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Les nouvelles tendances politiques au Québec

24 Avr

En tant que super chasseur de tendances et sommité intercontinentale de l’Actualité politique, il est de mon devoir de vous révéler les nouvelles tendances qui auront lieu au cours du printemps-été-automne 2015 au sein du paysage politique Québécois.  Voici donc les nouveaux venus qui peut-être influenceront (on ne l’espère pas), les débat sociaux de l’avenir…

La Race Bilingue

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Il y a de ces gens qui semblent tout droit sortis d’un vidéo corporatif du gouvernement du Canada… ils ont des noms du genre Jeffrey Thibeault, Laurent Smith, ou du genre Huong-Kim Gretzky…  Ils parlent les deux langues officielles comme Jean Chrétien et ils ne font que démontrer leur super dévotion pour le « plusse-meilleur pays au monde ».  Cependant, ils n’arrêtent pas de chialer contre le système, le gouvernement, les autoroutes, la SAQ, Radio-Canada… en fait, tout est mieux en Ontario et c’est encore meilleur aux États-Unis… où ils vont sûrement déménager dans quelques années, car ils ont un bunch de cousins qui restent là…

La seule émission québécoise qu’il regarde c’est la Poule aux Oeufs d’Or, la seule émission Canadienne c’est Hockey Night in Canada et seul bout qu’ils aiment c’est l’édifient commentaire de Don Cherry… Pour le reste, c’est des émissions des States… Ce sont eux qui achètent la Molson Canadian à l’épicerie (maintenant vous savez), en plus d’être les seuls qui savent qui est Anne Murray sur le territoire du Québec (don’t ask).

Projet de Société : Canada all the way ! Coast to coast ! …mais maudit qu’ils ont hâte de déménager en Floride, avec leur cousine Sharreen Beaulieu d’Halifax et leur neveu Jean-Pierre Gonzalez de Sudbury… et aussi, ils devraient avoir le droit d’envoyer leur enfant à l’école l’anglaise, privée évidemment…

La Solution à tous nos problèmes, selon eux, est de voter infiniment pour Justin Trudeau et Philippe Couillard, ou tout autre individu désigné par la famille Desmarais….

Le Terroir 2.0

On a tous un oncle ou une tante qui post des infographies… euh non, des images MS Paint poches, dignes d’un collage d’un enfant de maternelle ayant pour sujet la Charte des Valeurs et/ou la menace engendrée par les « extrémistes »… Malheureusement, leur cohérence idéologique est aussi forte que leur talent pour créer dequand-vieux-essaient-l-informatique_6wmqt_37mtjos images de propagande simpliste. À un post Facebook avec une image d’une madame voilée qui prie à La Ronde (canular en passant) titrée : « il est temps de sortir la Religion du Québec, pour une société Laïque », ils t’en ressortent une autre deux plus plus tard : « Le Crucifix doit rester à l’assemblée Nationale ! »… et lorsque le temps des Fêtes arrive (oui le Temps des Fêtes, y’a plusieurs fêtes…faque on dit Temps des Fêtes… on dit Joyeux Noel, le jour de Noel et Bonne année, au jour de l’an… y’a pas de complot islamiste, c’est juste l’ostie de gros bon sens) et bien, accroche ta tuque en Phantex avec de la broche, parce que là tu vois une multiplication des posts sur les interdictions de sapins de Noël survenus en 2007 et le retrait de crèches dans un autre pays, étant plus intense que celle opérée par Jésus sur les pains et des poissons dans un désert quelconque de Judée, il y a genre 2000 ans… Sauf que Noël, c’est tellement important qu’ils ne daignent même pas aller à la messe de Minuit, parce que les enfants braillaient trop pour ouvrir leurs cadeaux et que anyway ils étaient beaucoup trop saouls pour conduire…

Pour eux un débat d’idées, c’est les commentaires en bas d’un article du journal de Montréal ou sur la page FB de TVA Nouvelles… Aussi, une anecdote d’une madame de Blainville leur semble plus crédible qu’une étude scientifique…

Projet de Société : Un État Laïque qui interdit toute les religions… sauf la leur… parce que c’est du Patrimoine… pour continuer le travail commencé lors de la Révolution tranquille où on s’est enfin délivré de la Religion catholique et du pouvoir nocif des curés… (confus ?)

La Solution à tous nos problèmes est un triumvirat composé du conseiller municipal d’Hérouxville, Bernard Drainville et du maire de Saguenay, Jean Là Là Tremblay…

Les impérialistes Montréalais

Les impérialistes Montréalais ne vivent pas à Montréal, ils SONT Montréal ! Ils trippent sur l’Impact, achètent des vinyles en quantité industrielle, roule en Bixi…  Tout ce qui est partagé avec le reste du Québec est ringard…Ils clament qu’ils ne regardent jamais la télé, ce sont eux qui étampent partout sur les réseaux sociaux qu’ils ne regardent pas les éimpérialiste montréalaismissions de télévision populaires pendant qu’elles jouent… (comment ça ils savent l’heure de l’émission ?) et ils écoeurent le reste de la planète avec « Série Noire ». Ils désirent le retour des Expos, mais aucunement celui des Nordiques, car Québec ce n’est pas une ville (ils n’ont même pas de Métro). Ils réclament plus de films de Xavier Dolan et voudraient manifester à l’année, afin de pouvoir scander Fuck the Police (le Groupe de musique et le SPVM) !

Au delà des Couronnes Nord et Sud, c’est le néant absolu.  Trois-Rivières, c’est la campagne; Drummondville, c’est le désert; et Québec City, c’est le Mordor !  Pourtant, ils savent plus que quiconque ce qu’il faut faire pour les Régions, les abandonner… ou en faire des colonies où des missionnaires propageront les nouvelles connaissances dans la domaine de la cuisson du grilled-chesse, du post-rock garage, des fixees, de l’anarcho-féministe radical ou des schémas tactiques du 11 montréalais…

Projet de Société : que Montréal impose son hégémonie sur l’ensemble du Québec… du Canada, ensuite sur le monde entier et peut-être même Brooklyn…

La Solution à tous nos problèmes serait d’être géré par un comité anarcho-communiste composé d’Amir Khadir, de la fille d’Amir Khadir, Xavier Dolan, un cuisinier dans un restaurant de Grilled-Cheese de Luxe, 3-4 chroniqueuses féministes, Anarchopanda, 2 aficionados du Marché Jean-Talon, ainsi qu’un propriétaire d’une boutique de Vinyles…

Les Rednecks de Région

Dans les Régions, il y a les gens des Régions… mais plus tu vas creux dans le bois ou dans les terres, plus t’as de la chance de croiser les Rednecks de Régions… tsé le monde qui se pointe en habit de chasse à un party de Noël ou à un enterrement…cletus

Ces gens-là, trippent un peu trop sur Bob Bisonnette, répètent mot pour mot les argumentaires des animateurs de RadioX… et passent leur journée à se saouler à la Coors Light ou toute autre bière avec un nom semble provenir des States.  Leur plus grande aspiration est le retour des Nordiques (Nordiques Nation !!!!!), et tout commentaire sur le fait qu’on s’est fait fourrer avec la construction d’un amphithéâtre de 400 Millions qui ne va servir qu’à accueillir une équipe de hockey junior, est répondu par un coup de shot-gun…

Pourtant, leur plus grand sujet de débat semble être au sujet de la meilleure marque de pick-up sur le marché, et ce même s’ils conduisent une Sunfire 2001 orange avec des stripes vertes… Ils sont du genre à accrocher un drapeau confédéré dans leur garage ou même dans leur cuisine, sans savoir ce que ça représente… mais bon c’est des Rednecks…

Ils aiment leurs femmes chaudes et leurs bières froides, mais ils passent la majeure partie de leur temps à boire de la bière tiède dans le bois, tout seuls..entre gars… loin des regards…

Pour eux, une randonnée ça se fait en skidoo, le taux d’alcoolémie et la limite de vitesse c’est une suggestion, les aliments biologiques sont les framboises que tu ramasses dans le fossé sur le bords de la route (après avoir perdu le contrôle de ton char parce que tu roulais trop vite et que tu étais trop saoul), une maison à 150 000 $ c’est un château et croiser un feu de circulation est un événement !

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Projet de société : un État qui coupe dans tout, sauf le sport et aider nos entreprises; qui s’attaque aux syndicats, aux féministes, aux étudiants, aux écologistes pis toutes les autres osties de BS et qui tabasse tous ceux qui perturbent notre modèle de développement économique basé sur une exploitation intensive des ressources naturelles et les baisses d’impôts…(oh wait !)

La Solution à tous nos problèmes c’est moins de gouvernement, plus de police ! …et des guns pour se protéger de la police…

Les ci-devant épicuriens de la Haie-de-Cèdres

Le terme « ci-devant » signifie « auparavant » et était utilisé lors de la Révolution française pour désigner les anciens aristocrates qui dépossédés de leurs pouvoir, peinaient à se positionner dans ce « monde nouveau ».  C’est un peu la situation dans laquelle se retrouvent nos épicuriens de banlieue qui veulent toujours profiter de la vie, mais cherchent désespérément à avoir une conscience sociale… Ils sont en période de transition depuis genre 10 ans, donc ils sont très mêlés… Certains sont des habitants de la banlieue déménagés à Montréal, d’autres d’anciens Montréalais rendus dans le 450… Ils roulent en vélo en banlieue, mais se promènent en voiture à Montréal… Ne veulent pas de pesticides sur leur pelouse, mais veulent continuer de faire la guerre aux mauvaises herbes… Ce sont les amants du politically correct et du yogourt sans gras.lawnmower_repair1hampshire

Ils reçoivent des paniers de légumes bio, boivent du café équitable, et mangent des oeufs de poules en libertés, mais capotent lorsqu’un Subway ouvre à deux rues de chez eux… Ils regardent La Voix, mais enregistrent « Tout le monde en parle ». Ils se disent ouverts à l’immigration et à la différence, mais ils ne veulent pas que des « étranges » deviennent leurs nouveaux voisins. Ils regardent des films en anglais sous-titrés en français, conduisent un SUV hybride et pour eux, une mobilisation c’est acheter un produit où une partie des profits ira à une oeuvre de charité quelconque… Ils participent également à tous les défis « un mois de si », une « semaine à faire ça » ou la « journée sans faire une autre affaire »… et ils te gossent solide pour te le rappeler…

Politiquement, ils sont mêlés, ils veulent du changement mais pas trop… c’est le genre de monde qui hésite entre voter pour la CAQ ou Québec Solidaire…

Projet de société : Un Québec indépendant, dans un Canada fort… qui fait la lutte aux changement climatiques et qui vise à réduire les inégalités… mais sans affecter notre développement économique et l’exploitation de nos ressources naturelles. (coudonc, j’suis en train d’écrire le programme de Pauline Marois moé là…)

La solution à tous nos problèmes serait un gouvernement minoritaire stable… ou bien la résurrection de Jack Layton…

Les Mystiques écologiques

On connait tous quelqu’un qui est disparu et qui réapparu sur Facebook, en publiant des photos de son voyage en Amérique Latine… et puis qui vit désormais quelque part en campagne, on ne sait pas trop ce qu’il fait, mais ce en quoi il croit… oh ça, on le sait ! Comme tout bon écologiste, il s’est battu contre le projet de port pétrolier à Cacouna et fait à la guerre au Pipeline d’Energie Est, mais il répand également sa page Facebook de curieux vidéos sur les Chemtrails, les souffrances des élevages d’animaux pour la fourrures en Chine, de la disparition d’une grenouille quelconque en Amazonie, en OLYMPUS DIGITAL CAMERAplus d’insulter le sinistre individu qui aura l’audace de photographier son steak et le publier sur les réseaux sociaux. Il est rempli de désarroi, car la planète entière n’est pas Végétalien comme lui… en plus de considérer Greenpeace et Équiterre comme des maudits posers travaillant pour le compte des illuminatis.

Son ennemi mortel est Monsanto qui est la cause de tous les problèmes sur la terre.  Ils ne veulent plus de pesticides, et ils portent une attention toute particulière à la provenance de leur bouffe, mais se fouttent bien par exemple de celle de leur weed qu’ils fument comme des cheminées… Ils publient des liens vers toutes les études scientifiques prédisant l’Apocalypse si rien n’est fait pour contrer les changements climatiques, mais sont anti-vaccins… et croient à toutes sortes de théories nouvel âge sur les champs d’énergie ou les auras, quand ce n’est pas de prétendre qu’on peut guérir le cancer avec du jus de racine…

Habituellement, on n’invite pas ces gens-là à souper chez nous, car il n’y a rien d’acceptable pour eux dans notre garde-manger, et quand on va chez eux, bien… ça goûte le carton… Ce sont eux qui achète de l’Hydromel à la SAQ (maintenant vous savez).

Projet de Société : Vivre en harmonie avec la nature, même si cela équivaut à éliminer la moitié de la population de la planète.

La Solution à tous nos problèmes serait un gouvernement du Parti Vert ou donner le droit de vote aux animaux, ce qui nous mènerait à gouvernement dirigé par des Bélugas. (cool !)

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Petite mise en garde avant de commencer le printemps 2015…

12 Jan

L’annonce d’une grande contestation au printemps 2015, ne semble pas atteindre le gouvernement actuel. Malgré l’évidente adhésion d’une très grande partie de la population à la mobilisation contre les mesures d’austérité, le gouvernement Couillard ne semble pas broncher et garde le cap. Il est clair que les Libéraux cherchent le conflit.

L’horrible tactique du Parti Québécois lors de la dernière campagne électorale, donne l’impression aux libéraux qu’ils ont raison. Il faut se souvenir que les Libéraux ont perdu avec une marge très mince suite à l’élection qui a suivie le Printemps érable.  Ils veulent désormais en finir avec les syndicats et les étudiants.  Il semble que pour certains, le Printemps érable était une erreur de l’histoire, plutôt due à la collusion et la corruption qu’à un ras-le-bol généralisé envers les politiques néolibérales.

L’oeuvre « immense » des libéraux, le projet de pornographie comptable qu’est l’austérité est un rêve qui se discute depuis des dizaines d’années lors des réceptions des Chambres de commerce partout au Québec.  La crise créé par la Charte des Valeurs a en quelque sorte mis les libéraux au pouvoir par défaut. Pour certains, une telle occasion de remodeler le « modèle québécois » au goût d’une Élite en perte de vitesse, ne passera pas de sitôt. Leur tour va bientôt finir, aussi bien tout prendre pendant qu’on en a encore le temps…

Mais d’un autre côté, quel est le but des contestataires du programme d’austérité ? Malgré la grogne généralisée, les objectifs visées par les différents groupes sont forts différents.  Est-ce que toute la lutte qui s’en vient, mérite un adoucissement des mesures d’Austérité ou le statu quo ? Que ce soit dans le gouvernement actuel ou un autre…  Il faudra proposer autre chose.  Le but doit être de transformer le Québec et on doit s’entendre sur les moyens pour y arriver.

Couper moins c’est vouloir couper le reste plus tard. Il faut investir, arrêter de penser aux dépenses, mais aux revenus.  N’importe quel dirigeant de PME vous le dira, qu’il « vaut mieux penser à faire des piasses, que de sauver des cennes ».

L’histoire impose des actions, cependant personne n’ose les faire, car elles imposent par le fait même, un remaniement des structures de pouvoir.  C’est bien connu, les politiciens et les autres types de décideurs publics ne veulent pas trop faire de compromis sur ce point, afin de ne pas perdre leurs places.

Dans l’État actuel des forces politiques, rien ne semble annoncer un réel changement.  La contestation envers le PLQ et son projet d’austérité, apparaît presque virtuelle.

Il est évident que les syndicats seront le fer de lance de la constestation et ils se battront sûrement avec grande ténacité, mais à part démontrer son mécontentement et nuire à la circulation, que puissent-ils faire de plus?  J’espère que ces mêmes syndicats qui semblaient dépassés par les tactiques des jeunes lors du printemps 2012, auront appris deux ou trois choses utiles pour celui qui s’en vient…

Il ne faut pas oublier qu’incapables de s’emparer du pouvoir, les étudiants ont dû « jouer le système » et s’en remettre au bon vouloir du gouvernement Marois pour « Bloquer la hausse ».  Le goût de la victoire a été un peu fade, compte tenu de la mobilisation.  Il ne faut pas que des démonstrations contre l’Austérité, mais proposer quelque chose qui transcende les divisions actuelles de la société québécoise.

Les contestataires devront accepter d’accueillir les partis  (PKP compris) et ces mêmes partis (incluant le Grand Satan PKP en personne) devront laisser se transformer par la contestation.  S’il veut le pouvoir et même faire l’indépendance, le PQ devra arrêter de se comporter comme un culte occulte des conditions préalables pour arriver à l’indépendance pour se situer adéquatement dans le contexte politique.

Les Baby-Boomers préfèrent dorénavant mourir dans leur pisse, maltraités par un préposé aux bénéficiaires à qui on a coupé sa pension, que de voir un arabe déménager à côté de chez eux.  Même si tous les fétichistes du terroir aboyaient en même temps, cela ne peut garantir une majorité; tant que le PQ s’attachera à la Charte des Valeurs, il fera partie du problème.

En ce qui concerne Québec Solidaire, à part épancher une détresse qui n’est pas la sienne au banquet des corbeaux, des vautours, qu’a-t-il fait d’autre ?  « Ah oui mais, le PQ si, le PQ ça… », rien ne vous dérange par contre de prêter vos militants à un parti fédéraliste qui veut faire passer un pipeline avec Stephen Harper sur la seule terre qui nous appartient en ce monde, dirigé par un ancien ministre de Jean Charest qui a invité les Québécois à la dernière élection à voter pour Philippe Couillard.

Québec Solidaire, ce n’est pas que vos idées ne sont pas les bonnes et que vous ne faites pas dans l’ensemble du bon travail, mais dans le contexte actuel, vous ne pouvez atteindre le pouvoir que soit en « atténuant » vos intentions ou vous alliant par miracle au PQ. Choses que les plus radicaux ne vous pardonneront jamais.

Les anarchistes en ont fait autant, peut-être même plus, sans se donner de parti…

Oubliez tous les disciples aveugles de Gabriel Nadeau-Dubois, oubliez les itinéraires qui ne se donnent pas, oubliez les excès de langage, ainsi que les confrontations bêtes et sans valeur qui jouent en boucle dans le cirque médiatique québécois.   Les grands gagnants du printemps érable furent les anarchistes, leurs idées ont pénétré par sédimentation les différents domaines de la société québécoise. On commence à penser non seulement la politique et l’économie, mais également l’éducation, la sexualité et l’information autrement.  Autrement pour vrai.  Ce fut depuis longtemps, la seule énergie régénératrice qui eu lieu au Québec.  Tout le reste n’est que « préservation des acquis », division et survivance… Enfin pour certains, il y a des lendemains qui chantent !

Pourquoi eux ? Pourquoi cette idéologie que l’on croyait morte ou incapable ? Pourquoi ce rêve insensé et inatteignable ? Car se sont les seuls qui ne jouent pas selon les règles stupides de notre système actuel qui avantagent toujours les mêmes.

Ce système est mauvais.  Non car il est mené par des gens mauvais, mais car il dévore carrément ceux qui le servent, demandez aux policiers…  Votre hypothèque, votre pension, vos RÉER, votre paradis artificiel que vous devez à une banque et que l’on pompe à même vos impôts.  Vous n’avez rien dans vos poches, dites-vous ? Mais n’importe quel enfant du tiers monde voyant vos Biens dira que vous êtes riches, alors que vous devez sûrement la chemise que vous avez sur le dos…

Nous avons d’un côté une énergie immense qui ne veut pas se contenir et qui est incapable de produire des résultats probants; de l’autre, une machine étatique amorphe, où le changement n’est plus qu’un mot vide dans la bouche d’exécrables acteurs d’opérettes ne convainquant plus personne.  Ceux qui veulent diriger le Québec devront se laisser transformer par cette énergie, ou seront condamnés à faire comme les Libéraux, c’est-à-dire la combattre.

La confrontation à déjà eu lieu, elle a éveillé les consciences, mais elle n’a rien donné de concret. La confrontation pourrait toutefois au printemps 2015, les éteindre.  C’est une vérité qui est difficile à lire, mais le Grand Soir n’arrivera probablement jamais. Si vous suivez uniquement le chemin de la protestation, du remue-ménage et de la manifestation ininterrompue, vous donnerez leurs 15 minutes de gloire à une bande d’idiots sans talent qui ne croient pas avoir eu leur dû lors du Printemps érable.

Le Bien commun passera deuxième, tous ces émules de blanquistes et de guédistes impénitents veulent leur grève sociale, et ils l’auront.  Cependant, répéter la tactique du printemps érable ne donnera rien.  Toutefois, jouer le jeu des parlementaires ne donnera rien non plus. Au projet de la confrontation, du déni de la justice et de la division, il faut répondre par un projet du peuple, par le peuple, pour le peuple.  Qu’on demande aux citoyennes et citoyens ce qu’ils veulent et que l’on trouve un « compromis naturel » sans l’aide du PLQ. Il y a mieux que cette haine intérieure qui sert que les desseins des usurpateurs du Bien commun.  L’heure n’est pas à la destruction, mais à la création.

La Gauche et le monde ordinaire (Selon une parabole de Jésus)

24 Août

Bonjour mes amis, quelques fois pour mieux comprendre une situation, il faut se mettre dans la peau d’un autre, d’un adversaire, comprendre les critiques qui peuvent nous être faites…

Premièrement, commençons par indiquer ce que la droite appelle la « gauche caviar » est une construction, une image simplifiée d’un phénomène beaucoup trop complexe… Pour la droite, le gauchiste est un être déconnecté de la réalité, privilégié par l’État et les syndicats, qui fait la belle vie au frais des contribuables… et qui se sert de cet argent pour se payer des habitudes moralement acceptable, mais que le gens ordinaires n’ont pas les moyens de se payer…

Ce n’est pas vrai, mais la Gauche (moi y compris) ont certaines habitudes à éviter, surtout si l’on veut paraître crédible aux yeux de la population. Donc, chers gauchistes permettez-moi cette fois-ci de vous sermonner un peu…

Et comme Jésus, pour illustrer mon enseignement, je vais utiliser une parabole. Et comme je suis concept (et lazy) je vais en prendre une de Jésus :

Luc : 18, 9-14

À l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la Parabole que voici :

« Deux hommes montèrent au temple pour prier.  L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est à dire collecteur d’impôts).

Le Pharisien se tenait debout et priait lui-même : « mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres – ils sont voleurs, injustes, adultères, ou encore comme ce publicain.

Je jeune deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.

Le Publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux au ciel; mais il se frappait la poitrine en disant  » Mon Dieu, montre-toi favorable au pêcheur que je suis ».

Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un juste, plutôt que l’autre.  Qui s’élève sera abaissé; qui s’abaisse sera élevé ».

Parabole représentée dans la très « Red State » télé-série The Bible… une très belle scène tout de même, malgré le fait que Jésus ressemble au gars qui te vend de la mauvaise extacy à Woodstock en Beauce…

Vous n’êtes pas obligé de regarder cette Série là, ce n’est pas super bon, mais y’a des anges ninjas (ce qui est quand même cool).

Pour vous mettre en contexte les Pharisiens étaient un groupe de penseurs contre l’Establishment religieux et politique qui sévissait alors.  Ils proposaient entre autres d’éliminer les sacrifices d’animaux et une religion plus moraliste.

Pour ceux qui ont fait leur catéchèse, tous le monde sait que les collecteurs d’impôts étaient détestés chez les juifs, car ils travaillent aux profits de l’occupant Romains et souvent en demandaient plus que nécessaire pour arrondir leurs fin de mois…

Donc, que devons-nous apprendre de cette parabole… hein ?

1.  Le Pharisien fait de bonnes actions que pour s’élever des gens ordinaires qu’il méprise.

2. Ce même Pharisien va au temple seulement pour s’élever au-dessus des autres, au lieu d’en profiter pour faire un peu d’introspection, comme le fait le méchant collecteur d’impôt…

3. Ce qu’il faut comprendre par cette parabole est que ce qui est important c’est « ce qu’on a en dedans ».  En dehors du temple, le Pharisien se comporte noblement alors que c’est un total douchebag, tandis que le Publicain se comporte peut-être comme un douchebag dehors, mais une fois seul avec sa conscience c’est quelqu’un d’humble et qui a honte de sa condition…

Veut, veut pas, à force de s’informer, d’être instruit, d’être Culturé avec un gros C 😉 on finit par avoir une certaine distance par rapport aux autres.  On acquiert des connaissances et des compétences que les autres n’ont pas, et avec cet avantage, bien on vient par se croire plus important que les autres.  C’est normal, c’est humain et ça va comme ça dans tous les domaines.  Nous sommes tous, l’épais de quelqu’un d’autres, sauf qu’être bon dans certains domaines donne un avantage, rapproche du pouvoir, est perçu comme une condition de supériorité.  Alors, le gauchiste cherche désespérément la supériorité morale, afin croit-il d’avoir un avantage sur les autres.  Que ses propos vont avoir plus de poids, si ces habitudes démontrent cette même supériorité.

Et c’est là tout le problème la Gauche devient totalement inatteignable. remplie pour les gens de l’extérieur d’initiés qui essaient d’être toujours plus parfaits que les autres.  Car on ne peut pas toujours être indignés ou préoccupés du sort de nos semblables.  Il faut choisir ses batailles et chacun fait sa part pour « changer le monde » de la façon qu’il croient la meilleure.

De là, l’idée chez beaucoup de gens d’une certaine admiration pour les gens de gauche, sans pour autant une adhésion aux idées, comme l’indique un peu avec dérision le vidéo suivant…

Car gens de gauche, moi y compris, voulons-nous être admirés pour notre abnégation ou voulons-nous imposer des nouvelles structures à notre société ?

S’il est presque impossible d’atteindre la pureté d’âme nécessaire pour « faire partie du groupe », alors comment aller chercher le nombre nécessaire d’électeurs pour gagner une élection ?

Il faut se méfier de l’argument de l’hypocrisie, souvent lancé envers les idéalistes et les progressistes en tout genre.  Du genre « Tu peux bien dire que l’Argent ce n’est pas important, tu es riche », « Comment peux-tu défendre la gratuité scolaire, pendant qu’on maltraite des enfants, tu penses juste à toi », « Françoise David peut bien dévoiler son rapport d’impôts, elle vit sur un héritage », « Tu dis que tu veux payer plus d’impôts, pour faire avancer ta carrière » etc, etc etc… Argument que l’on retrouve aussi de l’autre côté, chez tous ceux qui indiquent que le « Docteur Barrette fait un mauvais ministre de la Santé, car il est obèse »…

Mais il faut faire attention, certaines informations sont « d’intérêt général ». Il serait bon de savoir qu’un éminent partisan anti-avortement a forcé une de ces filles à en subir un ou qu’une grande personnalité publique réclamant que le gouvernement en fasse plus pour contrer l’évasion fiscale cache de l’Argent dans une île des caraïbes.  Les êtres humains doivent chercher à avoir un comportement décent, mais sans pour autant vouloir être parfait.

Pas besoin d’être parfait pour être de gauche, si on est « parfaitement de gauche », c’est nécessairement suspect.  On cache sûrement 2-3 squelettes dans son placard.  Nos défauts, nos travers, il faut plutôt les assumer.  Pas obligé de manger des produits bios ou de crier sa détresse pour toutes les catastrophes qui arrivent sur la terre. On peut se câlisser du sort de nos semblables une fois de temps en temps, pas trop souvent, faut penser à notre petite réalité, à notre petit monde quand même.  Combien de grands philosophes voulant transformer l’humain, ont scrappé leurs enfants…  Personne, je dis bien personne, n’a la capacité d’avoir le piton de l’indignation collé 24h sur 24…

Les gens de gauche doivent assumer leur imperfection et ne pas avoir honte de leurs idées.  Être de Gauche ce n’est pas un style de vie, c’est vouloir mettre en place certaines politiques sociales, modifier certaines lois, implanter de nouvelles institutions ou en abolir d’autres… Que tu manges de la poutine du McDo dans ton hummer qui roule l’air climatisée dans le tapis en écoutant du gangsta rap misogyne, ça, ça te regarde… On peut te faire certaines critiques, mais cela t’empêche pas d’adhérer à certaines valeurs de gauche ou de voter pour une parti de gauche.

On oublie trop souvent la Reconnaissance dans le domaine politique.  Au snobisme de la gauche, on peut évoquer également le mépris de la droite.  Les gens de droite méprisent les moins chanceux qu’eux.  Du larbinisme le plus bas à la démonstration obscène d’une trop grande opulence, les gens de droite ont toujours quelque chose à reprocher à quelqu’un.  Voici un petit exemple fort éclairant pris sur les commentaires suite à la manifestation un peu trop intense des pompiers et policiers au conseil de ville de Montréal de Lundi dernier :

« La violence, le vandalisme et l’intimidation n’est JAMAIS un droit. Nous sommes dans une démocratie et pour les gens insatisfaits, il y a des tribunaux et des élections.

Par ailleurs, rien ne vous oblige à travailler pour cet employeur. »

à un autre de ces condisciples de lui répondre :

« Ils ne peuvent pas supporter le rythme de travail et l’exigence de performance du privé »

Je ne veux pas m’étirer sur le sujet de la Loi 3, mais on peut vouloir une réforme des régimes de retraite sans pour autant démontrer un manque flagrant d’empathie envers les travailleurs. Il faut comprendre ceux-ci d’être en colère, malgré certaines largesses dans le passé.  Ces conventions et ces régimes de retraites ont été donnés par des élus, mêmes élus qui ont laissé faire un des plus gros systèmes de corruption et de collusion de l’histoire du Québec…

Alors pourquoi autant de gens qui se font autant mépriser et « enlever le pain de la bouche » votent-ils contre leur propre intérêt et pour celui d’une minorité de privilégiés ? Certains diront que les Médias contrôlent les masses et empêchent le « monde ordinaire » de voir la vérité et qu’à répéter un mensonge, tout le monde finit par le croire.  D’autres diront que les gens moins fortunés rêvant un jour d’atteindre le « 1% » contestent toute entrave à l’accumulation de richesse, même si cela revient à les empêcher d’acquérir leur « juste part ».  Mais, si cela a du sens, je crois que la droite, même si elle méprise, les « crottés de pauvres profiteurs du système », ne conçoit pas son groupe comme inatteignable, les gens n’ont qu’à travailler plus.  Si cette dernière idée  s’avère la plupart du temps incorrecte, le mécanisme implicite de la droite, fait en sorte que tous peuvent y adhérer.  Et ici pas besoin d’assimiler toute une pensée, il ne suffit que de veiller à la perpétuation du système, soit par la collaboration, soit par l’indifférence.

De là la dernière et la plus importe leçon que l’on peut tirer de cette parabole de Jésus.  Car à la fin de la Parabole on annonce : « Qui s’élève sera abaissé; qui s’abaisse sera élevé ».  Je ne veux pas partir sur de grande leçon théologique… mais ce que Jésus indique c’est qu’il ne veut pas donner des directives pour être meilleurs que les autres, mais que l’on peut essayer ensemble de faire un monde meilleur, en essayant tous de devenir de meilleure personne.  Il sait très bien que l’on ne va pas réussir à atteindre l’objectif souhaité (c’est quand même le fils de Dieu), mais ne pas s’engager dans le processus ne peut mener qu’à la destruction de nous-même et de la société dans laquelle nous évoluons.

Ce qui revient à dire que le « Processus est plus important que le résultat »… Pour être une « bonne personne », il ne s’agit pas de répondre à des critères précis ou d’effectuer un certains nombre de rituels , comme le fait le Pharisen ( « Je jeune deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne. »).  Aller à l’Église le Dimanche ne nous donne pas la permission d’haïr les homosexuels, les pauvres, les drogués, les féministes, ou les musulmans, pour le reste de la semaine.  Rendre le monde meilleur c’est un combat de tous les instants, avec ses tentations et ses échecs, et en tant qu’humain c’est une certitude que l’on va échouer, que ce soit par notre faute ou non. S’engager, s’engager pour vrai, ce n’est pas vouloir commettre aucune faute, apparaître comme parfait; c’est qu’à chaque fois que l’on commet une faute ou que l’on rencontre un échec, de continuer à poursuivre son idéal, malgré tout ce que la vie peut nous faire subir.

La Gauche, la vraie gauche, et même tout mouvement politique devrait être comme ça, ce n’est pas un état, c’est un processus. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de « mouvement » politique… une idéologie ça évolue, ça se transforme, ça fait de nouveaux adeptes, ça en perd.

À vouloir être trop parfait, on limite, on s’exclue.  La pérennité d’un mouvement politique, ne passe pas par la préservation d’une classe de parfaits partisans, mais d’en accueillir de nouveaux et d’unir les différentes tendances qui avancent vers un même but.

Ce besoin de pseudo-perfection n’est qu’un refuge, que l’on s’engage véritablement pour les idéaux.  Faire des compromis, accepter des adversaires de différentes « teneurs », tant que tous converge vers le même but… ces compromis ne signifient aucunement une compromission… Et nous ne sommes pas les premiers à vivre cette situation et sûrement pas les derniers.  Comme peut nous démontrer la vidéo suivante sur un personnage historique très près et très loin, mais sûrement du même calibre que le Messie sus-mentionné précédemment dans le billet :

Ce que nous avons comme Gauche au Québec est soit des gens qui se cachent dans un « paraître parfait » inefficace ou soit un « semblant de progressisme » pour ne pas s’aliéner ceux qui nous critiquent.  La Gauche ne sera jamais parfaite, elle sera toujours critiquée et vouloir changer le système sera toujours plus difficile que de le conserver.

Ce qu’il faut ce n’est pas des idées « extrêmement parfaites » ou « confortablement acceptables », ce qu’il faut ce sont des progressites engagés et surtout unis.  Le reste n’est que superflu, ce qui est important c’est de partager la même volonté de changer les choses.

La souveraineté : Business as usual

20 Mai

Voici un autre extrait, il s’agit du deuxième chapitre, de la deuxième partie de ma réflexion sur le printemps érable… et je crois que ça peut servir dans celle que doivent faire actuellement tous les souverainistes…

La souveraineté : Business as usual

Il y a une différence entre être pour la souveraineté et vouloir la faire.  C’est cette subtilité qui explique les soubresauts de l’adhésion à la souveraineté du Québec depuis la naissance du mouvement dans les années 60.  Peu de Québécois sont fondamentalement contre la Souveraineté du Québec, mais de là à la faire à court terme, il y a un pas…  Le résultat de l’élection de 2014 où le gouvernement Marois a fait plongé le PQ a un niveau historique le démontre bien, les souverainistes sont à la croisée des chemins.  Pourtant, ce n’est pas leur premier creux de vague, toutefois la crise semble plus profonde et le mal plus constant.  L’incapacité d’avoir fait rapidement le Québec un pays indépendant, a conduit l’idée de Souveraineté à être un outil politique comme les autres, alors qu’il devrait transcender les différences et unir les Québécois, tous les Québécois, autour d’un projet commun.  Si l’option souverainiste a atteint un creux historique, tout n’est pas sombre pour autant, alors qu’un nouveau projet de pays semble prendre sa place.

Désengagement de la droite

On raconte souvent que le référendum de 1995 a été propulsé par l’échec du Lac Meech.  Les fédéralistes les plus convaincus indiquent d’ailleurs que l’option souverainiste était moribonde à la suite du premier échec référendaire de 1980 et ce n’est que l’action de Bryan Mulroney qui lui a redonné des forces.  Je dois contredire cette lecture de l’histoire si populaire au Canada anglais.  Le premier échec référendaire est arrivé pour  deux raisons : 1) les Québécois étaient attachés au Canada, et même beaucoup plus qu’aujourd’hui; 2) la majeure partie des Québécois croyaient en votant « Non », voter en fait pour une refonte fondamentale des aménagements constitutionnels entre le Québec et le Canada, ainsi qu’une reconnaissance de la part de l’État fédéral du Québec comme étant une nation.  L’affront du rapatriement de la constitution de 1982 est une humiliation partagée par l’ensemble des Québécois et a contribué bien plus au renforcement de l’identité nationale que les politiques du gouvernement de René Lévesque.  Ce qu’a voulu faire le gouvernement conservateur de Mulroney par le « Beau risque », c’est beaucoup plus remplir une promesse qui n’a jamais été tenue par ses prédécesseurs libéraux, afin de rétablir l’honneur du Canada et l’enthousiasme des Québécois pour ce dernier.

 

L’échec du référendum de 1980 et l’arrivée des progressistes conservateurs à Ottawa ont fait traverser un contingent important de souverainistes de droite dans le parti de Bryan Mulroney.  Selon eux, on pouvait tout de même préserver l’identité québécoise par des réformes constitutionnelles et, de plus, détruire les politiques pancanadiennes et progressistes de Pierre Elliott Trudeau qui, toujours selon eux, menaçait la survie de la nation québécoise.

Désenclaver le Canada allait d’une part responsabiliser les entrepreneurs qu’on n’allait plus favoriser par des mesures protectionnistes, mais aussi les syndicats et les travailleurs qui ne pourraient plus « tenir en otage » les entreprises.  On passa alors d’un climat favorable aux emplois, à un climat favorable aux investissements.  Cette responsabilité allait également s’appliquer à l’État, en coupant et en restructurant la bureaucratie, en privatisant des entreprises nationalisées comme Air-Canada ou Pétro-Canada.  Si ce n’avait pas été du Québec, la politique de Libre-Échange aurait été beaucoup plus difficile à faire passer.  Au Québec, l’intégration continentale signifiait moins de pouvoir au Canada, donc plus de liberté pour le Québec.  Les échecs de Meech et Charlottetown n’ont pas eu l’effet de convaincre les Québécois de la nécessité de faire l’indépendance, mais que le Canada était désormais irréformable, dû en particulier aux règles d’amendements constitutionnels établies par Pierre Elliott Trudeau.  Ces échecs ont entraîné le retour des Libéraux au pouvoir au fédéral, avec une attitude beaucoup plus intransigeante envers le Québec, mais surtout la peur d’un gouvernement progressiste ayant des vues contraires aux intérêts de la nouvelle classe d’affaires du Québec inc.  Jean Chrétien et n’était-il pas contre la TPS et le libre-échange? Les conservateurs qui avaient également failli à leur mission de réduire la taille de l’État et ses dépenses, laissant les finances du gouvernement fédéral dans un état lamentable.  La droite canadienne était dorénavant séparée en deux, principalement sur la question nationale, par la création du Reform Party qui ne voulait rien savoir du Québec. C’est l’échec de cette stratégie qui a fait imploser la droite canadienne en une multitude de régionalismes où chacun protégeait son intérêt particulier.  À gauche, pas de problème, le NPD étant réduit, à cette époque, qu’à une inutile évocation folklorique…

À part le soubresaut extrêmement émotionnel suivant l’échec du Lac Meech, ceux qui vont ressusciter ou du moins redonner de la vivacité à l’option souverainiste, c’est la droite québécoise. Pourquoi ? Car ceux-ci avait une peur énorme de Jean Chrétien et qu’ils ne faisaient aucunement confiance à cet homme tant au plan économique que constitutionnel.  Le Lac Meech ainsi que le Libre-échange visaient à décentraliser l’État fédéral et enlever, tant au niveau politique que fiscal,  les entraves sur le chemin de la prospérité pour les entreprises canadiennes. Il ne faut pas oublier que c’est une frange du parti conservateur qui a fondé le Bloc Québécois, avec, c’est vrai, un petit groupe de libéraux proches de Robert Bourassa, dont le mythique Jean Lapierre.

La même chose s’est produite au Québec où des jeunes libéraux, guidés par Mario Dumont, ont quitté le Parti libéral du Québec de Robert Bourassa, car ce dernier ne voulait pas, selon eux, faire les gestes économiques et politiques nécessaires à assurer la plus grande autonomie possible au Québec. Afin d’y remédier, ils fondèrent peu après, l’Action démocratique du Québec, un parti clairement de droite.  Extrêmement déçus quant au projet de réforme de la fédération canadienne, ils allèrent momentanément rejoindre le camp souverainiste à la veille du référendum de 1995.  À ce moment, l’option souverainiste avait fait artificiellement renfort d’une masse de nouveaux partisans.

Pourquoi après avoir passé si près de faire un pays, la ferveur a-t-elle décrue ? Premièrement, les Libéraux fédéraux n’ont en aucun cas stoppé les politiques néolibérales, ils les ont même renforcées.  Ce ne serait pas faux, alors, d’évoquer que les libéraux ont acheté la confiance de l’Élite économique québécoise.  Lucien Bouchard, passant du Bloc Québécois au PQ suite à la démission de Jacques Parizeau, a lui aussi implanté un programme néolibéral, contenant de fortes coupures pour atteindre le déficit zéro.  On se retrouvait alors avec des partis supposément de centre gauche qui implantait simultanément sur les scènes fédérales et provinciales des politiques encore plus à droite que leurs prédécesseurs.  Voyant qu’il n’y avait plus péril en la demeure, les Québécois conservateurs ont laissé progressivement l’option souverainiste à elle-même. Depuis 1995, si le Canada survit encore, c’est parce qu’il est une union d’intérêts socio-économique.

Sans dire qu’ils ne croient pas à l’indépendance du Québec, certains s’en servent principalement comme une défense face aux politiques du gouvernement en place. Un gouvernement conservateur va faire entrer des progressistes dans le camp souverainiste, tandis que le contraire est tout aussi vrai, lorsque le Parti Libéral du Canada est au pouvoir.  La peur d’un gouvernement « progressiste » de Jean Chrétien avait poussé l’ADQ (composée d’anciens libéraux provinciaux le plus à droite) à adhérer au camp du Oui en 1995.

Division de la gauche

La Gauche québécoise a toujours, dans une certaine mesure, favorisé l’idée de la Souverainté du Québec.  Cependant, elle a toujours eu une certaine difficulté à bien intégrer les dimensions identitaires, c’est-à-dire la protection du français et la sauvegarde de l’identité québécoise.  Il faut dire qu’au début de la Révolution tranquille, les deux projets d’affirmation nationale étaient complémentaires : tant celui de gauche qui réclamait un rattrapage économique des Canadiens français, ainsi que de meilleures conditions de travail; que celui de droite, voulant freiner l’érosion des francophones en Amérique du Nord.  Cependant, ce projet n’a jamais eu comme but l’indépendance du Québec, mais plutôt l’affirmation politique, économique et culturelle des Québécois, sans tenir compte de l’agencement constitutionnel.

L’État providence était alors tout indiqué pour assurer la place qui revenait aux francophones.  Aussi, il faut comprendre que Montréal a vu arriver une immigration massive des campagnes du Québec depuis le début du siècle qui s’est accompagné, surtout après la Seconde Guerre mondiale, d’une légère amélioration de leur condition socio-économique.  Toutefois, ces Canadiens français devaient être en compétition avec des immigrants qui, par leur appropriation de la langue anglaise et la discrimination que subissaient les francophones, se retrouvaient avec de meilleurs emplois. Le français devait alors s’imposer comme langue de travail, afin que ceux-ci puisse occuper un emploi dans un environnement favorable à leur mobilité sociale et aussi atteindre les postes les plus convoités.

Pourtant avec les années, défendre les Québécois en est venu, pour certains, à assurer la domination d’un groupe sur les autres.  Une portion de la gauche entichée de multiculturalisme a alors commencé à questionner l’envie de leurs camarades d’imposer le français partout, sans exception.   La loi 101 et les politiques d’immigration ayant fait leur œuvre, les Québécois ont commencé à élargir leurs rangs aux « communautés culturelles ». Par la mixité sociale, les caractéristiques mêmes de l’identité nationale en sont venues à être transformées.  Malheureusement, le référendum de 1995 ayant été un échec, les « Québécois de souche » ne sont pas encore entièrement une majorité, et ne peuvent pas être contraints au même titre qu’une « vraie » majorité au sein d’une démocratie libérale entièrement indépendante.

Il faut comprendre que la gauche a grandement souffert des années Bouchard et dans une moindre mesure des années Landry.  Si les souverainistes de droite avaient été plus discrets envers les politiques sociales-démocrates du PQ dans les années soixante-dix, la gauche plus radicale allait se distancer assez rapidement à mesure que vont s’implanter des politiques de « responsabilité financière » très rudes pour le modèle québécois.  En fait, la droite souverainiste avait changé de théâtre dans les années 80, en se déplaçant sur la scène fédérale, tandis que la gauche rejoindra petit à petit les rangs de l’UFP. Cet embryon de Québec Solidaire, était principalement une réponse aux politiques de Lucien Bouchard.  Le NPD-Québec qui s’était désaffilié de son aile fédérale s’alliait à de multiples groupuscules socialistes et révolutionnaires, afin de contrer le néolibéralisme et la mondialisation.  Dès sa conception, la question nationale créait un malaise entre les « citoyens du monde » et les partisans d’une indépendance plus sociale.  Si l’UFP n’a jamais vraiment décollé, le mouvement altermondialiste prendra de l’ampleur, le discours de la résistance économique et de la désobéissance civile, s’enracinant fortement chez une bonne partie de la population.  On en vit la première apparition lors du Sommet de Québec dont le projet d’implanter la ZLÉA nous fit découvrir les premiers indignés québecois.  La droite pleure dorénavant d’effroi devant le pouvoir de « la Rue », mais si notre bon gouvernement fédéral n’avait pas eu la brillante idée de tenir ce Sommet dans la capitale nationale des Québécois, pour cause de relations publiques et de « présence canadienne », nous n’aurions peut-être jamais eu les Grèves étudiantes de 2005 et de 2012.  L’escalade du délire néolibéral ne pouvait que radicaliser et renforcer les rangs de la gauche et même de l’extrême gauche chez la jeunesse québécoise.  Si le PQ a semblé tenir le coup au début en affichant une façade sociale-démocrate qui privilégiant plus l’interventionnisme que les mesures sociales, les répercussions du déficit zéro viendrait par l’ébranler fortement.  Aussi, le modèle québécois allait être également critiqué par une partie de la gauche, avant tout comme étant au service des puissants et des nantis, auxquels le milieu communautaire étant plus près des citoyens se devait de pallier.

Plus les années ont passé, plus la déchirure en sein des souverainistes allait se consommer. Le « virage jeunesse » du Parti Québécois par la nomination au poste de chef d’André Boisclair avec une vision beaucoup plus à droite, au détriment de l’expérimentée Pauline Marois, n’allait guère améliorer la situation. La catastrophique troisième place du PQ, alors que le pouvoir était à porter de main en 2007, est un coup que ce dernier à encore peine à se relever.  Malgré la grogne envers le gouvernement Charest, dès le début de son mandat, la gauche n’a jamais pu, et ce, même avec l’élection de Pauline Marois en 2012, concentrer en elle le désir de changement des Québécois. Il est désormais dissout au travers des tendances qui parcourent le monde politique de la belle province.

Certains analystes prétendent désormais que nous sommes passés d’un  conflit entre fédéralistes et souverainistes, à un conflit gauche/droite plus conventionnel. Cette explication viendrait en premier lieu de la victoire-surprise du NPD aux élections fédérales de mai 2011, les Québécois rejetant l’idée de la souveraineté et décidant de réintégrer la fédération canadienne, en votant pour un parti fédéraliste. Il me semble que cette explication est trop simpliste.   Nonobstant la sympathie très catholique des Québécois pour Jack Layton, ceux-ci ont voté pour le NPD, pour la simple et bonne raison qu’ils les croyaient plus aptes à défendre le Québec face à Stephen Harper.

Il n’est pas dur de comprendre que Stephen Harper représente une telle menace aux Québécois, c’est sûrement la première pour la majorité d’entre nous.  Et en mai 2011, il semblait être une bonne idée d’intégrer un parti fédéraliste aux visées idéologiques aux antipodes d’un gouvernement paraissant aux Québécois comme réactionnaire, insensible et avant tout inculte.  Par ce geste, les Québécois ont fait le pari de la fédération canadienne les résultats se font malheureusement toujours attendre.

La Souveraineté comme mécanisme de défense

Que cela nous plaise ou non, chacune des formations politiques au Québec croit travailler pour le Bien commun. Leur distinction se base non pas sur une position idéologique assumée, mais plus tôt à l’éradication d’une menace qu’elles considèrent plus importante que les autres.  Preuve que le nationalisme canadien prend moins de place dans la population québécoise, chacun de ses partis se penche plutôt à secourir la population d’un mal menaçant, avant tout, le Québec. Depuis un certain temps, le Québec s’est replié sur lui-même pour s’attaquer uniquement à des problèmes qui ne regarde que lui.  Il est vrai que dans le désir d’accéder au monde, on n’a pu délaisser certaines questions, mais celles-ci semblent dorénavant prendre toute la place.

Si le Parti Québécois a depuis longtemps combattu Ottawa, il a principalement concentré ses attaques envers le gouvernement Charest dont la mauvaise gouvernance s’est avérée désastreuse tant au plan financier que social. Le parti de Pauline Marois a ensuite continué de combattre tout ce qui ne peut renforcer l’identité québécoise, mais ce combat tendait à rendre une bonne partie de la population septique, surtout les jeunes.  De plus, le PQ a eu de la difficulté à nommer clairement cette menace, soit parce qu’elle n’existe plus ou qu’elle n’existe tout simplement pas.

Auparavant, le Parti Québécois avait su maintenir comme étant une force viable en amalgamant des politiques sociales-démocrates à des politiques identitaires musclées.  Le PQ était, avant tout, une coalition de souverainistes de toutes tendances et ces mesures étaient aussi complémentaires, car elles permettaient de faciliter le rattrapage socio-économique des Canadiens français au Québec.

Dans les milieux de droite comme de gauche, on réclame à des degrés divers un désengagement de l’État dans le domaine de la lutte identitaire, où le renforcement de la loi 101 et une Charte de la Laïcité est vue d’un mauvais œil.

À l’élection de 2012, le PLQ a délaissé là où ils avaient lamentablement échoué, pour se porter comme les gardiens de la Loi et l’Ordre, contre les menaces anarchistes et révolutionnaires de tout acabit qui portent le carré rouge avec Pauline Marois, afin d’instaurer un terrifiant régime de « la Rue et des Référendums ».  En 2014, il a adoucit sa tactique en effrayant les fédéralistes en mettant l’accent sur la peur d’un référendum, dernier refuge d’une bande de malfrats qui ne veulent en aucun cas, laisser les leviers de commande ou du moins les partager pour l’intérêt général.

Pour la CAQ, la menace est plutôt les syndicats, la bureaucratie et les « groupes d’intérêts ».  Ils reprennent enfin la même chanson que Charest en 2003, où « faire le ménage », remplace la réingénierie de l’État.  En 2014, la CAQ a comme les libéraux, adoucit son message afin de profiter des déboires du PQ qui n’a fait que se battre lui-même lors de la campagne électorale.  Perdant une grande partie de ses électeurs fédéralistes, il a reçu un bon contingent de « souverainiste mous » qu’ils préféreraient la Charte sans référendum.

Pour Québec solidaire, la menace est avant tout le capitalisme. Tout de moins ses dérives, mais également les dérives identitaires des partisans d’une droite plus ethnique.  La menace n’est pas comme au PQ, politique et culturelle, mais plutôt économique et idéologique.  Ici tout compromis aux idées de la droite ne peut qu’affaiblir le Québec.  S’aventurer au Centre, comme le fait souvent le PQ, est donc à proscrire.  En 2014, Québec Solidaire a également reçu les offrandes de l’incompétence stratégique du PQ.  Pourtant, la croissance de cette formation de gauche est constante, mais très lente.  Si la population apprécie l’esprit de Québec solidaire, il ne semble pas le prendre très au sérieux.

Si Option nationale peut s’attaquer aux mêmes cibles que le PQ et QS, la raison de son existence est toutefois autre. Elle est due pour les partisans d’ON à une attitude de la part de l’establishment du PQ, étant un manque de vigueur et de volonté pour faire la Souveraineté. Ceci nous amène à un autre aspect du problème, expliquant encore mieux cette étrange division de l’Option souverainiste au Québec.

Lutte pour le pouvoir

Auparavant, on attaquait la Souveraineté du Québec en présageant qu’elle était infaisable, et si elle était faisable, elle serait une catastrophe au niveau économique, politique et social.  Le Québec avait supposément trop besoin du Canada et de ses transferts pour survivre et que le Québec serait alors relégué au statut de république de bananes.  Pourtant, cet argument est de moins en moins utilisé, il a même été réfuté par Jean Charest.  En réalité, la souveraineté ne serait pas aussi néfaste que bien des leaders fédéralistes ont pu laisser entendre ces dernières années.

Les libéraux ne vont plus attaquer l’idée de Souveraineté, mais agité la menace d’un Référendum.  Ils ont passé ces dernières années du rationnel à l’irrationnel, car bon nombre de leurs électeurs, les « Référendums » constituent un grand traumatisme, synonyme de « chicane de famille ».  Pourtant, les débats politiques musclés peuvent être bénéfique dans une société et aucune violence grave n’a été constatée lors des deux référendums sur la Souveraineté.  J’aimerais ajouter que les grandes crises sociales dans l’histoire du Québec moderne (crise d’octobre, crise d’Oka et Printemps Érable) sont toutes survenues sous des gouvernements libéraux.

Toutefois, les souverainistes peuvent également nuire à leur propre projet.  Autrefois, on se servait de la souveraineté afin d’affaiblir un ennemi politique, la gauche ou la droite prétextant que le gouvernement fédéral était une menace au projet idéologique. Les partisans de ce souverainisme circonstanciel est perceptible dans le langage commun, comme étant des « souverainistes mous ». Aujourd’hui on peut apercevoir un autre phénomène, où le degré de souveraineté différencie les formations politiques avec sensiblement le même but : la social-démocratie et l’indépendance nationale.  La souveraineté n’est pas ici un projet commun, mais un point comme les autres, que les partis prennent pour se distinguer.  Si elle était si importante, leurs partisans s’uniraient afin d’établir une stratégie commune pour y accéder.  Aujourd’hui, la quête personnelle du pouvoir semble plus importante que le rêve de tout un peuple.  Ce n’est pas parce que la Souveraineté est faible que les souverainistes sont divisés, mais plutôt parce qu’ils sont divisés qu’elle est faible.

La souveraineté est devenue un prétexte à un jeu de pouvoir, les plus radicaux des mesures sociales et de l’indépendance s’organisant en formation politique, afin de mieux influencer le débat public.  Le plus grand obstacle à la souveraineté n’est pas sa faisabilité ou l’incertitude, mais plutôt la peur de donner un pays à une Majorité qui a des vues contraires aux nôtres. Nous ne sommes pas éloignés de la souveraineté.  Au contraire, ne nous en sommes jamais été aussi près, mais la teneur des fondements de cette future nation indépendante semble plus nous diviser, plus qu’elle nous unis.  Nous sommes rendus à un point où les souverainistes ont peur d’autres souverainistes.

La limite de toute intransigeance, si vertueuse soit-elle, est l’exercice du pouvoir.  Imposer sa vision sans tenir compte de la réalité du terrain, équivaut à rejeter le politique.  Et rejeter le politique est, malheureusement, rejeter toutes les forces sociales qui constituent une nation.  Il faut comprendre qu’on ne peut avoir raison, mais on peut convaincre les autres qu’ils ont torts.

Si on veut la faire, vraiment la faire, il va falloir que tous les souverainistes s’unissent d’une façon ou d’une autre pour mener ce projet à terme.  Si cela n’a plus d’importance à vos yeux, arrêtez d’en parler au lieu de trouver des divergences faussement irréconciliables dans des stratégies qui n’auront jamais lieu.

Québec Solidaire sont les premiers divergents du mouvement, plus précisément les premiers à s’organiser de façon convenable.  Ce parti est avant tout un parti de gauche et il a recueillie dans ses rangs des militants de gauche d’abord qui sont souvent souverainistes seulement qu’en second lieu.  Même si l’option souverainiste a causé un malaise lors de leur acte de fondation (plutôt leur changement de nom), les plus progressistes avaient tout de même décidé de conserver le combat pour l’indépendance dans leurs objectifs.  Pour QS, la souveraineté du Québec est un prétexte pour la survie interne du parti.  Françoise David n’avait-elle pas déclaré ne pas voir d’un mauvais œil le fait d’avoir comme membres des fédéralistes ou des indépendantistes très mous?  Le malaise constitutionnel de QS a été, en quelque sorte, tranché par les carrés rouges.  La jeunesse remplie d’espoir et n’ayant pas été contaminée par les idéologues marxistes, ont apporté l’élan identitaire du Printemps Érable et pousser tous ces anciens abstentionnistes à prendre une position plus soutenue en faveur de la Souveraineté du Québec.

Ce mode de survie est tout aussi présent au Parti Québécois, qui a fait voter en 2011 une série de mesures dans le seul but de sauvegarder l’unité d’un parti en pleine implosion au moment où ses appuis atteignaient un maigre 17 %.   Devant l’impossibilité de réussir  à gagner un référendum et ne voulant perdre l’alternance du pouvoir au profit de l’équipe de l’ancien « plus souverainiste des souverainistes », François Legault; le PQ a décidé d’un programme plus près de sa base militante, comprenant des politiques plus dures au niveau de l’identité et certaines mesures sociale-démocrates.

Exercice de survie dû en grande partie aux défections des purs et durs.  C’est avant tout la formation d’Option Nationale qui fait le plus mal au PQ en 2012, non à cause des aux idées « révolutionnaires » de leur charismatique chef, mais par une ponction assez grande de la base militante qui composait en quelque sorte la « machine électorale » du PQ. Il faut se rappeler que le but originel de ce parti était de déstabiliser Pauline Marois et son équipe, afin de mettre un chef plus réceptif aux vues de cette faction indépendantiste.  L’excuse était de ne faire aucun compromis sur la Souveraineté, mais le vrai but était la lutte interne pour le pouvoir.  Le seul et unique but d’ON était de nuire au PQ, même si les idées et les talents de certains candidats ont surpris les observateurs, la majorité des Québécois se demande encore à quoi sert cette formation politique.  Sa popularité fut plutôt concentrée dans les milieux d’initiés et a toujours du mal à se réaliser sur le terrain.

Maintenant, les partis souverainistes dépensent plus d’énergie à se définir les uns face aux autres avec des projets de souveraineté différents, que ce se distinguer du fédéralisme et du gouvernement canadien.  On en vient à oublier que l’actuel gouvernement à Ottawa est celui qui a le moins tenu compte du Québec. La lutte de pouvoir au sein du mouvement souverainiste est désormais plus importante que le combat pour l’indépendance.  C’est triste parce que pour « l’électeur québécois moyen », c’est du pareil au même.  Leurs adversaires les détestent de façon équivalente, le degré de progressisme ou de souverainisme importe peu.  Que l’on en met qu’une infime couche, pour les fédéralistes et le R.O.C., c’est trop!

C’est sûrement désolant pour tout le monde, mais tant et aussi longtemps que le Québec est dans le Canada et qu’il y aura des Québécois qui voudront quitter ce dernier, il faudra que les différentes tendances de la grande famille souverainiste s’entendent d’une manière ou d’une autre. Après, cela indique conséquemment des compromis de chacun, mais ce n’est qu’une nécessité dans la mesure où l’indépendance nationale est de première importance.  Sinon, la lutte pour le pouvoir peut continuer comme si de rien n’était…

Renier l’évidence

Même si cela n’était pas le but premier des carrés rouges, la question est tout de même intrinsèque au mouvement, c’est-à-dire qu’il propose l’établissement d’un pays clairement à l’encontre des façons de faire traditionnellement convenues.

À forcer la main de Québec Solidaire à démontrer sa foi souverainiste, où il était ironique des grands partisans de l’abstentionnisme de 1980, sont déclarés devant tous leur attachement indéfectible par l’indépendance alors que dans leur stratégie, ils veulent remettre l’odieux de l’initiative au peuple pour s’en laver les mains.  C’est aussi ce qui a fait pencher Option nationale pour la gratuité scolaire, voyant que les jeunes indépendantistes les plus convaincus proviendraient des carrés rouges.  En fait, tous les partis souverainistes ont voulu faire le plein de carrés rouges, car la grande majorité de ceux-ci étaient pour l’indépendance.

Le Parti Québécois était favorable aux éléments politiques du Printemps Érable, mais pas à ces éléments idéologiques et identitaires.  Ils ont établis des politiques publiques le plus loin qu’ils leurs étaient acceptables et ont essayés par la suite tenté de contenir ce mouvement que dans à une dimension comptable, comme si tout ce vacarme se résumait qu’à une question d’administration publique.

Le PQ a voulu mettre tout ça sous le tapis, et ainsi faire oublier le grand « tonnerre révolutionnaire ».  On a voulu faire diversion de tout le requestionement du système en place survenu lors du Printemps Érable, en proposant une Charte des Valeurs.  Celle-ci avait la double fonction d’éviter la remise en question de la nécesssité de faire la Souverainté du Québec et mettait en second plan les problèmes structurels de l’économie québécoise.  Tant pour les problèmes sociaux, économiques, fiscaux et constitutionnels la Charte des valeurs donnait au PQ ce qu’il avait le plus besoin : du temps.  Du temps, pourquoi ? Pour amortir le choc révolutionnaire qui poussait vers un projet de pays axé avant tout sut la justice sociale, pour ensuite redéfinir le PQ comme le parti de l’identité et ainsi refaire sa base d’électeurs à droite.

Peu de gens l’ont perçu, mais le Printemps Érable est un acte de fondation d’un nouveau « paradigme identitaire », mais non pour imposer une liberté de marché, mais une identité nous préservant d’une culture générique, servant avant tout à nous faire consommer des « produits culturels ». L’éveil d’un nouveau souverainisme qui tend à forcer la main aux souverainistes et aux progressistes.  Rejeter ce nouveau projet de souveraineté, c’est rejeter la possibilité de faire un jour l’indépendance du Québec.

Et si on comptait les abstentions ?

24 Avr

à tous ceux qui cherchent où se cachent les électeurs libéraux, je crois que j’ai ici les réponses 😉

 

Voici le résultat officiel de l’élection québécoise du 7 avril 2014 :

PLQ  70 sièges (41,52 %); PQ 30 sièges (25,38 %); CAQ 22 sièges (23,05 %); QS 3 sièges (7,63 %)

Il y a eu à cette élection, un taux de participation de 71,44 %

Ce qui signifie qu’environ 58,5 % des gens qui ont voté, n’ont pas voté pour le PLQ et qu’environ 70,4 % des électeurs inscrit n’ont pas voté pour le PLQ.

À vrai dire, le résultat réel[i] de cette élection est le suivant :

PLQ  (29,66 %); Abstentions (28,56 %); PQ (18,13 %); CAQ (16,47 %); QS (5,45 %)

Le résultat qui était devant nos yeux le soir du 7 avril (et tous les précédents d’ailleurs) était une illusion.  Un gouvernement que l’on croit légitime à régner comme bon lui semble, n’a en fait qu’un infime appui de la part des électeurs.   On peut avancer que dans une certaine mesure les anarchistes ont raison de nous répéter sans cesse « élection, piège à cons ».  Déjà que les règles du jeu donne un avantage démesurés au parti qui amasse le plus de votes, les partis politiques nous font croire à un soutien surestimé dans la population.

Alors si on comptait les abstentionnistes qui peut-être sans le vouloir de sombre partisans de l’anarchisme ;)… ce que je veux dire est de donner aux partis les sièges qu’ils méritent… qu’ils aient le nombre de députés au nombre réel de votes qu’ils ont reçus… Les abstentionnistes auraient ainsi leurs sièges qui n’irait donc à personne d’autres et qu’il faudrait tout de même compter lorsqu’on voterait un projet de loi…  Ceci n’est qu’utopie, mais un tel système n’obligerait-il pas les partis à offrir plus aux électeurs pour recueillir leurs votes ?

L’Assemblée Nationale aurait donc la répartition des sièges suivants si on n’avait un système proportionnel et si l’on acceptait les abstentions[ii] :

PLQ :                                     38

Abstentionnistes :          36

PQ :                                       23

CAQ :                                    21

QS :                                       7

 

Les abstentionnistes sont en quelque sorte une opposition au pouvoir en place, en ne se reconnaissant pas dans l’offre politique et le système actuel.

 

Étant toujours du côté de l’opposition, il faudrait alors les votes du PLQ, du PQ et de la CAQ ou ceux du PLQ, du PQ et de QS pour avoir une Majorité (plus de 63 voix).  Un tel système forcerait alors les partis au compromis, tout en sauvant quelques salaires de députés…

 

Et si on suit cette logique, qu’auraient été les résultats des élections précédentes ?

 

2012

PQ PLQ CAQ QS
Résultat de l’élection  % 31,95 31,2 27,05 6,3
Résultat réel  % 23,83 23,28 20,18 4,7

Taux de participation : 74,6 %, donc 25,4 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          33

PQ :                                       30

PLQ :                                     30

CAQ :                                    26

QS :                                       6

 

2008

PLQ PQ ADQ QS
Résultat de l’élection % 42,08 35,17 16,37 3,78
Résultat réel % 24,16 20,2 9,4 2,17

Taux de participation : 57,43 %, donc 42,57 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          54

PLQ :                                     31

PQ :                                       26

ADQ :                                   12

QS :                                       2

 

2007

PLQ ADQ PQ Verts QS
Résultat de l’élection % 33,08 30,84 28,35 3,85 3,64
Résultat réel % 23,56 21,97 20,19 2,74 2,59

Taux de participation : 71,23 %, donc 28,77 % d’abstentionnistes

Nombre de sièges :

Abstentionnistes :          36

PLQ :                                     30

ADQ :                                   28

PQ :                                       25

Verts :                                    3

QS :                                        3

 

Voyons maintenant ce que nous révèle la comparaison de scores des partis pour chacune des élections

 

Résultats des partis (en %) pour de 2007 à 2014

PLQ PQ ADQ/CAQ QS
2007 23,56 20,19 21,97 2,59
2008 24,16 20,20 9,40 2,17
2012 23,28 23,83 20,18 4,70
2014 29,66 18,13 16,47 5,45

 

Voilà des chiffres pouvant calmer certaines ardeurs et mettre en perspective la « dégelée » du PQ. Cependant, on peut déceler une certaine stabilité dans les votes des vieux partis.  Rien ici ne peut mettre en cause le leadership de Pauline Marois, ayant un score semblable, plus élevé et en deçà de son prédécesseur, André Boisclair.  La seule chose qui a changé lors des deux dernières élections c’est le contexte et les politiques mise de l’avant par les péquistes.  Le meilleur score du PQ a été après le Mouvement du printemps érable et il avait mis de l’avant à ce moment des politiques plus progressistes.  En 2014, ce fut la Charte et un visage plus conservateur que l’on présenta à la population.  En revanche, même si lors des deux élections le PQ ne promettait pas de référendum et que le PLQ en agitait la menace, celle-ci ne fût écoutée qu’en 2014… Sûrement que les histoires de corruptions qui collaient au gouvernement Charest, donnait plutôt envie de se débarrasser de lui que de prendre ces menaces au sérieux…

Le score surprenant du PLQ à l’élection de 2014, pourrait s’expliquer par la réaction à la Charte et la « menace » d’un référendum.  On pourrait aussi avancer l’hypothèse des transbordements, où environ 6 % d’électeurs ayant voté pour la CAQ en 2012 ont voté PLQ et par la suite environ du  2 % bassin « normal » d’électeurs du PQ se sont dirigé vers la CAQ.

Aussi ont peut voir que les abstentionnistes sont plutôt des réformateurs de droite, ce sont en autres grandement les électeurs de l’ADQ et de la CAQ qui ont fait varier le taux de participation.  De son côté QS, fait le plein tranquillement de nouveaux électeurs qui, sans être nombreux, semblent être plus fidèles et résilients.

 

Que doit faire le PQ ?

Ce que doit faire le PQ, c’est de sortir de cette zone d’environ 20 %, c’est-à-dire qu’à chaque élection il y a environ 20 % des électeurs inscrits qui vont voter pour le PQ. C’est là, la tâche que Pauline Marois et son équipe n’ont pas réussi à accomplir.  Il faut que ce parti, dans le système actuel, aille recueillir un bassin d’environ 24,25 ou 26 % d’électeurs réels.

Les voies qui s’offrent actuellement au PQ est de, soit d’aller vers la droite et « tendre la main » à la CAQ, ou aller vers la gauche  pour  se rapprocher de QS et d’ON.  Chaque choix entraînera un effet de l’autre côté… c’est-à-dire qu’il perdrait automatiquement des appuis.  Cependant, même s’il a fait une excursion plutôt timide vers la gauche en 2012, le PQ a tout de même reçu plus d’appuis que lors des autres élections.

Il faudra bien juger le contexte. Le PLQ devrait redescendre à un niveau plus habituel, c’est-à-dire 23-24 %, son but sera de rendre les gens apathiques, car les faibles taux de participation l’avantage toujours. Il devra faire attention à ne pas mettre les gens en colère, comme en 2012… s’il a bien compris la leçon, nous assisteront sûrement à quatre années où se mêleront l’indifférence et l’insignifiance.

L’arrivée d’un NPD-Québec pourrait également changer la donne, le PQ devra faire attention de bien se positionner.  S’il va à droite, les chiffres additionnant PQ et CAQ donne sûrement une majorité à une formation nationaliste et conservatrice, mais est-ce que les électeurs suivraient.  Le vacuum à gauche pourrait profiter à un hypothétique NPD-Québec qui pourrait faire mal, non seulement au PLQ en divisant le vote fédéraliste, mais au PQ et à QS.  Je crois que le PQ doit remplir le vide qu’il a laissé à gauche et également mettre l’accent sur des réformes.  Les sursauts de l’ADQ et de la CAQ le démontrent, les appuis jaillissent lorsqu’on démontre que l’on veut s’attaquer aux problèmes de front.  Les appuis pour la Charte, ne donnait pas tort au PQ sur ce point, mais la possibilité de faire la même Charte sans risque de référendum, avait plu aux électeurs plus conservateurs.  De là, peut-être un autre argument pour se positionner plus à gauche, les places étant déjà prises à droite…

Également, avec le bassin de 20 % au PQ, les 5,4 % actuellement à QS et les quelques votes d’Option nationale, on arrive rapidement à la masse critique nécessaire pour avoir un gouvernement majoritaire.  Cette union pourrait redonner un élan au mouvement, en apportant des personnes et des idées neuves dans un gouvernement qui proposerait des réformes structurantes et qui pousserait l’abstentionniste moyen à aller voter.  Ce qui tue le PQ c’est l’immobilisme, c’est le statu quo. Quelque soit le Chef, il faut que les choses changent !

Et si on commençait par le mode de scrutin ?

 

 

[i] N’est pas inclus ici les bulletins rejetés.  Ils sont en trop petit nombre pour avoir une réelle influence sur les données, et ont ne sait pas pourquoi ils ont été rejetés…

[ii] Avec un seuil de 3 %, ceux qui ont moins ne sont pas comptabilisé.

Défaite du PQ : un problème d’identité ?

11 Avr

Si vous êtes vraiment motivés et que vous lisez la totalité de mes précédents articles vous allez vous rendre compte qu’au moment où le gouvernement Marois avait annoncé le projet de Charte j’étais sûr que cela lui allait lui donner une Majorité, ensuite j’avais émis des réserves voyant que les votes ne suivait pas, pour finir il me semblait que la remontée du PQ dans les sondages était plutôt attribuables aux déboires de Philippe Couillard qu’à autres choses… si les événements m’ont donné raison, j’étais encore perplexe devant les chiffres que j’avais vu passer sous mes yeux. Toutes mes analyses au long de la campagne sur la stratégie du PQ de miser sur les enjeux identitaires au détriment de promotion de la souveraineté me semblaenit juste. Je n’étais pas d’accord sur les principes de la Charte (je serais sûrement un inclusif toute ma vie), mais les possibilités pour atteindre une majorité m’apparaissaient toutefois convaincantes.

On peut dire que les Québécois ont eut plus peur d’un Référendum que des « menaces » aux valeurs québécoises, mais je crois que cela n’explique pas tout.  La débâcle du PQ démontre aussi, je crois, qu’il a fondamentalement mal ciblé ses électeurs et que les chiffres démontrant un appui à la Charte n’étaient pas si significatifs.  S’il approuvait le projet du PQ, cela ne semblait pas leur plus grande préoccupation.

Pour comprendre l’élection de 2014, il faut premièrement indiquer les grands débats qui ont dernièrement façonné le paysage politique depuis les dernières années.

  1. le débat identitaire entre les Inclusifs et les Exclusifs (appelons-les comme ça)
  2. le débat idéologique entre la Gauche et la Droite
  3. le débat constitutionnel entre les Fédéralistes et les Souverainiste

Je ne tiens pas compte ici des conflits régionaux, ceux entre les campagnes et les villes, le centre et la périphérie, les vieux et les jeunes et ceux de genre.  Je parle ici des éléments idéologiques qui permettent à un parti de se définir auprès de l’électorat et construisent la stratégie de communication.

Faites le test vous même !

êtes-vous pour ou contre la Charte ? une Janette ou une inclusive ? Pour vous Bernard Drainville avait-il raison ou il manigançait une mesure purement électoraliste ? Exclusif inscrivez un E, inclusif inscrivez un I

êtes-vous de Gauche ou de Droite ? Plus ou moins d’État ? Faut-il taxer ou non les Riches ? La Justice sociale ou la discipline financière ? Faut-il s’attaquer aux inégalités ou à la dette ? La gratuité scolaire ou augmentation des frais de scolarité?  De Gauche inscrivez un G, de Droite inscrivez un D.

êtes-vous fédéraliste ou souverainiste ? Restez dans le Canada ou l’indépendance du Québec ? Signez la Constitution ou un Référendum ? Fédéraliste, inscrivez un F, Souverainiste inscrivez un S.

Maintenant, que vous avez vos trois choix, mettez-les en ordre d’importance. Ce qui vous défini le mieux.  Lequel est plus important pour vous. Par exemple pour moi, le premier est I, ensuite S, et pour finir G… donc je suis un inclusif souverainiste de gauche. La question identitaire est très importante pour moi, concevoir l’identité québécoise autrement qu’un grand tout ouvert à tout le monde, m’atteint beaucoup.  Je suis également Souverainiste, je veux qu’un jour le Québec devienne un pays (et plus tôt que tard).  Pour finir je suis de Gauche, mais le fait d’être Inclusif et Souverainiste, me défini plus que mes positions sur la justice sociale.  

En fait, formez votre trio, lequel des éléments est votre pivot, votre grand marqueur, lequel complète un duo dynamique avec votre vedette, et en dernier lieu, lequel vient compléter votre trio, mais pourrait aller sur un autre trio si le besoin se fait sentir…  

Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, vous avez amplement le droit d’être exclusif, de droite et/ou fédéraliste.

Vous pouvez également être un Inclusif fédéraliste de droite (IFD) ou de droite exclusif souverainiste (DES), ou encore un gauchiste fédéraliste inclusif (GFI)… Si je sais compter comme il faut, il y a 48 combinaisons différentes…

Après vous être découvert vous-mêmes, on peut maintenant mieux expliquer les résultats de la dernière élection.

Il s’agit là que d’une hypothèse, je ne possède pas de Méga-Grosse Firme de sondage, mais je peux avancer qu’avec les sondages portant sur la Charte et le résultat de l’élection, on peut émettre que beaucoup de Québécois inscriraient un E s’ils faisaient le test ci-dessus, mais que cette valeur n’est pas la plus significative, donc qu’elle se retrouve en 2e ou 3e position.   C’est sur que l’importance de chacun des éléments peut changer avec le temps, mais on n’a pas arrêté de parler de Charte depuis des mois… Le PQ a été obnubilé par les chiffres des appuis des mesures identitaires plus forte, mais sans se demander si cet appui pouvait se changer réellement en votes. 

Je pourrai avancer aussi qu’avec les sondages qui sont sortis ces dernières années les « cotes » I,G et S se trouveraient entre 35 et 45 % chacune, tandis que les E, D et F devraient être entre 55 et 65 %…

De là tout l’intérêt de bien définir et connaître son électorat.  On peut dire que le PLQ s’est assuré de ramener tous les F « à la maison » avec la menace de référendum et que la CAQ s’est empressé de rapatrier le plus de D possible… les choix identitaires (dans les deux sens) du PQ n’ont pas pu rapatrier bon nombre de souverainistes et de progressistes qui avaient donner leur confiance à l’équipe Marois 18 mois plus tôt. 

Cela peut expliquer aussi les difficultés de Québec Solidaire à percer, car trop défini…  

Et vous ? Avez-vous voté pour un parti qui vous ressemble ? 

 

Si nous étions dans le bipartisme : mieux comprendre le vote stratégique

26 Mar

Partout le PQ parle de division du Vote, et de la majorité volée par QS… comme l’indique cette image qui parcourt les Médias Sociaux :

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Ayant travaillé (comme bénévole) pour le PQ lors de l’élection de 2012, j’ai été de ceux qui furent grandement déçus par cette même division du vote qui coûta une majorité au Parti Québécois.  C’est très frustrant pour un péquiste, lorsque quelqu’un se prétend souverainiste ou fièrement indépendantiste, votera de tel sorte que son vote entraîne la victoire d’un libéral.

Cependant, il faut être juste. Si un mouvement de votes stratégiques irait d’un côté, on peut s’attendre à ce que le même effet se face chez nos adversaires. C’est pourquoi je me suis demandé ce qu’il se passait si nous étions dans un mode où le vote stratégique ne pouvais pas s’appliquer, car nous aurions seulement que 2 choix : Souverainistes ou Fédéralistes.

 

Pour cela, j’ai utilisé cette projection de Too close to call.  Je sais qu’il y a eu un nouveau sondage, mais Jean-Marc Léger lui-même a minimisé les résultats en apercevant une hausse du PQ dans les derniers jours et de toute façon mon but était de savoir où était les comtés assurément souverainistes et fédéralistes, et les comté qui pouvait « changer de main ».

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Il y a donc au Québec (en ce moment) :

78 comtés fédéralistes (PLQ+CAQ) avec 10 comté pouvant changer de main.

47 comté souverainistes (PQ+QS+ON) avec 11 comtés pouvant changer de main.

Donc dans un système bipartite les fédéralistes aurait assurément entre 68 et 89 comtés, et les souverainistes entre 36 et 57 comtés… On peut dire que le Québec est actuellement fédéraliste et les chiffres des comtés reflètent le % d’adhésion à la Souveraineté du Québec (environ 37 %).

C’est pour cela que le PQ a absolument besoin des tiers partis pour espérer accéder au gouvernement. Sans  l’ADQ et la CAQ, le PQ n’aurait jamais pu accéder au gouvernement lors des dernières années.

Beaucoup de circonscriptions où des souverainistes ont actuellement l’avantage tomberaient du côté fédéraliste dans un système à deux partis :

Blainville (majorité faible)

Champlain (majorité faible)

Charlevoix-Côte-de-Beaupré (majorité faible)

Drummond-Bois-Franc

Groulx (majorité faible)

Johnson

Laval-des-Rapides (majorité faible)

Montarville

Saint-Hyancinthe (majorité faible)

Saint-Maurice (majorité faible)

Sainte-Rose

 

La seule circonscription qui passerait du côté fédéraliste au côté souverainiste est Laurier-Dorion et cette circonscription est clairement souverainiste (environ 57 %).

 

L’étude de ces chiffres nous en dit long sur la stratégie du PQ lors de la campagne électorale et des derniers 18 mois qu’il a passé au pouvoir.

Le PQ n’a surement pas choisi une alliance avec les autres partis souverainistes, car il a calculé que celle-ci ne donnerait rien, prévoyant sûrement un ressac fédéraliste vers le PLQ pour contrer la menace d’un référendum. Avec l’état de l’électorat qu’il avait devant lui, il était plus profitable de passer pour étant « de droite et fédéraliste », du moins « plutôt de droite et moins souverainiste ». Ce n’est pas l’enthousiasme Montréalais, où deux partis souverainistes cohabitent et peuvent se concurrencer qui allait donner les sièges nécessaires à une majorité.

 

Québec Solidaire a besoin du Parti Québécois pour progresser.

Beaucoup de facteurs peuvent expliquer la progression du vote chez Québec Solidaire (milieu urbain, immigration, scolarité, niveau de syndicalisation, etc.) Cependant, si on regarde les chiffres absolut de QS, ce n’est pas des plus impressionnants, (on monte lentement dans le 3,4,5,6 % et peut-être 8-9 % pour la prochaine élection), mais chacune de ces hausses semblent créer un mouvement de panique chez le PQ.  Plus qu’il  y a de souverainistes dans un comté, plus qu’il tendent à voter pour Québec Solidaire, si ce comté est entouré de d’autres comtés souverainistes ou fortement souverainistes, on peut avancer qu’il tombera prochainement , si ce mouvement est continu, dans les mains de Québec Solidaire. Je crois que cette hypothèse mérite certainement d’être étudié en profondeur.

Québec Solidaire travaille comme un micro-organisme qui se forme en se détachant du PQ, en vole quelque force vive, mais est capable de s’accroître en intégrant les particules libres divaguant dans son environnement et que le PQ n’est pas habilité à digérer. Bref, si QS vole des votes souverainistes, il en créé aussi.  Lorsque les souverainistes ne se retrouvent pas en mode « défensif », ils créent de nouveaux souverainistes… Et cette progression, semble due en grande partie à Québec Solidaire.  Cependant, ce mouvement créer plus de souverainiste là où il y en a déjà, mais frappe un mur lorsqu’il arrive en territoire fédéraliste.

Cependant, Québec Solidaire semble incapable de générer une force suffisamment puissante pour renverser un parti fédéraliste au pouvoir.  Partout, il créé le même phénomène, pompe le vote PQ et une partie de celui de la CAQ, dont l’autre portion disparaît dans le giron du PLQ.  Où il n’y a pas de PQ, il ne peut y avoir de député de Québec Solidaire.  Cet organisme est fragile et doit être protégé en quelque sorte par le PQ, pour assurer sa « survie ».

 La relation de co-dépendance entre le PQ et QS se résume comme suit :

Pour avoir une majorité (sans atténuer ses principes), le PQ doit augmenter l’adhésion au projet souverainiste.

QS semble être le nouveau générateur (ou du moins un nouveau générateur) d’adhésions au projet souverainiste.

QS a besoin du PQ pour lui assurer un terreau fertile où se développer.

 

Les différences de motivation d’un vote PQ ou QS

On peut avancer que de voter PQ est un vote de préservation (défensif), tandis qu’un vote QS est un vote d’affirmation (offensif).

La Souveraineté se redéfinie petit à petit pour des « valeurs » et non contre quelque chose ou pour protéger ce que nous avons déjà.  pour QS, même si son poids est encore minime. il pousse le PQ vers d’autre territoire pour lui assurer de « s’implanter » dans d’autres circonscriptions. Le problème, c’est que cela force le PQ d’essayer de plaire à un électorat répondant plus aux questions identitaires que constitutionnelles, et voyant d’un mauvais œil le partage de la richesse.

Métaphysiquement, Mercier, Gouin et les autres comtés « prenables » par QS vivent déjà dans un Québec indépendant.  Voter Solidaire y renforce peut-être une fuite en avant ou, d’un autre côté, redonnerait aux souverainistes l’utopie perdue dans le recentrement du PQ pour aller chercher du vote fédéraliste.

Toutefois, le Mouvement ne peut pas être continuellement en mode défensif, là où le discours et les actions de « préservation » n’ont pas de sens pour les électeurs, entourés de leurs semblables « de toutes formes », il doit alors affirmer quelque chose de positif.

Le PQ, QS et ON doivent créer un engouement souverainiste et non aller vers le discours de la peur.  Il doit proposer des réformes qui sauront plaire à l’électorat assiégé de l’esprit du fédéralisme.  Ce que les gens réclament, c’est de l’Intégrité tant à gauche qu’à droite; un système honnête qui abattrait les privilèges dans les domaines corporatistes, financiers, syndicaux, religieux et linguistiques.  Une République républicaine, quoi… Mais n’est-ce pas là tout le discours faussement progressiste de la Charte, et également le refus de collaborer entre partis souverainistes dues qu’un de ceux-ci doit plier aux exigences de la réalité.  Si la peur doit cesser et l’intégrité triompher, il faudra avant tout, que l’on arrête un jour de vouloir faire des gains au détriment de l’autre…

Le futur c’est beau, mais on vote Comment le 7 avril ?

bouah ! je ne sais pas trop… y’a rien de scientifique là-dedans, le vote… Faut suivre sa conscience, mais si votre conscience est indécise, laissez-moi vous éclairer avec une parabole basée sur le Baseball.

Vous êtes au marbre, le lanceur n’est pas redoutable, mais constant.  Il vous envoi de bonnes balles, si vous frappez prudemment vous êtres presque sûr de faire un coup sûr, mais si vous mettez un peu plus de force vous pourriez peut-être faire un coup de circuit. Vous devez choisir :  être prudent ou téméraire. Tout dépend de votre moyenne au bâton dans votre circonscription et du lanceur « fédéraliste » qui se trouvent au monticule.

Alors vous faites quoi ?