Tag Archives: impôts

Petite mise en garde avant de commencer le printemps 2015…

12 Jan

L’annonce d’une grande contestation au printemps 2015, ne semble pas atteindre le gouvernement actuel. Malgré l’évidente adhésion d’une très grande partie de la population à la mobilisation contre les mesures d’austérité, le gouvernement Couillard ne semble pas broncher et garde le cap. Il est clair que les Libéraux cherchent le conflit.

L’horrible tactique du Parti Québécois lors de la dernière campagne électorale, donne l’impression aux libéraux qu’ils ont raison. Il faut se souvenir que les Libéraux ont perdu avec une marge très mince suite à l’élection qui a suivie le Printemps érable.  Ils veulent désormais en finir avec les syndicats et les étudiants.  Il semble que pour certains, le Printemps érable était une erreur de l’histoire, plutôt due à la collusion et la corruption qu’à un ras-le-bol généralisé envers les politiques néolibérales.

L’oeuvre « immense » des libéraux, le projet de pornographie comptable qu’est l’austérité est un rêve qui se discute depuis des dizaines d’années lors des réceptions des Chambres de commerce partout au Québec.  La crise créé par la Charte des Valeurs a en quelque sorte mis les libéraux au pouvoir par défaut. Pour certains, une telle occasion de remodeler le « modèle québécois » au goût d’une Élite en perte de vitesse, ne passera pas de sitôt. Leur tour va bientôt finir, aussi bien tout prendre pendant qu’on en a encore le temps…

Mais d’un autre côté, quel est le but des contestataires du programme d’austérité ? Malgré la grogne généralisée, les objectifs visées par les différents groupes sont forts différents.  Est-ce que toute la lutte qui s’en vient, mérite un adoucissement des mesures d’Austérité ou le statu quo ? Que ce soit dans le gouvernement actuel ou un autre…  Il faudra proposer autre chose.  Le but doit être de transformer le Québec et on doit s’entendre sur les moyens pour y arriver.

Couper moins c’est vouloir couper le reste plus tard. Il faut investir, arrêter de penser aux dépenses, mais aux revenus.  N’importe quel dirigeant de PME vous le dira, qu’il « vaut mieux penser à faire des piasses, que de sauver des cennes ».

L’histoire impose des actions, cependant personne n’ose les faire, car elles imposent par le fait même, un remaniement des structures de pouvoir.  C’est bien connu, les politiciens et les autres types de décideurs publics ne veulent pas trop faire de compromis sur ce point, afin de ne pas perdre leurs places.

Dans l’État actuel des forces politiques, rien ne semble annoncer un réel changement.  La contestation envers le PLQ et son projet d’austérité, apparaît presque virtuelle.

Il est évident que les syndicats seront le fer de lance de la constestation et ils se battront sûrement avec grande ténacité, mais à part démontrer son mécontentement et nuire à la circulation, que puissent-ils faire de plus?  J’espère que ces mêmes syndicats qui semblaient dépassés par les tactiques des jeunes lors du printemps 2012, auront appris deux ou trois choses utiles pour celui qui s’en vient…

Il ne faut pas oublier qu’incapables de s’emparer du pouvoir, les étudiants ont dû « jouer le système » et s’en remettre au bon vouloir du gouvernement Marois pour « Bloquer la hausse ».  Le goût de la victoire a été un peu fade, compte tenu de la mobilisation.  Il ne faut pas que des démonstrations contre l’Austérité, mais proposer quelque chose qui transcende les divisions actuelles de la société québécoise.

Les contestataires devront accepter d’accueillir les partis  (PKP compris) et ces mêmes partis (incluant le Grand Satan PKP en personne) devront laisser se transformer par la contestation.  S’il veut le pouvoir et même faire l’indépendance, le PQ devra arrêter de se comporter comme un culte occulte des conditions préalables pour arriver à l’indépendance pour se situer adéquatement dans le contexte politique.

Les Baby-Boomers préfèrent dorénavant mourir dans leur pisse, maltraités par un préposé aux bénéficiaires à qui on a coupé sa pension, que de voir un arabe déménager à côté de chez eux.  Même si tous les fétichistes du terroir aboyaient en même temps, cela ne peut garantir une majorité; tant que le PQ s’attachera à la Charte des Valeurs, il fera partie du problème.

En ce qui concerne Québec Solidaire, à part épancher une détresse qui n’est pas la sienne au banquet des corbeaux, des vautours, qu’a-t-il fait d’autre ?  « Ah oui mais, le PQ si, le PQ ça… », rien ne vous dérange par contre de prêter vos militants à un parti fédéraliste qui veut faire passer un pipeline avec Stephen Harper sur la seule terre qui nous appartient en ce monde, dirigé par un ancien ministre de Jean Charest qui a invité les Québécois à la dernière élection à voter pour Philippe Couillard.

Québec Solidaire, ce n’est pas que vos idées ne sont pas les bonnes et que vous ne faites pas dans l’ensemble du bon travail, mais dans le contexte actuel, vous ne pouvez atteindre le pouvoir que soit en « atténuant » vos intentions ou vous alliant par miracle au PQ. Choses que les plus radicaux ne vous pardonneront jamais.

Les anarchistes en ont fait autant, peut-être même plus, sans se donner de parti…

Oubliez tous les disciples aveugles de Gabriel Nadeau-Dubois, oubliez les itinéraires qui ne se donnent pas, oubliez les excès de langage, ainsi que les confrontations bêtes et sans valeur qui jouent en boucle dans le cirque médiatique québécois.   Les grands gagnants du printemps érable furent les anarchistes, leurs idées ont pénétré par sédimentation les différents domaines de la société québécoise. On commence à penser non seulement la politique et l’économie, mais également l’éducation, la sexualité et l’information autrement.  Autrement pour vrai.  Ce fut depuis longtemps, la seule énergie régénératrice qui eu lieu au Québec.  Tout le reste n’est que « préservation des acquis », division et survivance… Enfin pour certains, il y a des lendemains qui chantent !

Pourquoi eux ? Pourquoi cette idéologie que l’on croyait morte ou incapable ? Pourquoi ce rêve insensé et inatteignable ? Car se sont les seuls qui ne jouent pas selon les règles stupides de notre système actuel qui avantagent toujours les mêmes.

Ce système est mauvais.  Non car il est mené par des gens mauvais, mais car il dévore carrément ceux qui le servent, demandez aux policiers…  Votre hypothèque, votre pension, vos RÉER, votre paradis artificiel que vous devez à une banque et que l’on pompe à même vos impôts.  Vous n’avez rien dans vos poches, dites-vous ? Mais n’importe quel enfant du tiers monde voyant vos Biens dira que vous êtes riches, alors que vous devez sûrement la chemise que vous avez sur le dos…

Nous avons d’un côté une énergie immense qui ne veut pas se contenir et qui est incapable de produire des résultats probants; de l’autre, une machine étatique amorphe, où le changement n’est plus qu’un mot vide dans la bouche d’exécrables acteurs d’opérettes ne convainquant plus personne.  Ceux qui veulent diriger le Québec devront se laisser transformer par cette énergie, ou seront condamnés à faire comme les Libéraux, c’est-à-dire la combattre.

La confrontation à déjà eu lieu, elle a éveillé les consciences, mais elle n’a rien donné de concret. La confrontation pourrait toutefois au printemps 2015, les éteindre.  C’est une vérité qui est difficile à lire, mais le Grand Soir n’arrivera probablement jamais. Si vous suivez uniquement le chemin de la protestation, du remue-ménage et de la manifestation ininterrompue, vous donnerez leurs 15 minutes de gloire à une bande d’idiots sans talent qui ne croient pas avoir eu leur dû lors du Printemps érable.

Le Bien commun passera deuxième, tous ces émules de blanquistes et de guédistes impénitents veulent leur grève sociale, et ils l’auront.  Cependant, répéter la tactique du printemps érable ne donnera rien.  Toutefois, jouer le jeu des parlementaires ne donnera rien non plus. Au projet de la confrontation, du déni de la justice et de la division, il faut répondre par un projet du peuple, par le peuple, pour le peuple.  Qu’on demande aux citoyennes et citoyens ce qu’ils veulent et que l’on trouve un « compromis naturel » sans l’aide du PLQ. Il y a mieux que cette haine intérieure qui sert que les desseins des usurpateurs du Bien commun.  L’heure n’est pas à la destruction, mais à la création.

Publicités

Comprendre le Principe de la Péréquation

28 Août

Bon à chaque fois que l’on parle de la place du Québec au sein de la fédération Canadienne, y’a toujours quelqu’un qui revient à la péréquation. Disant que le Québec est une nation de profiteurs, vivant aux dépens de provinces riches.  Des gens de droite, allant même jusqu’à dire que le Québec est sur le BS et qu’il se paie des programmes de luxe sur le bras de l’Alberta…

Premièrement, les provinces riches ne paient pas de la péréquation, c’est toutes les provinces qui en payent.  C’est jusque certaines provinces n’en reçoivent pas…

Pour vous vulgariser le principe de la péréquation,  je vais vous faire une petite analogie.

10 amis décident de vider leurs poches et de mettre leurs petits changes sur la table. Ils décident ensuite de se les partager également entre eux. (J’ai mis des noms full ministère de l’Éducation, pour ne pas trop vous déstabiliser)

Noms des amis Petit change dans leurs poches Petits change après partage différence
Anita 1,25 $ 3,30 $ +2,05 $
Germaine 8,00 $ 3,30 $ -4,70 $
Ibrahim 5,10 $ 3,30 $ – 1,80 $
Carlos 3,20 $ 3,30 $ +0,10 $
Lili-Anne 2,55 $ 3,30 $ +0,75 $
Cédrix 1,35 $ 3,30 $ +1,95 $
Claudio 0,80 $ 3,30 $ +2,50 $
Yasmina 4,75 $ 3,30 $ -1,45 $
Charley 3,50 $ 3,30 $ -0,20 $
Sophia 2,50 $ 3,30 $ +0,80 $
Total 33,00 $ 33,30 $ 0,00

Ce que les plus riches donnent c’est 8,15 $ aux « plus pauvres »…   en fait, tout le monde détient la moyenne de la somme de tous le change contenu dans les poches des petits amis…

Et là vous vous dites : «  Ben là ! On vole les plus riches ! On est des osties profiteurs ! L’Alberta a raison d’être en maudit ! » Bon, cet exemple-là c’était pour vous faire comprendre le principe du partage des revenus selon une moyenne…

Dans le cas du Canada, le principe est un peu plus complexe… mais pas tant…

Tout d’abord, chacune des provinces envoie de l’Argent au fédéral par des taxes, des tarifs, des redevances et des impôts… et ça fait un gros « pot » dont le fédéral se sert pour payer tous ses programmes et tous ses services…  Habituellement, 40 % des revenus proviennent de l’Ontario et 20 % du Québec, et c’est environ 12 % chacun pour l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Sauf que par habitant, l’Ontario et le Québec se retrouvent sous la moyenne Canadienne et reçoivent donc de la Péréquation…

Car on calcule les montants de revenus fiscaux par habitant dans chacune des provinces et on le compare au montant des revenus fiscaux moyen pour chacun des Canadiens.

Si le résultat est négatif, par exemple la province x envoi 500 $ de moins par habitant en revenu fiscal que la moyenne canadienne, bien le fédéral envoie 500 $ par habitant pour cette province. Si la province x a 5 000 000 d’habitants, le fédéral envoi donc 2,5 milliards de dollars à la province x.

Déjà là, ça mets les choses en perspective… quand on regarde le montant total on se dit 2,5 milliards c’est immense ! à 500 $ par personne, divisée par 365 jours, ça revient à 1,37 $ par personne, par jour…

Pour vous donner une idée le Québec a reçu en  2013-2014 7,8 milliards de péréquation au total pour un montant équivalent 961 $ par personne… ce qui signifie que le Fédéral a  envoyé  à chaque Québécois 2,62 $ par jour…

Il faut comprendre que le Québec dans l’absolu n’a pas nécessairement besoin de cet argent et l’augmentation du montant de péréquation ne signifie pas pour autant que le Québec s’appauvrit.

Prenons encore une fois un pays fictif avec 10 provinces fictives qui comporte tout le même nombre d’habitants, pour expliquer cet autre élément de la péréquation.

Péréquation en 2014 pour pays fictif

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 550 $ 450 $
2 200 $ 550 $ 350 $
3 300 $ 550 $ 250 $
4 400 $ 550 $ 150 $
5 500 $ 550 $   50 $
6 600 $ 550 $
7 700 $ 550 $
8 800 $ 550 $
9 900 $ 550 $
10 1000 $ 550 $

Donc, imaginons maintenant  qu’il y a eu l’année suivante des difficultés économiques dans la province 10

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario A)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 460 $ 360 $
2 200 $ 460 $ 260 $
3 300 $ 460 $ 160 $
4 400 $ 460 $ 60 $
5 500 $ 460 $
6 600 $ 460 $
7 700 $ 460 $
8 800 $ 460 $
9 900 $ 460 $
10 100 $ 460 $ 360 $

Même résultat, mais baisse de la Péréquation… pour les provinces 1,2,3,4, et 5 n’en reçoit désormais plus… on pourrait croire que leur situation économique s’est améliorée, mais il n’en n’est rien…

Imaginons maintenant que toutes les provinces ont amélioré leur situation, mais qu’une l’a amélioré beaucoup plus que les autres :

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario B)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 200 $ 790 $ 590 $
2 300 $ 790 $ 490 $
3 400 $ 790 $ 390 $
4 500 $ 790 $ 290 $
5 600 $ 790 $ 190 $
6 700 $ 790 $   90 $
7 800 $ 790 $
8 900 $ 790 $
9 1000 $ 790 $
10 2500 $ 790 $

Augmentation importante de la Péréquation, malgré le fait que la situation de tous s’est améliorée, les provinces les plus pauvres ont l’air de « profiter » encore plus du système, alors qu’il n’en est rien, le montant de péréquation augmente parce qu’une province a augmenté sensiblement plus que les autres, les tirant ainsi « vers le haut »…

Alors la péréquation c’est quoi ?

La péréquation c’est une mesure statistique, recevoir de la péréquation ne signifie pas pour autant que la province est pauvre, elle envoie seulement moins de revenus fiscaux par habitant que la moyenne canadienne.

La Péréquation est une mesure pragmatique.  Elle a été mise en place pour favoriser le développement des provinces moins fortes économiquement, mais surtout pour atténuer les effets de concentration de certaines activités économiques, qui sont en fait un phénomène normal dans un État.  Par exemple, le secteur financier à Toronto fournit beaucoup d’activité économique et donc beaucoup de revenus à l’État.  Mais ce n’est pas parce que cette région a été magiquement meilleure que les autres pour recueillir une telle concentration, c’est au gré des changements économiques et des décisions des compagnies de centraliser un peu plus leurs activités… De plus, les provinces « plus pauvres » fournissent la main-d’œuvre qui ira travailler dans les provinces les plus riches qui en demandent de plus en plus…

La « fausse richesse » du Canada

Il faut comprendre que dans l’économie actuelle les certaines matières premières sont surévaluées, et les provinces qui les produisent comme l’Alberta et Terre-Neuve pour le pétrole, ou la Saskatchewan pour la potasse, vont augmenter la part des revenus fiscaux au Canada.  L’Ontario et le Québec par exemple ne sont pas pauvres, elles ont juste le « malheur » de ne pas avoir ces ressources en abondance sur leur territoire…

À vrai dire, le Canada profite de la conjoncture économique qui favorise l’exploitation de ressources énergétiques, même à fort prix.  Les taux de croissance vertigineux du continent asiatique permettent de gonfler les redevances sur le pétrole ou d’autres métaux.  Mais tout le monde semble croire que cette manne sera temporaire, ce qui pourrait mettre un train à l’exploitation coûteuse en investissement du pétrole canadien (sable bitumineux, plate-forme maritime, pétrole de schiste…)  à titre d’exemple, suite à la crise financière de 2008, l’Alberta a passé d’un surplus à un déficit, si le marché du pétrole n’avait pas repris, la situation aurait été catastrophique.

Que doit faire le Québec pour ne plus recevoir de péréquation ?

Le Québec a un certain avantage face aux autres provinces, elle ne dépend presque pas des matières premières, donc est moins fragile face à la spéculation… Si notre dette est plus grande, on peut mieux prévoir sur le long terme et mieux contrôler sa croissance…

L’Alberta ne paie pas les garderies à 7 $ avec la péréquation (on n’est pas surtaxé au Québec pour rien), mais cependant elle paie pour le manque de productivité de nos entreprises.  L’Allemagne et le Japon n’ont pas de pétrole et pourtant ce sont des superpuissances économiques. Pourquoi ? Car leurs entreprises se sont concentrées sur les produits à très haute valeur ajoutée.  Ces entreprises nécessitent des employés de qualité, formés dans un système d’éducation des plus performants, et avec un financement d’un État qui force littéralement ses entreprises à investir massivement dans la recherche et développement.

L’Économie québécoise elle, s’est rebâtie dans les années 90 en profitant du libre-échange avec les États-Unis en fabriquant des produits peu coûteux, grandement dus à un dollar canadien faible.  Lorsque le prix du pétrole a fait monter notre dollar, les entreprises québécoises offraient dorénavant des produits moins bons et plus chers… Qu’on fait les entreprises ? Elles ont cherché à améliorer leur compétitivé, c’est-à-dire baisser les salaires de leurs employés et s’arranger pour payer moins d’impôts, afin d’offrir un prix raisonnable…

Moins de salaires et moins d’impôts, entraînant alors un cycle d’appauvrissement général…  De là, la volonté des gouvernements libéraux à attirer les investissements étrangers à tout prix quitte à détruire l’environnement, des citoyens à demander de baisser leurs impôts, de réduire les programmes sociaux et le nombre de fonctionnaires, ce qui finit par engendrer une perte de revenus, ce qui nous enfonce encore plus dans le… problème…

On n’a un sérieux coup de barre à mettre dans l’économie québécoise, ça, c’est vrai.  Mais ce n’est pas en coupant qu’on va arranger les choses.  L’Austérité ce n’est qu’une nouvelle façon de pelleter le problème en avant, au lieu de l’envoyer dans la dette, on le donne au reste de la population par un manque de revenus, qui finit par grossir la même dette publique…

Afin de sauver l’avenir de tous les Québécois, il va falloir que nos entreprises (et les riches qui en profitent) fassent un effort supplémentaire, un investissement dans sa propre population par (oh arrière Satan !) le biais d’impôts et de taxes.  D’un autre côté, l’État et les syndicats devront changer leurs façons de faire… Je ne veux pas trop élaborer sur les modèles de gouvernance à adopter, mais si nous voulons être plus riches collectivement, il va falloir investir dans notre avenir, et l’argent ne tombera pas du ciel.  Il faudra tous faire des sacrifices, mais au moins ceux-ci pourront être payants à l’ensemble de la population, surtout aux moins nantis, ce qui est toujours mieux que de donner de l’argent aux riches en s’appauvrissant collectivement.

L’État et la Misère

7 Sep

S’il y a un débat qui ronge notre société, c’est bien celui de la place de l’État dans notre société.  Au Québec, les camps sont bien défini et les arguments sont à peu près les mêmes.  D’un côté, il y a les lucides que l’on qualifie de néo-libéral.  Leur point de vue est assez simple, on n’a pas assez d’argent, on aura encore moins d’argent dans le futur, on a trop de dettes, il nous faut plus d’argent pour arranger tout cela, donc nous devons faire appel au privé pour pouvoir offrir des services adéquats à la population.  De l’autre on retrouve les solidaires qui se disent altermondialiste, environnementalistes et féministes (au fond ce sont des socialistes qui n’osent plus dire qu’ils sont socialistes).  Leur point de vue est le suivant, depuis le virage néo-libéral et la fin de l’État providence, l’écart entre les riches et les pauvres ne fait que s’agrandir, la situation des moins nantis ne s’est jamais améliorée et les services publics ne font que se dégrader.  Il faut que les riches paient leurs justes part et augmenter les impôts pour que les services publics soient de première qualité.  Tout se résume alors, à plus d’État ou moins d’État.

Je crois tout de même que ce n’est pas là qu’il faut regarder.  La place de l’État, n’est qu’une question secondaire à mes yeux.  Dans ce cas-ci, je crois que l’on a mélangé quantité avec qualité.  L’État est supposé être le reflet des aspirations collectives d’une population.  C’est-à-dire qu’une nation assemblée en corps délibératif va établir des institutions vouées à son bien-être collectif.  Ceci est toutefois de la théorie politique.  Ce que cela veut dire en terme pratique est que l’État ou toute institution publique ne doit pas être étrangère aux gens qu’elle est supposée servir.  En  fait, l’État doit servir la population et non le contraire.
L’accroissement de l’écart entre les riches et les pauvres est un fait admis par bon nombre de chercheurs s’expliquant entre autres par l’appauvrissement de la classe moyenne. Les longues années du règne néo-libéral, si elles ont pu enrichir les nations, elles n’ont pu enrichir la majeure partie de la population au niveau individuel.  L’écart entre le riche et le pauvre est un mal qui est de toutes les époques, loin de moi d’avoir la prétention de pouvoir l’éradiquer.  Ce qui me consterne, c’est plutôt le manque total d’empathie de la population envers les problèmes d’autrui, surtout en ce qui concerne les personnes les plus démunies de notre société. Nous en sommes arrivés à une banalisation de la misère humaine.

Si la charité Chrétienne avait ses défauts, on imposait toutefois un lien entre celui qui possédait et celui qui ne possédait pas.  On insérait, souvent par culpabilité, une pensée envers ceux qui avait moins de chance que nous.  Au Québec, la Révolution tranquille en fait en sorte que les services sociaux ont passé des mains de l’Église à celui de l’État.  Si les idées et les services étaient plus progressistes (et souvent plus efficaces),  l’État, en nouveau maître de la société, venait interférer entre les individus. Il déclara ensuite, par souci d’équité et d’efficacité, qu’il fallait laisser cela aux gens compétents.  Petit à petit, les gens ce sont mis à croire que le système fonctionnerait tout seul. La philanthropie n’est pas tout, mais tant et aussi longtemps que la collectivité ne prendra pas charge de ses propres problèmes, ils existeront toujours

L’État est passé maître dans l’art de contrôler, surveiller, normalisé, punir, d’inspecter, mais pour rendre les humains plus humains, ça jamais.  La bureaucratisation fait en sorte, à la longue, que personne n’a de compte à ne rendre à personne, que la responsabilité individuelle devient diluée dans un système plus important que la somme de ses employés mis en commun.  Malgré cela, avec tous les différents programmes qu’il met de l’avant, l’État contrôle tous les aspects ou presque des moins bien nantis.  Il le paye, le loge, le surveille, le catégorise, le soigne, l’éduque, pourtant il est incapable de le sortir de la misère.  L’État ne le sauve pas, il le gère dans une froide logique de réduction des méfaits. Pire encore, un arbre, un marécage ou un édifice historique vaut plus qu’un jeune qui se retrouve dans la rue après une série incessante d’abus.

D’autres vous diront alors qu’il faut se tourner vers le communautaire.  Je ne veux pas déplaire à personne, mais les groupes communautaires sont souvent des initiatives prisent par un groupe et non par une assemblée de citoyens représentative d’un milieu. Le nom « communautaires » viens plutôt de
la clientèle visée, les communautés et dans la majorité des cas, les communautés pauvres.  Les gens des groupes communautaires mettent sur pied des services qu’ils croient que l’État aurait dû prendre, et souvent ils survivent grâce aux secours de subventions. Ce sont en quelques sortes des groupes de
pressions faisant de la sous-traitance pour l’État.  On se demande alors ce qui est le plus important, la clientèle ou la cause ? Les communautés peuvent alors devenir otage de ces groupes.  La bureaucratie si elle froide et inhumaine, elle ne fait aucune politique, tandis que les groupes communautaires ont souvent des griefs contre le pouvoir en place. C’est à se demander si dans certains cas, il ne faut pas être converti pour avoir accès aux services qui devrait nous être fournis sans distinction, de par notre
statut de citoyen.

L’entraide doit devenir un désir collectif, c’est-à-dire partagé et géré par une collectivité.  Ce n’est en aucun cas un outil politique, un acte de pouvoir sert habituellement celui qui le commet. Que nos intention soient bonnes ou non, une situation si grave que la pauvreté, ne se règlera pas tant et aussi longtemps que la population ne partagera le désir d’apporter une solution au problème.