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Critique constructive du Multiculturalisme politiquement correct

16 Mai

Le multiculturalisme est devenu l’idéologie dominante dans les sociétés occidentales, il est en quelque sorte l’application politique du « politiquement correct ». C’est à dire, un régime doux et caressant visant à ne heurter personne.  Auparavant, le Multiculturalisme était plus un constat sociologique qu’une politique initiée par les Élites. Et ne vous trompez pas, je suis totalement d’accord avec le Multiculturalisme lorsqu’on réfère à lui dans le sens de « Pluralisme », la société pluraliste c’est bon pour la démocratie.  Cependant, le Multiculturalisme a intégré peu à peu les préceptes du politiquement correct, lui enlevant du même coup toute son essence réformatrice.  Dans le contexte actuel, le Multiculturalisme est devenu le gardien du statu quo sous un masque de progressisme.

On voit deux chemins pris par les États lors des vingt dernières années, le premier est un capitalisme autoritaire concentré uniquement sur la croissance économique et où les droits fondamentaux n’ont plus une grande valeur.  L’autre voie est celle du multiculturalisme, on impose un contrôle de la population sous couvert du respect de l’intégrité des plus vulnérables, toujours en fonction des droits, en oubliant trop souvent la situation socioéconomique des individus.

C’est un peu ce que la « culture du politiquement correct » essaie de gommer, souvent très maladroitement. En bref, elle essaie de ne heurter personne dans un régime où l’on ne peut plaire à tout le monde. Car ce n’est pas les gens insatisfaits qui manquent… Au-delà des « accommodements », il existe une source de tensions bien plus grave,  les inégalités sociales. Inconsciemment ou non, on essai d’éviter cette question dans les lieux officiels du pouvoir, en essayant de faire croire à tout le monde que « tout va bien », « tout le monde il est fin », « tout le monde il est gentil »… baliverne !

C’est alors que provient une critique assez virulente du polititcly correct, face à cette culture politique artificielle, on se met à frapper sur des commandements tout aussi artificiels. Le problème ce n’est pas les minorités qu’on nous « force » à aimer, mais plutôt le fait qu’on nous force à aimer ses minorités.  On met alors les véritables laissés pour compte dans un cercle vicieux duquel ils ne peuvent se sortir, s’ils attaquent les minorités que l’État libéral et démocratique défend, ils sont des racistes, des fascistes, des réactionnaires, des monstres; et s’ils sont du côté de l’État, ils se voilent les yeux sur « les causes de leur misère »…

Ne soyons pas hypocrites, je n’ai pas d’amis noirs, musulmans, autochtones, transgenres, homosexuels ou handicapés. Et vous savez quoi ? Ça ne change rien. Je peux me foutre mon prochain comme je le veux, mais je ne peux pas atteindre aux droits de mes concitoyens. Mais les humains resteront des humains, ils veulent toujours laisser leur indignation glissée vers l’irrationnel. Si un régime démocratique pour être vraiment démocratique doit favoriser le conflit, donc l’indignation, cette indignation doit être responsable.  L’indignation et la colère sont une bonne chose en démocratie, mais sans rationalité, elle se transforme en violence.

Oui, le fanatisme religieux est mauvais pour la démocratie, mais opprimer la liberté de conscience l’est tout autant. T’as le droit de croire en l’astrologie, mais j’ai le droit de te dire que ce n’est que de la superstition. Si tu ne veux pas louer ton logement à des noirs, l’État a le droit d’intervenir.  T’as le droit d’écrire des commentaires haineux sur Facebook ou en dessous d’un article du Journal de Montréal , mais on a le droit d’enquêter sur toi, car tu es une menace à la démocratie. Tu as le droit de manifester, de bloquer le trafic, de même le faire masqué si tu veux et même de botter le bumper d’un char qui s’approche trop près de toi, mais tu n’as pas le droit de brûler un poste de police ou de mettre une bombe dans le Métro.

Est-ce si grave que certains ne veulent pas s’intégrer à un niveau que tu trouves satisfaisant ?  Oui, les juifs hassidiques ne veulent pas se mélanger aux autres et apprendre le français, reviens-en ! Dalida Awada te fait chier avec son voile, deal avec !

Tu ne peux pas forcer quelqu’un à s’intégrer. Tout ce que tu peux, c’est les forcer à respecter les lois. En démocratie, les gens peuvent faire ce qu’ils veulent tant et aussi longtemps qu’ils ne portent pas atteinte à tes droits fondamentaux.  Si l’on n’atteint pas ton intégrité physique ou morale, tu ne peux rien faire.

Nous n’avons pas vraiment besoin d’un régime de citoyenneté venu « du haut » pour s’accepter et se tolérer. Comme on a pu le voir par exemple lors du printemps Érable, dans un mouvement politique si « tu veux te battre avec moi, tu mon frère/ma soeur », c’est tout ce qui compte.  L’accroissement de la démocratie au sein de nos institutions politiques, de nos lieux de travail ou d’enseignement ferait à lui seul un travail d’inclusion, mais les Élites n’en veulent pas.  Pour eux, il faut une belle histoire attendrissante pour tenir les gens tranquilles.

Ce qu’il manque dans nos démocraties ce n’est pas de la tolérance ou de l’acceptation, mais bien du conflit.  Toute identité par ses critères d’adhésion, va créer de l’exclusion.  On peut créer des identités plus ouvertes que d’autres,  on ne peut pas toutefois créer des identités totalement ouvertes. C’est malheureux, mais c’est la vie…

Jamais la démocratie n’ordonne d’accepter les gens tels qu’ils sont, elle ordonne de respecter leurs droits (nuance, fuckin’ grosse nuance !).  Car, en démocratie toucher aux droits fondamentaux d’un citoyen, c’est toucher aux droits de tous les citoyens. Dès qu’une personne voit ses droits réduits, l’ensemble devient moins libéral, moins démocratique, et petit à petit, on se rend compte que si tous les humains sont égaux, certains le sont plus que d’autres…

 

Petite mise en garde avant de commencer le printemps 2015…

12 Jan

L’annonce d’une grande contestation au printemps 2015, ne semble pas atteindre le gouvernement actuel. Malgré l’évidente adhésion d’une très grande partie de la population à la mobilisation contre les mesures d’austérité, le gouvernement Couillard ne semble pas broncher et garde le cap. Il est clair que les Libéraux cherchent le conflit.

L’horrible tactique du Parti Québécois lors de la dernière campagne électorale, donne l’impression aux libéraux qu’ils ont raison. Il faut se souvenir que les Libéraux ont perdu avec une marge très mince suite à l’élection qui a suivie le Printemps érable.  Ils veulent désormais en finir avec les syndicats et les étudiants.  Il semble que pour certains, le Printemps érable était une erreur de l’histoire, plutôt due à la collusion et la corruption qu’à un ras-le-bol généralisé envers les politiques néolibérales.

L’oeuvre « immense » des libéraux, le projet de pornographie comptable qu’est l’austérité est un rêve qui se discute depuis des dizaines d’années lors des réceptions des Chambres de commerce partout au Québec.  La crise créé par la Charte des Valeurs a en quelque sorte mis les libéraux au pouvoir par défaut. Pour certains, une telle occasion de remodeler le « modèle québécois » au goût d’une Élite en perte de vitesse, ne passera pas de sitôt. Leur tour va bientôt finir, aussi bien tout prendre pendant qu’on en a encore le temps…

Mais d’un autre côté, quel est le but des contestataires du programme d’austérité ? Malgré la grogne généralisée, les objectifs visées par les différents groupes sont forts différents.  Est-ce que toute la lutte qui s’en vient, mérite un adoucissement des mesures d’Austérité ou le statu quo ? Que ce soit dans le gouvernement actuel ou un autre…  Il faudra proposer autre chose.  Le but doit être de transformer le Québec et on doit s’entendre sur les moyens pour y arriver.

Couper moins c’est vouloir couper le reste plus tard. Il faut investir, arrêter de penser aux dépenses, mais aux revenus.  N’importe quel dirigeant de PME vous le dira, qu’il « vaut mieux penser à faire des piasses, que de sauver des cennes ».

L’histoire impose des actions, cependant personne n’ose les faire, car elles imposent par le fait même, un remaniement des structures de pouvoir.  C’est bien connu, les politiciens et les autres types de décideurs publics ne veulent pas trop faire de compromis sur ce point, afin de ne pas perdre leurs places.

Dans l’État actuel des forces politiques, rien ne semble annoncer un réel changement.  La contestation envers le PLQ et son projet d’austérité, apparaît presque virtuelle.

Il est évident que les syndicats seront le fer de lance de la constestation et ils se battront sûrement avec grande ténacité, mais à part démontrer son mécontentement et nuire à la circulation, que puissent-ils faire de plus?  J’espère que ces mêmes syndicats qui semblaient dépassés par les tactiques des jeunes lors du printemps 2012, auront appris deux ou trois choses utiles pour celui qui s’en vient…

Il ne faut pas oublier qu’incapables de s’emparer du pouvoir, les étudiants ont dû « jouer le système » et s’en remettre au bon vouloir du gouvernement Marois pour « Bloquer la hausse ».  Le goût de la victoire a été un peu fade, compte tenu de la mobilisation.  Il ne faut pas que des démonstrations contre l’Austérité, mais proposer quelque chose qui transcende les divisions actuelles de la société québécoise.

Les contestataires devront accepter d’accueillir les partis  (PKP compris) et ces mêmes partis (incluant le Grand Satan PKP en personne) devront laisser se transformer par la contestation.  S’il veut le pouvoir et même faire l’indépendance, le PQ devra arrêter de se comporter comme un culte occulte des conditions préalables pour arriver à l’indépendance pour se situer adéquatement dans le contexte politique.

Les Baby-Boomers préfèrent dorénavant mourir dans leur pisse, maltraités par un préposé aux bénéficiaires à qui on a coupé sa pension, que de voir un arabe déménager à côté de chez eux.  Même si tous les fétichistes du terroir aboyaient en même temps, cela ne peut garantir une majorité; tant que le PQ s’attachera à la Charte des Valeurs, il fera partie du problème.

En ce qui concerne Québec Solidaire, à part épancher une détresse qui n’est pas la sienne au banquet des corbeaux, des vautours, qu’a-t-il fait d’autre ?  « Ah oui mais, le PQ si, le PQ ça… », rien ne vous dérange par contre de prêter vos militants à un parti fédéraliste qui veut faire passer un pipeline avec Stephen Harper sur la seule terre qui nous appartient en ce monde, dirigé par un ancien ministre de Jean Charest qui a invité les Québécois à la dernière élection à voter pour Philippe Couillard.

Québec Solidaire, ce n’est pas que vos idées ne sont pas les bonnes et que vous ne faites pas dans l’ensemble du bon travail, mais dans le contexte actuel, vous ne pouvez atteindre le pouvoir que soit en « atténuant » vos intentions ou vous alliant par miracle au PQ. Choses que les plus radicaux ne vous pardonneront jamais.

Les anarchistes en ont fait autant, peut-être même plus, sans se donner de parti…

Oubliez tous les disciples aveugles de Gabriel Nadeau-Dubois, oubliez les itinéraires qui ne se donnent pas, oubliez les excès de langage, ainsi que les confrontations bêtes et sans valeur qui jouent en boucle dans le cirque médiatique québécois.   Les grands gagnants du printemps érable furent les anarchistes, leurs idées ont pénétré par sédimentation les différents domaines de la société québécoise. On commence à penser non seulement la politique et l’économie, mais également l’éducation, la sexualité et l’information autrement.  Autrement pour vrai.  Ce fut depuis longtemps, la seule énergie régénératrice qui eu lieu au Québec.  Tout le reste n’est que « préservation des acquis », division et survivance… Enfin pour certains, il y a des lendemains qui chantent !

Pourquoi eux ? Pourquoi cette idéologie que l’on croyait morte ou incapable ? Pourquoi ce rêve insensé et inatteignable ? Car se sont les seuls qui ne jouent pas selon les règles stupides de notre système actuel qui avantagent toujours les mêmes.

Ce système est mauvais.  Non car il est mené par des gens mauvais, mais car il dévore carrément ceux qui le servent, demandez aux policiers…  Votre hypothèque, votre pension, vos RÉER, votre paradis artificiel que vous devez à une banque et que l’on pompe à même vos impôts.  Vous n’avez rien dans vos poches, dites-vous ? Mais n’importe quel enfant du tiers monde voyant vos Biens dira que vous êtes riches, alors que vous devez sûrement la chemise que vous avez sur le dos…

Nous avons d’un côté une énergie immense qui ne veut pas se contenir et qui est incapable de produire des résultats probants; de l’autre, une machine étatique amorphe, où le changement n’est plus qu’un mot vide dans la bouche d’exécrables acteurs d’opérettes ne convainquant plus personne.  Ceux qui veulent diriger le Québec devront se laisser transformer par cette énergie, ou seront condamnés à faire comme les Libéraux, c’est-à-dire la combattre.

La confrontation à déjà eu lieu, elle a éveillé les consciences, mais elle n’a rien donné de concret. La confrontation pourrait toutefois au printemps 2015, les éteindre.  C’est une vérité qui est difficile à lire, mais le Grand Soir n’arrivera probablement jamais. Si vous suivez uniquement le chemin de la protestation, du remue-ménage et de la manifestation ininterrompue, vous donnerez leurs 15 minutes de gloire à une bande d’idiots sans talent qui ne croient pas avoir eu leur dû lors du Printemps érable.

Le Bien commun passera deuxième, tous ces émules de blanquistes et de guédistes impénitents veulent leur grève sociale, et ils l’auront.  Cependant, répéter la tactique du printemps érable ne donnera rien.  Toutefois, jouer le jeu des parlementaires ne donnera rien non plus. Au projet de la confrontation, du déni de la justice et de la division, il faut répondre par un projet du peuple, par le peuple, pour le peuple.  Qu’on demande aux citoyennes et citoyens ce qu’ils veulent et que l’on trouve un « compromis naturel » sans l’aide du PLQ. Il y a mieux que cette haine intérieure qui sert que les desseins des usurpateurs du Bien commun.  L’heure n’est pas à la destruction, mais à la création.

Fin de ma réflexion sur le Printemps érable

7 Nov

Après des années de dur labeur (à temps partiel) voici un extrait de ma super trop longue réflexion sur le printemps érable qui devait au départ avoir une longueur de 40 pages, finalement ça m’en a pris 163…

vous pouvez tout télécharger ça (en cliquant sur le lien) gratuitement ,  en deux parties.

C’est ma conclusion.  Peut-être que ça pourra vous inspirer pour la prochaine bataille contre l’austérité…

« La prochaine fois qu’ils se regrouperont dans les rues, c’est que le travail sera terminé »

Conclusion

Le résultat de l’élection 2014 qui a fait revenir les libéraux au pouvoir pourrait pour certains annoncer la fin de l’option souverainiste et du mouvement du Printemps Érable.  La déception fut grande, tant chez les partisans d’une diminution massive de la taille de l’État, d’une plus grande justice sociale ou de l’implantation de la Charte des Valeurs.  Avec l’arrivée du gouvernement Couillard, c’est la peur du changement qui triomphe.  Trop divisé sur la direction à prendre, le Québec a décidé de faire du surplace, même si les agents de l’UPAC risquent de visiter souvent le caucus libéral.

Pourtant, les carrés rouges ne sont pas menés par la Peur, ni craindre pour l’avenir, comme peuvent l’être les autres courants politiques au Québec.  S’ils peuvent être radicaux et idéalistes, leurs désirs de tout transformer commencent à porter fruits, les idées commençant tranquillement à pénétrer les esprits.

Les opposants doivent alors user de différentes méthodes, afin d’empêcher au changement de survenir.  Ce qu’on a vu s’offrir sous nos yeux ne sont que des tentatives de ne pas céder aux idées des carrés rouges et conserver le système en place.  Mais le système continue de craquer, il se fissure et il semble irréparable. Les vieux préceptes néolibéraux étant autrefois à la mode sont tout autant vieillis que ceux qui les portent.

La jeunesse québécoise, elle, fait rêver.  Non pas par le projet politique qu’elle propose et la société qu’elle veut mettre en place, mais par son attitude.  Pendant longtemps, nos « leaders » ont reproché aux Québécois leur trop grande humilité, leur peur de réussir et leur jugement trop sévère des riches.  Pourtant, si le Québec a abouti avec une génération qui a confiance en elle-même, n’a pas peur de réussir, est prête à saisir son avenir et qui ne s’excuse pas de vouloir gagner, cela dérange le pouvoir en place? Ce que voulaient les puissants c’était de la reconnaissance ou même de l’adulation; ce qu’ils reçoivent, c’est un défi, plein d’arrogance et sans excuse.  Ce n’est pas leur personne que les plus jeunes envies, ce sont leur place.

Le Québec fait du surplace depuis 1995, et là, le choc survient.  Ce nouveau Québec sans barrières ni complexe étonne le monde et nos bons décideurs veulent l’éteindre.  Ce que ces décideurs doivent affronter ce n’est pas un mouvement politique dûment organisé, mais un phénomène social.  La jeune génération Y a atteint sa maturité et veut prendre sa place et créer un monde à la mesure de leurs ambitions. Il faut qu’elle soit acceptée et que les individualités qui la composent puissent s’accomplir. Vous direz que cela est applicable à toutes les générations montantes depuis le début de l’histoire de l’humanité, sauf que les Y sont les premiers à véritablement vivre « parallèlement » dans monde virtuel où ils ont l’habitude d’être entendu, écoutée, et ce, même si ce qu’ils ont à dire n’a aucun intérêt.  La structure pour eux ne guide plus, elle accepte.  C’est ce qu’ont tenté d’implanté, en partie, les carrés rouges, des structures « virtuelles » dans le monde réel.

Les plus vieux de leur côté veulent conserver leurs structures, leur choix limité d’options avec l’Autorité qui leur indique ce qu’il vaut mieux choisir.  Ils ne veulent pas de ce monde d’hypercommunication où la capacité d’atteindre l’autre est la pierre d’accise de tout pouvoir. Ils veulent continuer dans ce monde où celui qui détient les moyens de production du message détermine le vrai du faux, comme tout patron décide pour tous les autres domaines de leur vie.  Ce monde où personne ne décide rien, mais ne donne leur opinion sur tout les effraie, car tout ce qu’ils croient comme étant « naturel » est désormais remis en question.  Dans la situation dans laquelle ils se retrouvent, la peur n’est plus une réaction, c’est un besoin.

Les néolibéraux ont cru que l’individualisme exacerbé allait enterrer les revendications collectives.  Malheureusement pour eux, c’est le contraire qui se produit.  Ces êtres remplis d’égocentrisme ne réclame que du collectif : un meilleur partage des revenus, un gouvernement ouvert, une véritable représentation politique et surtout de donner la chance à chacun de s’accomplir.  En fait, ils veulent que tous soient mis en place pour qu’ils n’aient pas à demande l’aide de personne.  Qu’on leur donne la chance et ils la prendront, pour dire par la suite qu’ils ont eu besoin de l’aide de personne.  Ils sont ingrats, peut-être, mais au moins ils veulent changer les choses.

Lorsqu’on regarde de l’intérieur le Québec à l’air morne et paralysé, mais de l’extérieur, c’est un des endroits les plus dynamiques du monde.  Dans certains milieux au Québec, rien ne semble impossible, le monde est à conquérir et ces jeunes québécois plus métissés que jamais l’accomplissent d’une manière qui semble facile.  Le seul domaine qui semble impossible de conquérir, c’est celui de la politique.

Le printemps Érable ce n’est pas une tentative de conquête, c’est une prise de conscience par cette jeunesse de sa force et de son identité politique.  Dorénavant, ils savent qu’un groupe important, ayant la capacité d’imposer ses vues au reste de la population, existe.  Tout ce que font ces jeunes maintenant, c’est de travailler pour que cette vision s’établisse un peu partout, dans les partis politiques, les organisations, les institutions d’enseignement et même les compagnies privées.  Ce théâtre ridicule de ces politiciens, dignes mandataires des « honnêtes gens », va bien arriver à sa fin.  Manifester perpétuellement afin de renverser l’ordre établi ne donnera rien, alors ils créent déjà cet ordre.  La prochaine fois qu’ils se regrouperont dans les rues, c’est que le travail sera terminé.  Et tous seront obligés de dire que les carrés rouges avaient raison.

Extrait : la télévision, les réseaux sociaux et la démocratie

23 Juil

J’ai terminé la rédaction de mon interminable ouvrage sur le printemps érable.  160 pages à temps perdu et sans l’aide d’aucune subvention (Mes taxes ! Mes taxes !) …

La deuxième partie devrait arriver bientôt, une révision et c’est fini…

entre-temps je publie un extrait (bonne lecture) :

 

L’importance des médias dans la construction identitaire

Si tout type d’échange entre individus est nécessaire à l’exercice réel de nos droits fondamentaux et la construction de nos identités, alors tout moyen de communication est d’une importance capitale dans une société. Sortir les moyens de communication d’une analyse identitaire, c’est faire abstraction du processus décisionnel, de la mécanique sociale faisant en sorte que les valeurs et idées viennent à s’imposer.  Les moyens de communications créent un espace de délibération entre les citoyens (où certains sont plus égaux que d’autres), les idées circulant et forgeant l’opinion publique.  La deuxième moitié de vingtième siècle a vu apparaître l’imposition d’un nouveau média, la télévision, qui transformera profondément nos vies, propulsant l’image aux plus hauts sommets.  L’augmentation des chaînes a diminué le message officiel de l’Élite bien-pensante pour faire place à un vacarme, qui malgré sa grande dissonance, chantait les louanges de l’individualisme néolibéral. Celui-ci prétend l’idée que les Élites culturelles et politiques sont corrompues, que seulement vous seul pouvez déterminer ce que vous voulez, que l’État gaspille continuellement de l’argent et que tous ceux qui sont à gauche sont des profiteurs du système.  Les entrepreneurs sont toujours bons, car ils ne font que répondre automatiquement aux demandes des consommateurs; le Marché étant le seul juge entre le bien et le mal dans nos sociétés.  Les grands projets constitutionnels s’en sont trouvés affaiblis, non seulement pour leurs échecs, mais aussi par la désaffection de la population pour les Élites causés par l’insertion du message néolibéral.

Cependant, comme on peut le constater les Réseaux sociaux prennent dorénavant leur place, faisant désormais compétition à la télévision comme un espace délibératif de première importance. Le combat entre la télévision et les réseaux sociaux, créé alors deux communautés politiques bien différentes, rendant plus ardue la « délibération nationale » sur des enjeux de société (comme ont pu l’être les droits de scolarité ou la Charte des valeurs), car leurs « points de repère » ne sont pas mêmes.

 

Les deux démocraties

La prédominance de l’un ou de l’autre moyen de communication, va changer la façon dont se forme l’opinion publique.  Dans un monde où la télévision prédominait, le citoyen est passif et reçoit l’information sans la demander au préalable.  Malgré la multiplication des chaînes, le choix comparé à l’internet est extrêmement limité.  Non seulement l’information est infinie sur internet, mais le citoyen peut trouver exactement ce qu’il veut et donc, s’associer avec un nombre significatif d’individus qui pensent comme lui.  Avec Internet, il n’y a plus de standardisation des idées, l’idéologie officielle a ainsi plus de difficulté à pénétrer les esprits.  L’internet produit en quelque sorte, des tribus idéologiques.

Ce qui fera en sorte que le processus de construction identitaire est différent  d’une société dominée par la télévision et comparativement à une autre dominée par internet.  Dans une société dominée par la télévision, le citoyen étant passif reçoit les normes et les codes sociaux, c’est-à-dire ce qui est acceptable, sans trop se poser de question.  Les relations familiales, de travail ou entre groupes ethniques sont représentées sous un angle prédéterminé au petit écran. Le téléspectateur s’identifiant à ce qu’il voit, en vient alors à être rassuré dans ces comportements sociaux.  Donc, la télévision en vient à être un instrument de contrôle social.  Cela peut paraître horrible à première vue, mais les émissions de télévisions ont fait beaucoup pour sensibiliser les gens contre la violence conjugale, le sexisme, le racisme et l’homophobie.  Cependant, il ne faut pas que la télévision ne « dérange trop », car sinon peu de gens la regarderont.  La façon de présenter les homosexuels ou les noirs, il y a 30 ou 40 ans dans les émissions peuvent sembler ridicules aujourd’hui, mais il faut savoir qu’à cette époque, c’était tout de même progressiste.  Même si la place des minorités n’était pas équivalente à celle de la majorité, leur situation s’améliorait petit à petit.

Avec la télévision, l’individu est en quelque sorte libre, car il n’est plus nécessairement gérer par son entourage, sa famille, son village, etc.  Il peut voir qu’un autre monde existe, que l’on peut être différent et avoir d’autres idées.  Cependant, avec la télévision, la différence est tout aussi standardisée que ce qui est conforme.  On permet l’individualisme, mais dans un cadre bien établis.  Donc on accepte la différence, mais jusqu’à un certain point, ce que la Majorité est prête à accepter.  Il faut comprendre qu’une société démocratique est permissive comme la nôtre intègre tout de même énormément plus qu’une société où la liberté de parole et de Presse est très limitée.

Une société dominée par la télévision donne à ce qu’on pourrait appeler un « Nous individualiste », l’individu existe, mais en fonction de cadres préétablis.  Tu peux faire partie du groupe, mais en fonction de critères acceptés par le groupe.  L’individu est libre, mais il n’a pas beaucoup d’influence sur les critères identitaires.  Si la télévision rend la nation plus inclusive, c’est la Majorité qui dicte en quelque sorte les espaces de libertés de chacun.   Dans ce type de société, l’individu a le choix d’être ce qu’il veut, mais on peut dire que les options sont déterminées par le groupe.

Il en est tout autrement dans une société dominée par Internet.  Dans celle-ci, les individus contribuent « librement » au contenu d’information diffusé.  Le citoyen est actif et peut vivre, s’il le désire, sans l’influence de la Majorité.  Auparavant, les minorités se faisaient imposer les limites par le groupe, avec internet et les réseaux sociaux, c’est la minorité qui indique ses aspects identitaires à la Majorité, pouvant dévoiler tous les aspects de sa vie, et ce, même si la Majorité n’est pas prête à l’accepter.  Cela donne toutefois une nouvelle force aux intégristes, aux fondamentalistes et aux radicaux qui se retrouvent moins seuls.  Par internet, les messages haineux finissent malheureusement par trouver un auditoire.  Toutefois, des problèmes de société souvent marginalisés peuvent prendre le devant de la scène, des causes moins « tendances » ou plus controversées peuvent s’organiser.  La mobilisation n’a plus besoin du « filtre social » national pour exister et les citoyens peuvent s’informer sur les questions qui les intéressent vraiment.  Cela fait en sorte que certaines questions prennent plus de poids dans la société et certaines personnes démonisées par les médias traditionnels viennent à avoir une certaine tribune pour se défendre.  Pour ou contre, bien ou mal, sur internet le message unique n’existe (pratiquement) pas.

Dans ce monde, le processus de construction identitaire s’apparente à un « Je collectif ».  c’est-à-dire que l’individu construit ou choisi son identité et ensuite l’impose à la Société qui doit l’accepter tel quel.  C’est la Majorité qui doit ouvrir le plus possible les critères identitaires de la Nation, afin d’intégrer les personnes qui prétendent la constituer, comme l’est en quelque sorte un réseau social.  La Majorité n’est plus définie selon un groupe d’individus, mais le cadre dans lequel ces individus interagissent.  Celui-ci doit accepter et permettre la différence.  Le Québécois ordinaire n’est plus un individu concret, mais un modèle auquel les gens se réfèrent.  Avec le « Je collectif » on peut dire que l’on passe d’une majorité réelle à une Méta-Majorité.

Ces types de société vont entraîner ou être liées à deux façons de concevoir la démocratie; une positive et une autre négative, une qui écoute et une qui parle.  La démocratie négative en conçue en fonction de la protection des droits individuels, ou plutôt de la limitation du pouvoir.  On limite les pouvoirs des décideurs par des limites judiciaires, de la transparence et des élections.  La démocratie est alors une protection contre les envies despotiques d’un dirigeant.  L’opinion publique, dans une démocratie négative, se forme de haut en bas [top-down], c’est-à-dire que les citoyens ne sont pas la source des développements à l’opinion publique.  Celle-ci est influencée par l’État, des « empires » médiatiques, des syndicats, des groupes de pression qui expédient leurs messages par des canaux traditionnels (journaux, radio, télévision) en espérant que les citoyens vont adhérer tôt ou tard à leur point de vue.

La démocratie positive est conçue en fonction de l’expression du conflit politique.  La démocratie y est perçue comme étant un régime où l’on doit exprimer ses droits individuels pour qu’ils existent vraiment.  Les décisions des gouvernants doivent être l’expression de la volonté populaire et ils n’ont pas carte blanche entre deux élections.  L’opinion publique se forme de bas en haut [bottom-up].  Les citoyens y sont la source des développements de l’opinion publique. Les citoyens communiquent entre eux, surtout avec l’arrivée des réseaux sociaux, les décideurs et les groupes d’intérêts décident alors de suivre ou non les tendances.  Le but est alors de lancer des  mouvements que le plus de citoyens possible pourront adhérer.

Montréal n’est pas le berceau de cette nouvelle identité, car elle est supposément plus progressiste, mais plutôt parce qu’elle est hétérogène.  La pérennité du cadre culturel dans lequel s’expriment les droits universels est beaucoup plus menacée à Montréal, tant du côté francophone qu’anglophone que dans le reste du Québec.  Le besoin d’une spécificité pour se protéger de l’assimilation de l’Autre a eu comme effet de se protéger contre la culture générique néolibérale.  Tandis qu’ailleurs, elle a pénétré sans vraiment de heurts, tranquillement et insidieusement. Que le français perde du terrain sur l’Île de Montréal n’est pas perçu comme une catastrophe, car il faut tenir compte du changement sociologique dans la population à Montréal.  Ce que combat Montréal c’est l’identité générique néo-libérale.  On ne peut pas empêcher la Mondialisation, mais en « Région » la langue et la tradition suffisent, ce qui n’est pas le cas à Montréal qui doit intégrer la Mondialisation et la transformer en quelque chose de nouveau.

Il serait trop facile de diviser en deux le Québec, entre le Montréal « progressiste et ouvert » et les Régions « conservatrices et fermées », la réalité est complexe.  Si l’on tend à se diriger progressivement vers une division entre démocratie négative et démocratie positive, poussés par les transformations qui survient à Montréal, nous sommes en ce moment dans une phase transitoire qui ne mène pas forcément vers la Révolution socialiste, mais un nouveau système de construction identitaire, sur lequel repose le corps délibératif qu’est la nation.  Il y a à Montréal tout autant de conservateurs que dans le reste du Québec qui, lui, est plus vivant intellectuellement et culturellement qu’il n’y paraît.  L’Histoire ne se fait pas par des mouvements saccadés et ce que l’on construit aujourd’hui n’efface jamais totalement ce qui a été fait hier.  Ce que j’avance, c’est que s’est construite à Montréal plus qu’ailleurs au Québec une façon « de faire des Québécois », entraînant une nouvelle identité nationale, basée sur de nouvelles valeurs politiques.  Et finalement, c’est cette nouvelle façon de faire des Québécois, présentée par les carrés rouges durant le printemps Érable, qui va s’imposer.

La médiatisation de la politique (Prise 2)

6 Nov

Personne ne détient totalement la Vérité.  Un bon esprit scientifique doit savoir quand il s’est trompé.

J’avais écrit un texte à l’hiver 2012.  Au printemps 2012, les événements m’ont démontré qu’il n’était pas valable.

Donc, je l’ai réécris et c’est devenu un chapitre de livre… l’ancienne version est disponible ici (si vous voulez comparer)

https://pldery.wordpress.com/2012/02/11/la-mediatisation-de-la-politique/

et voici la nouvelle :

La médiatisation de la politique

Actuellement, les médias ne forment plus le quatrième pouvoir, mais plutôt l’arène dans laquelle se fait le conflit politique.  Les trois autres (législatif, exécutif et judiciaire) doivent désormais être filtrés, pour exister significativement, au travers de celui-ci. Surtout à cause d’Internet, la démocratisation de la publication d’information n’agrandit en rien le pouvoir citoyen.  Il y a maintenant, produire gratuitement sans contrôle et produire contre rétribution sous l’œil bienveillant d’un autre.  Malheureusement, cette liberté vient avec un total désintéressement du grand public.  Ce privilège étant maintenant à la portée de tous, qu’une poignée d’individus ne voit de valeur à l’exercer. La facilité qu’a l’information de se rendre aux citoyens, ne renforce pas leur pouvoir, mais renforce au contraire celui qui la lui fournit qu’il soit le fruit du « Capital » ou d’un regroupement de citoyens. L’individu gavé plus qu’il ne le faut se demande maintenant pourquoi creuser plus profond, alors que ce qui ressemble à la vérité nous apparaît en plein visage?

Les journalistes semblent eux aussi être pris dans cette restructuration du monde médiatique, leur rôle semble aussi flou qu’au reste de la population.  Ceux-ci doivent être dorénavant multitâches et produire de plus en plus dans l’instantanéité.  Le débat politique a besoin au contraire de recul, de distance, de temps, d’une réflexion profonde sur des problèmes complexes.  Toutefois, cette complexité semble avoir disparu des médias d’information.  Croyez-vous qu’ils sont un rapport exhaustif de faits vérifiés, lorsqu’il est maintenant devenu possible de commenter un drame national en 140 caractères, seulement 30 secondes après qu’il soit survenu?

Ce besoin boulimique qu’ont les médias de produire trop de contenu, trop rapidement, et ce, avec des ressources décroissantes, donne le beau jeu à tous ceux qui peuvent fournir du contenu d’information préfabriquée et gratuite.  Avec le renforcement du rôle des relationnistes et faiseurs d’image de tout acabit, l’intérêt public laisse place peu à peu à l’intérêt privé. Il s’agit ici d’un déplacement de l’arène politique de l’espace citoyen à la sphère médiatique.

Le simple citoyen n’a pu uniquement besoin de savoir, mais plutôt qu’on lui fasse une analyse de toutes ces nouvelles qui lui parviennent.  Les médias se donnant de plus en plus la tâche d’analyser l’actualité politique; les politiciens, eux, y voient la nécessité de s’y intégrer. Ce qui entraîne que les équipes de communication concentrée autour des chefs deviennent plus importantes et que les équipes locales qui sont autour des représentants le sont de moins en moins.  La diffusion des idées est alors dorénavant plus réduite au sein du milieu politique et plus étendue parmi les citoyens.

Dans le monde des réseaux sociaux ont essai perpétuellement de se vendre sous notre meilleur jour et de détruire l’image des autres, les personnes doivent devenir leur propre relationniste.  Dans ce monde hyper médiatisé, les gens apprennent à décrypter les statuts Facebook de leurs proches, alors imaginez leur regard sur le programme électoral d’un parti politique.  Cette suspicion constante des autres mène les gens à se contrôler mutuellement.

On se livre également à une guerre d’image, car on a lié les mains des décideurs qui ne peuvent plus « acheter » leurs votes. Les valeurs et les intérêts se sont volatilisés du milieu politique au profit de la superficielle image publique.  On voit toutefois un regain des idées politiques qu’on place souvent au-dessus de la joute politique.  Les grandes idées ont la cotte tant à gauche qu’à droite, car elles font un plus grand impact sur les gens qui nous entourent.  Mais les grandes idées ont besoin des petites pour survivre. Et les petites ont besoin d’organisation et de militants actifs qui sont près à des actions qui frappent l’imaginaire.

Le retour aux grandes idées est une bonne chose, sauf que l’arène dans laquelle elles se retrouvent ne facilite aucunement leur mise en œuvre.  Auparavant, on retrouvait dans le monde politique des structures très rigides : des partis avec des objectifs très clairs et une discipline interne très forte.  Mais pour ceux qui ont toujours diffusé leurs idées et s’associent au gré des soubresauts de l’histoire, ces structures sont inadéquates.  Pourquoi se soumettre à d’autres, alors qu’ailleurs je peux m’unir et être libre tout à la fois ?  Dans l’arène médiatique, nous sommes dans le domaine du rêve, du désir, du superflu, de  l’exagération.  Le concret et la figure de style s’entremêlent à un point qu’il est devenu impossible de les délier distinctement. Où il fallait mettre son égo de côté et se sacrifier pour la cause, par exemple avec tous ces militants dociles qui composaient les partis de masses, le sacrifice est maintenant au service de cet égo qui ne cherche qu’à se démarquer des autres.

La Cause est malheureusement secondaire, car si cette dernière prime sur tout, ce sont les autres qui s’occuperont de notre image à notre place.  Défendre une cause nous amène dans l’arène médiatique, sinon cette cause n’existe pas. Le monde médiatique ayant fusionné avec la monde politique, les objecteurs de conscience et les critiques les plus acerbes du système en viennent toutefois à intégrer cette nouvelle arène assez rapidement.  Le contenu idéologique des grands partis ayant été dilué pour ensuite  se fractionner, la différence entre ceux-ci et les autres acteurs de la société civile n’est plus très grande.

L’arrivée de l’informatique nous a permis de tout quantifier jusqu’au déraisonnable. En sachant tous les paramètres d’une personne, elle n’avait plus besoin d’être dirigée, c’est ça la liberté des libertariens. Par ce stratagème l’individu en vient à être l’esclave du programme, d’une machine qui n’a pas d’opérateur, auquel tous supposément apportent quelque chose.

Par une série de chiffres, on peut établir des objectifs, des cibles, quantifier les progrès d’un individu dans l’atteinte de ses objectifs.  Rien n’allait plus être laissé au hasard, le marché détermine une cible et la créativité individuelle s’occupe de l’atteindre.  Les expérimentations sociales seraient désormais obsolètes, mais les gens en ont décidé autrement.  Avant l’explosion des Réseaux sociaux, les contenus appartenaient à d’autres et allaient servir à la consolidation d’empires de l’opinion publique où l’informatique n’est plus qu’un vulgaire outil de marketing.

Pour les plus vieux, le pouvoir d’exprimer automatiquement son opinion est amplement suffisant.  Le Marché lui donnant une liberté qu’ils n’avaient pas auparavant, ils n’ont pas le désir de transformer le monde qu’il l’entoure.  Pour les plus jeunes, ce pouvoir lui est inné, c’est un moyen politique au même titre que les autres, et non un privilège accordé par une bienveillante compagnie.  Il est alors normal qu’ils expriment leurs opinions, mais aussi qu’ils agissent en conséquence.

Le conflit était avant tout médiatique, car l’arène politique est dorénavant devenue médiatique, où les « empires traditionnels » affrontent les masses des réseaux sociaux.  Les compétences de nouveaux générateurs d’informations dépassent largement ceux des journalistes, désormais confinés à naviguer dans l’urgence. Un article imprimé générant 100 commentaires, les carrés rouges ont eu l’avantage par leurs connaissances et leurs nombres, constituant en quelque sorte une encyclopédie vivante.

Les compétences ou les « savoirs-êtres » en communication politique des carrés rouges démontrent l’importance des connaissances et des savoirs, mais aussi de leur application dans le débat public.  La « Réforme Marois » servait principalement à amener des travailleurs compétents sur le Marché du travail, elle a amené plutôt des agitateurs qui savent remettre le monde en question et aller chercher l’information pour le faire.

La richesse « par le travail » n’aura plus l’importance qu’elle a eue durant les belles années du néolibéralisme. L’image de la superficialité en prend un coup, on veut maintenant des gens avec du contenu ou qui ont l’air d’en avoir, sans pour autant enlever au contenant.  Des gens qui ont la capacité de dire des choses et de vendre les choses qu’ils disent sont peu à peu apparus dans le paysage politico-médiatique, ce sont les influenceurs.  Ils sont à un ou deux degrés supérieurs aux chroniqueurs des médias traditionnels, car en ont les capacités et la liberté de faire la Nouvelle.  Dans ce vaste univers infini des médias, les gens informés voient habituellement d’un mauvais œil les analyses préparées, à leurs yeux, sous le regard bienveillant des intérêts financiers.  Ne pas faire d’argent pour ce que l’on dit, ou ne pas sembler en faire paraît être la nouvelle norme d’une authenticité qui attire les respects des foules revendicatrices.  Chez ces influenceurs, seules les idées comptent.  Pourtant, la toile est remplie de « moucherons » qui ne veulent pas pousser le monde à la Révolution; mais comme ceux qui ont secoué leurs troupes lors du printemps Érable, leurs produits mis en ligne sous quelque forme que ce soit dans le monde virtuel ont été fait avant tout par pur besoin de créer et non de la commande d’un tiers, que dans un but de créer cet objet.  Si ces créateurs sont devenus riches, ce n’est qu’après que des milliers ou même des millions d’admirateurs aient approuvé le travail.  La valeur dans un produit ou une idée doit maintenant provenir (ou sembler provenir) de l’approbation des masses et non de concepteurs haut perchés déversant une campagne de marketing quelconque. Cela imagine les consommateurs, comme un regroupement de citoyens dans la démocratie athénienne de l’Antiquité.  Et comme celle-ci, ces citoyens consommateurs font face à l’influence quelquefois pernicieuse de rhéteurs qui soulève les foules pour agrandir leur pouvoir.  Les individus ont besoin de savoir si ce qu’ils font est acceptable, si cela est bien aux yeux des autres, ils se tournent alors vers certains dont les opinions sont considérées plus justes .  Si les individus peuvent faire reconnaître leurs actions par les influenceurs, ces derniers peuvent également en suggérer d’autres aux individus, de là très grand pouvoir de mobilisation.  Ils deviennent maintenant un filtre des médias traditionnels qui eux-mêmes filtrent le monde politique.  En dévoilant les altérations de la réalité au profit de certains intérêts des médias traditionnels, on s’est mis à oublier le même processus au sein du monde virtuel, où en démasquant tout un système, on en vient à croire que nos intérêts sont les seuls étant bons et justes, et donc, vrais. Certains valets des médias traditionnels en viennent alors à attaquer la pierre d’assise véritable des influenceurs : leur authenticité.  Toutefois, ces attaques viennent renforcer leur pouvoir, car cela démontre aux yeux de ceux œuvrant dans le monde virtuel que cet influenceur « dérange » et que donc, il doit forcément avoir raison.

Malgré les idées vertueuses, nos influenceurs n’en seront pas moins des gens ambitieux, où l’image sert l’image qui était autrefois au service d’une cause et ensuite d’un produit.  Dans cette ère communicationnelle, le produit, c’est nous.  Nous devons le vendre, si nous voulons vendre ensuite quelque chose de concret aux autres.

Avec ce débordement d’informations et où le simple citoyen n’a ni les capacités, ni les ressources et le temps de toutes les analyser convenablement, le pouvoir des chroniqueurs et des faiseurs d’opinions s’en est premièrement renforcé.  Par la suite, ceux-ci ont été contrés par les « influenceurs », surtout présents dans les réseaux sociaux.   Pourtant, chacun devrait être en mesure de se faire sa propre opinion par lui-même. Mais encore là, elle nous arrive toute cuite et prémâchée, ce qui est plus que bienvenue lorsqu’on est pris de toute part.

Au début de notre régime parlementaire, alors que notre gracieuse majesté britannique nous fit le présent d’une assemblée législative, les électeurs choisissaient un représentant qui, lui, pouvait avoir ensuite une allégeance.  Les partis se créaient une fois la Chambre constituée. Le cens électoral réduisant considérablement le nombre d’électeurs, la classe politique n’avait pas le besoin de stratégie de communication à grande échelle, avec au programme clair et un message ciblé.

Avec le temps, ce cens électoral s’est constamment agrandi jusqu’à parvenir au suffrage universel avec l’arrivée du vote des femmes.  La « clientèle » électorale est devenue plus grande, les candidats n’ont pas eu le choix de se donner une structure afin de rejoindre le plus d’électeurs possible.  Au début, on se servait de dirigeants locaux qui distribuaient les faveurs et les emplois à ceux qui votaient du « bon bord ».  Ayant compris très vite l’utilité d’une bonne organisation politique, les militants se sont mis  à faire leur œuvre. De temps à autre, les mouvements sociaux ont amené un nombre croissant de sympathisants politiques au sein des partis, la vague associative déferlant presque toujours vers l’action politique.

Ce sont les moyens de communication de masse qui ont peu à peu délocalisé la politique.  Si les journaux avaient leur importance, la capacité de rejoindre un vaste auditoire instantanément, à amener le besoin de « ratisser large » pour rassembler, sur une même plate-forme électorale, le plus de gens possible.  Le marketing politique a commencé à prendre toute la place.  Vendre un programme comme un produit, un parti comme une marque, un candidat comme une vedette.  L’importance de l’argent a aussi donné une place prépondérante aux liens d’affaires.

Lorsque le vote est devenu accessible à tous, les partis ont eu besoin d’énormes montants pour gagner leur élection.  Aujourd’hui, les citoyens reprennent leur place grâce aux réseaux sociaux.  En fait, Barack Obama l’a démontré qu’il faut dorénavant être le réceptacle des aspirations politiques de la population, que le programme nous soit donné par une base citoyenne et que le pouvoir est une courroie de transmission. Le Marché ne permettant plus aux personnes de s’épanouir ou d’améliorer leur sort, ceux-ci le font dans la lutte politique.  À la suite, de la crise économique des années 30 et de la Deuxième Guerre mondiale, on a assisté à un passage de l’Élite financière à l’Élite bureaucratique afin de « sauver le Marché ». Pouvons-nous nous avancer, alors, que le Marché serait sauvé par ces « influenceurs », ces mêmes qui s’évertuaient tant à prétendre le détruire ?

Si l’opinion publique est désormais élaborée par des initiatives citoyennes, celles-ci sont lourdement influencées par l’apport des empires médiatiques qui contrôle le contenu de l’information.

L’association est dorénavant illusoire, car les gens contribuent individuellement à un espace collectif et n’ont pas ensuite de contrôle sur leur contribution.  Les citoyens ne déterminent aucunement une position commune, sur laquelle ils se sont préalablement entendus. L’adhésion  à un groupe peut signifier différentes choses, toutes dépendantes de la personne. Ce qui donne un nombre plus grand d’adhérents, mais diminue grandement la cohésion du groupe et donc sa capacité d’action. Les individus ne voulant plus se soumettre aux directives des partis politiques de masse, ceux-ci en sont venus à diluer leur contenu afin de ne pas déplaire durant l’ère du néolibéralisme. Auparavant, l’absence d’opinion défavorable entrainait une adhésion; aujourd’hui, ils se fractionnent afin de permettre une reconnaissance aux individus.  Le pouvoir réside maintenant dans la capacité de reconnaître les individus pour leur donner une valeur dans le débat politique.

L’allégeance souple de ces nouvelles associations fait qu’elles sont plus hétérogènes, ce qui rend la mise en place de stratégie plus difficile. La volatilité de ces groupes les empêche aussi de s’imposer sur le long terme.  Comme on n’a pu le voir lors du Printemps Érable, par leurs structures celles-ci sont aussi très vulnérables à l’usurpation du processus décisionnel par des groupes mieux structurés et qui prétendent se réclamer des mêmes idéaux.  Ce qui rend, aussi l’électorat extrêmement volatile, car les partis ont échangé un message clair pour une capacité d’accueil basée surtout sur les sentiments, plutôt que sur la raison.

Rien ne l’a démontré aussi clairement que lors de la dernière élection fédérale en mai 2011 au Québec, où les gens ont voté avant tout pour un chef, pour une allure, pour une image, lorsqu’officiellement ils doivent voter pour un député qui sera le mieux les représenter au sein d’une assemblée législative.

Le drame dans l’élection du NPD, c’est qu’elle fut soudaine.  Depuis au moins une dizaine d’années, j’entendais un peu partout que plusieurs étaient en accord avec les idées du NPD, mais toutefois sans jamais leur donner leur vote.  Les gens ont attendu que les autres approuvent ce geste, à savoir s’il devenait socialement acceptable.  Ils se sont reconnus entre eux au travers des réseaux sociaux qui ensuite ont été relayés par les médias québécois.  Ce filtre nouvellement imposé par les médias ne fait que diminuer l’influence des convictions personnelles.

Ce que le NPD a prouvé, c’est qu’il même pas nécessaire de rejoindre tout le monde, même pas ses électeurs, même pas ses sympathisants, même pas ses membres, mais seulement ceux qui permettent d’influencer l’opinion publique.   Il ne faut pas viser la population, mais les influenceurs. Cette obligation que ce sont donnés les citoyens de se contrôler par le filtre des grands médias, ne fait qu’agrandir la distorsion amenée par l’intérêt médiatique.  Au Québec, on a réduit Jack Layton à une saveur du mois, avec en prime un martyr télévisé. En tout, un beau spectacle d’environ six mois.  Au Canada, on avait dépeint Stephen Harper comme étant responsable et modéré.  On avait parlé de lui bien plus que défunt chef du NPD, pourtant le Québec a cru que le Canada tout entier s’enflammerait pour ce chef que l’on ridiculisait lors des deux élections précédentes.

Après, les journalistes ont rejeté la responsabilité de cet effet d’entraînement sur le fait que les dirigeants du NPD, notre bon Jack compris, de n’avoir pas dit toute la vérité sur son état de santé.  Refuser de reconnaître une évidence est pourtant l’ingrédient principal de la mauvaise foi.  La meilleure histoire fait vendre plus de journaux et attire les meilleurs cotes d’écoute, c’est tout.  C’est pourquoi ce n’est plus celui qui est le mieux à gérer les affaires de l’État ou simplement vous en donner plus que les autres; c’est le candidat qui arrivera à vous toucher le plus, quelle que soit l’émotion générée, qui l’emportera.

C’est l’expression de notre liberté qui finit par réduire cet espace commun qui est l’arène politique.  Ce territoire, qui était auparavant collectif, s’est peu à peu privatisé ou du moins est entré sous le contrôle d’une poignée d’individu, dont l’intérêt premier n’est pas de s’assurer de la vivacité de notre système démocratique, mais plutôt d’assurer ses propres intérêts, lié à une grande cause ou non.  Les individus devront tout ou tard prendre contrôle des canaux dans lesquels ils souhaitent s’exprimer.  Ces collectivités devront devenir vraiment collectives.

Si les réseaux sociaux ont démontré leur efficacité pour amorcer des révolutions, nous allons devoir trouver un moyen pour que ces liens ne disparaissent pas aussi soudainement qu’elles sont survenues. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les liens permis par les réseaux sociaux ne sont pas assez significatifs pour cela.  Il est bon d’exprimer notre voix, mais il faut également qu’elle soit entendue et qu’elle ait un impact.  Cette nouvelle conscience née du web 2.0 devra tôt ou tard s’assembler dans une structure plus traditionnelle qui lui permettra de détenir les moyens nécessaires pour atteindre ses objectifs. Et non pas pleurnicher à chaque fois qu’un parti ou un autre n’agit pas selon nos préférences.

Aperçu de la deuxième partie « les effets du printemps Érable »

5 Août

Bonjour groupe,

Je vous ai laissé des extraits de la deuxième partie de ma super réflexion qui portera sur les effets du printemps Érable. En gros c’est  4 chapitres, dont les titres sont en gras. J’ai essayé de mettre des extraits le plus représentatifs possibles, mais les chapitres ne sont pas terminés et certains sont plus avancés que d’autres.

J’veux dire, le meilleur est à venir… 😉

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Que veulent les carrés rouges ?

« Je ne suis pas quelqu’un qui est contre le fait qu’il faut donner un itinéraire à la police quelques heures avant une manifestation.  Cependant, si remettre cet itinéraire pouvait mettre en danger la sécurité des personnes qui participent à une manifestation, il est du devoir ses organisateurs de ne pas le remettre. La sécurité et la liberté d’expression des manifestants doit primer avant tout. »

« Il est du devoir de nos dirigeants politiques à ce que les Forces de l’Ordre soient respectées et non craintes.  L’Autorité est un pouvoir accepté et respecté, la simple peur pousse certains à répondre par la violence, pour faire naître cette peur de l’autre côté.  Le Chaos ne vient pas de l’absence d’ordre, mais lorsque l’Autorité a perdue toute sa légitimité face à la population.  Ce que les carrés rouges veulent, ce n’est pas la fin de la police, mais une police respectable, au service des citoyens au lieu du pouvoir en place.

La Brutalité policière c’est une déshumanisation de certains citoyens et citoyennes, dans le but d’imposer une vision idéologique de la société. »

La souveraineté : business as usual

Autrefois, on se servait de la souveraineté afin d’affaiblir un ennemi politique, la gauche ou la droite prétextant que le gouvernement fédéral était une menace au projet idéologique. Les partisans de ce souverainisme circonstanciel est perceptible dans le langage commun, comme étant des « souverainistes mous ». Aujourd’hui on peut apercevoir un autre phénomène, où le degré de souveraineté différencie les formations politiques avec sensiblement le même but : la social-démocratie et l’indépendance nationale.  La souveraineté n’est pas ici un projet commun, mais un point comme les autres, que les partis prennent pour se distinguer.  Si elle était si importante, leurs partisans s’uniraient afin d’établir une stratégie commune pour y accéder.  Aujourd’hui, la quête personnelle du pouvoir semble plus importante que le rêve de tout un peuple.  Ce n’est pas parce que la Souveraineté est faible que les souverainistes sont divisés, mais plutôt parce qu’ils sont divisés qu’elle est faible.

La souveraineté est devenue un prétexte à un jeu de pouvoir, les plus radicaux des mesures sociales et de l’indépendance s’organisant en formation politique, afin de mieux influencer le débat public.  Le plus grand obstacle à la souveraineté n’est pas sa faisabilité ou l’incertitude, mais plutôt la peur de donner un pays à une Majorité qui a des vues contraires aux nôtres. Nous ne sommes pas éloignés de la souveraineté.  Au contraire, ne nous en sommes jamais été aussi près, mais la teneur des fondements de cette future nation indépendante semble plus nous diviser, plus qu’elle nous unis.  Nous sommes rendus à un point où les souverainistes ont peur d’autres souverainistes.

Les deux identités, les deux démocraties

« La pérennité du cadre culturel dans lequel s’expriment les droits universels est beaucoup plus menacée à Montréal, tant du côté francophone qu’anglophone que dans le reste du Québec.  Le besoin d’une spécificité pour se protéger de l’assimilation de l’Autre a eu comme effet de se protéger contre la culture générique néolibérale.  Tandis qu’ailleurs, elle a pénétré sans vraiment de heurts, tranquillement et insidieusement.  »

La victoire de la peur

« L’effet le plus évident du printemps Érable a été de rabaisser la vie politique québécoise à sa plus simple expression.  Le pouvoir s’est montré nu, libéré du manteau de l’acceptabilité.  Et le drame dans tout ça, c’est que la majorité des citoyens ont préféré se soumettre aveuglément à ce pouvoir qui avait fait preuve d’une réelle carence au niveau de la légitimité, au lieu de choisir le véritable exercice de la Liberté. »

Les causes du printemps Érable : 81 pages de réflexion

15 Juil

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Bonjour,

L’ancien document avait quelques problèmes de mise en page, je vous en mets donc une nouvelle version :

Ceci est la première partie d’un ouvrage sur les causes et les effets du printemps Érable que vous pouvez télécharger ici :

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Voici également quelques extrait pour vous faire une idée :

« Il est erroné de croire que les autres n’ont pas besoin de nous et que nous n’avons aucunement besoin d’eux.  Si bonheur il y a, il est dans l’espoir d’un monde meilleur et celui-ci ne peut subvenir que si nous décidons de le construire ensemble. Cela peut paraître une rêverie, mais je répondrai à cela que personne n’a apporté une contribution significative au sort de l’humanité en essayant une nouvelle recette, en buvant un verre de rosé sur son patio ou à découvrir son moi-profond dans une orgie de lecture psychopop.  »

« Mais qu’avons-nous depuis que l’individu atomisé est laissé à lui-même? Sans dissidence, ni créativité, l’innovation sociale est désormais bloquée et toute réforme doit émaner d’un grand tonnerre, une tempête disproportionnée pour les modifications demandées.  »

« Les individus veulent désormais faire quoi ? Imposer l’utopie politique, celle qui va permettre afin l’équilibre. Un équilibre qui servira le chaos des jeux de pouvoirs, de la politique pure, dont le seul but est d’apporter l’épanouissement possible de chacun des individus sur la terre. »

« Le printemps Érable n’est pas un accident de l’Histoire, mais bel et bien l’Histoire qui nous indique un autre mouvement que celui que les puissants avaient prévu.  »

Le document fait 81 pages, j’en ai maintenant 125 d’écrites, mais je prends une petite pause mentale, mais le tout devrait être prêt cet automne.