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Seuls les idiots réussissent l’impossible !

16 Avr

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Il y a des leçons à retenir dans l’Histoire, il y en a même trop que l’on ne retient pas.  Il y a aussi tant de batailles, des discours, des couronnements, mais également encore plus de tragédies…

Mais je crois que les meilleures leçons et la plus grande inspiration que j’ai eu dans ma vie, sont le produit de quatre jours complètement fous survenus lors de la finale de la ligue américaine de baseball de 2004.

Il est nécessaire ici pour que vous compreniez bien l’ampleur de l’événement de vous expliquer le contexte…

La malédiction du bambino

C’était sûrement la plus grande légende du sport, les Red Sox de Boston étaient avant les années 1920, la meilleure équipe du baseball professionnel, et possédaient dans leurs rangs un joueur des plus prometteurs un certain George Herman Ruth, surnomé affectueusement « The Babe » par les partisans.  Il était non seulement un des meilleurs lanceurs de l’époque, mais un frappeur exceptionnel.  L’avenir s’annonce radieux pour les Red Sox…

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Mais, voilà… l’équipe a désormais un nouveau propriétaire, un producteur de comédies musicales qui pense plus à avoir des succès sur Broadway que de présenter une équipe gagnante au Fenway Park.  Ce dernier se retrouve à court de liquidités pour son nouveau projet intitulé « No No Nanette » et flairant la bonne affaire, le propriétaire des Yankees, une vulgaire équipe d’expansion vivant dans l’ombre des Giants du mythique John McGraw, offre 100 000 $ pour le contrat de Ruth.

On connait la suite, les Yankees propulsés par les coups de circuits de Babe Ruth, collectionnent les championnats et gagnent leurs 4 premières Séries Mondiales.  Ruth rend les Yankees si populaires qu’ils se construisent leur propre stade dans le Bronx, the « House that Babe Ruth Built » qui verra les plus grands moments du baseball, tandis que les Red Sox eux finissent par croupir dans les bas fonds…

Avant Ruth, un joueur totalisant une vingtaine de circuits après une saison était perçu comme un exploit, Le « Babe » lui en frappait environ 40 par année, si ce n’est pas 50, il réussira 54 à sa première année avec les Yankees,  même 60 en 1927, un exploit inimaginable 10 ans plus tôt !

Le Bambino prend sa retraite, mais les Yankees ne s’arrêtent pas là, et c’est avec les Lou Gehrig, Joe Dimagio et Mickey Mantle qu’ils continuent leur domination du Baseball Majeur…

Petit à petit les Red Sox remonte la pente, et pointe une fois de temps en temps, le bout de leur nez en Série Mondiale, mais à chaque fois le destin s’abat sur eux, on parle alors de la malédiction du Bambino… une punition des Dieux du Baseball pour avoir commis le pire échange de l’histoire du Sport…

En 1946, ils accèdent aux Séries Mondiales, mais perdent en 7 match, après avoir mené 3-2 dans la série.

En 1967, ils perdent encore contre ces mêmes Cardinals après avoir forcé la tenue d’un 7e matchs.

En 1975, ils perdent encore en 7 matchs contre les Reds de Cincinnati, après avoir encore une fois forcé la tenue d’un 7e match, lors du plus grand match des Séries Mondiales Ever, alors que Carlton Fisk réussit un dramatique coup de circuit en 15e manche déviant la balle dans les airs, par la seule force son esprit…

En 1986, le drame ! Les Red Sox sont à un retrait de gagner la Série Mondiale, lorsque le malheureux Bill Buckner manque un léger roulant au premier but, les Mets de New York égalisent la marque, remportent le match, et l’emportent lors du 7e match (encore une fois)…

En plus de ces dramatiques défaites, une suite ininterrompue de malheurs et de mauvaises décisions, s’ajoutent à cette malédiction… Notons d’ailleurs la décision Red Sox de passer leur tour sur un certain Jackie Robinson, car ils ne voyaient pas en lui les habiletés nécessaires pour évoluer dans les Ligues Majeures.  Boston aurait été la première équipe intégrée de l’Histoire, elle finira malheureusement par être la dernière…

Espoirs brisés (encore une fois)

Au début des années 2000, les Red Sox, ont de nouveaux propriétaires qui entendent bien briser la malédiction du Bambino. Premièrement, ils ont de l’argent, beaucoup d’argent.  Deuxièmement, ils prennent la voie tracé par les A’s de Oakland et défient l’establishment du Baseball majeur en utilisant eux-aussi les statistiques avancés.  C’est d’ailleurs grâce à ces statistiques que les Red Sox décident de mettre sous contrats un certain David Ortiz…

Dorénavant, les Red Sox sont à forces égales avec les Yankees, mais malgré cela la malédiction semble encore faire effet.  En 2003, lors du 7e de la finale de la ligue américaine, les deux rivaux s’affrontent, les Red Sox ont l’avance et leur lanceur étoile, Pedro Martinez, tient les frappeurs des Yankees en échec.  Sauf que… Sauf que Pedro a envoyé plus de 100 lancers, et tout le monde sait qu’après 100 lancers,son efficacité chute… chute dramatiquement… mais malgré tout, le gérant des Red Sox décide de le garder au monticule, alors que les fans des Red Sox crient à leur téléviseur de le sortir de là… Comme de fait, les Yankees égalent la marque et on se retrouve en manches supplémentaires.  C’est finalement le pire frappeur des Yankees, Aaron Boone, qui ferme les livres en frappant un circuit en 11e manche, devant un Yankees Stadium en délire.  Il faudrait un miracle pour faire gagner les Red Sox…

Une série revanche en 2004

En 2004, les Red Sox reviennent à la Charge avec un nouvel entraîneur, Terry Francona (qui a déjà joué pour les Expos)… Les Red Sox ont aussi une nouvelle attitude, du moins elle est plus évidente… ils agissent comme des idiots… Ils ont les cheveux longs, porte la barbe, ont le chandail sorti de leur culotte, s’amusent à inventer des poignées de mains super sophistiqués dans l’abri des joueurs, gambadent et font des roulades durant l’échauffement… Après une saison tumultueuse, ils finissent par prendre la place de meilleur deuxième et se retrouvent encore une fois en finale de la ligue américaine contre les Yankees de New York. L’heure de la revanche à sonnée !

Ouais bien… Plus facile à dire qu’à faire, les Yankees remportent les trois premiers matchs de la série, dont le 3e avec une écrasante victoire de 18 à 9, les carottes sont cuites pour les Red Sox, aucune équipe dans la longue histoire du baseball majeur n’a pu revenir d’un déficit le 0-3 dans une série d’après saison…

Et puis…

« Bunch of idiots »

Avant le match 4 au Fenway Park, tout le monde croit à la victoire des Yankees, on espère seulement que les Red Sox éviteront l’humiliation de se faire balayer.  Malgré tout, les joueurs des Red Sox eux croient encore en leurs chances.  Un de leur joueur, déconne avec les journalistes et ses coéquipiers en répétant : « ne nous laissez pas gagner aujourd’hui, car le prochain on a Pedro, ensuite Schilling, et ensuite le match no 7, tout peut arriver… »

et il finit par lâcher une phrase qui résume à elle seule, toute l’histoire de cette Série :

…if a group of idiots can do it, it us !

En 9e manche, les Yankees mènent 4-3, les Red Sox sont au bâton à un retrait seulement de voir leur saison se terminer. Après que Kevin Millar est forcé un but sur balle, on le remplace par un coureur suppléant, Dave Roberts, qui aura la mission de voler le deuxième but, afin de se mettre en position de marquer.

Il y a encore de l’espoir… mais si Roberts se fait retirer dans sa tentative de vol de but, c’est en fini des Red Sox… inutile de vous dire que la tension est à son comble…

Après avoir égalisé, les Red Sox remporte le match sur un circuit de David Ortiz en 12e manche.  Le lendemain les Red Sox répètent leur exploit de la veille en l’emportant en 14e manche sur un double (encore une fois) de David Ortiz.  Au sixième match, les deux équipes retournent aux Yankees Stadium et Curt Schilling lance pour Boston, malgré une cheville bousillée que les médecins ont réussi à rafistoler avec un morceaux de cadavre ! Malgré tout, c’est dans la douleur qu’il retira les frappeurs des Yankees, sa chaussure baignant dans le sang…

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Il y aura alors un 7e match au Yankees Stadium ! Malgré le fait que le momentum semble dorénavant du côté des Red Sox, peu de gens prédissent que l’inconcevable va se produire, les Yankees sont sur leur terrain et la malédiction du bambino devrait encore une fois faire son oeuvre…

Les Red Sox, toutefois, déconcrissent les Yankees dans une victoire décisive de 10 à 3, notamment grâce aux deux circuits de Johnny Daemon (pratiquement invisible jusque là), dont un grand chelem.

Mais les Red Sox n’ont pas encore gagné la Série Mondiale et ils doivent affronter les puissants Cardinals de Saint-Louis, Champions de la Ligue Nationale, que bien des spécialistes considèrent favoris.

Finalement, la Série Mondiale ne sera qu’une formalité.  Les Red Sox les balayent en 4 matchs où Saint-Louis joua le rôle de figurant… après 86 ans d’attentes les Red Sox remporte enfin les grands honneurs et s’en est fini de la malédiction du bambino !

Tout est dans l’attitude…

Durant la Première Guerre Mondiale, Winston Churchill dû démissionner de son poste de ministre de la Marine, après sa désastreuse planification opération des Dardanelles et reçu alors un commandement sur le front.  Lorsqu’on le présenta à ses subalternes pour savoir ce qu’on entendait de lui, il demanda aux officiers de rire et de blaguer en présence du danger, afin de renforcer la confiance des soldats.  Selon Churchill, les soldats savaient l’ampleur de la tâche à accomplir dans l’enfer des tranchées et c’était du devoir des officiers de leur enlever un peu de pression sur le dos… C’est cette espèce d’inconscience frivole qui permet de venir à bout des plus grand péril et non la très cérémonielle bravoure qu’on nous montre dans les films hollywoodiens.

Vivre l’échec à répétition permet de mieux le comprendre.  En fait, l’échec lorsqu’il survient dépasse largement le cadre de notre volonté individuelle.  S’il faut mettre un effort soutenu pour vaincre, cela ne garanti pas la victoire.  Cela explique peut-être pourquoi les Red Sox étaient aussi détendus avant le 4e match de la série contre les Yankees. Je veux dire lorsque ça fait 86 ans que tu perds, aussi bien tenter l’impossible…

Cette histoire nous indique aussi qu’il ne faut pas arrêter d’avoir Foi en ses moyens, même si l’univers semble être contre nous.  Un échec peut nous permettre de mieux comprendre nos faiblesses et nous montrer le chemin à suivre pour atteindre le succès.  L’échec quand il survient, est un message de la vie, Dieu, ou l’univers (comme vous le voulez), nous commandant de nous améliorer.

« Prend ce que tu fais au sérieux, mais ne te prends pas trop au sérieux »

L’objectif est sérieux, mais il ne faut pas trop s’en mettre sur les épaules.  Pour gagner, il ne faut pas vouloir plus gagner que l’adversaire, il faut seulement jouer la partie.  On se fait croire que c’est une question de volonté, mais la « dureté du mental » ce n’est pas la victoire à tout prix et par tous les moyens.  Il faut plutôt toujours croire que la victoire est possible, qu’il y a au fond toujours un moyen de gagner et que si on a perdu, c’est qu’on ne l’a pas encore trouvé… L’adversaire n’est jamais fondamentalement meilleur que nous, il a peut-être des forces, des avantages, mais aussi des points faibles qui ne demandent qu’à être exploités.   En fait, la dureté du mental se résume plus au fait de ne pas avoir peur de l’échec que de désirer la victoire.

La vie c’est comme le Baseball

On essaie de vous faire croire que c’est du hockey, du soccer ou du football, mais la vie ressemble beaucoup plus au baseball…  Il n’y a pas de temps au baseball, on sait quand le match commence, mais on ne sait pas quand il va finir.  Si tu frappes un coup sur 3 fois sur 10, tu es considéré comme bon. Et à 162 matchs par saison, tu peux espérer être le héros pour au moins un match, alors que tu seras sûrement anonyme pour le reste de la saison.

Les puissants eux, aiment « jouer le cadran », les puissants intimident pour se donner un avantage, les puissants épuisent l’adversaire.  Les puissants s’effondrent patins en l’air sur Carey Price le premier match des séries ou fracassent la cheville de Valery Kharlamov pour se donner une chance de gagner, mais au baseball…« Ce n’est pas fini tant que ce n’est pas fini »

Il y aura toujours des Yankees de New York, des perpétuels gagnants qui ont tout pour eux, qui ont les moyens de s’acheter des victoires et de réparer leurs erreurs à coup de millions.  Mais quels sont les grands moments du sport ? C’est lorsqu’ils perdent… Les Yankees avec leur 27 victoires en série mondiale et leurs 40 championnats de la ligue américaine, n’attendrissent personne avec leurs succès. Au lieu cela, la planète entière risque de retenir beaucoup plus la victoire inespérées des Red Sox de Boston à leur dépend en 2004.

Lorsqu’on parle de l’équipe de hockey de l’Union Soviétique de quoi parle-t-on ? Du « Miracle on Ice ». Lorsqu’on mentionne les Patriots de la Nouvelle-Anglettre c’est souvent pour parler des Giants de New York, ou même quand on parle du Superbowl, c’est pour raconter l’histoire de Joe Namath sur le bord de sa piscine garantissant la victoire des Jets de New York au dépends des Colts de Baltimore, même si ces derniers ont été favorisés par les preneurs aux livres de Las Vegas par 17 points !

Qui sont les supporters des Yankees de ce monde ? Qui se mettent du côté des gagnants, indépendamment de qui ils sont ? Ceux qui ont peur de la défaite… voilà !  Ceux qu’on appelle les « Bandwagoners », ceux qui ne vont pas voir une partie de leur équipe favorite, mais plutôt une victoire pour se sentir mieux avec eux-mêmes… Personne ne veut être comme ça… Même les New-Yorkais ne font pas exceptions, dévouant beaucoup plus leur amour aux Mets (mais ça, c’est une autre histoire).

Les victoires appartiennent aux puissants. Les grandes victoires, elles, celles dont on se souvient le plus, appartiennent aux laissés pour compte, aux mal-aimés, aux négligés, à tous ces braves inconscients qui veulent gagner d’une autre façon, qui se foutent des conventions et des idées préconçues… aux idiots quoi…

Nos idiots à nous

Aujourd’hui tout est terne, tout est sérieux, tout est austère… La vie n’est que drame sensationnel, fausses réalités et envie de plaire… On ne peut plus froisser personne, surtout pas un establishment sénile, allergique à toute pensée critique.  Les seuls progrès permis semblent une lutte jovialiste pour l’environnement et de la participation citoyenne jetée dans l’abysse d’une conversation à sens unique.  Mais l’environnement on le détruit pareil, et la démocratie perd des plumes quand même…

Rien ne semble fonctionner, il faudrait être fou pour rêver d’un monde meilleur… ou complètement idiot…

Lorsque nos matantes démagogues sont outrés du « Fuck Toute » des étudiants, moi ça me fait rigoler.  Car nos larbins en chef ne comprennent pas que le slogan même est fait pour les choquer.  Que tout ça, c’est du déconnage, un peu la même chose avec le fameux « Le Black Bloc recrute ».  Je le répète souvent, le deuxième degré de la gauche est le premier de la droite.

Je sais qu’il y a plein de justifications super poussées du « Fuck Toute », mais pour moi ce « Fuck Toute » ne s’explique pas vraiment, c’est plus une attitude, un état d’esprit.  Entre le choix de devenir fou ou se tirer une balle dans la tête, on choisit de déconner.  Ceci n’est pas unique au Québec, partout on voit cet esprit dans des perturbations en tout genre, l’attentat au Glitter  visant le président de la Banque Centrale Européenne en est un exemple frappant.

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Les étudiants et les révolutionnaires en herbe du Printemps 2015, refusent le pragmatisme, car ils comprennent que la défaite est plus que probable, mais que le seul moyen de changer les choses est de « jouer pour gagner ».  Ils ont en quelque sorte la même attitude que les Red Sox en 2004 ou des soldats de Winston Churchill dans les tranchées, celle de démontrer à l’ennemi que même si l’on perd, lui, ne gagnera jamais.

Mon conseil alors, n’écoutez pas trop les supposés appels à la raison et au pragmatisme… Si éviter le plus possible la violence est une bonne chose, n’arrêtez surtout pas de déconner et d’agir en idiot… c’est la seule façon de réussir l’impossible.

Et aussi… Go Red Sox ! 😉

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Comprendre le Principe de la Péréquation

28 Août

Bon à chaque fois que l’on parle de la place du Québec au sein de la fédération Canadienne, y’a toujours quelqu’un qui revient à la péréquation. Disant que le Québec est une nation de profiteurs, vivant aux dépens de provinces riches.  Des gens de droite, allant même jusqu’à dire que le Québec est sur le BS et qu’il se paie des programmes de luxe sur le bras de l’Alberta…

Premièrement, les provinces riches ne paient pas de la péréquation, c’est toutes les provinces qui en payent.  C’est jusque certaines provinces n’en reçoivent pas…

Pour vous vulgariser le principe de la péréquation,  je vais vous faire une petite analogie.

10 amis décident de vider leurs poches et de mettre leurs petits changes sur la table. Ils décident ensuite de se les partager également entre eux. (J’ai mis des noms full ministère de l’Éducation, pour ne pas trop vous déstabiliser)

Noms des amis Petit change dans leurs poches Petits change après partage différence
Anita 1,25 $ 3,30 $ +2,05 $
Germaine 8,00 $ 3,30 $ -4,70 $
Ibrahim 5,10 $ 3,30 $ – 1,80 $
Carlos 3,20 $ 3,30 $ +0,10 $
Lili-Anne 2,55 $ 3,30 $ +0,75 $
Cédrix 1,35 $ 3,30 $ +1,95 $
Claudio 0,80 $ 3,30 $ +2,50 $
Yasmina 4,75 $ 3,30 $ -1,45 $
Charley 3,50 $ 3,30 $ -0,20 $
Sophia 2,50 $ 3,30 $ +0,80 $
Total 33,00 $ 33,30 $ 0,00

Ce que les plus riches donnent c’est 8,15 $ aux « plus pauvres »…   en fait, tout le monde détient la moyenne de la somme de tous le change contenu dans les poches des petits amis…

Et là vous vous dites : «  Ben là ! On vole les plus riches ! On est des osties profiteurs ! L’Alberta a raison d’être en maudit ! » Bon, cet exemple-là c’était pour vous faire comprendre le principe du partage des revenus selon une moyenne…

Dans le cas du Canada, le principe est un peu plus complexe… mais pas tant…

Tout d’abord, chacune des provinces envoie de l’Argent au fédéral par des taxes, des tarifs, des redevances et des impôts… et ça fait un gros « pot » dont le fédéral se sert pour payer tous ses programmes et tous ses services…  Habituellement, 40 % des revenus proviennent de l’Ontario et 20 % du Québec, et c’est environ 12 % chacun pour l’Alberta et la Colombie-Britannique.

Sauf que par habitant, l’Ontario et le Québec se retrouvent sous la moyenne Canadienne et reçoivent donc de la Péréquation…

Car on calcule les montants de revenus fiscaux par habitant dans chacune des provinces et on le compare au montant des revenus fiscaux moyen pour chacun des Canadiens.

Si le résultat est négatif, par exemple la province x envoi 500 $ de moins par habitant en revenu fiscal que la moyenne canadienne, bien le fédéral envoie 500 $ par habitant pour cette province. Si la province x a 5 000 000 d’habitants, le fédéral envoi donc 2,5 milliards de dollars à la province x.

Déjà là, ça mets les choses en perspective… quand on regarde le montant total on se dit 2,5 milliards c’est immense ! à 500 $ par personne, divisée par 365 jours, ça revient à 1,37 $ par personne, par jour…

Pour vous donner une idée le Québec a reçu en  2013-2014 7,8 milliards de péréquation au total pour un montant équivalent 961 $ par personne… ce qui signifie que le Fédéral a  envoyé  à chaque Québécois 2,62 $ par jour…

Il faut comprendre que le Québec dans l’absolu n’a pas nécessairement besoin de cet argent et l’augmentation du montant de péréquation ne signifie pas pour autant que le Québec s’appauvrit.

Prenons encore une fois un pays fictif avec 10 provinces fictives qui comporte tout le même nombre d’habitants, pour expliquer cet autre élément de la péréquation.

Péréquation en 2014 pour pays fictif

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 550 $ 450 $
2 200 $ 550 $ 350 $
3 300 $ 550 $ 250 $
4 400 $ 550 $ 150 $
5 500 $ 550 $   50 $
6 600 $ 550 $
7 700 $ 550 $
8 800 $ 550 $
9 900 $ 550 $
10 1000 $ 550 $

Donc, imaginons maintenant  qu’il y a eu l’année suivante des difficultés économiques dans la province 10

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario A)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 100 $ 460 $ 360 $
2 200 $ 460 $ 260 $
3 300 $ 460 $ 160 $
4 400 $ 460 $ 60 $
5 500 $ 460 $
6 600 $ 460 $
7 700 $ 460 $
8 800 $ 460 $
9 900 $ 460 $
10 100 $ 460 $ 360 $

Même résultat, mais baisse de la Péréquation… pour les provinces 1,2,3,4, et 5 n’en reçoit désormais plus… on pourrait croire que leur situation économique s’est améliorée, mais il n’en n’est rien…

Imaginons maintenant que toutes les provinces ont amélioré leur situation, mais qu’une l’a amélioré beaucoup plus que les autres :

Péréquation pour pays fictif en 2015 (scénario B)

Provinces Revenus fiscaux par habitants Moyenne dans le pays fictif Montant de Péréquation par habitant
1 200 $ 790 $ 590 $
2 300 $ 790 $ 490 $
3 400 $ 790 $ 390 $
4 500 $ 790 $ 290 $
5 600 $ 790 $ 190 $
6 700 $ 790 $   90 $
7 800 $ 790 $
8 900 $ 790 $
9 1000 $ 790 $
10 2500 $ 790 $

Augmentation importante de la Péréquation, malgré le fait que la situation de tous s’est améliorée, les provinces les plus pauvres ont l’air de « profiter » encore plus du système, alors qu’il n’en est rien, le montant de péréquation augmente parce qu’une province a augmenté sensiblement plus que les autres, les tirant ainsi « vers le haut »…

Alors la péréquation c’est quoi ?

La péréquation c’est une mesure statistique, recevoir de la péréquation ne signifie pas pour autant que la province est pauvre, elle envoie seulement moins de revenus fiscaux par habitant que la moyenne canadienne.

La Péréquation est une mesure pragmatique.  Elle a été mise en place pour favoriser le développement des provinces moins fortes économiquement, mais surtout pour atténuer les effets de concentration de certaines activités économiques, qui sont en fait un phénomène normal dans un État.  Par exemple, le secteur financier à Toronto fournit beaucoup d’activité économique et donc beaucoup de revenus à l’État.  Mais ce n’est pas parce que cette région a été magiquement meilleure que les autres pour recueillir une telle concentration, c’est au gré des changements économiques et des décisions des compagnies de centraliser un peu plus leurs activités… De plus, les provinces « plus pauvres » fournissent la main-d’œuvre qui ira travailler dans les provinces les plus riches qui en demandent de plus en plus…

La « fausse richesse » du Canada

Il faut comprendre que dans l’économie actuelle les certaines matières premières sont surévaluées, et les provinces qui les produisent comme l’Alberta et Terre-Neuve pour le pétrole, ou la Saskatchewan pour la potasse, vont augmenter la part des revenus fiscaux au Canada.  L’Ontario et le Québec par exemple ne sont pas pauvres, elles ont juste le « malheur » de ne pas avoir ces ressources en abondance sur leur territoire…

À vrai dire, le Canada profite de la conjoncture économique qui favorise l’exploitation de ressources énergétiques, même à fort prix.  Les taux de croissance vertigineux du continent asiatique permettent de gonfler les redevances sur le pétrole ou d’autres métaux.  Mais tout le monde semble croire que cette manne sera temporaire, ce qui pourrait mettre un train à l’exploitation coûteuse en investissement du pétrole canadien (sable bitumineux, plate-forme maritime, pétrole de schiste…)  à titre d’exemple, suite à la crise financière de 2008, l’Alberta a passé d’un surplus à un déficit, si le marché du pétrole n’avait pas repris, la situation aurait été catastrophique.

Que doit faire le Québec pour ne plus recevoir de péréquation ?

Le Québec a un certain avantage face aux autres provinces, elle ne dépend presque pas des matières premières, donc est moins fragile face à la spéculation… Si notre dette est plus grande, on peut mieux prévoir sur le long terme et mieux contrôler sa croissance…

L’Alberta ne paie pas les garderies à 7 $ avec la péréquation (on n’est pas surtaxé au Québec pour rien), mais cependant elle paie pour le manque de productivité de nos entreprises.  L’Allemagne et le Japon n’ont pas de pétrole et pourtant ce sont des superpuissances économiques. Pourquoi ? Car leurs entreprises se sont concentrées sur les produits à très haute valeur ajoutée.  Ces entreprises nécessitent des employés de qualité, formés dans un système d’éducation des plus performants, et avec un financement d’un État qui force littéralement ses entreprises à investir massivement dans la recherche et développement.

L’Économie québécoise elle, s’est rebâtie dans les années 90 en profitant du libre-échange avec les États-Unis en fabriquant des produits peu coûteux, grandement dus à un dollar canadien faible.  Lorsque le prix du pétrole a fait monter notre dollar, les entreprises québécoises offraient dorénavant des produits moins bons et plus chers… Qu’on fait les entreprises ? Elles ont cherché à améliorer leur compétitivé, c’est-à-dire baisser les salaires de leurs employés et s’arranger pour payer moins d’impôts, afin d’offrir un prix raisonnable…

Moins de salaires et moins d’impôts, entraînant alors un cycle d’appauvrissement général…  De là, la volonté des gouvernements libéraux à attirer les investissements étrangers à tout prix quitte à détruire l’environnement, des citoyens à demander de baisser leurs impôts, de réduire les programmes sociaux et le nombre de fonctionnaires, ce qui finit par engendrer une perte de revenus, ce qui nous enfonce encore plus dans le… problème…

On n’a un sérieux coup de barre à mettre dans l’économie québécoise, ça, c’est vrai.  Mais ce n’est pas en coupant qu’on va arranger les choses.  L’Austérité ce n’est qu’une nouvelle façon de pelleter le problème en avant, au lieu de l’envoyer dans la dette, on le donne au reste de la population par un manque de revenus, qui finit par grossir la même dette publique…

Afin de sauver l’avenir de tous les Québécois, il va falloir que nos entreprises (et les riches qui en profitent) fassent un effort supplémentaire, un investissement dans sa propre population par (oh arrière Satan !) le biais d’impôts et de taxes.  D’un autre côté, l’État et les syndicats devront changer leurs façons de faire… Je ne veux pas trop élaborer sur les modèles de gouvernance à adopter, mais si nous voulons être plus riches collectivement, il va falloir investir dans notre avenir, et l’argent ne tombera pas du ciel.  Il faudra tous faire des sacrifices, mais au moins ceux-ci pourront être payants à l’ensemble de la population, surtout aux moins nantis, ce qui est toujours mieux que de donner de l’argent aux riches en s’appauvrissant collectivement.

Extrait : Le « Plateau »

22 Août

Voici un extrait de la deuxième partie de ma réflexion sur le printemps Érable (présentement en préparation) :

Quel est le combat identitaire à Montréal ? Dans le reste du Québec, on croit que tout n’est qu’une lente assimilation où le nombre décroissant de francophones est malmené par les anglophones et les immigrants.  En fait, il y a deux Montréal.  Le  Montréal des clans et des quartiers clairement délimités par leur spécificité ethniques, et celui de la « communauté montréalaise » plus amalgamée et ouverte.  Cette ouverture peut toutefois aller jusqu’à la caricature, perçue dans la culture populaire comme étant  « Le Plateau ». Référant bien sûr au Plateau-Mont-Royal avec sa « clique du Plateau » et ses hipsters, tous partisans d’Amir Khadir qui veut implanter un régime anarchiste et islamiste sur le reste du Québec.  La caricature va évidemment dans les sens, ce n’est pas les commerçants du Plateau qui souhaitaient un « Joyeux Décembre ! ».  À chacun ses délires…

Le « Plateau » est plutôt une vision du monde qu’une réalité. Malgré toute sa bonne volonté, son ouverture d’esprit, sa solidarité sociale, sa conscience environnementale; le vrai Plateau est un processus de gentrification où l’on dépossède les résidents pauvres des quartiers populaires, même s’ils y ont vécus toutes leur vie.  Les commerces et les services de premières nécessités ferment pour faire place à des condos et des établissements qui ne servent qu’une infime partie de la population.  Ils sont pour la plupart blancs, riches et instruits, les autres doivent se déplacer vers des endroits que leurs remplaçants déplorent et regardent de haut.  Le Plateau c’est une exclusion atténuée, c’est du snobisme avec une conscience, c’est la société des loisirs avec l’illusion du sens du devoir.

Le « Plateau », c’est déposséder avec le cœur sur la main, la solidarité sociale ne servant qu’à acheter leur confort. Les pauvres n’ont pas besoin de plus de reconnaissance, ils ont besoin de ne plus être pauvres.

Le printemps Érable ce n’est pas le « Plateau ».  Le printemps Érable, c’est Hochelaga-Maisonneuve, c’est Saint-Michel, c’est Côte-des-Neiges, c’est Verdun, c’est Saint-Henri, c’est NDG, c’est même Laval ! C’est tous ces clans, ces châteaux-forts vendus d’un côté ou d’un autre depuis des générations.  Le printemps Érable, c’est voir le théâtre qui cache le vrai combat entre ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas.

SERVICES PUBLICS : VOUS N’EN AUREZ JAMAIS POUR VOTRE ARGENT

5 Oct

Avec la chute des utopies politiques, les citoyens se sont transformés en consommateurs politiques.  Les campagnes électorales en sont venues à être gérées comme des campagnes de marketing et s’est installée peu à peu dans l’esprit des gens l’idée que chaque électeur devait « en avoir pour son argent ».  Selon cet idéal, on se doit de recevoir des services équivalant à  chaque dollar envoyé au gouvernement en taxe et en impôt.  Les politiciens, faisant toujours ce qu’il faut pour être réélu, ont commencé à utiliser ce discours qui centré presque uniquement sur la classe moyenne, n’a fait que profiter aux riches.

Ce qu’il faut comprendre est que si l’on veut se payer un système d’éducation, de santé, de transport et toutes les autres choses convenables à une société postindustrielle, on doit débourser collectivement une somme assez considérable.  Pour payer cette somme, il faut nécessairement avoir un régime d’imposition comme celui que nous avons actuellement. Si on se met à couper dans les revenus de l’État, il faudra tôt ou tard couper les services pour ainsi priver la société des institutions essentielles à une économie efficace et hautement productive.  Avec le résultat désastreux, en fin de compte, de s’appauvrir petit à petit.

Les plus riches d’entre nous paient plus d’impôt, mais où voulez-vous que l’on trouve l’argent nécessaire à se donner une infrastructure collective digne du XXIe siècle? Pourtant, cette saignée ne semble pas trop les accabler, ils continuent de jouir du luxe comme le faisaient leurs prédécesseurs, tandis que les plus pauvres reçoivent immédiatement les effets d’une hausse de taxe ou de tarif.  Les plus nantis s’ils se mettent à calculer, verront automatiquement qu’ils paient en quelque sorte les services des plus pauvres, qui eux ne paient rien.  Et en même temps les gens de la classe moyenne verront eux aussi qu’ils paient pour la population inactive composée d’enfants, de vieillards ainsi que tous ces gens inaptes au travail, tels que les invalides et les gens avec des problèmes de santé mentale.  Environ 40 % des gens paient pour 60 % de la population, ce qui peut paraître injuste à première vue.  Mais le plus injuste est que de ce travail, une infime partie de possédants profite  de ses fruits.  Une chose que les riches oublient de calculer avant de voir combien l’État les vole, c’est combien eux volent sur le travail de leurs employés.  Car dans le grand calcul de toutes les sommes qui transitent entre les citoyens et l’État, les riches ne se retrouvent jamais désavantagés quelque soit le taux d’imposition.  De plus, cela fait des dizaines et des dizaines d’années que l’on coupe dans les impôts, que l’on réforme les tarifs et que l’on essaie de rendre l’État le plus efficace possible afin qu’il ne gaspille pas notre argent.  Pourtant, l’écart entre les riches et les pauvres s’agrandit, nos services publics sont de plus en plus mauvais et l’État, malgré toutes les mesures de bonne gouvernance, gaspille autant notre argent qu’auparavant (patronage et corruption y compris).

Les citoyens devraient arrêter de penser au niveau individuel et commencer à penser au niveau collectif.  C’est sur une base collective que s’est construite le Québec moderne.  Nous nous sommes donné des outils collectifs et c’est ainsi que la plus grande partie de la population a amélioré individuellement son sort.  Malheureusement, une fois que cette majorité de personnes a pu jouir d’une situation convenable, elle s’est mise à délaisser le domaine de la collectivité pour se concentrer que sur son individualité.  Un des problèmes avec le domaine de la collectivité est que ses effets sont indirects, personne ne peut voir explicitement les gains sur son investissement.  De là, également les critiques des contribuables qui plaident qu’ils en ont pas assez avec pour leur argent.

Il est normal que l’on ne vive pas au-dessus de nos moyens, mais il faut de demander en tant que société quels pourraient être nos moyens.  Car sans les institutions nécessaires à produire plus de richesse, on ne peut qu’atteindre une lente chute que personne ne veut voir survenir.  Il faut comprendre qu’investir socialement rapporte.  Laisser une partie des services sociaux au privé, dans la vision où il faut réduire l’offre de service de l’État, ne peut qu’engendrer une hausse des frais de ces mêmes services.  Lorsqu’on parle de vivre selon nos moyens et d’offrir les services que l’on peut se payer, ce que l’on veut dire implicitement est plutôt quels services les contribuables veulent offrir aux pauvres. Les plus riches auront toujours les moyens de s’en offrir au privé qui s’assurera de faire croire à leur client qu’ils en auront pour leur argent.

Désolé à tous les partisans du privé, mais vous avez beau chialer contre le service déplorable des institutions publiques, je vous mets au défi de trouver un service à la clientèle potable dans une de nos grandes compagnies.  Vous verrez que le client ordinaire est tout aussi dépourvu que le simple citoyen.  Que ce soit dans le secteur public ou privé, la gestion calquée sur celle des grandes multinationales nous a légué à tous un service des plus inadéquats (pour ne pas dire merdiques).

De toute façon, voulez-vous me faire le lien entre les dogmes de la gestion privée et le fait d’en avoir pour son argent, lorsque le fondement même de notre système économique est de ne pas en avoir pour notre argent. En effet, le consommateur paie à chaque fois trop cher pour un bien ou un service pour que l’on génére des profits.  Et si le consommateur paie moins cher un produit que son prix réel, c’est que l’État subventionne le manque à gagner aux producteurs.  Ce qui équivaut finalement, qu’il se fait indirectement avoir.

La dégénérescence du secteur public n’est pas due principalement à une mauvaise gestion de nos impôts, même si elle peut exister à des degrés divers, mais à l’inclusion dans la gestion institutionnelle des principes du libéralisme économique résultant que l’on  en vient à croire que l’on paie trop pour ce que l’on a.  Insérez ensuite une rationalisation des services publics et on aperçoit la destruction des structures nécessaires à l’amélioration de notre condition sociale.  Si vous voulez des services adéquats, il faudra arrêter de voter pour des chefs qui agissent comme des dirigeants d’entreprise et commencer à demander un véritable gouvernement du peuple, pour le peuple et par le peuple.