupes lors du printemps Érable, leurs produits mis en ligne sous quelque forme que ce soit dans le monde virtuel ont été fait avant tout par pur besoin de créer et non de la commande d’un tiers, que dans un but de créer cet objet.  Si ces créateurs sont devenus riches, ce n’est qu’après que des milliers ou même des millions d’admirateurs aient approuvé le travail.  La valeur dans un produit ou une idée doit maintenant provenir (ou sembler provenir) de l’approbation des masses et non de concepteurs haut perchés déversant une campagne de marketing quelconque. Cela imagine les consommateurs, comme un regroupement de citoyens dans la démocratie athénienne de l’Antiquité.  Et comme celle-ci, ces citoyens consommateurs font face à l’influence quelquefois pernicieuse de rhéteurs qui soulève les foules pour agrandir leur pouvoir.  Les individus ont besoin de savoir si ce qu’ils font est acceptable, si cela est bien aux yeux des autres, ils se tournent alors vers certains dont les opinions sont considérées plus justes .  Si les individus peuvent faire reconnaître leurs actions par les influenceurs, ces derniers peuvent également en suggérer d’autres aux individus, de là très grand pouvoir de mobilisation.  Ils deviennent maintenant un filtre des médias traditionnels qui eux-mêmes filtrent le monde politique.  En dévoilant les altérations de la réalité au profit de certains intérêts des médias traditionnels, on s’est mis à oublier le même processus au sein du monde virtuel, où en démasquant tout un système, on en vient à croire que nos intérêts sont les seuls étant bons et justes, et donc, vrais. Certains valets des médias traditionnels en viennent alors à attaquer la pierre d’assise véritable des influenceurs : leur authenticité.  Toutefois, ces attaques viennent renforcer leur pouvoir, car cela démontre aux yeux de ceux œuvrant dans le monde virtuel que cet influenceur « dérange » et que donc, il doit forcément avoir raison.

Malgré les idées vertueuses, nos influenceurs n’en seront pas moins des gens ambitieux, où l’image sert l’image qui était autrefois au service d’une cause et ensuite d’un produit.  Dans cette ère communicationnelle, le produit, c’est nous.  Nous devons le vendre, si nous voulons vendre ensuite quelque chose de concret aux autres.

Avec ce débordement d’informations et où le simple citoyen n’a ni les capacités, ni les ressources et le temps de toutes les analyser convenablement, le pouvoir des chroniqueurs et des faiseurs d’opinions s’en est premièrement renforcé.  Par la suite, ceux-ci ont été contrés par les « influenceurs », surtout présents dans les réseaux sociaux.   Pourtant, chacun devrait être en mesure de se faire sa propre opinion par lui-même. Mais encore là, elle nous arrive toute cuite et prémâchée, ce qui est plus que bienvenue lorsqu’on est pris de toute part.

Au début de notre régime parlementaire, alors que notre gracieuse majesté britannique nous fit le présent d’une assemblée législative, les électeurs choisissaient un représentant qui, lui, pouvait avoir ensuite une allégeance.  Les partis se créaient une fois la Chambre constituée. Le cens électoral réduisant considérablement le nombre d’électeurs, la classe politique n’avait pas le besoin de stratégie de communication à grande échelle, avec au programme clair et un message ciblé.

Avec le temps, ce cens électoral s’est constamment agrandi jusqu’à parvenir au suffrage universel avec l’arrivée du vote des femmes.  La « clientèle » électorale est devenue plus grande, les candidats n’ont pas eu le choix de se donner une structure afin de rejoindre le plus d’électeurs possible.  Au début, on se servait de dirigeants locaux qui distribuaient les faveurs et les emplois à ceux qui votaient du « bon bord ».  Ayant compris très vite l’utilité d’une bonne organisation politique, les militants se sont mis  à faire leur œuvre. De temps à autre, les mouvements sociaux ont amené un nombre croissant de sympathisants politiques au sein des partis, la vague associative déferlant presque toujours vers l’action politique.

Ce sont les moyens de communication de masse qui ont peu à peu délocalisé la politique.  Si les journaux avaient leur importance, la capacité de rejoindre un vaste auditoire instantanément, à amener le besoin de « ratisser large » pour rassembler, sur une même plate-forme électorale, le plus de gens possible.  Le marketing politique a commencé à prendre toute la place.  Vendre un programme comme un produit, un parti comme une marque, un candidat comme une vedette.  L’importance de l’argent a aussi donné une place prépondérante aux liens d’affaires.

Lorsque le vote est devenu accessible à tous, les partis ont eu besoin d’énormes montants pour gagner leur élection.  Aujourd’hui, les citoyens reprennent leur place grâce aux réseaux sociaux.  En fait, Barack Obama l’a démontré qu’il faut dorénavant être le réceptacle des aspirations politiques de la population, que le programme nous soit donné par une base citoyenne et que le pouvoir est une courroie de transmission. Le Marché ne permettant plus aux personnes de s’épanouir ou d’améliorer leur sort, ceux-ci le font dans la lutte politique.  À la suite, de la crise économique des années 30 et de la Deuxième Guerre mondiale, on a assisté à un passage de l’Élite financière à l’Élite bureaucratique afin de « sauver le Marché ». Pouvons-nous nous avancer, alors, que le Marché serait sauvé par ces « influenceurs », ces mêmes qui s’évertuaient tant à prétendre le détruire ?

Si l’opinion publique est désormais élaborée par des initiatives citoyennes, celles-ci sont lourdement influencées par l’apport des empires médiatiques qui contrôle le contenu de l’information.

L’association est dorénavant illusoire, car les gens contribuent individuellement à un espace collectif et n’ont pas ensuite de contrôle sur leur contribution.  Les citoyens ne déterminent aucunement une position commune, sur laquelle ils se sont préalablement entendus. L’adhésion  à un groupe peut signifier différentes choses, toutes dépendantes de la personne. Ce qui donne un nombre plus grand d’adhérents, mais diminue grandement la cohésion du groupe et donc sa capacité d’action. Les individus ne voulant plus se soumettre aux directives des partis politiques de masse, ceux-ci en sont venus à diluer leur contenu afin de ne pas déplaire durant l’ère du néolibéralisme. Auparavant, l’absence d’opinion défavorable entrainait une adhésion; aujourd’hui, ils se fractionnent afin de permettre une reconnaissance aux individus.  Le pouvoir réside maintenant dans la capacité de reconnaître les individus pour leur donner une valeur dans le débat politique.

L’allégeance souple de ces nouvelles associations fait qu’elles sont plus hétérogènes, ce qui rend la mise en place de stratégie plus difficile. La volatilité de ces groupes les empêche aussi de s’imposer sur le long terme.  Comme on n’a pu le voir lors du Printemps Érable, par leurs structures celles-ci sont aussi très vulnérables à l’usurpation du processus décisionnel par des groupes mieux structurés et qui prétendent se réclamer des mêmes idéaux.  Ce qui rend, aussi l’électorat extrêmement volatile, car les partis ont échangé un message clair pour une capacité d’accueil basée surtout sur les sentiments, plutôt que sur la raison.

Rien ne l’a démontré aussi clairement que lors de la dernière élection fédérale en mai 2011 au Québec, où les gens ont voté avant tout pour un chef, pour une allure, pour une image, lorsqu’officiellement ils doivent voter pour un député qui sera le mieux les représenter au sein d’une assemblée législative.

Le drame dans l’élection du NPD, c’est qu’elle fut soudaine.  Depuis au moins une dizaine d’années, j’entendais un peu partout que plusieurs étaient en accord avec les idées du NPD, mais toutefois sans jamais leur donner leur vote.  Les gens ont attendu que les autres approuvent ce geste, à savoir s’il devenait socialement acceptable.  Ils se sont reconnus entre eux au travers des réseaux sociaux qui ensuite ont été relayés par les médias québécois.  Ce filtre nouvellement imposé par les médias ne fait que diminuer l’influence des convictions personnelles.

Ce que le NPD a prouvé, c’est qu’il même pas nécessaire de rejoindre tout le monde, même pas ses électeurs, même pas ses sympathisants, même pas ses membres, mais seulement ceux qui permettent d’influencer l’opinion publique.   Il ne faut pas viser la population, mais les influenceurs. Cette obligation que ce sont donnés les citoyens de se contrôler par le filtre des grands médias, ne fait qu’agrandir la distorsion amenée par l’intérêt médiatique.  Au Québec, on a réduit Jack Layton à une saveur du mois, avec en prime un martyr télévisé. En tout, un beau spectacle d’environ six mois.  Au Canada, on avait dépeint Stephen Harper comme étant responsable et modéré.  On avait parlé de lui bien plus que défunt chef du NPD, pourtant le Québec a cru que le Canada tout entier s’enflammerait pour ce chef que l’on ridiculisait lors des deux élections précédentes.

Après, les journalistes ont rejeté la responsabilité de cet effet d’entraînement sur le fait que les dirigeants du NPD, notre bon Jack compris, de n’avoir pas dit toute la vérité sur son état de santé.  Refuser de reconnaître une évidence est pourtant l’ingrédient principal de la mauvaise foi.  La meilleure histoire fait vendre plus de journaux et attire les meilleurs cotes d’écoute, c’est tout.  C’est pourquoi ce n’est plus celui qui est le mieux à gérer les affaires de l’État ou simplement vous en donner plus que les autres; c’est le candidat qui arrivera à vous toucher le plus, quelle que soit l’émotion générée, qui l’emportera.

C’est l’expression de notre liberté qui finit par réduire cet espace commun qui est l’arène politique.  Ce territoire, qui était auparavant collectif, s’est peu à peu privatisé ou du moins est entré sous le contrôle d’une poignée d’individu, dont l’intérêt premier n’est pas de s’assurer de la vivacité de notre système démocratique, mais plutôt d’assurer ses propres intérêts, lié à une grande cause ou non.  Les individus devront tout ou tard prendre contrôle des canaux dans lesquels ils souhaitent s’exprimer.  Ces collectivités devront devenir vraiment collectives.

Si les réseaux sociaux ont démontré leur efficacité pour amorcer des révolutions, nous allons devoir trouver un moyen pour que ces liens ne disparaissent pas aussi soudainement qu’elles sont survenues. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les liens permis par les réseaux sociaux ne sont pas assez significatifs pour cela.  Il est bon d’exprimer notre voix, mais il faut également qu’elle soit entendue et qu’elle ait un impact.  Cette nouvelle conscience née du web 2.0 devra tôt ou tard s’assembler dans une structure plus traditionnelle qui lui permettra de détenir les moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs. Et non pas pleurnicher à chaque fois qu’un parti ou un autre n’agit pas selon nos préférences.

Mieux comprendre la nation, le nationalisme, l’identité et le débat sur la Charte (avec des p’tits dessins)

9 Oct

1,9 millions. Moi aussi je peux faire des p’tits dessins ! Pis ça m’a pas coûté une cenne. Loué sois-tu Microsoft Paint !

Premièrement, comment fonctionne la nation ?

Tout d’abord ça prend un peuple.

Les gens ne font souvent pas la distinction entre Le Peuple et la Nation qui sont des concepts proches, sans être toutefois synonyme.  En fait le Peuple précède la Nation. Depuis que les humains existent, ils se sont toujours regroupé en petite société et ont peu à peu former des groupements où les personnes à l’intérieure de celle-ci pouvaient interagir sans trop de problème, par une langue et des coutumes communes.

Un Peuple est d’abord, un groupe d’individu partageant une culture commune, mais c’est aussi une entité sur laquelle l’État va établir sa légitimité. Les Rois avaient des sujets, l’État à un peuple.  En politique, le Peuple est la masse des individus pour lequel l’État travail et qui travaille pour l’État.  Le Peuple est également une entité politique.

En premier lieu, il y a un fait dont il faut prendre connaissance : depuis la période du néolithique, on peut constater que les peuples existent et que des structures politiques existent aussi. Comme l’indiquent les grandes théories du nationalisme, le peuple et l’État se sont métamorphosés avec l’arrivée de la modernité et surtout de la Révolution industrielle. Les peuples, ou plutôt certains peuples, se sont transformés en nation. Les États, de leur côté, se sont changés en État-nations. Dans la vie de tous les jours, on peut percevoir le peuple, l’État et le nationalisme. En ce qui concerne la nation, ce sont ses effets  qui sont perceptibles, plutôt qu’une réalité quantifiable. Si l’État s’est adapté à la nation, cette nation doit préalablement exister. Si le peuple diffuse un discours nationaliste, c’est qu’il doit y avoir une nation quelque part. La nation n’existe pas concrètement, mais on peut distinguer ses effets. C’est lorsqu’on la croise avec quelque chose de réel que l’on obtient un résultat.

LEPLEUPLE

Pourquoi la nation ?

En fait, c’est la Nation qui fait Peuple une entité politique.

La NationSi la nation n’exclut personne, elle n’inclut personne non plus. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’elle est une idée, une abstraction de l’esprit. Ce sont les individus qui, s’en faisant une certaine idée, s’en excluent ou qui s’y intègrent. Ce sont eux aussi qui essaient d’intégrer certaines personnes et d’en exclurent d’autres. La nation est fondamentalement ni bien, ni mauvaise, ni belle, ni laide, ni utile, ni inutile, elle n’est qu’une nation. Ce sont ceux croyant la détenir qui la font, et non la nation qui fait ses «détenteurs». La nation est avant tout un idéal. Celui-ci va inciter à suivre un modèle de structures politiques et sociales. La nation est le Peuple, l’État et certains domaines de la société (l’économique, le culturel et le politique), idéalisés dans une croyance qu’ils sont reliés, mais aussi que leur existence propre est dépendante de ces liens. La nation étant un idéal, elle va proposer un certain nombre de valeurs. L’État, le Peuple, ou l’individu va essayer d’imposer des normes pour faire respecter les valeurs dictées par l’idéal national, pour ainsi s’en rapprocher le plus possible. De ces normes, on va chercher à exclure des individus et à en inclure d’autres. L’exclusion d’une identité nationale peut alors être perçue comme une sanction et l’auto-exclusion, comme une déviance. Il faut comprendre que de par sa nature, la nation n’impose rien et qu’ensuite, rien ne justifie de suivre ce modèle à la lettre. C’est l’action des individus qui fait en sorte que l’on se représente l’idéal national de façon fort différente, certains s’y croyant moins intégrés que d’autres.

En tout premier lieu, le nationalisme est le mécanisme d’inclusion et d’exclusion permettant à une nation de s’imposer comme structure sociale.

Ce qu’il faut comprendre aussi, c’est qu’il n’y a pas de nation civique ou ethnique, mais bien des nationalismes civiques ou ethniques. Le discours national est souvent loin de la réalité vécue par les individus à l’intérieur d’une nation. Le nationalisme va départager les inclus et les exclus au sein de la nation, sauf que le nationalisme n’est pas statique. Le peuple, de son côté, partage une «conscience de peuple» entre ses membres, et ceux-ci ont alors conscience de l’existence d’une culture sociétale et d’un territoire commun.

pourquoi le nationalisme inclus et exclus ?

Car nécessaire à la cohésion dans une démocratie.

Un régime démocratique a pour but premier de donner le pouvoir au peuple et de servir l’intérêt du plus grand nombre. En intégrant l’ensemble des citoyens au processus délibératif par un ensemble de moyens, un gouvernement démocratique veut, du moins en pratique, être le gouvernement de la totalité du peuple.

démocratieNous avons besoin de normes claires pour le « vivre-ensemble » et d’ un fonctionnement harmonieux de la société.  Vu que les gens délibèrent, travaillent en groupe dans les industries et nécessitent une grande bureaucratie, nous avons besoin d’une d’une culture commune (langue, histoire, institutions…).

Le danger du nationalisme, l’exclusion.

Le principal problème avec le nationalisme est l’exclusion. À vrai dire, toute identité par ses critères d’accessibilité exclut une partie de la population. En ce qui concerne le sexe, un homme ne peut être une femme, dans le cas de l’âge un jeune ne peut être un vieux. Plus précisément concernant la nation, la formation ou les transformations quant aux critères d’accessibilité ont une grande portée éthique. Un exclu aboutit dans une situation socio-économique et politique peu enviable, où il jouit de moins de droits. La portée d’une exclusion chez les identités nationales est immense et peut être très dangereuse.

nepaschercheràinclureIl est ardu de transformer les critères d’adhésion à l’identité nationale, à cause de l’aspect irrationnel du nationalisme, donc des facteurs émotionnels et sentimentaux qu’un peuple peut avoir pour sa nation. Cette profonde affection, pour cette chose abstraite et immatérielle , peut masquer les travers et l’inefficacité d’une identité permettant d’assurer la cohésion nationale.

La nation est toutefois liée à des luttes constantes de la part des différents groupes et des individus qui la composent, en plus d’engendrer paradoxalement un sentiment d’unité entre ces mêmes groupes. La cohésion nationale n’exprime pas un consensus, mais un rapport de domination évoluant sans cesse, partageant la puissance entre la majorité et les minorités par une multitude de moyens au cours de l’histoire.

Les diversions identitaires

Le nationalisme est puissant, car il va chercher dans l’irrationalité des gens, dans leur identité profonde.  Lors de trouble sociaux, la tentation est forte pour les décideurs politiques d’assurer la cohésion de la Majorité, loin des problèmes liés au partage inégal de la Richesse.  Le nationalisme est important en démocratie, car on a besoin de cohésion sociale.  Toutefois poussé dans les extrêmes, lorsqu’on coupe la Majorité des minorités nationales, on passe d’un rapport de domination à celui d’oppression, et la démocratie vient par disparaître.

luttedesclasses

En période de crise économique, lorsque les « partageux » se mettent à réclamer une plus grande justice sociale, on voit souvent les gens favorisés par le système utiliser deux stratagèmes pour maintenir le système en place : 1) La Guerre, 2) Viser les minorités.  Dans les deux cas, la « Patrie en danger » fait en sorte que le groupe finit par se ressoude pour la cause commune.   Les gens, c’est normal, tant attachés à leur nation, se portent volontaire pour la défendre.  Il faut faire attention néanmoins à qui indique la menace.  La manipulation consiste toujours à créer un crise, pour en apporter une solution que l’on avait prévue à l’avance.

tactiquesdedeversions

Le multiculturalisme

Devant les multiples dérapages possibles causés par le Nationalisme, certains penseurs ont commencé à concevoir un régime de citoyenneté basée sur une intégration la plus large possible. Comment fait-on cela, facile en enlevant tout critère identitaires au nationalisme.  En fait, on peut dire que l’on veut créer une nation sans nationalisme.  Les lois. les droits et les institutions démocratiques et libérales viennent remplacer la langue, la culture et l’histoire commune.

L’État se doit d’être neutre, et ne pas agir au profit d’une identité.  Il peut y parvenir de deux façons, soit en ne reconnaissant aucune identité nationale sur son territoire; soit en les reconnaissant toutes sans exceptions.  Le choix identitaires y est pourtant réduit qu’à un simple choix personnel et personne ne peut entraver ce choix, si ridicule soit-il…

multiculturalisme

Le problème du Multiculturalisme réside dans le flou identitaire qu’il laisse à la population. Premièrement, car les citoyens ont de la difficulté à se différencier des autres nations qui leurs ressemblent politiquement et qui leurs sont culturellement proches; et deuxièmement, car dans ces airs de grande reconnaissance, elle donne un avantage disproportionné à la Majorité ethnique du pays.  Un État qui reconnaît ses minorités selon les rapports politiques en place, entre dans un jeu d’égal à égal (de nation à nation), ce qui est plus juste pour les minorités « historiques » (ex: Québécois dans le Canada, Anglo-Québécois dans le Québec).  Comme on l’a fait au Canada, en mettant tous les groupes étant mis sur un pieds d’égalité, les Québécois en viennent par valoir autant qu’une communauté de 15 000 habitants, les Premières nations ont autant d’importance qu’une communauté dont membres sont au pays que depuis quelques décennies.  Pour la communauté anglophone du Rest of Canada, son écrasante majorité numérique, fait en sorte qu’elle contrôle tout.

Devant cette complexité de bien se définir les uns face aux autres, les gens ont tendance à écouter ceux diffusant un discours simple, pouvant être souvent déconnecté de la réalité.  Ce discours est souvent traditionaliste, faisant référence à une époque où les problèmes actuels n’existaient pas, où tout semblait plus simple.  Pourtant, le Multiculturalisme est né de d’autres problèmes liés à une identité qui créait trop d’exclusion et qui n’était plus en phase avec le contexte actuel.

Tout étant désormais possible, à quoi bon alors aux communautés minoritaires de s’intégrer à la société majoritaire.  On voit alors apparaître des ghettos permanent de communautés ethniques, qui peuvent vivre dans leur société d’accueil sans jamais en apprendre la langue ou les coutumes. Il est normal qu’un immigrant désire s’installer parmi les siens à son arrivée, cela amorti le choc et permet d’apprendre à vivre dans un pays par les conseils de gens qui sont plus prêts de nous culturellement.  Cependant, si cet état est permanent, cela peut s’avérer un net désavantage au niveau de l’emploi, de la participation sociale ou la connaissance de ses droits en tant que citoyen.  En s’enfermant trop dans sa communauté, on se met dans une position de vulnérabilité évidente, qui est toujours au profit de la Majorité.

Comme on a pu le constater le nationalisme et le multiculturalisme comportent chacun des défauts.  Malheureusement, ses défauts peuvent avoir des conséquences très graves dans la vie des gens.

Comment intégrer alors ?

1. En élaborant clairement son identité nationale.

2. En élaborant son identité nationale pour qu’il soit possible aux minorités d’en faire partie, en respectant leur intégrité, leur dignité et leurs droits fondamentaux.

Dans un texte que j’avais écris pendant la « crise » sur les accommodements raisonnables, j’avais résumé la situation identitaire de la façon suivante :

« … nous sommes devant le choix entre une identité stable, immobile, ayant de la difficulté à s’harmoniser aux besoins actuels  de la population et d’une identité floue, instable, mais très adaptable à la société actuelle.  Son application est, cependant, plus difficile au niveau institutionnel.  Il faut alors trouver un juste milieu, avoir une identité claire et compréhensible pour l’ensemble de la population québécoise (et non pour quelques universitaires), mais qui est tout de même capable de faire preuve d’ouverture et de pluralisme ».

nepaschercheràexclureLes québécois « potentiels »

Nous n’avons pas à avoir honte de ce que nous sommes et ce que nous avons été.  Il est totalement justifié de mettre de l’avant notre culture, notre langue et notre histoire .  Il est justifié, de plus, de voter des lois afin de permettre à ses piliers de notre identité de survivre.

Cependant, ces lois ne doivent pas se faire au détriment de ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas faire partie de notre identité nationale. C’est-à-dire, que le préjudice subit par ces personnes exclues de l’identité nationale, soit tel qu’il va à l’encontre de leurs droits fondamentaux.  Et c’est là que doit se situer tout le débat autour de la Charte.  La majorité des personnes contre la Charte des Valeurs Québécoises, ne sont pas contre la laïcité ou les « Valeurs Québécoises ».  Ils ne sont pas plus pour la Charia et l’oppression des femmes.  Les adversaires de la charte sont contre la disposition concernant l’interdiction des signes ostentatoires dans chez les fonctionnaires de l’État, car il s’agit d’un obstacle démesuré pour des personnes déjà en situation de vulnérabilité.

Il faut considérer les « exclus » comme des Québécois potentiels.  C’est-à-dire que sans renier notre passé et notre présent, de permettre dans le régime de citoyenneté que l’on se donne à ceux qui se sentent pas ou peu Québécois, de le ressentir un jour.

Tout ça, en principe. Évidemment…

Les causes du printemps Érable : 81 pages de réflexion

15 Juil

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Bonjour,

L’ancien document avait quelques problèmes de mise en page, je vous en mets donc une nouvelle version :

Ceci est la première partie d’un ouvrage sur les causes et les effets du printemps Érable que vous pouvez télécharger ici :

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Voici également quelques extrait pour vous faire une idée :

« Il est erroné de croire que les autres n’ont pas besoin de nous et que nous n’avons aucunement besoin d’eux.  Si bonheur il y a, il est dans l’espoir d’un monde meilleur et celui-ci ne peut subvenir que si nous décidons de le construire ensemble. Cela peut paraître une rêverie, mais je répondrai à cela que personne n’a apporté une contribution significative au sort de l’humanité en essayant une nouvelle recette, en buvant un verre de rosé sur son patio ou à découvrir son moi-profond dans une orgie de lecture psychopop.  »

« Mais qu’avons-nous depuis que l’individu atomisé est laissé à lui-même? Sans dissidence, ni créativité, l’innovation sociale est désormais bloquée et toute réforme doit émaner d’un grand tonnerre, une tempête disproportionnée pour les modifications demandées.  »

« Les individus veulent désormais faire quoi ? Imposer l’utopie politique, celle qui va permettre afin l’équilibre. Un équilibre qui servira le chaos des jeux de pouvoirs, de la politique pure, dont le seul but est d’apporter l’épanouissement possible de chacun des individus sur la terre. »

« Le printemps Érable n’est pas un accident de l’Histoire, mais bel et bien l’Histoire qui nous indique un autre mouvement que celui que les puissants avaient prévu.  »

Le document fait 81 pages, j’en ai maintenant 125 d’écrites, mais je prends une petite pause mentale, mais le tout devrait être prêt cet automne.

Jean Charest doit partir

26 Avr

 Si le Québec bouge et semble renouer, d’un côté, avec l’espoir, on ne peut pas dire qu’il est en très grande forme. La forte réaction à la poussée idéaliste de la grève étudiante, démontre un visage très laid d’une société déchirée où la vie démocratique n’est déterminée uniquement que sur le rapport de force. Les solutions fascisantes semblent acceptables chez nos décideurs, tandis que les milieux de gauche se drapent dans le langage révolutionnaire.

Pourquoi la majorité des Québécois reste-t-elle inactive devant tant de méfaits? Le plaisirs de voir des étudiants se faire charger brutalement par une police bien trop obéissante, a-t-il acheté le désir de changement ?

Libérer les haines peut emmener un parti ou un autre à gagner ses élections, mais ça ne fera pas  avancer le Québec. Ce que nous partageons est tellement obstrué de mille façons. Ce que l’on entend et voit aux nouvelles nous éclaire dans une autre voie. Qu’est-il arrivé de bon depuis que nous nous enfonçons dans celle-ci : noirceur et ténèbres.

 

Prévenir l’incendie social

Monsieur Charest a peut-être gagné son pari de faire oublier la collusion et la corruption en maintenant la ligne dure envers les étudiants, car il conserve son 30 % des intentions de vote selon les derniers sondages.

Cependant, j’ai bien peur des graves conséquences que pourrait engendrer la réélection d’un gouvernement libéral (ou d’une formation ayant des politiques semblables), même s’il est minoritaire. Je crois que dans un tel cas de figure, la violence observée durant les 11 dernières semaines de Grève ne serait qu’un avant-goût d’un affrontement social des plus dévastateurs pour la société québécoise.

Si  notre très détesté premier ministre a refait le plein de confiance, en se faisant le chevalier de la Loi et l’Ordre, ce que les partisans de la « lutte sociale » ont compris est que l’on peut faire plier un tel gouvernement par la perturbation économique et sociale. En ce qui concerne la violence, malgré le sensationnalisme de certains médias, ce n’est qu’une broutille comparée, par exemple,  à ce qu’on a pu voir au sommet du G20 à Toronto.

La prochaine élection pourrait être perçue par ce nouveau mouvement du « printemps québécois » de deux manières. Premièrement, comme le début de quelque chose qui a éveillé les consciences en emmenant un gouvernement plus ou moins en accord avec leurs vues; ou deuxièmement, comme l’échec inéluctable de la démocratie qui serait dorénavant contrôlée par le Capital et les Mass Medias, rendant impossible tout changement.

La Grève étudiante a été trop longue et est devenue une école de formation à la Révolution. Maintenant ces jeunes plein de vie et de temps à perdre, n’ont plus peur des policiers et des lois qu’ils sont supposés défendre. Ne pas mettre des gens en accord avec leurs vues au gouvernement, c’est lâcher une meute affamée et prête à tout pour arriver à leurs fins. Vouloir les dompter ne règlera en rien le problème, cela démontrera encore plus, pour eux, la nécessité de combattre la tyrannie par la violence. Comme disait Victor Hugo, entre les barbares de la Civilisation et les civilisés de la barbarie, il faut choisir les premiers. Mais il indiquait également une autre voie, plus douce, pleine de compassion et de Lumières, où l’éducation était le premier instrument de transformation sociale. Chose qui est dorénavant incompatible avec les actions de Jean Charest.

Il se trame de belles et terribles choses dans les milieux intellectuels. Hors des pages de chroniqueurs, on remet l’anarchisme au goût du jour et tranquillement Robespierre renaît de ses cendres. Si Jean Charest reste, c’est bien plus que de l’impôt que ses sympathisants payeront. D’une certaine façon, le conflit social ouvert et irréversible serait une chose atroce pour le Québec, mais il est peut-être le seul moyen pour celui-ci d’aller vers son destin. Il en tient maintenant qu’aux modérés pour que le Québec ne tombe pas dans les extrêmes.

Quelle est la différence entre la droite et l’extrême droite, ou entre la gauche et l’extrême gauche ?  Ce n’est pas dans les partisans, dans les valeurs, dans les structures, dans les méthodes ou même dans la désignation de l’ennemi, mais dans la nature que l’on donne à cet ennemi. La politique des extrêmes est, en fait, une erreur faite par leurs partisans entre l’ennemi public qui est un adversaire politique et l’ennemi privé qui est un adversaire personnel, c’est-à-dire quelqu’un pour qui on a un sentiment de haine.  La droite et la gauche ont une conception positive de la politique, c’est-à-dire qu’elles font de la politique pour quelque chose. L’ennemi y est également abstrait, ce sont des valeurs, des institutions, des idées, des programmes, etc.. Les extrêmes ont une conception négative de la politique, ils les font contre quelque chose et surtout l’ennemi est réel, des personnes clairement identifiées. L’ennemi une fois personnalisé, le combat politique en vient à être transformé et la finalité de la lutte politique ne peut alors qu’être l’élimination physique de ces personnes.

Si le concept du 1% vacille sur la frontière de l’extrémisme, un discours de droite clairement établi au Québec réclame des actions fondamentalement au-delà de cette même frontière. On dépeint beaucoup trop  négativement les militants altermondialistes, écologistes, féministes et étudiants et on rejette leurs propos sans même écouter. Les pires insultes contre les syndicats et les groupes de défenses sociales sont désormais acceptables, mais critiquer de façon juste les dérives du capitalisme, c’est aller trop loin.

L’État honni est désormais l’ultime réconfort. L’État minimal est devenu en peu de temps l’État sécuritaire maximal, préservant la propriété et l’Ordre. Cette équation entre Ordre public et l’Ordre social nous ramène à l’extrême droite qui prévalait au XIXe siècle, celle qui conspuait  la « canaille ». L’extrême droite n’est pas uniquement celle de l’Allemagne nazie, l’absence de racisme dans des propos haineux ne doit pas être perçue comme des propos modérés.

Pour enfin devenir des Québécois

Si cette crise s’est éternisée autant et sans qu’aucune solution ne soit envisageable à court terme, c’est en grande partie parce que les Québécois ne semblent plus ressentir les liens qui les unissent entre eux. Le Bien commun n’est plus qu’un prix à arracher, au détriment de ceux qui en ont le plus besoin.

Je ne dis pas qu’il ne doit pas y avoir de conflit politique au sein d’une nation. Ce que je dis, c’est qu’il ne doit pas avoir de conflit qui se fait au détriment d’une nation. Les grands bouleversements sociaux finissent tous de la même façon : lorsque la déchirure sociale semble irréversible, que les extrémistes se discréditent  et que les modérés ont disparu dans leur mutisme, le pouvoir revient essentiellement à ceux qui croient au grand ensemble, à la force du groupe comme un tout plus fort que « la somme de chaque individu ».

La solution n’est pas dans la recherche d’un compromis acceptable entre deux positions diamétralement opposées, mais plutôt dans la croyance envers le groupe auquel ont appartient. Chose étrange les Québécois se définissent individuellement comme Québécois, mais ils sont prêts à écarter sans hésitation un de ses semblables, car il a commis le crime de ne pas avoir les mêmes opinions que lui. Les gens de  droite croient que les pauvres ne sont que des profiteurs, que les étudiants ne sont que des enfants gâtés, que les syndicats empêchent la croissance économique et que les gouvernements dépensent l’argent n’importe comment dans la bureaucratie et les programmes sociaux. Ceux de gauche croient que les riches profitent du système en ne payant pas d’impôt, que les administrations des universités se foutent éperdument de l’éducation, que les entrepreneurs ne servent uniquement qu’à exploiter son prochain et que l’État dépense n’importe comment aux services des banques et des riches.

La vérité n’est pas entre les deux. Deux positions imbéciles ne sont pas à égales distances d’une position sensée. Les gauchistes veulent se débarrasser des riches pour sauver la collectivité, les drettistes veulent aller là où leur individualité ne sera pas menacée. Battez-vous entre vous, jusqu’aux derniers s’il le faut, votre ferveur haineuse vous aveugle.

Les tenants du multiculturalisme veulent accepter l’Autre jusqu’au point où l’identité ne veut rien dire; tandis que du côté opposé, on se lance dans une dénomination du sentiment religieux, sauf celui qui a une valeur patrimoniale,  reliquat du temps où les pauvres étaient plus tranquilles. On veut abandonner la loi 101 pour faire plus imposant lorsqu’on brassera des affaires avec l’étranger, l’éducation en français étant perçu comme un inconvénient chez nos supposés représentants les plus illustres. De l’autre, on veut imposer la loi 101 au Cégep, car onze années de système scolaire francophone ne fait pas des Québécois  assez fleur-de-lysés à leur goût. Entre vous et moi, deux années de plus ou de moins, ça va changer quoi…

Auparavant, les Canadiens français recevaient les produits et les salaires qui faisaient le bonheur de l’Élite anglo-saxonne. De plus, les curés les invitaient fortement à ne pas aller acheter leurs guenilles chez le juif, même si c’était moins cher. Aujourd’hui le Québécois ordinaire regarde des séries américaines sur sa télévision fabriquée en Chine, tandis que nos chefs trouvent dangereux que l’on vienne à manger du poulet halal contre notre gré.

Avons-nous vraiment appris à être Québécois ?  Sommes-nous victimes de notre succès identitaire et de nos échecs constitutionnels ? Avant, le combat entre Québécois et Canadiens était clair. Mais le Canada a eu le malheur de devenir ce qu’il est aujourd’hui, et le Québec a eu le malheur de ne pas devenir ce qu’il est. Maintenant qu’être Québécois est sans conséquence, tout le monde y saute à pieds joints, car il est devenu un refuge face à la radicalisation conservatrice du Canada anglais. Les conservateurs font  toutefois leurs œuvres dans notre pays, en maudissant tout ce qui est clairement Québécois. D’un autre côté, la frange la plus nationaliste de notre belle gauche éclairée, méprise tous ceux qui pourtant ont les mêmes opinions qu’eux  et pourrait devenir un rempart de plus contre l’invasion de la droite réactionnaire, mais dont le crime odieux a été d’avoir voté Non aux référendums.

Le désir collectif n’est ni d’un côté, ni de l’autre. La quête individualiste où chaque personne doit jouir de la plénitude de ses droits, momentanément observée chez tous les casseurs de grèves qui s’en vont devant les tribunaux, se retrouve également dans le camp étudiant. À un degré moindre il est vrai, mais dans une autre forme. Dans ce cas-ci, la désignation de l’ennemi s’est personnalisée. De l’abstraction qui définissait les communautés politiques, ont passe désormais à des individus concrets : les riches. Oui les riches ont leurs torts et même beaucoup, mais « celui qui n’a pas péché lance la première pierre ». Le problème est que les riches n’incarnent pas automatiquement tous les maux du monde. C’est d’ailleurs ces types de désignations très visibles et facilement éliminables qui poussent vers les régimes totalitaires, chose qui semble moins problématique ces temps-ci. En bref,  chez les verts, il n’existe qu’eux seuls, dont toute collectivité est impossible;  chez les rouges, elle existe, mais tout adversaire en est exclu.

Lorsque le groupe n’est rien et que les individus sont tout, où est l’intérêt de penser aux autres? Où est celui de voir chez nos opposants l’un des nôtres.

Pour la victoire !

La tactique de se gouvernement n’est pas de dompter une fois pour toute les étudiants, mais plutôt de faire rugir toute la gauche pour garder la droite bien tranquille.  Avez-vous si peur d’une révolution rouge que vous soyez prêt à cautionner un autre mandat à ceux qui dilapident le Bien public depuis presque dix ans ?

Que fait la police à perdre son temps à contenir les étudiants, alors que le crime organisé a le champ libre et que la corruption est érigé en système?  C’est le Parlement que la police devrait encercler, et non ces manifestations étudiantes qui réclament le retour du gros bon sens au sein des décisions gouvernementales.

Vous, la droite, voulez un État réduit et bien géré. Et bien, les libéraux l’ont grossi et accumulent dettes et déficits sans même sourciller. Vous voulez la Loi et l’Ordre.  Et bien, on a le gouvernement le plus corrompu de l’ère du Québec moderne, les jeunes vont sûrement perdre leur session et continuer de désobéir, les gangs de rue font à peu près ce qu’elles veulent, on donne des sursis aux voleurs d’enfance, le crime organisé contrôle les travaux publics, les avocats font traîner leurs causes jusqu’à la semaine des quatre jeudis, on nomme une escouade spéciale sur la corruption qui mord le municipal en oubliant le provincial, on met sur pied une commission publique sur cette même corruption pour apprendre qu’elle n’enquête pas encore et qu’elle ne sera pas si publique qu’on voulait nous le faire croire. Pourtant, des centaines de milliers de personnes qui manifestent pacifiquement vous font frémir à un point tel que vous êtes prêts à tout oublier.

Vous dites que les Québécois sont les plus taxés en Amérique du Nord. Et bien, les libéraux imposent les compagnies moins que la moyenne canadienne.  S’ils ont un peu baissé les impôts, ils ont augmenté partout les tarifs. Vous qui en voulez vraiment pour votre argent, c’est vous qui devraient être dans la rue!

Nous nous entendons sur rien, sauf sur une chose : il est temps que ce gouvernement quitte le pouvoir, du moins son illustre chef ne doit plus sévir.  C’est votre silence qui le maintient en place. C’est en redirigeant votre haine envers l’avenir de notre nation qu’il vous fait oublier les griefs que vous avez contre celui-ci.

Croyez-vous vraiment que si la grève étudiante dure aussi longtemps, ce n’est que pour arrêter la hausse des droits de scolarité ? Les étudiants ont bien malgré eux porté le fardeau d’une cause plus grande, où le peuple entier a le droit de crier sa colère contre l’arrogance d’un gouvernement qui n’a rien fait pour lui.  Charest essai de sauver sa place, mais la réalité est tout autre. La droite ne veut pas de ce gouvernement, la gauche non plus, alors pourquoi ne pas se réunir afin de s’en débarrasser une fois pour toute.  Personne ne gagne avec le statut quo.

Nous aurons l’éternité pour nous chicaner sur tout ce qui existe, mais en conservant l’esprit d’unité qui nous a fait survivre toutes ces années, malgré les grandes crises que notre peuple a pu traverser.  Depuis trop longtemps, notre tissu social se déchire sous le coup de la lutte socio-économique. Nous nous écartelons sur les questions identitaires, alors que la question constitutionnelle n’est même pas sur le tapis.  Notre solidarité générationnelle est compromise, car l’on pige dans les poches de la génération qui travaille et on les force à prendre leur retraite plus tard, que ceux qui ne travaillent plus sont mal nourri, maltraités, mal soignés et que celle qui étudie voit le fardeau de l’endettement s’agrandir chaque année.

Ceux qui maudisse le Québec au point de vouloir le quitter, le font soit car il le trouve fichu ou car ils ne pourront plus en tirer profit.  Le Québec gronde.  Qu’on en finisse avec la manipulation et les mensonges des chroniqueurs vendus, des comptables créatifs, des institutions bidon et des fondations de vitrines.  Vous qui aimez encore ce pays, qu’entendez-vous pour rejoindre le mouvement, à ajouter votre voix à ceux qui ont compris qu’un Québec nouveau est non seulement possible, mais qu’il existe déjà.  Le génie d’une nation se fait par ses deux tendances  organiques : une créative, survoltée et audacieuse;  l’autre, pragmatique,  calme et prudente.  Si l’une vient à ne plus exister, c’est tout l’ensemble qui s’écroule.  Nous avons besoin de vous, comme vous avez besoin de nous.  Nous sommes malgré nos différences, un et indivisible, et ce depuis toujours.  Nous avons trouvé le moyen dans le passé de démontrer notre solidarité lorsque la tragédie frappe, l’avons-nous oublié ? Si un printemps québécois doit avoir lieu, il doit être fait par tous ceux qui croient encore au Québec.  Il est temps de préparer les structures nécessaires pour que le prochain gouvernement serve véritablement le bien de la population.

Depuis que ce gouvernement est au pouvoir, la division entre la droite et la gauche s’est constamment agrandie.  Et depuis, rien ne bouge.  Il est temps de nous retricotter  serré et rejoindre les rangs de la vérité.  Pour le bien de tous, il doit partir !  Que l’on célèbre enfin le retour en force de la volonté populaire, celle d’une victoire sur le cynisme, celle où le bon sens reprend ses droits.

Cette union temporaire est nécessaire pour imposer à la classe politique un régime qui sert en premier lieu l’intérêt de la population et non celui des partis avec leurs tout-puissants chefs.  Lorsqu’on moment comme ça se présente, il ne faut pas hésiter à fonder un Québec nouveau.  Et il est impossible avec Jean Charest à sa tête.

Pour le bien de tous, Jean Charest doit partir. Pour notre bien, nous devons apprendre à être des Québécois.

Si on ne fait rien, c’est la haine qui étouffera notre démocratie. Si on continue dans cette voie, il sera impossible de retourner en arrière. Il est temps que cela arrête, il est temps que ça change.

Jean Charest doit partir.