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Les nouvelles tendances politiques au Québec

24 Avr

En tant que super chasseur de tendances et sommité intercontinentale de l’Actualité politique, il est de mon devoir de vous révéler les nouvelles tendances qui auront lieu au cours du printemps-été-automne 2015 au sein du paysage politique Québécois.  Voici donc les nouveaux venus qui peut-être influenceront (on ne l’espère pas), les débat sociaux de l’avenir…

La Race Bilingue

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Il y a de ces gens qui semblent tout droit sortis d’un vidéo corporatif du gouvernement du Canada… ils ont des noms du genre Jeffrey Thibeault, Laurent Smith, ou du genre Huong-Kim Gretzky…  Ils parlent les deux langues officielles comme Jean Chrétien et ils ne font que démontrer leur super dévotion pour le « plusse-meilleur pays au monde ».  Cependant, ils n’arrêtent pas de chialer contre le système, le gouvernement, les autoroutes, la SAQ, Radio-Canada… en fait, tout est mieux en Ontario et c’est encore meilleur aux États-Unis… où ils vont sûrement déménager dans quelques années, car ils ont un bunch de cousins qui restent là…

La seule émission québécoise qu’il regarde c’est la Poule aux Oeufs d’Or, la seule émission Canadienne c’est Hockey Night in Canada et seul bout qu’ils aiment c’est l’édifient commentaire de Don Cherry… Pour le reste, c’est des émissions des States… Ce sont eux qui achètent la Molson Canadian à l’épicerie (maintenant vous savez), en plus d’être les seuls qui savent qui est Anne Murray sur le territoire du Québec (don’t ask).

Projet de Société : Canada all the way ! Coast to coast ! …mais maudit qu’ils ont hâte de déménager en Floride, avec leur cousine Sharreen Beaulieu d’Halifax et leur neveu Jean-Pierre Gonzalez de Sudbury… et aussi, ils devraient avoir le droit d’envoyer leur enfant à l’école l’anglaise, privée évidemment…

La Solution à tous nos problèmes, selon eux, est de voter infiniment pour Justin Trudeau et Philippe Couillard, ou tout autre individu désigné par la famille Desmarais….

Le Terroir 2.0

On a tous un oncle ou une tante qui post des infographies… euh non, des images MS Paint poches, dignes d’un collage d’un enfant de maternelle ayant pour sujet la Charte des Valeurs et/ou la menace engendrée par les « extrémistes »… Malheureusement, leur cohérence idéologique est aussi forte que leur talent pour créer dequand-vieux-essaient-l-informatique_6wmqt_37mtjos images de propagande simpliste. À un post Facebook avec une image d’une madame voilée qui prie à La Ronde (canular en passant) titrée : « il est temps de sortir la Religion du Québec, pour une société Laïque », ils t’en ressortent une autre deux plus plus tard : « Le Crucifix doit rester à l’assemblée Nationale ! »… et lorsque le temps des Fêtes arrive (oui le Temps des Fêtes, y’a plusieurs fêtes…faque on dit Temps des Fêtes… on dit Joyeux Noel, le jour de Noel et Bonne année, au jour de l’an… y’a pas de complot islamiste, c’est juste l’ostie de gros bon sens) et bien, accroche ta tuque en Phantex avec de la broche, parce que là tu vois une multiplication des posts sur les interdictions de sapins de Noël survenus en 2007 et le retrait de crèches dans un autre pays, étant plus intense que celle opérée par Jésus sur les pains et des poissons dans un désert quelconque de Judée, il y a genre 2000 ans… Sauf que Noël, c’est tellement important qu’ils ne daignent même pas aller à la messe de Minuit, parce que les enfants braillaient trop pour ouvrir leurs cadeaux et que anyway ils étaient beaucoup trop saouls pour conduire…

Pour eux un débat d’idées, c’est les commentaires en bas d’un article du journal de Montréal ou sur la page FB de TVA Nouvelles… Aussi, une anecdote d’une madame de Blainville leur semble plus crédible qu’une étude scientifique…

Projet de Société : Un État Laïque qui interdit toute les religions… sauf la leur… parce que c’est du Patrimoine… pour continuer le travail commencé lors de la Révolution tranquille où on s’est enfin délivré de la Religion catholique et du pouvoir nocif des curés… (confus ?)

La Solution à tous nos problèmes est un triumvirat composé du conseiller municipal d’Hérouxville, Bernard Drainville et du maire de Saguenay, Jean Là Là Tremblay…

Les impérialistes Montréalais

Les impérialistes Montréalais ne vivent pas à Montréal, ils SONT Montréal ! Ils trippent sur l’Impact, achètent des vinyles en quantité industrielle, roule en Bixi…  Tout ce qui est partagé avec le reste du Québec est ringard…Ils clament qu’ils ne regardent jamais la télé, ce sont eux qui étampent partout sur les réseaux sociaux qu’ils ne regardent pas les éimpérialiste montréalaismissions de télévision populaires pendant qu’elles jouent… (comment ça ils savent l’heure de l’émission ?) et ils écoeurent le reste de la planète avec « Série Noire ». Ils désirent le retour des Expos, mais aucunement celui des Nordiques, car Québec ce n’est pas une ville (ils n’ont même pas de Métro). Ils réclament plus de films de Xavier Dolan et voudraient manifester à l’année, afin de pouvoir scander Fuck the Police (le Groupe de musique et le SPVM) !

Au delà des Couronnes Nord et Sud, c’est le néant absolu.  Trois-Rivières, c’est la campagne; Drummondville, c’est le désert; et Québec City, c’est le Mordor !  Pourtant, ils savent plus que quiconque ce qu’il faut faire pour les Régions, les abandonner… ou en faire des colonies où des missionnaires propageront les nouvelles connaissances dans la domaine de la cuisson du grilled-chesse, du post-rock garage, des fixees, de l’anarcho-féministe radical ou des schémas tactiques du 11 montréalais…

Projet de Société : que Montréal impose son hégémonie sur l’ensemble du Québec… du Canada, ensuite sur le monde entier et peut-être même Brooklyn…

La Solution à tous nos problèmes serait d’être géré par un comité anarcho-communiste composé d’Amir Khadir, de la fille d’Amir Khadir, Xavier Dolan, un cuisinier dans un restaurant de Grilled-Cheese de Luxe, 3-4 chroniqueuses féministes, Anarchopanda, 2 aficionados du Marché Jean-Talon, ainsi qu’un propriétaire d’une boutique de Vinyles…

Les Rednecks de Région

Dans les Régions, il y a les gens des Régions… mais plus tu vas creux dans le bois ou dans les terres, plus t’as de la chance de croiser les Rednecks de Régions… tsé le monde qui se pointe en habit de chasse à un party de Noël ou à un enterrement…cletus

Ces gens-là, trippent un peu trop sur Bob Bisonnette, répètent mot pour mot les argumentaires des animateurs de RadioX… et passent leur journée à se saouler à la Coors Light ou toute autre bière avec un nom semble provenir des States.  Leur plus grande aspiration est le retour des Nordiques (Nordiques Nation !!!!!), et tout commentaire sur le fait qu’on s’est fait fourrer avec la construction d’un amphithéâtre de 400 Millions qui ne va servir qu’à accueillir une équipe de hockey junior, est répondu par un coup de shot-gun…

Pourtant, leur plus grand sujet de débat semble être au sujet de la meilleure marque de pick-up sur le marché, et ce même s’ils conduisent une Sunfire 2001 orange avec des stripes vertes… Ils sont du genre à accrocher un drapeau confédéré dans leur garage ou même dans leur cuisine, sans savoir ce que ça représente… mais bon c’est des Rednecks…

Ils aiment leurs femmes chaudes et leurs bières froides, mais ils passent la majeure partie de leur temps à boire de la bière tiède dans le bois, tout seuls..entre gars… loin des regards…

Pour eux, une randonnée ça se fait en skidoo, le taux d’alcoolémie et la limite de vitesse c’est une suggestion, les aliments biologiques sont les framboises que tu ramasses dans le fossé sur le bords de la route (après avoir perdu le contrôle de ton char parce que tu roulais trop vite et que tu étais trop saoul), une maison à 150 000 $ c’est un château et croiser un feu de circulation est un événement !

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Projet de société : un État qui coupe dans tout, sauf le sport et aider nos entreprises; qui s’attaque aux syndicats, aux féministes, aux étudiants, aux écologistes pis toutes les autres osties de BS et qui tabasse tous ceux qui perturbent notre modèle de développement économique basé sur une exploitation intensive des ressources naturelles et les baisses d’impôts…(oh wait !)

La Solution à tous nos problèmes c’est moins de gouvernement, plus de police ! …et des guns pour se protéger de la police…

Les ci-devant épicuriens de la Haie-de-Cèdres

Le terme « ci-devant » signifie « auparavant » et était utilisé lors de la Révolution française pour désigner les anciens aristocrates qui dépossédés de leurs pouvoir, peinaient à se positionner dans ce « monde nouveau ».  C’est un peu la situation dans laquelle se retrouvent nos épicuriens de banlieue qui veulent toujours profiter de la vie, mais cherchent désespérément à avoir une conscience sociale… Ils sont en période de transition depuis genre 10 ans, donc ils sont très mêlés… Certains sont des habitants de la banlieue déménagés à Montréal, d’autres d’anciens Montréalais rendus dans le 450… Ils roulent en vélo en banlieue, mais se promènent en voiture à Montréal… Ne veulent pas de pesticides sur leur pelouse, mais veulent continuer de faire la guerre aux mauvaises herbes… Ce sont les amants du politically correct et du yogourt sans gras.lawnmower_repair1hampshire

Ils reçoivent des paniers de légumes bio, boivent du café équitable, et mangent des oeufs de poules en libertés, mais capotent lorsqu’un Subway ouvre à deux rues de chez eux… Ils regardent La Voix, mais enregistrent « Tout le monde en parle ». Ils se disent ouverts à l’immigration et à la différence, mais ils ne veulent pas que des « étranges » deviennent leurs nouveaux voisins. Ils regardent des films en anglais sous-titrés en français, conduisent un SUV hybride et pour eux, une mobilisation c’est acheter un produit où une partie des profits ira à une oeuvre de charité quelconque… Ils participent également à tous les défis « un mois de si », une « semaine à faire ça » ou la « journée sans faire une autre affaire »… et ils te gossent solide pour te le rappeler…

Politiquement, ils sont mêlés, ils veulent du changement mais pas trop… c’est le genre de monde qui hésite entre voter pour la CAQ ou Québec Solidaire…

Projet de société : Un Québec indépendant, dans un Canada fort… qui fait la lutte aux changement climatiques et qui vise à réduire les inégalités… mais sans affecter notre développement économique et l’exploitation de nos ressources naturelles. (coudonc, j’suis en train d’écrire le programme de Pauline Marois moé là…)

La solution à tous nos problèmes serait un gouvernement minoritaire stable… ou bien la résurrection de Jack Layton…

Les Mystiques écologiques

On connait tous quelqu’un qui est disparu et qui réapparu sur Facebook, en publiant des photos de son voyage en Amérique Latine… et puis qui vit désormais quelque part en campagne, on ne sait pas trop ce qu’il fait, mais ce en quoi il croit… oh ça, on le sait ! Comme tout bon écologiste, il s’est battu contre le projet de port pétrolier à Cacouna et fait à la guerre au Pipeline d’Energie Est, mais il répand également sa page Facebook de curieux vidéos sur les Chemtrails, les souffrances des élevages d’animaux pour la fourrures en Chine, de la disparition d’une grenouille quelconque en Amazonie, en OLYMPUS DIGITAL CAMERAplus d’insulter le sinistre individu qui aura l’audace de photographier son steak et le publier sur les réseaux sociaux. Il est rempli de désarroi, car la planète entière n’est pas Végétalien comme lui… en plus de considérer Greenpeace et Équiterre comme des maudits posers travaillant pour le compte des illuminatis.

Son ennemi mortel est Monsanto qui est la cause de tous les problèmes sur la terre.  Ils ne veulent plus de pesticides, et ils portent une attention toute particulière à la provenance de leur bouffe, mais se fouttent bien par exemple de celle de leur weed qu’ils fument comme des cheminées… Ils publient des liens vers toutes les études scientifiques prédisant l’Apocalypse si rien n’est fait pour contrer les changements climatiques, mais sont anti-vaccins… et croient à toutes sortes de théories nouvel âge sur les champs d’énergie ou les auras, quand ce n’est pas de prétendre qu’on peut guérir le cancer avec du jus de racine…

Habituellement, on n’invite pas ces gens-là à souper chez nous, car il n’y a rien d’acceptable pour eux dans notre garde-manger, et quand on va chez eux, bien… ça goûte le carton… Ce sont eux qui achète de l’Hydromel à la SAQ (maintenant vous savez).

Projet de Société : Vivre en harmonie avec la nature, même si cela équivaut à éliminer la moitié de la population de la planète.

La Solution à tous nos problèmes serait un gouvernement du Parti Vert ou donner le droit de vote aux animaux, ce qui nous mènerait à gouvernement dirigé par des Bélugas. (cool !)

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De la liberté au temps du Printemps 2015… Partie 1 : Pourquoi déteste-t-on autant les carrés rouges ?

4 Avr

Pourquoi déteste-t-on autant les carrés rouges ?

Je ne commencerai pas ce texte avec un diagnostic pessimiste de la société québécoise avec une longue tirade sur mon incompréhension devant un gouvernement oppressif qui ne veut pas tendre l’oreille vers sa jeunesse, son propre avenir…

On vous l’a fait depuis le printemps Érable, ça n’a pas l’air de vous attendrir plus qu’il ne faut… Mais pourtant, un récent sondage de CROP prétend que 40 % des Québécois voudraient que la priorité du gouvernement soit la lutte à la pauvreté et non de « faire le ménage » dans nos finances publiques avec un programme d’austérité.  De l’autre côté, les économistes découvrent que les déficits annoncés par le gouvernement Couillard, sont en fait des surplus masqués

Alors pourquoi il y a seulement les étudiants dans la Rue ? Et pourquoi les « gens ordinaires » les détestent-ils autant ?  Et surtout, pourquoi ne font-ils rien pour contrer des hausses de tarifs et des coupures de services qu’ils ne veulent même pas ?

Cette apathie généralisée et le cynisme ambiant pourraient vous sembler comme une nouveauté, un phénomène récent qui déstabilise les penseurs, et qu’il n’y a pas vraiment de solution à ce problème.  Et si je vous disais, que ce que nous vivons collectivement aujourd’hui, une homme l’avait prédit il y de cela 175 ans…

Non seulement il l’avait prédit, mais il en avait vu la cause. Non pas dans une corruption généralisée de ses dirigeants ou un corporatisme syndical d’une Élite gauchiste, mais dans le régime démocratique lui-même, les citoyens abandonnant peu à peu, leur liberté pour le confort et les petits plaisirs personnels.

Ainsi, c’est Tocqueville plus que tout autre qui décrit le mieux notre situation dans ce fameux extrait de la démocratie en Amérique (Tome II) :

C’est que la Liberté fait peur, nous angoisse, et l’exercer (comme le font les étudiants en ce moment), peut nous apporter de graves conséquences, comme le démontre cet autre extrait de Jacques Ellul :

Alors, pourquoi parlons-nous autant de Liberté !  Pourquoi devant l’exercice de la liberté, d’autres répondent-ils par l’imposition d’une « autre liberté » ? Ou, pourquoi des amoureux déclarée de la liberté, ne veulent aucunement que les autres en fassent l’exercice ? Pourquoi, ces appels à la brutalité policière ou même à l’armée à chaque fois que les étudiants descendent dans la rue ?  Pourquoi ces propos diffamatoires ou même haineux, envers les étudiants ? Pourquoi cette répétition de billets orduriers, sans aucun faits, ni proposition concrète au sujet de la grève ?

Pourquoi tant de gens supposément dotés de capacités de réflexion plus qu’adéquates, s’enfoncent dans l’émotion et la sentimentalité pour un programme dont la réussite est plus qu’hasardeuse, tandis que les « méchants casseurs anarchistes » sont capables faire des propositions concrètes intéressant même les trois partis d’opposition ?

Mais quelle est donc cette liberté remplie de haine ?

Ici Slavoj Zizek tente une réponse :

Ce que ces exaltés de « drettistes » veulent ce n’est pas la liberté, mais cette obsène liberté… de conduire imprudemment, de consommer de la drogue, d’agresser des filles, de se battre à la sortie des bars, d’acheter des marchandises volées, de travailler au noir, et bien d’autres choses.  Selon eux, et quelques fois ils n’ont pas tort, un régime plus équitable profiterait à l’Élite gauchiste (c’est à dire les artistes, les fonctionnaires et les intellectuels) qui pourraient se permettre des transgressions, tandis qu’eux, se feraient sermonner à longueur de journée par un État qui ne leur apporterait que de minces avantages.

Ils ne veulent pas s’engager dans un processus afin d’améliorer leur condition et celle de la collectivité, car ce qui est « bon  pour eux » est défini par des gens qui leurs sont étrangers et ils ont trouvé un moyen de profiter du système, même si ce dernier se relève auto-destructeur…

Comme par exemple, le choix de polluer avec un « gros char », car le choix ne pas polluer est décidé par une Élite qui ne comprend pas leur condition.  Pourtant, ne pas polluer est logiquement une meilleure chose que de polluer, que ce soit pour nous-même ou pour les autres.  Par contre, imposer un choix sur les autres, même s’il est logique et nécessaire, est désormais perçu par celui qui se le fait imposer, comme un manque de respect, une atteinte à sa dignité, un déni de reconnaissance de son individualité… Ce qui poussent les personnes à se radicaliser, car tout compromis politique, devient alors une trahison personnelle.

Les gens de droite pourraient retourner les mêmes arguments aux carrés rouges, et autres progressistes, en leur disant qu’il faut faire des sacrifices pour sauvegarder les finances de l’État, et que cette lutte contre l’Austérité n’est qu’un prétexte pour perturber et faire de la casse. Cependant, si des changements doivent être apportés aux finances publiques, la nécessité de mesures d’Austérité aussi intenses, est fortement discutable.  Tout cela devrait plutôt être un débat stérile entre économistes, technocrates, syndicats et dirigeants d’entreprises, et non une crise sociale à l’échelle nationale !

Les idées politiques deviennent tellement intégrées dans l’identité que si quelqu’un à une idée contraire à la tienne, il devient moins humain.  Une idée doit rester une idée, c’est à dire que l’on peut changer d’idée, lorsque quelqu’un nous prouve que son idée est meilleure que la nôtre.  Chose que l’on apprend encore dans quelques facultés universitaires…  Car la politique dans un contexte démocratique, c’est transformer des institutions, améliorer des programmes, s’assurer du bon fonctionnement des nos organismes publiques, avoir des finances saines et qui profitent à l’ensemble des citoyens, où chacun peut exprimer ses idées dans un contexte sécuritaire et respectueux.  La démocratie ce n’est pas 50%+1 qui écrase 50%-1, car telle est la volonté de la Majorité silencieuse ou pas, la démocratie ne se résume pas qu’aux élections, il y a également toute une structure légale qui l’accompagne, assurant les libertés individuelles, de plus les organisations civiles suivent également les principes démocratiques.

Le refus du dialogue et l’utilisation de la ligne dure, peut rassurer les ministres libéraux autant qu’ils le veulent, mais il ne se construit pas en ce moment, un monde basé sur les « valeurs libérales ».  Ce que les partisans de l’Austérité essaient de faire, ce n’est pas vraiment d’assainir les Finances publiques, mais plutôt d’en finir avec leurs ennemis politiques.  Chose qui semble avoir un vif succès, car même ceux qui rouspètent contre les hausses de tarifs et le gaspillage de fonds publics, tombent automatiquement du côté du gouvernement libéral lorsqu’il frappe les étudiants et les syndicats.  Le débat est si personnalisé que l’on s’attaque plus à ceux qui nous critiquent qu’au problème lui-même.  Malgré tout, on peut utiliser toute la répression que l’on veut, nier l’évidence ne la fera pas disparaître…

Réaction sur le sondage bidon CROP/La Presse au sujet de l’intégrisme religieux

21 Fév

Bidon ! Bidon ! Bidon !

Je m’excuse, mais le sondage envoyé miraculeusement aux lecteurs de La Presse, en pleine crise de confiance envers le gouvernement Couillard à l’aube du « Printemps 2015 » est d’une malhonnêteté tellement crasse que je ne peux pas m’empêcher de réagir.

Comme je vous le dis bidon !

Premièrement les affirmations sont tellement floues et biaisées, que les sondés ne peuvent que se diriger dans le sens indiqué par le sondeur.  Ça pue la manipulation à plein nez.

L’article commence assez bien merci, en nous annonçant que 2 Québécois sur 3, s’inquiètent de la possibilité que l’intégrisme religieux puisse menacer « la sécurité du Québec »…

Ça indique quoi ça, rien ! Je vous dis, absolument rien ! C’est totalement flou.   Vous auriez le même genre de résultats si je vous disais : dans l’éventualité que Godzilla puisse potentiellement détruire Montréal, seriez-vous inquiets que Godzilla détruise Montréal…

Godzilla VS. The Smog Monster

Ben oui, criss tu serais inquiet !

Ensuite on apprend que 85 % des Québécois s’inquiètent du refus de certains immigrants d’adopter les valeurs canadiennes et québécoises…

Encore une fois totalement subjectif !  Flou et n’ayant aucune valeur !

Ici « certains immigrants » est un groupe indéfini, quasi-imaginaire, une vue de l’esprit, n’étant conceptualisé que par la personne qui répond au sondage, sur quelque chose de tout aussi indéfini et individualisé « les valeurs québécoises et canadiennes ». Il y a 8 000 000 de Québécois et Québécoises au Québec et je peux avancer qu’on aurait 8 000 000 de versions différentes sur ce que sont les « valeurs québécoises ».. En fait 85 % des Québécois sont inquiets que des gens qu’ils inventent dans leur imagination attaquent des valeurs qui ne sont même pas les mêmes que leurs voisins… Il aurait été plus judicieux de nommer les groupes et les valeurs explicitement.

Il faut aussi parler de la notion encore très floue de « Certains immigrants ».  Qui sont ces « certains immigrants » et combien sont-ils ? Moi, je pourrais affirmer que 12 musulmans extrémistes sont probablement en train de fomenter un complot quelconque contre le Québec, mais je peux sûrement trouver 12 Italiens, 12 Asiatiques, 12 Mexicains et sûrement une belle collection de Français du Plateau tout aussi dangereux, mais que dire des douzaines de sympathisants nazis oeuvrant dans des confréries de « Québécois de souche » en tout genre ?

On nous parle alors de guerre de valeurs… ben oui, il y a une « Guerre de valeurs » au Québec ! Grosse affaire ! Heille yo bonhomme, ce n’est pas un problème, l’gros, c’est un processus sociologique totalement normal à toute société d’accueil comme la nôtre… On pourrait avoir fait le même sondage en 1915, en 1875 ou en 1985, que les résultats auraient probablement été les mêmes.  Pour la crise identitaire, on repassera !

Pour vous prouver que ce n’est pas nouveau qu’on a peur de « certains immigrants » qui s’attaquent à nos valeurs. voici des exemples du passé :

« l’invasion » irlandaise :

Ganges1876KlantreeromeScientific_racism_irish

Punch_Anti-Irish_propaganda_(1882)_Irish_Frankenstein

 

Ou bien le fameux, « péril jaune » :

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Mais revenons à notre article…

Ensuite on nous indique que 79 % des Québécois sont inquiets que des actes terroristes soient commis sur le territoire.  Wow ! Grosse découverte ! C’est sûr que les gens sont inquiets que des choses inquiétantes surviennent… La question adéquate à poser aurait été de demander si les Québécois trouvent cette menace probable et dans quelle mesure ces attentats pourraient subvenir au Québec ? Ou encore, si ces menaces ont transformé les habitudes quotidiennes des Québécoises et Québécois… parce que, si ça ne change absolument rien dans ta vie, ce n’est pas vraiment une menace…

Et ensuite, on nous dit que 79 % sont aussi inquiets que des jeunes soient convertis pour en faire des combattants à l’étranger… Bon, franchement… Je veux dire dans l’histoire, le jugement des plus vieux sur les choix des plus jeunes a toujours été super adéquat au possible…genre… super exact et aucunement à côté de la track… Dois-je vous rappeler le Rock n’ Roll, les Mothers against Kiss, ou les conservateurs outragés contre N.W.A ou Ozzy Osbourne… que dire des délires contre la girafe cancérigène ou les imbéciles de haut-niveau qui refusent de faire vacciner leurs enfants.

Bon je commence à dépomper contre ce sondage et cet article merdiques… Mais je crois ce qu’il faut comprendre dans tout cela, est que l’inquiétude ne pousse pas à des politiques publiques adéquates.  Dans ces temps incertains, le choix politique qui s’offre à nous reste toujours entre voter pour ceux qui nous disent d’écouter nos peurs ou ceux qui nous invitent « à n’avoir peur que de la peur elle-même ».

P-S : Pour ceux qui veulent lire l’article ou se torcher avec

http://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201502/21/01-4846182-lintegrisme-religieux-suscite-lapprehension.php

Petite mise en garde avant de commencer le printemps 2015…

12 Jan

L’annonce d’une grande contestation au printemps 2015, ne semble pas atteindre le gouvernement actuel. Malgré l’évidente adhésion d’une très grande partie de la population à la mobilisation contre les mesures d’austérité, le gouvernement Couillard ne semble pas broncher et garde le cap. Il est clair que les Libéraux cherchent le conflit.

L’horrible tactique du Parti Québécois lors de la dernière campagne électorale, donne l’impression aux libéraux qu’ils ont raison. Il faut se souvenir que les Libéraux ont perdu avec une marge très mince suite à l’élection qui a suivie le Printemps érable.  Ils veulent désormais en finir avec les syndicats et les étudiants.  Il semble que pour certains, le Printemps érable était une erreur de l’histoire, plutôt due à la collusion et la corruption qu’à un ras-le-bol généralisé envers les politiques néolibérales.

L’oeuvre « immense » des libéraux, le projet de pornographie comptable qu’est l’austérité est un rêve qui se discute depuis des dizaines d’années lors des réceptions des Chambres de commerce partout au Québec.  La crise créé par la Charte des Valeurs a en quelque sorte mis les libéraux au pouvoir par défaut. Pour certains, une telle occasion de remodeler le « modèle québécois » au goût d’une Élite en perte de vitesse, ne passera pas de sitôt. Leur tour va bientôt finir, aussi bien tout prendre pendant qu’on en a encore le temps…

Mais d’un autre côté, quel est le but des contestataires du programme d’austérité ? Malgré la grogne généralisée, les objectifs visées par les différents groupes sont forts différents.  Est-ce que toute la lutte qui s’en vient, mérite un adoucissement des mesures d’Austérité ou le statu quo ? Que ce soit dans le gouvernement actuel ou un autre…  Il faudra proposer autre chose.  Le but doit être de transformer le Québec et on doit s’entendre sur les moyens pour y arriver.

Couper moins c’est vouloir couper le reste plus tard. Il faut investir, arrêter de penser aux dépenses, mais aux revenus.  N’importe quel dirigeant de PME vous le dira, qu’il « vaut mieux penser à faire des piasses, que de sauver des cennes ».

L’histoire impose des actions, cependant personne n’ose les faire, car elles imposent par le fait même, un remaniement des structures de pouvoir.  C’est bien connu, les politiciens et les autres types de décideurs publics ne veulent pas trop faire de compromis sur ce point, afin de ne pas perdre leurs places.

Dans l’État actuel des forces politiques, rien ne semble annoncer un réel changement.  La contestation envers le PLQ et son projet d’austérité, apparaît presque virtuelle.

Il est évident que les syndicats seront le fer de lance de la constestation et ils se battront sûrement avec grande ténacité, mais à part démontrer son mécontentement et nuire à la circulation, que puissent-ils faire de plus?  J’espère que ces mêmes syndicats qui semblaient dépassés par les tactiques des jeunes lors du printemps 2012, auront appris deux ou trois choses utiles pour celui qui s’en vient…

Il ne faut pas oublier qu’incapables de s’emparer du pouvoir, les étudiants ont dû « jouer le système » et s’en remettre au bon vouloir du gouvernement Marois pour « Bloquer la hausse ».  Le goût de la victoire a été un peu fade, compte tenu de la mobilisation.  Il ne faut pas que des démonstrations contre l’Austérité, mais proposer quelque chose qui transcende les divisions actuelles de la société québécoise.

Les contestataires devront accepter d’accueillir les partis  (PKP compris) et ces mêmes partis (incluant le Grand Satan PKP en personne) devront laisser se transformer par la contestation.  S’il veut le pouvoir et même faire l’indépendance, le PQ devra arrêter de se comporter comme un culte occulte des conditions préalables pour arriver à l’indépendance pour se situer adéquatement dans le contexte politique.

Les Baby-Boomers préfèrent dorénavant mourir dans leur pisse, maltraités par un préposé aux bénéficiaires à qui on a coupé sa pension, que de voir un arabe déménager à côté de chez eux.  Même si tous les fétichistes du terroir aboyaient en même temps, cela ne peut garantir une majorité; tant que le PQ s’attachera à la Charte des Valeurs, il fera partie du problème.

En ce qui concerne Québec Solidaire, à part épancher une détresse qui n’est pas la sienne au banquet des corbeaux, des vautours, qu’a-t-il fait d’autre ?  « Ah oui mais, le PQ si, le PQ ça… », rien ne vous dérange par contre de prêter vos militants à un parti fédéraliste qui veut faire passer un pipeline avec Stephen Harper sur la seule terre qui nous appartient en ce monde, dirigé par un ancien ministre de Jean Charest qui a invité les Québécois à la dernière élection à voter pour Philippe Couillard.

Québec Solidaire, ce n’est pas que vos idées ne sont pas les bonnes et que vous ne faites pas dans l’ensemble du bon travail, mais dans le contexte actuel, vous ne pouvez atteindre le pouvoir que soit en « atténuant » vos intentions ou vous alliant par miracle au PQ. Choses que les plus radicaux ne vous pardonneront jamais.

Les anarchistes en ont fait autant, peut-être même plus, sans se donner de parti…

Oubliez tous les disciples aveugles de Gabriel Nadeau-Dubois, oubliez les itinéraires qui ne se donnent pas, oubliez les excès de langage, ainsi que les confrontations bêtes et sans valeur qui jouent en boucle dans le cirque médiatique québécois.   Les grands gagnants du printemps érable furent les anarchistes, leurs idées ont pénétré par sédimentation les différents domaines de la société québécoise. On commence à penser non seulement la politique et l’économie, mais également l’éducation, la sexualité et l’information autrement.  Autrement pour vrai.  Ce fut depuis longtemps, la seule énergie régénératrice qui eu lieu au Québec.  Tout le reste n’est que « préservation des acquis », division et survivance… Enfin pour certains, il y a des lendemains qui chantent !

Pourquoi eux ? Pourquoi cette idéologie que l’on croyait morte ou incapable ? Pourquoi ce rêve insensé et inatteignable ? Car se sont les seuls qui ne jouent pas selon les règles stupides de notre système actuel qui avantagent toujours les mêmes.

Ce système est mauvais.  Non car il est mené par des gens mauvais, mais car il dévore carrément ceux qui le servent, demandez aux policiers…  Votre hypothèque, votre pension, vos RÉER, votre paradis artificiel que vous devez à une banque et que l’on pompe à même vos impôts.  Vous n’avez rien dans vos poches, dites-vous ? Mais n’importe quel enfant du tiers monde voyant vos Biens dira que vous êtes riches, alors que vous devez sûrement la chemise que vous avez sur le dos…

Nous avons d’un côté une énergie immense qui ne veut pas se contenir et qui est incapable de produire des résultats probants; de l’autre, une machine étatique amorphe, où le changement n’est plus qu’un mot vide dans la bouche d’exécrables acteurs d’opérettes ne convainquant plus personne.  Ceux qui veulent diriger le Québec devront se laisser transformer par cette énergie, ou seront condamnés à faire comme les Libéraux, c’est-à-dire la combattre.

La confrontation à déjà eu lieu, elle a éveillé les consciences, mais elle n’a rien donné de concret. La confrontation pourrait toutefois au printemps 2015, les éteindre.  C’est une vérité qui est difficile à lire, mais le Grand Soir n’arrivera probablement jamais. Si vous suivez uniquement le chemin de la protestation, du remue-ménage et de la manifestation ininterrompue, vous donnerez leurs 15 minutes de gloire à une bande d’idiots sans talent qui ne croient pas avoir eu leur dû lors du Printemps érable.

Le Bien commun passera deuxième, tous ces émules de blanquistes et de guédistes impénitents veulent leur grève sociale, et ils l’auront.  Cependant, répéter la tactique du printemps érable ne donnera rien.  Toutefois, jouer le jeu des parlementaires ne donnera rien non plus. Au projet de la confrontation, du déni de la justice et de la division, il faut répondre par un projet du peuple, par le peuple, pour le peuple.  Qu’on demande aux citoyennes et citoyens ce qu’ils veulent et que l’on trouve un « compromis naturel » sans l’aide du PLQ. Il y a mieux que cette haine intérieure qui sert que les desseins des usurpateurs du Bien commun.  L’heure n’est pas à la destruction, mais à la création.

Et si on comptait les abstentions ?

24 Avr

à tous ceux qui cherchent où se cachent les électeurs libéraux, je crois que j’ai ici les réponses 😉

 

Voici le résultat officiel de l’élection québécoise du 7 avril 2014 :

PLQ  70 sièges (41,52 %); PQ 30 sièges (25,38 %); CAQ 22 sièges (23,05 %); QS 3 sièges (7,63 %)

Il y a eu à cette élection, un taux de participation de 71,44 %

Ce qui signifie qu’environ 58,5 % des gens qui ont voté, n’ont pas voté pour le PLQ et qu’environ 70,4 % des électeurs inscrit n’ont pas voté pour le PLQ.

À vrai dire, le résultat réel[i] de cette élection est le suivant :

PLQ  (29,66 %); Abstentions (28,56 %); PQ (18,13 %); CAQ (16,47 %); QS (5,45 %)

Le résultat qui était devant nos yeux le soir du 7 avril (et tous les précédents d’ailleurs) était une illusion.  Un gouvernement que l’on croit légitime à régner comme bon lui semble, n’a en fait qu’un infime appui de la part des électeurs.   On peut avancer que dans une certaine mesure les anarchistes ont raison de nous répéter sans cesse « élection, piège à cons ».  Déjà que les règles du jeu donne un avantage démesurés au parti qui amasse le plus de votes, les partis politiques nous font croire à un soutien surestimé dans la population.

Alors si on comptait les abstentionnistes qui peut-être sans le vouloir de sombre partisans de l’anarchisme ;)… ce que je veux dire est de donner aux partis les sièges qu’ils méritent… qu’ils aient le nombre de députés au nombre réel de votes qu’ils ont reçus… Les abstentionnistes auraient ainsi leurs sièges qui n’irait donc à personne d’autres et qu’il faudrait tout de même compter lorsqu’on voterait un projet de loi…  Ceci n’est qu’utopie, mais un tel système n’obligerait-il pas les partis à offrir plus aux électeurs pour recueillir leurs votes ?

L’Assemblée Nationale aurait donc la répartition des sièges suivants si on n’avait un système proportionnel et si l’on acceptait les abstentions[ii] :

PLQ :                                     38

Abstentionnistes :          36

PQ :                                       23

CAQ :                                    21

QS :                                       7

 

Les abstentionnistes sont en quelque sorte une opposition au pouvoir en place, en ne se reconnaissant pas dans l’offre politique et le système actuel.

 

Étant toujours du côté de l’opposition, il faudrait alors les votes du PLQ, du PQ et de la CAQ ou ceux du PLQ, du PQ et de QS pour avoir une Majorité (plus de 63 voix).  Un tel système forcerait alors les partis au compromis, tout en sauvant quelques salaires de députés…

 

Et si on suit cette logique, qu’auraient été les résultats des élections précédentes ?

 

2012

PQ PLQ CAQ QS
Résultat de l’élection  % 31,95 31,2 27,05 6,3
Résultat réel  % 23,83 23,28 20,18 4,7

Taux de participation : 74,6 %, donc 25,4 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          33

PQ :                                       30

PLQ :                                     30

CAQ :                                    26

QS :                                       6

 

2008

PLQ PQ ADQ QS
Résultat de l’élection % 42,08 35,17 16,37 3,78
Résultat réel % 24,16 20,2 9,4 2,17

Taux de participation : 57,43 %, donc 42,57 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          54

PLQ :                                     31

PQ :                                       26

ADQ :                                   12

QS :                                       2

 

2007

PLQ ADQ PQ Verts QS
Résultat de l’élection % 33,08 30,84 28,35 3,85 3,64
Résultat réel % 23,56 21,97 20,19 2,74 2,59

Taux de participation : 71,23 %, donc 28,77 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          36

PLQ :                                     30

ADQ :                                   28

PQ :                                       25

Verts :                                    3

QS :                                        3

 

Voyons maintenant ce que nous révèle la comparaison de scores des partis pour chacune des élections

 

Résultats des partis (en %) pour de 2007 à 2014

PLQ PQ ADQ/CAQ QS
2007 23,56 20,19 21,97 2,59
2008 24,16 20,20 9,40 2,17
2012 23,28 23,83 20,18 4,70
2014 29,66 18,13 16,47 5,45

 

Voilà des chiffres pouvant calmer certaines ardeurs et mettre en perspective la « dégelée » du PQ. Cependant, on peut déceler une certaine stabilité dans les votes des vieux partis.  Rien ici ne peut mettre en cause le leadership de Pauline Marois, ayant un score semblable, plus élevé et en deçà de son prédécesseur, André Boisclair.  La seule chose qui a changé lors des deux dernières élections c’est le contexte et les politiques mise de l’avant par les péquistes.  Le meilleur score du PQ a été après le Mouvement du printemps érable et il avait mis de l’avant à ce moment des politiques plus progressistes.  En 2014, ce fut la Charte et un visage plus conservateur que l’on présenta à la population.  En revanche, même si lors des deux élections le PQ ne promettait pas de référendum et que le PLQ en agitait la menace, celle-ci ne fût écoutée qu’en 2014… Sûrement que les histoires de corruptions qui collaient au gouvernement Charest, donnait plutôt envie de se débarrasser de lui que de prendre ces menaces au sérieux…

Le score surprenant du PLQ à l’élection de 2014, pourrait s’expliquer par la réaction à la Charte et la « menace » d’un référendum.  On pourrait aussi avancer l’hypothèse des transbordements, où environ 6 % d’électeurs ayant voté pour la CAQ en 2012 ont voté PLQ et par la suite environ du  2 % bassin « normal » d’électeurs du PQ se sont dirigé vers la CAQ.

Aussi ont peut voir que les abstentionnistes sont plutôt des réformateurs de droite, ce sont en autres grandement les électeurs de l’ADQ et de la CAQ qui ont fait varier le taux de participation.  De son côté QS, fait le plein tranquillement de nouveaux électeurs qui, sans être nombreux, semblent être plus fidèles et résilients.

 

Que doit faire le PQ ?

Ce que doit faire le PQ, c’est de sortir de cette zone d’environ 20 %, c’est-à-dire qu’à chaque élection il y a environ 20 % des électeurs inscrits qui vont voter pour le PQ. C’est là, la tâche que Pauline Marois et son équipe n’ont pas réussi à accomplir.  Il faut que ce parti, dans le système actuel, aille recueillir un bassin d’environ 24,25 ou 26 % d’électeurs réels.

Les voies qui s’offrent actuellement au PQ est de, soit d’aller vers la droite et « tendre la main » à la CAQ, ou aller vers la gauche  pour  se rapprocher de QS et d’ON.  Chaque choix entraînera un effet de l’autre côté… c’est-à-dire qu’il perdrait automatiquement des appuis.  Cependant, même s’il a fait une excursion plutôt timide vers la gauche en 2012, le PQ a tout de même reçu plus d’appuis que lors des autres élections.

Il faudra bien juger le contexte. Le PLQ devrait redescendre à un niveau plus habituel, c’est-à-dire 23-24 %, son but sera de rendre les gens apathiques, car les faibles taux de participation l’avantage toujours. Il devra faire attention à ne pas mettre les gens en colère, comme en 2012… s’il a bien compris la leçon, nous assisteront sûrement à quatre années où se mêleront l’indifférence et l’insignifiance.

L’arrivée d’un NPD-Québec pourrait également changer la donne, le PQ devra faire attention de bien se positionner.  S’il va à droite, les chiffres additionnant PQ et CAQ donne sûrement une majorité à une formation nationaliste et conservatrice, mais est-ce que les électeurs suivraient.  Le vacuum à gauche pourrait profiter à un hypothétique NPD-Québec qui pourrait faire mal, non seulement au PLQ en divisant le vote fédéraliste, mais au PQ et à QS.  Je crois que le PQ doit remplir le vide qu’il a laissé à gauche et également mettre l’accent sur des réformes.  Les sursauts de l’ADQ et de la CAQ le démontrent, les appuis jaillissent lorsqu’on démontre que l’on veut s’attaquer aux problèmes de front.  Les appuis pour la Charte, ne donnait pas tort au PQ sur ce point, mais la possibilité de faire la même Charte sans risque de référendum, avait plu aux électeurs plus conservateurs.  De là, peut-être un autre argument pour se positionner plus à gauche, les places étant déjà prises à droite…

Également, avec le bassin de 20 % au PQ, les 5,4 % actuellement à QS et les quelques votes d’Option nationale, on arrive rapidement à la masse critique nécessaire pour avoir un gouvernement majoritaire.  Cette union pourrait redonner un élan au mouvement, en apportant des personnes et des idées neuves dans un gouvernement qui proposerait des réformes structurantes et qui pousserait l’abstentionniste moyen à aller voter.  Ce qui tue le PQ c’est l’immobilisme, c’est le statu quo. Quelque soit le Chef, il faut que les choses changent !

Et si on commençait par le mode de scrutin ?

 

 

[i] N’est pas inclus ici les bulletins rejetés.  Ils sont en trop petit nombre pour avoir une réelle influence sur les données, et ont ne sait pas pourquoi ils ont été rejetés…

[ii] Avec un seuil de 3 %, ceux qui ont moins ne sont pas comptabilisé.

Défaite du PQ : un problème d’identité ?

11 Avr

Si vous êtes vraiment motivés et que vous lisez la totalité de mes précédents articles vous allez vous rendre compte qu’au moment où le gouvernement Marois avait annoncé le projet de Charte j’étais sûr que cela lui allait lui donner une Majorité, ensuite j’avais émis des réserves voyant que les votes ne suivait pas, pour finir il me semblait que la remontée du PQ dans les sondages était plutôt attribuables aux déboires de Philippe Couillard qu’à autres choses… si les événements m’ont donné raison, j’étais encore perplexe devant les chiffres que j’avais vu passer sous mes yeux. Toutes mes analyses au long de la campagne sur la stratégie du PQ de miser sur les enjeux identitaires au détriment de promotion de la souveraineté me semblaenit juste. Je n’étais pas d’accord sur les principes de la Charte (je serais sûrement un inclusif toute ma vie), mais les possibilités pour atteindre une majorité m’apparaissaient toutefois convaincantes.

On peut dire que les Québécois ont eut plus peur d’un Référendum que des « menaces » aux valeurs québécoises, mais je crois que cela n’explique pas tout.  La débâcle du PQ démontre aussi, je crois, qu’il a fondamentalement mal ciblé ses électeurs et que les chiffres démontrant un appui à la Charte n’étaient pas si significatifs.  S’il approuvait le projet du PQ, cela ne semblait pas leur plus grande préoccupation.

Pour comprendre l’élection de 2014, il faut premièrement indiquer les grands débats qui ont dernièrement façonné le paysage politique depuis les dernières années.

  1. le débat identitaire entre les Inclusifs et les Exclusifs (appelons-les comme ça)
  2. le débat idéologique entre la Gauche et la Droite
  3. le débat constitutionnel entre les Fédéralistes et les Souverainiste

Je ne tiens pas compte ici des conflits régionaux, ceux entre les campagnes et les villes, le centre et la périphérie, les vieux et les jeunes et ceux de genre.  Je parle ici des éléments idéologiques qui permettent à un parti de se définir auprès de l’électorat et construisent la stratégie de communication.

Faites le test vous même !

êtes-vous pour ou contre la Charte ? une Janette ou une inclusive ? Pour vous Bernard Drainville avait-il raison ou il manigançait une mesure purement électoraliste ? Exclusif inscrivez un E, inclusif inscrivez un I

êtes-vous de Gauche ou de Droite ? Plus ou moins d’État ? Faut-il taxer ou non les Riches ? La Justice sociale ou la discipline financière ? Faut-il s’attaquer aux inégalités ou à la dette ? La gratuité scolaire ou augmentation des frais de scolarité?  De Gauche inscrivez un G, de Droite inscrivez un D.

êtes-vous fédéraliste ou souverainiste ? Restez dans le Canada ou l’indépendance du Québec ? Signez la Constitution ou un Référendum ? Fédéraliste, inscrivez un F, Souverainiste inscrivez un S.

Maintenant, que vous avez vos trois choix, mettez-les en ordre d’importance. Ce qui vous défini le mieux.  Lequel est plus important pour vous. Par exemple pour moi, le premier est I, ensuite S, et pour finir G… donc je suis un inclusif souverainiste de gauche. La question identitaire est très importante pour moi, concevoir l’identité québécoise autrement qu’un grand tout ouvert à tout le monde, m’atteint beaucoup.  Je suis également Souverainiste, je veux qu’un jour le Québec devienne un pays (et plus tôt que tard).  Pour finir je suis de Gauche, mais le fait d’être Inclusif et Souverainiste, me défini plus que mes positions sur la justice sociale.  

En fait, formez votre trio, lequel des éléments est votre pivot, votre grand marqueur, lequel complète un duo dynamique avec votre vedette, et en dernier lieu, lequel vient compléter votre trio, mais pourrait aller sur un autre trio si le besoin se fait sentir…  

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, vous avez amplement le droit d’être exclusif, de droite et/ou fédéraliste.

Vous pouvez également être un Inclusif fédéraliste de droite (IFD) ou de droite exclusif souverainiste (DES), ou encore un gauchiste fédéraliste inclusif (GFI)… Si je sais compter comme il faut, il y a 48 combinaisons différentes…

Après vous être découvert vous-mêmes, on peut maintenant mieux expliquer les résultats de la dernière élection.

Il s’agit là que d’une hypothèse, je ne possède pas de Méga-Grosse Firme de sondage, mais je peux avancer qu’avec les sondages portant sur la Charte et le résultat de l’élection, on peut émettre que beaucoup de Québécois inscriraient un E s’ils faisaient le test ci-dessus, mais que cette valeur n’est pas la plus significative, donc qu’elle se retrouve en 2e ou 3e position.   C’est sur que l’importance de chacun des éléments peut changer avec le temps, mais on n’a pas arrêté de parler de Charte depuis des mois… Le PQ a été obnubilé par les chiffres des appuis des mesures identitaires plus forte, mais sans se demander si cet appui pouvait se changer réellement en votes. 

Je pourrai avancer aussi qu’avec les sondages qui sont sortis ces dernières années les « cotes » I,G et S se trouveraient entre 35 et 45 % chacune, tandis que les E, D et F devraient être entre 55 et 65 %…

De là tout l’intérêt de bien définir et connaître son électorat.  On peut dire que le PLQ s’est assuré de ramener tous les F « à la maison » avec la menace de référendum et que la CAQ s’est empressé de rapatrier le plus de D possible… les choix identitaires (dans les deux sens) du PQ n’ont pas pu rapatrier bon nombre de souverainistes et de progressistes qui avaient donner leur confiance à l’équipe Marois 18 mois plus tôt. 

Cela peut expliquer aussi les difficultés de Québec Solidaire à percer, car trop défini…  

Et vous ? Avez-vous voté pour un parti qui vous ressemble ? 

 

La défaite du PQ, pourquoi ?

9 Avr

Raison 1 : « Demographics »

Pour vous donner une idée de ce qu’est une adhésion basée sur les « demographics » voici les proportions par groupe d’individus qui ont voté Obama à l’élection de 2012…cdn-media.nationaljournal.com

 

Ça ne vous fais pas penser à quelque chose…

La force du PLQ, c’est qu’il va chercher des votes où les autres ne sont pas capables d’aller en chercher (anglophones et minorités ethniques).  Il ne faut pas s’acharner à chercher le vote « majoritaire », car tout le monde se bat pour l’avoir.  Il n’en faut qu’un nombre suffisant pour gagner.  De plus, habitués à « magasiner », le groupes Majoritaire tend à être difficile à satisfaire, et ses allégeances sont trop mouvantes. S’y attarder devient alors une perte de temps.

Pour gagner une élection, il ne faut pas se replier sur nos terres, mais avoir une approche agressive et aller chercher du vote en territoire ennemi. Pour le PQ cela signifie les jeunes, les minorités et même (et oui !) les anglophones.

Raison 2 : Bassins d’électeurs Souverainistes et Fédéralistes

J’ai plus longuement expliqué cette question dans un billet précédent, mais en gros, un des problèmes du PQ c’est qu’il y a plus de fédéralistes que de souverainistes au Québec.  Ce qui explique en partie l’accent mise sur la Charte et le fait que QS ne peut faire des gains qu’en territoire péquiste.

Raison 3 : Sortie de Vote et Abstentionnisme

Le vote progressiste n’est pas sorti comme en 2012.   Les électeurs libéraux allant habituellement plus souvent voter, le PQ a tout intérêt à intéresser à ceux qui vote moins souvent. Le taux de participation de 71,21 % a favorisé les libéraux, tandis qu’un taux de participation plus élevé favorise toujours le PQ.

En fait pour qu’un gouvernement péquiste soit élu, il faut un désengagement envers le parti libéral, ainsi qu’une division du vote fédéraliste.

Raison 4 : Mauvaise cible

Comme a dit Bob Marley (et Abraham Lincoln) :

You can fool the people some times, but you can’t fool the people all the time

Tout d’abord, le PQ a décidé de se positionner au Centre-droite, alors qu’il y avait déj;a 2 partis bien installé. Le PQ est supposément un parti de centre-gauche et souverainiste, on peut dire qu’il est apparaissait contre-nature avec toute l’histoire de la charte. Cela a créé ce qu’on appelle les « Orphelins », que l’on pourrait définir comme étant des « réformateurs inclusifs », ces gens ne se retrouvant plus dans l’offre politique, ont choisi de ne pas voter, d’annuler leur vote ou de voter par dépit  pour un autre parti.

D’ailleurs, tout le monde a compris que les gens de droite ne veulent généralement pas de Référendum, et ce même s’il était subliminalement proposé par une vedette de droite.

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Raison 5 : campagne négative

Tout le monde semble d’accord, se fut sûrement la pire campagne électorale de l’histoire du Québec. Et les gens continueront d’en avoir un goût amer.

Pour ma part, je n’ai rien personnellement contre les campagnes négatives, pour autant qu’elles soient bien faites.  Lorsque tous les coups sont permis, il faut faire tous les coups ! Le PQ a essayé de passer le K.O. à Couillard en lui lançant des grosses poignée de bouette dans la face.  Mais une campagne c’est  un très long 15 rounds.  Lorsque Couillard recevait de la boue une journée, il s’essuyait et repartait frais comme une rose.  L’important ce n’est pas comment sale est votre adversaire, mais qu’il soit toujours sale… il aurait mieux fallu en lancer moins, mais de façon constante.

Raison 6 : Campagne centralisée et message national

Le PQ a eu une campagne centralisée basée sur les secteurs « payants » et un message « si vous voulez la Charte, faut voter PQ ».  Cependant, c’est une élection dans 125 circonscriptions différentes, il faut démontrer que l’on  s’intéresse aux enjeux locaux et régionaux.  Le PLQ a plutôt fait sa campagne en ciblant les régions et en promettant des emplois et du développement économique dans chacune d’elle, et ce même si cela pouvait nuire à une autre promesse dans une autre région.  Les médias nationaux servent alors à envoyer des phrases creuses et à frapper ses adversaires, ce qui est encore important c’est ce qui se trouvent dans les hebdos locaux…

Même s’ils sont plus actifs sur les réseaux sociaux, les souverainistes n’ont pas compris que ceux-ci servent principalement à relier entre eux des communautés locales, qui s’informent sur leur réalité quotidienne.

Relativisons tout de même le succès du PLQ…

Une majorité de Québécois voulaient peut-être une Charte, mais ils étaient près à accepter un compromis sur celle-ci, et ils ne voulaient pas faire perdurer le débat.  Si le projet était populaire en Région, on y adhérait surtout par principe. Les soutiens dans biens des endroits ont rapidement « virer de bords » lorsqu’on leur a promis des emplois et du développement économique. Dans les couronnes nord et sud de Montréal, la CAQ a bien sorti son épingle du jeu en promettant une « Charte, mais pas de référendum », de quoi plaire aux nationalistes conservateurs qui n’aiment pas les chambardements constitutionnels.

Finalement, on peut dire que le PLQ a des avantages structurels sur le PQ. Ce dernier avait toutefois tout bien fait sauf le plus important : déterminer sa cible électorale et la gestion de campagne. Malgré tout, 70,4 % des électeurs inscrits et 58, 5 % des gens qui ont voté n’ont pas voté pour le PLQ.

Notre système a l’effet de faire croire à des adhésions importantes à un parti ou un autre, il faut cependant être prudent.  Malgré une victoire décisive au niveau électoral, le prochain gouvernement sera tout de même sur haute surveillance. Malgré sa majorité, Philippe Couillard a tout intérêt à chercher le consensus et les compromis.